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251. Risk and the Red Bull X-Alps - Tom De Dorlodot

// Gavin McClurg, Tom De Dorlodot · 2025-07-26 · 01:47:40 · original episode · pdf

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[show notes]
Dans cette conversation, quatre fois compétiteur et deux fois commentateur couleur Gavin McClurg et neuf fois compétiteur et athlète Red Bull Tom De Dorlodot discutent du parcours de convalescence continu de Tom après une grave blessure survenue il y a plus d'un an en snow-kiting en Norvège et de son récent retour émotionnel au vol. Ils réfléchissent tous deux à leurs récentes expériences Red Bull X-Alps de ce mois de juin, explorant la dynamique de la gestion des risques en parapente, l'influence de l'équipement et de la technologie sur la performance, et l'impact des médias sur la perception publique du risque. La conversation aborde également la camaraderie entre les pilotes et l'avenir du Red Bull X-Alps, en mettant l'accent sur l'équilibre entre compétitivité et sécurité dans le vol à enjeux élevés. Nous discutons des complexités des compétitions de parapente, en particulier le Red Bull X-Alps. Ils explorent les pressions auxquelles sont confrontés les athlètes, le rôle de l'organisation en matière de sécurité, et l'équilibre délicat entre course et responsabilité. Le post #251 Risk and the Red Bull X-Alps with 9 time competitor Tom De Dorlodot est apparu pour la première fois sur CLOUDBASE MAYHEM.

[transcript]

0:00Gavin McClurg

Salut

0:10Gavin McClurg

Salut à tous. Bienvenue dans un nouvel épisode de Cloudbase Mayhem. Comme promis lors du dernier épisode, nous recevons des invités qui ont joué un rôle majeur dans cette édition de la Red Bull X-Alps, une course incroyable et rapide, riche en rebondissements et en histoires passionnantes. Crigel a enfin été détrôné après huit victoires. Le premier non-Suisse à avoir gagné, Aaron Durogati, a fait une course incroyable, et ainsi de suite. Celine Lorenz, qui a probablement vécu la meilleure aventure — je ne sais pas si elle la qualifierait de meilleure, mais elle sera avec nous dans un prochain épisode. Je lui parlerai dans quelques jours.

0:54Gavin McClurg

Et je vais aussi parler à Simone Oberhauener, qui a fini troisième à seulement quelques secondes de la victoire, ainsi qu'à Lars Myrstetter. C'était donc assez passionnant. Mais cet épisode est avec Tom de Dorlodot. Tom est déjà passé plusieurs fois dans l'émission. On a entendu parler de son terrible accident de snowkite en Norvège il y a quelques mois, durant une année assez difficile pour lui, alors qu'il essayait de revenir au plus haut niveau. Il prévoyait de participer à la course, mais sa jambe est encore assez fragile. Il a fait son premier vol, enfin, il a fait un petit vol aux Açores avant de se blesser. Mais il a fait un petit vol aux Açores avant de se blesser. Et on a tous pu le voir effectuer son premier vrai vol juste avant le prologue à Kitzbühel, et il a pas mal volé pendant la course, en restant en croisière le long du tracé, pour le compte de Red Bull Adventure.

1:44Gavin McClurg

Et il a communiqué avec moi à plusieurs reprises pendant la course, pour l'émission et pour diverses interviews et ce genre de choses. Je voulais simplement échanger avec lui car il y a peut-être une grande intrigue en coulisses. Je ne sais pas si elle le sera, mais il y a eu énormément de discussions et d'angoisse sur les réseaux sociaux concernant le risque de la course, le fait qu'elle soit devenue trop dangereuse et que les pilotes prennent trop de risques et prennent des décisions parce que c'est une course, ou à cause des médias, des sponsors ou de pressions qu'ils n'ont jamais connues par le passé. C'est devenu plus une course de gladiateurs qu'une course d'aventure.

2:30Gavin McClurg

Et pour la plupart, je ne suis pas du tout d'accord avec ça. Et j'étais curieux de voir quel était le point de vue de Tom sur le sujet. Alors on s'est assis pour discuter d'autres aspects, comme le fait que Chrigel n'ait pas gagné et ce qui y a contribué ou non. Et d'autres trucs amusants avant de plonger spécifiquement dans la question du risque et de la Red Bull X-Alps. Will Gadd a publié un post, toujours très articulé et bien réfléchi, pendant la course, puis après, et il l'a posté avec ce lancement assez dingue que David Cesedelli a fait le deuxième jour pendant le North Fern. Et, encore une fois, la façon dont je l'ai vu était différente de celle dont beaucoup d'entre vous l'ont vue.

3:19Gavin McClurg

Alors, je voulais approfondir le sujet. En fait, le dernier numéro de Cross Country Magazine vient de sortir et il contient ma chronique qui aborde aussi cette question. Mais je soutiens assez vigoureusement que ce n'est pas devenu plus risqué qu'avant, c'était déjà le cas. C'est juste qu'on a beaucoup plus de réseaux sociaux aujourd'hui qui diffusent tout ça. On n'avait pas tout ça avant. Du coup, maintenant, tout ce que font les athlètes finit immédiatement sur Instagram et d'autres plateformes. Et, vous savez, ceux qui regardent et observent, et surtout beaucoup d'entre eux, n'ont pas de noms. Ils n'ont pas de noms associés et ils peuvent se cacher, et ils créent juste beaucoup de bazar sur les réseaux sociaux de nos jours.

4:09Gavin McClurg

Et donc, ça menace la course. Ça menace le sport en quelque sorte. Mais il y a aussi de bons arguments. Alors, on essaie de tout aborder. C'était vraiment sympa. Tom est toujours un interlocuteur fantastique pour recueillir ses avis sur ce genre de choses. Et c'était un plaisir d'en discuter. Alors, oui. Comme vous le savez tous, c'est mon sujet préféré, le Red Bull XC House. Et je sais que je vous en parle peut-être trop. Mais tant que c'est encore frais, je me suis dit qu'on allait se pencher dessus. Et comme je l'ai dit, on va avoir Simone et Celine prochainement. On a eu des courses très différentes et de superbes aventures avec deux athlètes tout simplement fantastiques, des gens passionnés.

4:56Gavin McClurg

pour avoir aussi leur avis. Alors, profitez bien de cet épisode et des prochains. Si vous passez un bel été dans l'hémisphère nord avec de gros vols à venir. Santé.

5:11Gavin McClurg

Tom, comme toujours, bienvenue sur Mayhem. Tu sais, ton émission cet hiver a été celle qui a été la plus écoutée. Et ça a été une sacrée aventure émotionnelle pour tous ceux qui nous écoutaient, juste d'entendre parler de ton accident et de ta récupération difficile. Et c'était tellement cool. Alors, je veux dire, avant même d'aborder le sujet d'aujourd'hui, qui est le risque et ce qui se passe avec le X-Alps, et si, tu sais, il y a quoi que ce soit à changer, je suis vraiment intéressé parce que je pense que toi et moi, on est toujours d'accord et on voit les choses de manière assez similaire, mais j'ai hâte de voir si on voit ça de la même façon. Ça va être sympa d'explorer ce sujet avec toi, mais c'était cool de te voir voler. Tu as fait, je crois, ton premier vol depuis ton retour à Kitzbühel.

5:56Gavin McClurg

C'est bien ça ?

5:57Tom De Dorlodot

Ouais. Je viens juste de faire un petit vol ici aux Açores, juste pour voir si j'étais encore capable de piloter un parapente. Et puis, ouais, mon premier... Le premier vrai vol était à Kitzbühel. Ouais. C'était assez émouvant de voler à nouveau dans les Alpes. C'était merveilleux.

6:12Gavin McClurg

Ouais. C'était... c'était sympa de te voir atterrir ce jour-là au prologue, euh, à la fin, et, euh, je pense que c'était émouvant pour tout le monde. On a tous, tu sais, été un peu au courant de ce que tu as traversé. Évidemment, tu le ressens, tu as dû passer une année assez rude, mais c'est bien de te voir sur pied et tu viens de faire un super vol XC aux Açores, juste avant le podcast.

6:36Tom De Dorlodot

Ouais, mec, c'était génial. Tu sais, ces petits vols inattendus... ce matin je me suis réveillé, j'ai vu le jour et j'ai annulé ma séance de kiné. J'ai tout annulé. Je savais que je devais être de retour pour le podcast. Je me suis dit : OK, j'ai quelques heures. Alors je me suis échappé et j'ai fait un super vol. Un vol que je n'avais jamais fait auparavant. Genre, une traversée de l'île, du sud au nord, jusqu'au phare, puis retour à la maison pour atterrir. Ouais, juste dans le jardin il y a 30 minutes ou quelque chose comme ça. J'ai juste eu le temps de mettre mon chapeau et de venir te parler. Et c'est, tu sais, ces petits vols sont juste inestimables. J'adore ça. Ce n'est pas une grande distance, ce n'est pas super technique, mais j'explore mon île, tu vois, et on est deux pilotes ici sur l'île.

7:26Tom De Dorlodot

Alors, vraiment, tout est nouveau, tu vois, comme chaque, chaque jour je prends la moto ou le VTT et je pars explorer et je trouve de nouveaux endroits pour voler parce que c'est un volcan, tu vois ? On a pratiquement toutes les directions. Et si le vent est trop fort, on doit descendre plus bas. Si le vent n'est pas assez fort, alors on doit trouver de jolis coins. Et juste à côté de chez moi, j'ai un ou deux décollages incroyables. Je peux faire de la rando depuis la maison. C'est genre 30, 30 minutes de marche. C'est mon entraînement habituel le matin. Et ensuite je peux voler, d'ici, sur la face Est tôt le matin, faire des virages ou atterrir à nouveau à la maison. Donc, ouais, c'est merveilleux. J'adore ça.

8:08Gavin McClurg

Et quelles sont les dernières nouvelles pour ta jambe ? Ça avance comment ?

8:12Tom De Dorlodot

Alors, ouais, la jambe va, euh, va mieux. Tu sais, juste après l'exil, j'ai pu aller à l'APC, l'Athlete Performance Center. Red Bull a cet endroit incroyable où on peut voir des médecins, des kinés, des nutritionnistes et tout le reste. C'était, c'était génial. J'y ai passé une semaine à, tu sais, me pousser et essayer de reprendre. Mais, euh, ouais, les radios sont bonnes. Elles montrent que, tu sais, ça s'améliore. Donc ça, c'est vraiment bien. L'infection est sous contrôle. Maintenant, c'est essentiellement une question d'attendre que l'os guérisse. Et comme je mets plus de pression et plus de poids dessus, ça va accélérer un peu le processus, mais ça va prendre du temps. Je veux dire, mon sentiment est que c'est vraiment lent, évidemment, comme tu le sais, on le sait, on est comme un lion en cage, tu sais, quand on est blessé comme ça, mais je peux voler, je peux décoller.

9:02Tom De Dorlodot

Je peux atterrir. Euh, je peux marcher. Ce n'est pas, je ne peux pas.

9:06Gavin McClurg

Je peux y aller

9:06Tom De Dorlodot

pour de longues distances, mais je peux faire un peu de vélo. Je peux nager. Donc, je veux dire, je reviens, je reviens, vous savez, petit à petit, j'y arrive. Je pense que c'est juste une question de temps maintenant avant que je puisse être complètement guéri, mais ça va prendre du temps. Encore deux, trois, quatre, huit mois. Je ne sais pas exactement, mais maintenant je peux voler. Je peux faire mon truc. Ça peut marcher. Je voyage dans deux ou trois jours. Je vais en Géorgie pour faire un voyage record avec Horacio. Et donc, oui, retour à une vie presque normale, ce qui est génial.

9:36Gavin McClurg

C'est génial. Est-ce que vous vous sentez à l'étroit en famille sur l'île ? On entend toujours ça, surtout pour les petites îles, ça finit par donner une impression d'isolement assez forte.

9:46Tom De Dorlodot

Ouais. Vous savez, je suppose que j'ai de la chance, j'ai la possibilité de voyager pas mal, et les gens sont extrêmement sympas ici. On est au milieu de l'Atlantique, assez loin de tout. On est à plus de mille kilomètres à l'ouest du Portugal, du continent, donc c'est vraiment au milieu de nulle part. Vous pouvez comparer ça à Hawaï, sauf que c'est beaucoup plus petit. Mon île ne compte que 15 000 habitants, c'est très, très petit. Tout le monde se connaît pratiquement. Mais la beauté de la chose, c'est que c'est un peu le centre du monde pour les marins, comme vous le savez, la Marina d'Orta, Peter Cafe et tout ça. C'est assez connu parce que chaque bateau qui traverse l'Atlantique d'ouest en est s'arrête pratiquement ici pour faire le plein, acheter de la nourriture, des légumes frais, des fruits et tout ça.

10:34Tom De Dorlodot

C'est très international. On voit beaucoup de monde, surtout à cette période de l'année ; on compte environ 2 000 bateaux qui s'arrêtent ici pendant la saison. Oui, c'est incroyable. Hier, on prenait un verre à la marina et on voyait les bateaux arriver, fêter ça, contents d'être là, et puis ils repartent. On s'est fait beaucoup d'amis quand on naviguait dans l'Atlantique et maintenant ils viennent nous voir. Du coup, on n'a pas vraiment l'impression d'être si seuls ou isolés, mais j'aime bien le côté isolé. Si personne n'était sur l'île, je serais content de dire que ça ne pose aucun problème.

11:13Gavin McClurg

D'accord. Alors X-Alps 25, une course incroyable, une météo géniale. On pourrait, vous savez, déballer nos affaires pendant une éternité. Mais la première chose que je dois vous demander, c'est que jusqu'à présent, vous aviez prévu de participer, mais vous n'avez pas pu à cause de votre blessure, mais vous en aviez déjà fait le plus, à part Toma, c'est-à-dire neuf. Donc, si je ne me trompe pas, celle-ci aurait été votre dixième. C'est bien ça ?

11:39Tom De Dorlodot

C'est exact. Ouais.

11:39Gavin McClurg

Ouais. Alors, tu as changé de côté, je veux dire, depuis 2007, tu as fait des courses, c'était comment ? Tu étais un peu comme Tarquin et moi, on faisait des courses, on récupérait des histoires, on faisait des interviews, on traînait avec Jean de Billy de Belgique. On aurait dit que tu t'éclatais autant que moi. C'est tellement fun, non ? Juste être de l'autre côté, certains appellent ça le côté obscur, mais c'était quoi comme expérience ? Je veux dire, tu peux résumer ça ? Tu as adoré ? Tu as détesté ?

12:10Tom De Dorlodot

c'était quoi ? Je veux dire, c'était un sentiment mitigé, évidemment, parce que, enfin, je rêvais d'être là, d'en faire partie, tu sais, en tant qu'athlète, mais en même temps, ce qui était merveilleux pour moi, c'est que je rentrais essentiellement auprès de ma famille, tu sais, après une année de moments difficiles à l'hôpital et tout ça. Alors, d'un coup, tu es de retour avec les gens que tu aimes et que tu adores, et entouré de tous les parapentes. Et donc,

12:37Gavin McClurg

euh, je pense que c'était

12:37Tom De Dorlodot

La première chose qui m'a vraiment fait du bien, c'était de sortir de mon... de mon trou, et de revenir en montagne. C'était la première chose, cette sensation était géniale de voir les organisateurs, le directeur de course et tout le monde. C'était bien. Et puis, c'était évidemment une expérience totalement différente que de participer. C'était vraiment une révélation, on voit les choses différemment quand on n'est pas dans la course. Quand on est dedans, on est en tunnel, on est à fond, on ne voit pas vraiment ce qui se passe autour de soi. Mais quand on prend un peu de hauteur, un peu de distance, d'un coup, tout commence à avoir du sens. On commence à comprendre les mouvements, la stratégie, on a une vue d'ensemble, on a le temps de réfléchir aux stratégies, de voir qui fait quoi et comment. C'était extrêmement intéressant.

13:31Tom De Dorlodot

J'ai tellement appris, vous savez, ce qui était difficile. C'était tellement rapide. Je ne sais pas comment vous avez fait pour suivre ces gars-là, voler et filmer les directs et tout, parce que j'ai eu du mal. J'étais avec un ami qui conduisait, mais j'ai entendu dire que c'était vraiment difficile à suivre. Vous êtes sur le suivi en direct toute la journée, à regarder ce qui se passe. Et en même temps, vous essayez de suivre et de voir les gars avant qu'ils ne décollent. La base était juste immense et, ouais, dingue. Et vraiment, quand vous faites la course, vous avez l'impression d'avoir le temps, vous savez, juste de marcher un peu et puis, mais en fait, on réalise à quel point les supporters et les équipes doivent fournir d'efforts pour être capables de suivre et d'apporter un bon soutien aux athlètes.

14:17Tom De Dorlodot

Alors oui, énormément de respect pour les équipes, elles ont offert un spectacle incroyable et c'était sympa de le voir de l'extérieur et aussi, évidemment, on va en parler, c'est comme l'ancienne gestion des risques et tout ça. Puis, quand tu ne courses pas, tu vois aussi des choses que tu ne vois généralement pas quand tu es en course, je suppose. Et ça m'a fait réfléchir un peu, mais non, c'était merveilleux. J'ai vraiment aimé voler avec les gars, voir leur niveau, regarder les trajectoires et tout ça. C'était super intéressant. Ouais.

14:54Gavin McClurg

Est-ce que tu as trouvé que... enfin, j'ai fait ce rôle pour la première fois lors de la dernière édition en 23. Donc c'était la deuxième fois dans ce rôle. J'ai vraiment ressenti ce que j'en ai retiré. Après la dernière, je me suis dit : « Waouh, si je refais ça, ça m'aidera vraiment ». Tu sais, comme tu l'as dit, on le voit sous un angle complètement différent. Je me suis peut-être posé la question quand j'ai interviewé John pour Billy, ton ami, après la course, parce qu'il t'a soutenu en 23 et je n'ai jamais soutenu personne. Et je me suis dit : « Mec, c'est une chose clé à faire. Quelle chose intelligente à faire avant de le prendre en tant qu'athlète, de voir ce côté-là ». Mais pour moi, courir partout, et comme tu l'as dit, c'est très différent et on n'est pas dans cet état d'esprit. Et comme je fais beaucoup de vols et beaucoup de prises de vue en l'air, il y en avait beaucoup plus en 23 parce qu'il y a eu des journées assez venteuses en 23, tu sais, comme le deuxième jour de celle-ci.

15:52Gavin McClurg

Ce n'était pas... je n'allais pas trouver que ça n'avait aucun intérêt pour ce que je fais, mais chaque autre jour, je volais et c'est très différent. On n'est pas dans cet état d'esprit. Tu es juste, tu sais, les trucs qu'on a vus cette fois, je suis presque sûr que si toi et moi étions dans la course, ça ne serait pas une telle affaire, mais quand tu es juste en train de filmer ou qu'il n'y a rien en jeu, c'est une tout autre mentalité. Tu n'es pas dans le "headspace" de l'X-Alps et tu te dis un peu : « Hé, ça, je n'en ai pas besoin. Je n'ai pas besoin de prendre ce risque, tu sais ? » Donc c'est différent, mais juste pour voir, j'ai eu un moment dans cette course où, le dernier jour pour les leaders au-dessus de School, tu étais là. Ouais. Je suis monté à pied et j'ai volé avec Simone, Aaron, Chrigel et Lars ont décollé environ 10 minutes avant eux.

16:43Gavin McClurg

Il est à environ 10, 10 kilomètres derrière, mais ils se sont tous regroupés assez vite. Et j'ai volé avec ces gars, vous savez, 40, 50 km sur le chemin vers Laramus et c'était nickel. Le vol était super, mais ils ne faisaient pas vraiment la course, vous voyez ? Donc tout le monde travaillait ensemble. C'était juste un vol magnifique, une journée superbe et il n'y avait pas de vent. C'était facile. Mais les regarder en ligne... le décollage était vraiment instructif pour moi. Je ne pense pas avoir été aussi détendu que ça dans aucune de mes compétitions, vous savez, je me souviens juste être constamment en train de racer, toujours essayer de rattraper, de bouger, de les pousser et d'avancer. Et eux, ils étaient tellement zen. Ils traînaient juste, racontaient des histoires, riaient. Chrigel était hystérique. Enfin, vous savez, il n'y avait aucune compétition, c'était juste de la camaraderie.

17:32Gavin McClurg

Ils ne cherchaient pas à, vous savez, se surpasser. C'était juste... ils étaient en tête, et pour moi, c'était instructif de voir à quel point il fallait rester calme. Parce que ce n'est pas ma personnalité, vous voyez ? Et c'était génial de juste être témoin de tout ça, de rester là-haut pendant une heure. Parce que moi, je me serais dit : « Je pense que je devrais y aller. Je ne sais pas. Je devrais peut-être y aller. Ça commence à arriver. Je devrais y aller. » Et eux, ils ne faisaient pas : « Attendez qu'il soit évidemment là. On est en tête. On prend notre temps. »

18:01Tom De Dorlodot

Je pense qu'ils se sont mis d'accord pour ne pas faire de course jusqu'au plus haut. Et puis, à Lambo. Ils ont dit : « OK, maintenant on fait la course. » J'étais avec eux à Lambo. J'ai atterri ce jour-là et j'ai pris la voiture parce que mon supporter faisait ce vol vers Lambo. Alors j'ai dit : « OK, je vais conduire jusqu'à Lambo. » Et puis je suis parti à Lambo et j'ai vu les gars arriver. Et je les ai vus au décollage et ils étaient genre : « OK, bon, on fait la course maintenant. » Et l'ambiance a changé. Mais je pense aussi qu'ils savaient un peu que n'importe quoi pouvait arriver et que ça pouvait aller dans n'importe quelle direction, à ce moment-là, quand ils sont à Lambo. Ils savent que l'un d'eux va gagner, mais c'est vraiment difficile de savoir qui et comment. C'est comme, vraiment, tu peux pousser, mais parfois tu pousses trop vite et alors tu es devant, mais tu es trop bas.

18:46Tom De Dorlodot

Et puis, à ce niveau-là, avec ce matériel de vol et le niveau de ces gars, ça aurait pu tourner dans n'importe quel sens, vraiment. Et je pense qu'ils le savent, ils n'ont plus rien à prouver. Quand on a volé pendant une semaine entière et qu'un jour c'est moi qui suis devant, un autre jour c'est toi, et un autre jour c'est quelqu'un d'autre, tu sais, il y a une part de chance qui entre en jeu. Je ne dis pas ça pour dire qu'Aaron a fait un mouvement incroyable et que son option a payé et qu'il mérite la victoire. Je dis juste qu'ils se détendent un peu parce qu'ils n'ont plus rien à prouver. Tu sais, les cinq, six, sept premiers, ces gars-là, ils méritent tous la victoire d'une certaine manière, mais c'est vrai.

19:31Tom De Dorlodot

C'est, c'est merveilleux d'être à l'extérieur et de voir ça de l'extérieur, parce qu'on réalise alors, euh, l'état d'esprit, on voit aussi comment les équipes travaillent, vous voyez, et ce qu'elles devraient faire ou sur quoi elles essaient de s'améliorer. Ou, euh, vous, vous voyez tout le truc et être en coulisses comme ça. Je pense que c'est, c'est vraiment intéressant. Euh, et bien sûr, j'ai beaucoup appris et exactement comme vous, je pense que la meilleure façon, si vous, si un jour vous voulez faire l'XC, c'est la meilleure façon, c'est sûr, de soutenir une bonne équipe, vous savez, une ou deux équipes en fait, vous savez, comme si vous alliez à, euh, Eve. Suivre la course, vous savez, j'étais, vous savez, si vous regardez le Tour de France, par exemple, il y a des gens qui vont en camping-car et qui suivent toute la course. Vous savez, je n'ai pas vu ça beaucoup dans les XC, mais je pense que pour les pilotes de parapente, ce serait tellement intéressant de juste louer un camping-car et de suivre la course et de voler ici et là et d'essayer de rencontrer les athlètes et de voir ce qu'ils font et tout, parce que c'est un tel, un tel outil d'apprentissage incroyable, vous savez ?

20:29Tom De Dorlodot

Alors, oui, ce serait intéressant d'y réfléchir. Il y avait ce...

20:33Gavin McClurg

le gars qui a fait tout le trajet à vélo. Je me rappelle qu'jusqu'à la fin, je voyais tout le temps ce gars en chemise rouge, c'est qui ce type ? Et il a fait tout le parcours, y compris la Via Ferrata aussi, je viens juste de l'apprendre sur le dernier post.

20:46Tom De Dorlodot

Incroyable. Hein ? Ouais. Et je veux dire, cette année a été rapide, donc si tu fais ça sur deux semaines d'XC, c'est autre chose, mais pousser comme ça tous les jours avec tous les mètres positifs et tout ça. Je veux dire, le vol cette année, c'est peut-être la seule chose qui me rend un peu triste, euh, avec cette année, c'est que j'aurais vraiment aimé cette édition, tu sais, parce qu'évidemment le deuxième jour était difficile, mais c'était flyable tous les jours. Ils ont parcouru beaucoup de distance. Si tu regardes les chiffres avec, euh, des gars comme Simon qui ont volé genre 200 et quelque kilomètres, euh, qui n'ont fait que 200 et quelque kilomètres à pied, tu sais, c'était ridicule. Les chiffres sont vraiment, vraiment bas. Euh, et, euh, si je compare avec certaines années où j'ai marché peut-être 700 kilomètres ou quelque chose, tu vois, c'est genre, hein ?

21:35Tom De Dorlodot

Il y a un peu de différence ici. Alors, ouais, non, ça aurait été une année vraiment drôle et vraiment sympa à voler, et à faire des records. Mais, ouais, en même temps, c'est super intéressant et, et aussi un peu, euh, je me demande un peu, tu vois, parce qu'une fois que tu l'as vu de l'extérieur, tu te dis, ouais, eh bien, c'était intense. C'était risqué. Tu vois des gens qui ne prennent peut-être pas les bonnes décisions et tout, et tu te dis, hmm, j'ai déjà vécu ça. Peut-être.

22:05Gavin McClurg

Vous savez, je

22:05Tom De Dorlodot

ils devraient être plus prudents la prochaine fois. Donc, c'était, euh, c'était assez intéressant, euh, pour moi de voir, ouais, ouais, ouais, vraiment. Et, et, et l'ambiance, euh, vous savez, les équipes et tout ça. Mais, euh, on essayait toujours d'être là quand il se passait quelque chose. Et, euh, évidemment, je ne pouvais pas faire de randonnée, je ne pouvais pas aller beaucoup en montagne, vous savez, donc j'essayais toujours de voir les gars ici et là. Euh, et c'était super de voir, je pense que globalement, la latitude globale des athlètes était vraiment cool. Genre, tout le monde était assez positif, c'était, euh, euh, mais évidemment, ça aide quand la météo est bonne. Ajoutez, euh, deux ou trois jours de pluie battante là-dedans, vous savez, et là, c'est une autre histoire, je suppose. Ouais. Le

22:46Gavin McClurg

La météo était vraiment extraordinaire. Je veux dire, il n'y a pas eu beaucoup de mauvais temps. Pas vraiment, enfin, il y a eu le gros jour où ils ont traversé le terrain difficile et où Tim Malongi s'est retiré. Je veux dire, là, il n'y avait pas... la deuxième journée était plutôt rude. La fin de la première journée était super rude. C'était incroyable. On en parlera ici dans un instant, mais pour la plupart, vous savez, pour pouvoir voler autant qu'ils l'ont fait, je pense au jour 7, quand ils ont fait pas mal de marche à St. Moritz, il faisait vraiment humide ce jour-là, mais globalement remarquable. Je veux dire, chaque fois que j'étais en l'air, c'était calme. C'était juste évident et agréable, presque pas de vent et vraiment des conditions superbes.

23:33Gavin McClurg

Ouais.

23:34Tom De Dorlodot

Et comment ça s'est passé pour toi de suivre ces gars-là ? Parce que moi, j'ai volé un peu depuis Lermos, tu sais, en suivant Aaron, et puis le groupe s'est scindé et tout. Et évidemment, je n'étais pas vraiment au top. Tu sais, je sentais que mon niveau était un peu en baisse comme je n'avais pas volé depuis un moment. Mais je me disais, tu sais, quand tu es dans le X-Alps, tu pousses, tu es plus agressif. Tu attaques pas mal, tu sais, et je me demandais comment c'était pour toi d'être là. Ouais. Un peu un choc de voir tous ces gars, tu sais, mais en même temps, ouais, ça a dû être un défi. Non,

24:10Gavin McClurg

Moi, je me suis fait dépasser à chaque vol. C'était, c'était, c'est devenu presque déprimant. Enfin, le seul moment où j'arrivais vraiment à suivre, c'était le premier jour, depuis Kids, les conditions étaient incroyables. Mais même là, une fois qu'on a passé la colonne vertébrale des Alpes, je me suis un peu trop poussé, je suis descendu un peu trop bas. À trois LS, nous nous sommes écartés et ça a été la fin pour eux aussi. Donc on s'est retrouvés du mauvais côté de cette ligne de crête et, je me le suis répété encore et encore, je me demandais ce que j'aurais fait différemment en course. C'est intéressant, parfois je voyais qu'ils volaient beaucoup plus prudemment que ce à quoi je suis habitué, ce qui est encore une super leçon pour moi, tu sais, de voir comment les leaders opéraient. Surtout ce jour-là, quand ils se dirigeaient vers Laramos, il n'y avait aucune course en cours, mais j'avais quand même du mal à suivre et je blâmais un peu mon matériel, tu sais, je n'avais pas le sub, mais ça semble assez minime. Comme je l'ai dit, ils ne faisaient pas de course, donc je ne sais pas si c'est parce que, enfin, je suis plutôt bien préparé, j'ai fait des Coupes du monde et tout ça, mais je n'ai pas vraiment pu déterminer si c'était parce que je n'étais pas totalement au top ou si c'était la distraction liée au matériel, parce que je bidouille beaucoup ce genre de trucs, alors peut-être que c'est juste ce petit détail qui finit par s'accumuler. Ouais.

25:45Tom De Dorlodot

Je suppose que c'est probablement pour plusieurs raisons différentes, mais une chose, je pense, c'est que pour performer à ton plus haut niveau, il faut vraiment atteindre cet état de "flow", tu sais. Et pour ça, il faut être extrêmement concentré et d'une manière ou d'une autre très...

26:03Tom De Dorlodot

en compétition, il y a un objectif, vous savez, il y a un but, ils sont là pour une raison. Et évidemment, je suppose que ce n'est pas la même chose si vous avez entraîné pendant un an et que vous vous dites : « OK, je sais que chaque kilomètre que je vole, je n'aurai pas à me fatiguer, je vais être à fond », et que vous avez affûté votre lame. Mais si vous êtes là pour créer du contenu, vous avez des distractions, vous savez, vous devez filmer, vous devez tenir vos freins, vous devez faire ceci et cela. Je pense que c'est extrêmement difficile. Je veux dire, j'étais impressionné, vous savez, vous seriez avec le top 10 tout le temps, à voler de longues lignes et tout en restant détendu dans les airs, à voler d'une main et à tenir les freins avec l'autre... et bien joué, je veux dire, ce n'est pas une manche facile, surtout dans ces endroits où on ne connaît parfois pas, où on n'est jamais allé, alors que certains de ces gars y sont tous les week-ends. Mais voilà ce que mon analyse a été parce que j'ai aussi essayé de suivre un peu et je n'ai vraiment pas pu suivre. C'était vraiment comme si vous deviez entrer dans cet état d'esprit, vous savez, être pleinement présent. Et pour moi, par exemple, devoir penser à la façon dont j'ai besoin d'un atterrissage fluide à cause de ma jambe, ou savoir que la voiture suit, c'est quoi la suite, ceci et cela... et là, ouais, vous n'êtes plus là. Mais c'était impressionnant de voir à quel point, par exemple Simon, tout le monde le dit dans le groupe, ils...

27:33Tom De Dorlodot

Je trouve que Simon était extrêmement efficace pour les thermiques, pour monter, tu vois, ça accrochait toujours. Évidemment, ça peut être un peu dû au matériel et tout ça, mais je pense qu'il a un ressenti spécial. Iron est évidemment extrêmement fort quand on parle de vitesse de pointe, d'accélération très près du sol, tu vois, c'est son truc préféré. Donc c'était intéressant d'avoir un groupe avec des styles de vol différents mais qui s'entendent bien parce que l'un est vraiment bon pour ça et l'autre pour ça, et ensuite ils se suivent un peu. C'est vraiment intéressant parce qu'ils ont des styles de vol différents, quand on les regarde voler, on le voit. Donc c'est très intéressant, je...

28:15Gavin McClurg

Je pense que la confiance, comme tu l'as dit, il y a deux choses qui sont des facteurs énormes dans ce jeu, c'est la confiance et l'état de flow, et ce sont deux choses que dans mon métier, je n'ai ni l'une ni l'autre. Tu sais, sur tous mes vols de longue durée, je reçois des appels toutes les 10 minutes de l'équipe de production : on a besoin de ça, on a besoin de ça, j'envoie des fichiers en plein vol... je suis aussi loin de l'état de flow qu'on puisse l'être. Et puis, exactement, comme tu l'as dit, il y a la confiance. C'est juste que, tu sais, chaque fois que je devais faire un atterrissage au décollage ou quelque chose du genre, je ne suis pas préparé, je n'ai pas fait ça tous les jours pendant un an. La veille de la course, j'étais en haut pour tester le matériel de tournage à Kidsbule et je regardais Chrigel juste ajuster, faire des atterrissages au décollage, atterrissage au décollage, atterrissage au décollage, atterrissage au décollage, et des swoop land et des gros passages d'aile et des top... je veux dire, il était juste...

29:09Gavin McClurg

encore un jour avant la course, il le réussissait encore et encore, avec le sourire, en s'amusant, et tu sais, il s'est entraîné jusqu'au bout. Et moi, je n'ai pas fait beaucoup d'atterrissages au décollage depuis un an, tu sais. Donc je pense que c'est beaucoup une question de ce petit truc, non, pas un petit truc, beaucoup de ce truc, ouais, comme tu l'as dit, la confiance. J'y ai aussi beaucoup pensé, tu sais, parce que tu ne vois pas Simone et Tommy et beaucoup de ces gars, ils ne sont pas des pilotes de Coupe du Monde, tu ne les vois pas sur... enfin, ils font un peu de course et tout, mais je pensais vraiment que, tu sais, Chrigel est le vrai, il a tout le truc, toute la magie, mais il a aussi passé beaucoup de temps, tu sais, l'année dernière, il est presque sorti de sa retraite de Coupe du Monde et a piloté sa sellette avancée, il n'a pas piloté une sub en Suisse et a fini troisième, tu sais, enfin, c'est dans sa ville natale, ça ne peut pas nuire, mais euh, tu sais, c'est juste intéressant que le jeu puisse se jouer de plein de façons différentes. Comme tu l'as dit, ces quatre gars du haut vol volent vraiment différemment. Euh, Aaron a gagné la Superfinal deux fois, il est vraiment bon en course, super intrépide, et il faut dire que c'est ce qui lui a donné la victoire ce dernier jour, tu sais, c'était une ligne audacieuse, surtout pour quelqu'un qui n'est pas très à l'aise avec l'espace aérien, et tu sais, il avait certainement les mêmes données, il savait bien que s'il allait au sud, c'était la façon la plus fiable de le faire, mais euh, tu sais, il a tenté la victoire, c'était intéressant. Tu sais, j'ai discuté avec lui rapidement au point de virage d'Ascona et il a fait cet atterrissage au décollage assez drôle juste derrière le point de virage là-bas, et je marchais avec lui et j'ai dit : « Hé, tu sais, c'est Dave, peu importe ce que c'était, c'était il y a cinq ou six... enfin, tu es juste là-dedans, quel est ton état d'esprit ? » Et il m'a regardé comme si j'étais un idiot : « Quel est mon état d'esprit ? Mon état d'esprit, c'est de gagner. » Tu sais, et j'ai juste... c'était génial, c'était cool de voir, je veux dire, ça a toujours été un peu son talon d'Achille et il s'y est lancé.

31:12Tom De Dorlodot

Ouais, mais il a aussi laissé de la place aux décisions émotionnelles. J'ai été assez surpris qu'à Maran, il ait décidé d'aller sur son site de vol local, parce qu'il était côté sous le vent. Ça n'avait aucun sens, ça fonctionnait vraiment de l'autre côté et tout. Et quand je lui ai demandé, j'étais genre : pourquoi ? Enfin, ça n'avait aucun sens, il...

31:34Gavin McClurg

il était genre je sais pas, je sais pas, je sais pas, je sais pas, je sais pas, je sais pas

31:34Tom De Dorlodot

et il est comme : « enfin, tu sais, c'est émotionnel, c'est ma ville natale, j'avais besoin d'y aller », ce qui était, euh, ma ville natale.

31:40Gavin McClurg

désavantage, oh

31:41Tom De Dorlodot

mec, ouais, carrément. C'était une mauvaise décision ce jour-là, tu sais, ça n'a pas marché. Et j'étais devant, je voyais les gars se lancer avec un vent fort et je les voyais dans la zone abritée, donc il... ouais, il y a ce côté émotionnel italien que j'aime bien chez lui aussi, genre il suit son cœur et ses ressentis. Mais bon, il était là pour gagner, il s'est beaucoup entraîné et c'était à peu près la seule chose qui lui manquait, tu vois. Donc pour qu'il gagne les XC, ça a...

32:12Gavin McClurg

ça a toujours été son genre de talon d'Achille, ouais. Donc ça, c'était cool à voir et encore une fois, tu étais

32:18Tom De Dorlodot

vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y,

33:39Gavin McClurg

Oui, j'allais justement dire que c'était une transition parfaite parce qu'avant d'aborder la prise de risque, on doit forcément commenter le cas de Creole, car je pense que les gens vont être vraiment fascinés par ce qu'on pense... je n'ai rien vu à ce sujet, mais en discutant au camp, la grande question, certainement pour moi et je pense aussi pour les autres, c'est qu'il a semblé... enfin, j'y étais le jour où une personne a dû quitter son équipe, je ne sais pas à quel point il veut rendre ça public, mais il y a eu des frictions, et l'un des membres de l'équipe a été prié de partir la veille de l'avant-dernier jour, et il a dû gérer ça, c'était sa décision executive, donc ça ne doit pas avoir été facile. Mais je pense que deux choses ont vraiment pesé contre Creole cette fois : d'une part, la météo était vraiment bonne, et on sait que Maxime, Aaron et peut-être quelques autres ont ses capacités techniques ou de meilleures, Maxime est certainement le meilleur pilote au monde actuellement sous beaucoup d'aspects, quand il s'agit de vol plané, de lignes et de montée, et évidemment on n'a pas pu voir ça lors de cette course avec son abandon au deuxième jour, mais on a vu les mouvements magiques de Creole et il a essayé plusieurs fois, il appelle ça un risque sportif, il l'a certainement essayé cette fois, mais j'ai l'impression qu'il n'a pas eu la météo difficile qu'il... quand il régnait en maître, quand c'est vraiment difficile, avec quelques jours de plus, il aurait certainement pu faire son exploit. Et je pense qu'on l'a toujours vu briller une fois qu'il est en tête, mais il n'a jamais pu l'être et n'a jamais pu faire ces mouvements magiques. Et puis l'autre grande question, sur laquelle j'aimerais avoir ton avis, c'est le matériel. Je pense que 8 jours, 1300 km, ce qui fait quelques milliers quand on ajoute tout, ça a dû faire une grosse différence. On le voit en Coupe du monde et c'est juste comme je l'ai dit, c'est un peu, mais un peu. Il parle toujours du fait que si tu peux gagner 2 000 de plus à chaque vol dans le X-Alps, tu vas pulvériser ce taux, tu vas gagner. Ce sont ces petits gains, juste un peu plus de portance, un petit peu.

36:04Gavin McClurg

et il en est le maître, et je pense que j'ai pu le voir en vol cette fois-ci parce que je n'étais pas sur un substitut, et vous savez, ce n'est pas une énorme différence, mais il y a une différence, oui, il y a une différence, donc

36:17Tom De Dorlodot

Ouais, non, je suis totalement d'accord avec toi et je pense que je ne pourrais pas être plus d'accord. Déjà, Chrigel est extrêmement bon dans des conditions techniques vraiment rudes, on le sait, je l'ai déjà fait voler avec lui, je me suis entraîné avec lui à Neeson dans cette zone, on a fait des vols dans le coin et tout. Je ne sais pas s'il voulait prouver quelque chose ou pas, mais il volait toujours côté abri, il poussait l'accélérateur à fond, tu sais, à côté des parois et tout ça, il est doué pour ça. Et il a un mental vraiment fort, très très fort. Mentalement, il peut tout encaisser. Et c'est l'une des choses que tu vois avec ces pilotes de cross country qui ont pas mal d'expérience en acro, genre des gars comme Horacio, Hernan, Pitoco, Chrigel, Pal Takats, tu sais, l'équipe Laundry... ces gars-là, ils vont partout, ils volent côté abri, ils se font secouer et ils ont toujours le sourire et ils sont contents d'être là, tu sais. Ils peuvent gérer n'importe quoi, genre un twist n'est qu'une manœuvre de plus pour eux, tu vois, s'ils le font. C'est vraiment quand je vole avec Horacio, j'ai vu des trucs au Pakistan, dans les hautes montagnes, tu sais, un jour j'étais

37:34Tom De Dorlodot

avec une caméra et j'avais mes deux mains sur la caméra et puis d'un coup, il sort du nuage devant moi et on allait s'écraser, je n'ai pas eu le temps de rien faire et je vois un grand sourire sur son visage et il fait une dynamique devant moi avec une aile de compétition, vous savez, à 7 000 mètres. Donc c'est comme ça, c'est totalement normal, c'est amusant, ce n'est pas grave, c'est juste un autre niveau de pilotage technique. C'est comme si vous alliez au PWC ou à la Coupe du monde et que vous voyiez des gens qui galèrent à décoller ou dont le niveau n'est pas tout à fait là, mais ils peuvent voler, ils peuvent faire de la thermique, voler en groupe et tout ça, ils peuvent faire des choses incroyables. Mais Klegel est l'un de ces gars, comme vous l'avez dit, qui peut atterrir n'importe où, décoller n'importe où, c'est comme Patrick, vous savez, ils ont ces compétences et ça les rend très efficaces dans des conditions météo vraiment lourdes et pourries. Alors quand vous avez une semaine comme celle-ci, où la météo est plutôt correcte, vous savez, pour tout le monde...

38:34Tom De Dorlodot

le désavantage n'est plus là, mais tu lui donnes un téléphone pendant deux jours et il le fracasse, c'est sûr. Donc c'est une chose, et pour le matériel, j'ai eu cette discussion avec Advance parce qu'Advance a toujours été à la pointe du jeu, ils ont toujours poussé les limites. Kiegel a gagné tellement de titres avec Advance et tout ça, ils ont toujours été là. Mais cette année, c'était en fait la décision de Kiegel de ne pas opter pour le submarine. Il pensait que c'était plus un désavantage qu'un avantage. Pour le dire comme il le dit, il se disait : « Si je dois atterrir et marcher avec, et... » Et donc je pense que comme il a été l'un des premiers à proposer cette idée de submarine, il y a des années, il avait un super submarine orange et il avait essayé ce truc, il était en fait derrière cette idée depuis longtemps, et il ne l'a pas aimée pour une raison ou une autre. Du coup, je pense qu'il s'est dit : « Bon, si je le change, peut-être que ce ne sera pas prêt à temps, je ne pourrai pas m'entraîner avec. » Et c'est là que le fait d'être prudent, d'une certaine manière, a été un désavantage pour lui. Il aurait dû, enfin, c'est comme on dit : on ne change pas une équipe qui gagne, mais c'est en changeant l'approche que tu peux peut-être battre le gars. Je pense que je l'ai vu, je regarde tous les jours ces vols et tout ça et

40:05Gavin McClurg

je me dis : oh mon Dieu, je ne suis pas prêt pour ça, je ne suis pas prêt pour ça et

40:05Tom De Dorlodot

encore, comme tu viens de le dire, c'était une semaine avec une météo propice au vol, donc la différence est minime mais elle est là. Un jour, on était à Andermatt et ils volaient vers le col de la Foca, et Damien et Chrigel ont décollé en même temps. Quand Damien a atterri — en plus il a été un peu aidé par un peu de vent de bout de ligne, je suppose — il était vraiment plus haut et il a vraiment pris de la distance. Je pense donc que le matos a fait la différence, et je pense que tout le monde le remarque : ce n'est pas l'aile, c'est le Submarine. Et encore, c'est pratiquement la même chose que ce qu'on vient de dire, par exemple il y a deux ans quand on était dans ces conditions très rudes dans les Dolomites, l'Omega, l'aile Advanced, se comporte vraiment bien dans ces conditions. C'est une aile conçue par Chrigel et son équipe pour Chrigel et son équipe, et pour ces conditions, ils sont vraiment bons. Alors quand tu vas dans une météo vraiment difficile avec cette aile — et j'y ai été, j'ai testé l'Omega il y a deux ans — je pouvais la comparer aux autres ailes qui faisaient beaucoup plus de mouvements, des trucs beaucoup plus techniques. Les gars étaient sur leurs freins alors que je pouvais rester tranquille, tu vois. L'Omega a été un énorme succès en fait, ils ne m'ont jamais vendu autant d'Omega Advanced, m'a dit Advanced il n'y a pas longtemps, parce que c'est une aile très compacte et très solide.

41:31Tom De Dorlodot

C'est encore une aile qui se comporte très bien dans ces conditions difficiles avec de bonnes performances, elle va bien face au vent, mais si vous avez des journées de vol avec une portance incroyable, alors ce n'est peut-être pas le meilleur outil, encore une fois. Donc, ouais, mais je pourrais voir une différence. Ce qui est intéressant, c'est que vous voyez quelqu'un comme Aaron arriver avec une Nova qui n'est pas au sommet du game, mais ils ont développé quelque chose, ils ont trouvé un truc sympa qui vole bien et, ouais, Aaron a sûrement très bien fait avec. C'est assez intéressant, et la sellette, la sellette qu'Aaron utilisait était aussi plutôt cool, c'est une petite marque en France je crois, ils ont fait un travail incroyable. Mais ouais, ce qui est sûr, c'est qu'Adents travaillera sur une submarine pour 2027 parce qu'il faut ce petit coup de pouce supplémentaire, vous savez, cette petite performance en plus. Maintenant, le niveau est tellement serré, tout le monde est si proche les uns des autres que vous avez besoin de tout.

42:30Gavin McClurg

Ce serait intéressant de lui parler, non ? Parce que je veux dire, je ne savais pas quoi lui dire après la course, je ne savais littéralement pas quoi lui dire. Je veux dire, comme tu l'as dit, il fait tout avec tellement de style et il était, tu sais, il avait une super attitude, comme tu l'as dit, certainement à l'extérieur, je suis sûr qu'à l'intérieur il était un peu énervé, mais je suppose que le virus de l'excès de confiance l'a un peu pris avec cette décision parce que, comme je l'ai dit, il y a un an, il se présente à une Coupe du monde, vole l'Impress, prend la troisième place, tu sais, il a toujours gagné cette course avec une telle avance que je suis sûr qu'il s'est dit : « Je veux voler avec ce avec quoi je suis à l'aise et j'aurai une occasion de faire une manœuvre, je fais toujours ça, ça va marcher » et ce sera intéressant parce que j'ai vu Thomas Therlo, on mangeait de la pizza la nuit où ils marchaient dans St.

43:25Gavin McClurg

Moritz, cette nuit de pluie avant le dernier jour, je me souviens qu'il a dit ça il y a des années, mais c'était quand ils travaillaient encore ensemble : qu'un vrai signe de champion, c'est de perdre et de revenir. Alors je suis sûr qu'il va travailler très dur. C'était intéressant, on vient de faire l'Eiger et Lars a gagné aussi, et Chrigel est quatrième. On n'a pas vu Chrigel ne pas gagner depuis très, très longtemps, et là il est quatrième deux fois en l'espace de quelques semaines. Ce sera vraiment intéressant de voir comment le champion va revenir.

43:58Tom De Dorlodot

il va revenir, c'est... enfin, on n'oublie pas ce genre de suprématie, vous savez, il est là depuis tellement d'années. Je le connais depuis sa première course, en 2009, c'était ça ou 2000 ? Oui, 2009, et il veut viser son 10ème Red Bull XL en 2027, donc il va arriver vraiment bien préparé, c'est sûr. Je pense que ce qui est intéressant ici, c'est que c'est un peu comme la Formule 1 : si vous voulez battre les vainqueurs, vous devez avoir une approche différente, vous devez essayer des choses. Et d'une certaine manière, peut-être qu'il a été trop confiant ou qu'il s'est dit : « bon, ne prenons pas de risques, ça va marcher ». Et au bout du compte, cette petite différence a fait la différence. Et je connais ce sentiment parce que j'ai participé aux Excels plusieurs fois et deux fois j'ai piloté une aile Sea avec Gradient à l'époque. Gradient avait une aile D qui était bonne, mais ensuite l'aile Sea est sortie, elle volait mieux.

45:04Tom De Dorlodot

C'était, vous savez, c'était impossible, soyons honnêtes, c'était vraiment dur de suivre ces gars-là. Vous décollez le matin et dès la première glissade, ils passent juste au-dessus de la colline et vous restez bloqué, vous voyez. Et ça devient vraiment frustrant quand on s'en rend compte, mais quand on le voit... et puis ça vous reste en tête, vous savez. Et c'est dur, c'est vraiment dur. Je me souviens d'il y a deux ans, quand je volais vers l'un des parcs de virages avec Damien Lacazze, on a quitté la base des nuages ensemble et on était à pleine accélérateur l'un à côté de l'autre pendant environ 15 minutes, et à la fin, on a atterri exactement à la même altitude, tout était identique. Et là, je me suis dit : « Bon, ça ne peut pas être si mauvais », genre, mon aile vole autant que la sienne, vous voyez. Et là, vous avez ce boost de confiance et vous n'avez plus d'excuse, vous vous dites : « D'accord, maintenant ce n'est pas le matériel, on peut le faire ». Et c'est merveilleux, mais l'inverse, quand vous volez derrière quelqu'un et que vous voyez que la glisse est meilleure, que la vitesse est meilleure, que vous ne pouvez pas suivre, que vous ne pouvez pas tenir la cadence, vous essayez de monter dans une thermique et ça vous brise. Ça semble injuste, ça vous bouffe le moral, ça ne marche tout simplement pas. Et à partir de là, c'est la descente, donc le cerveau va devoir travailler dur.

46:23Gavin McClurg

le dernier jour, vous savez, tous ces gars ont décollé ensemble à Laramoose, enfin pas avec Aaron, Aaron a fait sa propre ligne et il était devant tout du long, mais vous savez, l'histoire c'est qu'il y a eu plusieurs fois pendant ce vol où Chrigel était devant et il est arrivé derrière eux tous, donc, vous savez, ça peut s'expliquer par plein de choses différentes, je n'étais pas dans cette sellette ce jour-là, mais ouais, intéressant. Bon, passons à ce dont on était censé parler, et curieusement, je viens juste d'avoir un petit SMS hier avec Hanza, vous savez, Hanza l'a fait cinq fois et son fils s'y met, et son fils a fait un vol de dingue récemment au-dessus du mont Whitney en Californie et il a atteint 16,4. Et j'ai fait une remarque : « Hé, peut-être qu'on va le voir dans la maison X un de ces jours. »

47:09Gavin McClurg

Et il a dit : « Ah, je pense que c'est... on verra. Ce sera sa décision. Il est trop jeune maintenant, mais vous savez, je pense que c'est devenu trop dingue. Je pense que c'est devenu trop risqué. » Et j'ai réfléchi une seconde là-dessus et je me suis dit : « Je ne suis pas d'accord. » Et voilà pourquoi : aucun des deux. Ouais. OK. OK. Bien. Je pense que, vous savez, le premier jour est l'exemple parfait. C'est l'exemple parfait qui, je pense, va illustrer tout ça. Et pour ceux qui écoutent, vous avez vu l'orage de grêle, vous avez vu la foudre. Si vous avez regardé la course, météo de dingue, ça a suivi une météo vraiment parfaite. Ça n'aurait pas pu être un meilleur premier jour. Et la plupart d'entre eux sont arrivés à Sexton quand il faisait encore plutôt bon. Et puis, alors qu'ils montaient vers le point de retour de Sexton et la Via Ferrata, c'est devenu vraiment hardcore.

47:58Gavin McClurg

Et, certains d'entre eux ont pu monter là-haut vers sept ou huit heures, ils ont pu atteindre le sommet avant que Juergen, le directeur de la sécurité, ne ferme tout. Ensuite, on est restés tous dans la cabane pendant quelques heures, au moins une heure et demie, avec une tempête de grêle sauvage, de gros grêlons énormes, énormément de vent et énormément de pluie. Puis ça s'est arrêté assez temporairement. Vous savez, ça n'a pas duré très longtemps, toute la montagne était couverte de grêle et Aaron, Tangi, Lars, Chrigel et quelques autres se sont précipités dehors. Chrigel a ouvert la voie et n'a eu aucune hésitation, avec ses ailes qui ont touché le sol, ça avait l'air vraiment mauvais. Je n'ai jamais vu un décollage de Chrigel aussi mauvais que ça.

48:46Gavin McClurg

C'était, c'était moche. Mais ils ont réussi à s'en sortir. Je pense que Lars en a arraché un paquet, il a arraché son Stabilo en essayant de le faire, puis il est un peu tombé dans le précipice et s'en est sorti. Ensuite, Simone et quelques autres ont regardé et ont marché, ils ont juste marché vers le bas, et ce n'était pas tant ce qui se passait à l'instant T, mais plutôt l'endroit où ils allaient atterrir, vous voyez. Et tout ça a été filmé parce qu'on est tous les médias là-haut et on a tous capté la scène. Et puis ils ont tous fini par être sanctionnés. Ils ont eu trois heures de pénalité, ce qui n'a finalement pas beaucoup affecté les résultats. Mais je n'ai pas de problème avec cette décision. Vous savez, il y a une règle qui permet de les sanctionner pour comportement risqué. Et certainement, ce n'était pas du vol récréatif, ce qui est rarement le cas en XL.

49:34Gavin McClurg

Mais, enfin, mon point, c'est que quand j'étais là à les regarder faire ça, je me demandais : qu'est-ce que tu ferais ? Qu'est-ce que tu ferais là, tout de suite ? Si tu étais dans cette course et que c'était à 100 %, je ne sais pas. Je lancerais, tu sais, et toi et moi, on a fait ce qu'ils ont fait des dizaines de fois dans nos carrières sur cette course. Tu n'hésites pas, c'est ce qu'il faut faire. Et je pense que parce qu'on est tellement présents sur les réseaux sociaux, qu'on a tellement de caméras là-bas et que tant d'équipes ont maintenant leur propre équipe média, comme tu l'as vu par le passé avec Paul Gushabower, mais la plupart des équipes en ont maintenant, et tout est diffusé, tu vois, c'est juste une course médiatique très différente de celle de 2015 et 2009.

50:29Gavin McClurg

Je pense que ces risques ont toujours été pris. Mais tout le monde les voit plus maintenant.

50:36Tom De Dorlodot

Je suis tout à fait d'accord. Avec ce que tu viens de dire, je me rappelle des moments en 2007, 2009, 2011, 2013, où des gens me racontent des histoires ou des choses que j'ai vues moi-même, tu sais, et je ne filmais pas, on n'avait pas de smartphones à l'époque, mais c'était encore pire que ça. Je me souviens de l'entraînement en 2011, on volait en salle, et je me disais, pour voir si l'aile se comporterait bien sous une forte pluie, on s'entraînait à voler sous la pluie, on volait tout le temps sous la pluie. Donc c'est difficile parce qu'évidemment, maintenant ça sort, les gens le partagent, ils en parlent et beaucoup de gens commentent. Et on est dans cette culture où tout le monde a son mot à dire, tout le monde veut dire ce qu'il en pense, et donc tout ressort comme ça, et tout le monde a quelque chose à dire là-dessus.

51:29Tom De Dorlodot

Je suis d'accord avec vous. Je pense que ça a toujours été comme ça. Mais je dirais même plus que ça. Je pense que c'était pire parce imaginez en 2007, Vincent Springley pour donner un exemple, il avait une sellette de parapente sans protection dorsale, zéro protection dorsale. C'était comme une sellette à sangles. Pas de cocon, juste une ligne. Son parachute de secours, j'étais avec lui quand on l'a fait, on l'a construit nous-mêmes. À l'époque, avec les gars là-bas, ce n'était pas certifié. C'était le plus petit parachute de secours. Il a tout fabriqué lui-même parce qu'on n'était pas obligés d'avoir des casques certifiés. On volait avec des casques de vélo, les plus légers qu'on pouvait trouver, la protection dorsale n'était pas obligatoire.

52:20Tom De Dorlodot

Pas de repos, non, pas de repos 24 heures sur 24. On volait, vous voyez, par ici et par là. Je me souviens m'être endormi en plein vol et m'être pris la face, vous voyez, pendant le vol, puis l'atterrissage. Et les gens me demandaient : « Qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce qui est arrivé à ton visage ? » C'était tout rouge parce que je venais de me donner une gifle pour essayer de rester éveillé. Je me souviens m'être endormi en randonnée pendant la nuit et m'être cogné la tête sur le bitume, vous voyez ? C'était donc plus une aventure que ce que c'est maintenant, mais je pense que c'était nécessaire pour arriver au plus sûr, pour rendre ça plus sûr d'une manière ou d'une autre avec des ailes certifiées avec, euh, des protections dorsales, vous voyez, ces protections dorsales et elles ont sauvé quelques personnes lors des dernières éditions.

53:05Tom De Dorlodot

Alors, pour revenir là-dessus, c'est évidemment partout. Tout le monde filme. Ce qui n'aide pas, c'est que certaines personnes décident, non, certaines sont assez intelligentes pour décider de ne pas voler. Et d'autres sont peut-être un peu plus téméraires et partent voler dans ces conditions. Et ça crée le débat. Si tout le monde avait volé, alors je suppose qu'il n'y aurait pas eu de pénalité, vous voyez, mais ça crée un moment où on se dit, eh bien, ce n'est pas juste pour les gens qui sont en sécurité. C'est dangereux. Ce n'est pas un bon exemple. Et comme c'était le premier jour de la course et que tout était un peu confus avec la via Ferrata dans la tempête du tunnel et tout ça.

53:53Tom De Dorlodot

Je pense qu'ils ont dû prendre une décision. Maintenant, quand je regarde le temps de pénalité, soyons honnêtes, comme vous venez de le dire, ça n'a pas fait de différence, genre trois heures, c'est le temps qu'ils ont mis pour descendre à pied, pratiquement, vous voyez ? Donc c'est un peu injuste si vous voulez, genre, j'aurais dit peut-être un minimum de six heures ou quelque chose comme ça, et pour vraiment marquer le coup et donner un exemple. C'est donc une question difficile et ça revient aux grands débats qui sont derrière, à savoir : est-ce qu'on doit autoriser les gens à voler dans ces conditions ? Est-ce qu'on doit les laisser prendre leurs propres décisions ? Et là, encore une fois, je pense qu'on sera d'accord, mais c'est très personnel et, vous savez, ça dépend aussi un peu de la culture. Quand vous entendez quelqu'un de Suisse ou d'Allemagne, ils diront : « Ouais, on a besoin de règles et on interdit tout. »

54:41Tom De Dorlodot

Quand vous entendez quelqu'un d'Amérique du Sud, des États-Unis ou de Belgique dire : « Non, donnons de la liberté aux gens, ils peuvent faire leur propre choix. » Et je sais que ce n'est pas toujours une opinion populaire, mais je dirais toujours que nous sommes des adultes. On sait ce pour quoi on s'est engagé. On vient ici en sachant à quoi s'attendre et personne ne vous force à voler. Vous pouvez toujours dire : « Hé les gars, ça ne me dérange pas, je ne vais pas voler. » Le problème vous frappe vraiment quand on a la mentalité d'un gagnant, quand on est tellement compétitif que l'on sait que cette compétitivité va nous pousser à faire des choses qu'on n'a pas vraiment envie de faire. Et c'est là que se trouve la limite. C'est là où Maxime Pinot n'est probablement pas vraiment à l'aise avec ça.

55:28Tom De Dorlodot

Parce qu'il a toujours été là pour gagner. Et d'un coup, tu lui dis : « Hé mec, tu n'es pas obligé de voler », mais ne pas voler signifierait ne pas gagner pour lui. Alors, quel est l'intérêt ? C'est ça le dilemme de ces athlètes de haut niveau. Ils sont tout à fait capables de gagner, mais d'un coup, ils se disent : « Eh bien, la vie est plus importante ». Et ils ne sont pas sûrs, ou ne sont pas sûrs de pouvoir prendre cette décision et se retrouver dans des situations très dangereuses. Alors, ouais, je ne sais pas, les gens critiquent la course, l'organisation et tout ça, mais c'est une course d'aventure. Et chaque jour, chaque fois que tu vas voler, chaque fois que tu es sur une zone de décollage, tu dois prendre cette décision. Est-ce que je vole aujourd'hui ou, tu sais, est-ce que je rentre parce qu'un gros orage arrive ? Et tu prends cette décision librement.

56:18Tom De Dorlodot

Euh, ici, d'accord. C'est une compétition et tout le monde est, vous savez, motivé et tout le monde veut gagner, mais, euh, ça ne veut pas dire qu'il faut aller se donner la mort, vous voyez ? Donc, moi aussi,

56:29Gavin McClurg

Je, je ne veux vraiment pas, vraiment pas aller dans cette direction. Vous savez, la Coupe du monde va dans ce sens depuis longtemps maintenant. Martin Shield soutiendrait avec véhémence que de plus en plus de pression est exercée sur les organisateurs, sur le directeur de course, sur le comité de manche, et de moins en moins sur les pilotes. En d'autres termes, s'il y a une manche, un pilote va la voler parce qu'il est bête et qu'il veut les points. Et ça doit être sûr parce que le directeur de course l'autorise, vous savez, plutôt que l'inverse : c'est toujours votre décision de quitter la montagne à chaque fois, quoi qu'il arrive, c'est vous et vous seul. Et ça doit rester ainsi. On ne peut pas se baser sur le plus petit dénominateur commun.

57:16Gavin McClurg

Je veux dire, une chose qui rendrait le X-Alps plus sûr, c'est de ne pas avoir d'athlètes d'autres pays qui s'inscrivent juste parce qu'ils viennent d'ailleurs. Et ils ne sont pas... je veux dire, si vous n'aviez que les 32 meilleurs athlètes, ce serait principalement des Suisses, des Allemands, des Français. Et vous n'auriez pas cette énorme disparité de talent, de capacité, d'entraînement et d'heures de vol. Et si vous dites soudainement : « d'accord, on ne vole pas dans de telles conditions », vous éliminez tout cet entraînement que Chrigel, Damien, Maxime et ces gens-là sont capables de pratiquer en toute sécurité, vous voyez ? Et ça devient tout simplement une course complètement différente.

58:03Gavin McClurg

Et moi, je trouve toujours ça, je trouve ça répugnant de faire peser le poids de ce problème sur l'organisation. Pour moi, ils offrent une opportunité incroyable à quelques rares personnes de vraiment tester leurs compétences par elles-mêmes. Enfin, c'est ce que j'aime dans cette course, et les gens diront : « Oui, mais il y a la pression, les médias, les réseaux sociaux et, tu sais, la compétition... » Non, ce n'est pas comme la Coupe du Monde. Il n'y a rien d'autre que la gloire. Il n'y a pas d'argent. Et on a vu Timo, tu sais, c'est juste... tu vas avoir un accident dans cette course. Les gens diront : « Eh bien, qu'en sera-t-il quand quelqu'un mourra ? Ça va tout changer. »

58:52Gavin McClurg

Bien sûr, on a toujours su que cela pouvait arriver, mais est-ce la responsabilité de l'organisation ? Je le soutiendrais avec véhémence. Et ce n'est pas parce que je travaille pour l'organisation. Je l'aurais soutenu quand j'étais athlète, je suis juste reconnaissant qu'ils organisent ça. Et je pense que la plupart des gens sont là pour tester ce qu'ils ont dans le ventre. Et certains sont là pour gagner, bien sûr. Mais l'environnement de la course va vous pousser à faire des choses stupides. On l'a tous fait. On continuera à le faire. C'est juste l'ego. Ouais. Et nous ne sommes pas beaucoup à être vraiment doués pour réprimer complètement notre ego, surtout dans le feu de l'action. Mais on ne peut pas utiliser l'absence de décès comme défense, mais je crois que nous avons l'historique pour dire : « Hé, tu sais... »

59:46Gavin McClurg

il y a quelque chose dans ce que les gens accomplissent. Et comme toi, nous en avons parlé, pas seulement aujourd'hui, mais souvent en privé, sur le fait que cet état d'esprit dans lequel on se trouve est vraiment spécial et qu'il s'agit d'une sorte de bulle protectrice. Et ça ne va pas toujours... je ne dis pas que ça ne va pas arriver. C'est presque inévitable. Je ne cherche pas à...

1:00:09Tom De Dorlodot

non, non, sans aucun doute. Soyons honnêtes. On a perdu des amis, on sait comment c'est. Et c'est, euh, mais cette, je veux dire, cette liberté, vous savez, et ce vol libre

1:00:21Tom De Dorlodot

d'esprit. Et si on pense même à Arc, celui qui a lancé la course, vous savez, et, ouais. Ouais. Ouais. Ouais. Ouais. Ouais. Ouais. Ouais. Ouais. Ouais. Ouais. Ouais. Ouais. Ouais. Ouais. La façon dont il a vécu sa vie et la vision qu'il avait de cette vie, vous savez, était d'une certaine manière extrême. Et je suis un peu fatigué de le dire, vous savez, on a tendance à trop protéger tout. Maintenant, on a tendance à tout réglementer. Tu peux faire ceci, tu peux faire cela. Tu peux le faire. Et j'ai voyagé partout dans le monde, vous savez, et parfois j'ai l'impression que, d'accord, on se retrouve piégés ici. On ne peut plus prendre de décisions par nous-mêmes. Les gens vous diront quoi faire, quoi ne pas faire, où marcher, où manger, où et comment voler. Et le vol est l'un de ces derniers endroits, vous savez, comme la voile, par exemple, où personne n'est là pour vous dire : « Hé, tu dois virer maintenant ».

1:01:14Tom De Dorlodot

Oh, tu dois aller à gauche ou à droite. Tu sais, comme quand tu es en voiture, c'est un feu rouge, tu t'arrêtes, la police est là, pas plus de 40 miles à l'heure, ceci et cela. Et tu as l'impression qu'on vit une vie où tout a été décidé pour nous. Ouais. C'est comme ça d'une certaine manière, et on n'a pas tant de choix à la fin, alors que le vol offre la possibilité de décoller et de dire : je vais à droite ou je vais à gauche, je vais sur une longue distance ou pas, je fais ma propre chose, je choisis mes propres options. Et ce sentiment est inestimable, et il vient avec la responsabilité. C'est comme le base jump, tu sais, je ne suis pas un grand fan de base jump mais j'en ai fait quelques-uns, et le sentiment que tu as quand tu sautes, c'est comme si tu prenais tes responsabilités, tu sais que si tu n'ouvres pas ton parachute, tu vas te fracasser la tête, tu vas s'écraser et tu vas mourir, mais tu as assez confiance en tes compétences et en ton entraînement, et tu prends cette responsabilité, et c'est incroyable.

1:02:14Tom De Dorlodot

Je ne sais pas comment l'expliquer, mais c'est spécial. On a l'impression de vivre avec intensité. Les gens vont peut-être me traiter de mordu d'adrénaline ou quelque chose comme ça, mais je ne pense pas que ce soit ça. C'est plutôt le fait de prendre vraiment la décision de dire : « Hé, j'assume mes responsabilités, je vais être aussi prudent que possible, je me suis entraîné pour ça, je me suis préparé et maintenant je suis capable de le faire en toute sécurité ». C'est aussi l'un des aspects du débat qu'il est difficile pour les gens de saisir et de comprendre, mais tu viens de le dire. C'était comme le jour du décollage, quand il y a eu ce décollage risqué de Tanguy, avec le Brésilien et l'Italien, tu sais, j'étais là, donc je l'ai vu de mes propres yeux, et j'ai vu Patrick décoller dans exactement les mêmes conditions, et c'était parfait, c'était propre.

1:03:06Tom De Dorlodot

J'ai vu cette vidéo, c'est incroyable. Mais facile, vous voyez ? Et je le connais, et certains des gars étaient en sécurité, ils étaient en sécurité. Pourquoi ? Parce qu'ils ont les compétences. Moi, je n'ai pas les compétences pour sauter, vous voyez, avec des skis, genre d'une falaise de 30 mètres ou quelque chose comme ça, mais certaines personnes le font, certaines personnes ont été formées pour ça, elles ont été formées toute leur vie. Et certaines personnes diront que c'est fou, que c'est dangereux, mais la communauté et les gens qui s'y connaissent vraiment diront non, c'est gérable. Alors, qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Et c'est vraiment frustrant pour moi quand vous voyez des gens qui ne comprennent pas, ils voient ça et se disent que c'est dangereux. C'est comme aujourd'hui ici, je volais avec le seul autre pilote sur l'île, c'est un mec super sympa mais il a été...

1:03:57Tom De Dorlodot

sur le site local et il a peur des nuages, il a peur du vent, il a peur de la zone sous le vent, et quand je suis sorti, tu sais, je suis allé un peu en zone sous le vent et pour moi, c'était totalement nickel, super, extrêmement sûr. J'ai envoyé quelques photos en vol et là, il m'appelle fou. C'est drôle, tu sais, c'est juste que, écoute, c'est comme si tu disais : « tu es fou, tu tiens ton téléphone quand tu voles, c'est une aile, tu es en zone sous le vent, mec ». Je fais ça depuis 20 ans, tu sais, et c'est ce que j'ai dit pendant la course aussi : c'est extrême, mais c'est tout à fait normal, tu sais. Et il faut comprendre que des gars comme Chrigel, quand les gens vont travailler, lui, il va voler, il va en montagne, il s'entraîne, il vole, il sait comment gérer ça. Et évidemment, parfois on dépasse les limites et on prend des risques, et c'est là qu'on doit avoir un débat. C'est genre : d'accord, comment peut-on rendre ça plus sûr pour que les gens arrivent à la course dans leur meilleur état mental ? Et c'est aussi pour ça qu'on a décidé de mettre plus de temps de repos, tu sais. On a poussé pour ça parce qu'évidemment, quand tu es extrêmement fatigué, ta prise de décision n'est plus aussi bonne, et c'est un autre type de problème parce que là, tu n'es plus en mesure de voler à ton meilleur niveau. Donc on a ça maintenant, on peut dormir un peu plus. On a des équipes plus grandes, avant on n'avait qu'un seul supporter, c'était basique, je me rappelle des jours en 2007 où je voyais mon supporter juste une fois le soir, tu sais, je faisais la queue dans les magasins pour acheter de la nourriture.

1:05:28Tom De Dorlodot

C'est mieux maintenant, ça s'améliore. Le matériel de vol est tellement plus performant, tellement plus sûr, avec tout l'équipement qui est vérifié.

1:05:35Gavin McClurg

et tout l'équipement est vérifié, et il y a beaucoup de choses qui ont changé en mieux depuis 2015, comme tu l'as dit, des sellettes certifiées, des casques certifiés, des ailes certifiées... ce sont toutes d'excellentes choses. Je veux dire, comme je l'ai dit, on pourrait créer une sorte de qualification, un événement de vol plus pur... je pense qu'on pourrait un peu plus fusionner les capacités, c'est sûr. Ça le rendrait moins intéressant en quelque sorte. Tous les pays sont super, mais les gens poussent vraiment les limites, il y a des courses de marche et vol partout dans le monde maintenant. Et la plupart des gens aujourd'hui qui atteignent le niveau du Red Bull X-Alps en ont fait plusieurs, donc ils ne débarquent pas complètement à l'aveugle.

1:06:28Gavin McClurg

Et voilà, c'est ça le truc, abordons le sujet de front. Will Gadd a publié un super post pendant la course, en prenant le sujet à bras le corps comme il le fait toujours, de manière très articulée, et il remettait ça en question. Et dans les commentaires en dessous, il y avait un commentaire qui disait : « Ouais, mais ça donne l'exemple. Genre, tel ou tel mec est sur la ligne de départ, voit ce que Creagle peut faire et se dit : "Ouais, je peux faire ça". » Allez, c'est n'importe quoi, je déteste cet argument, je ne peux pas le supporter. Tu ne peux pas regarder quelqu'un comme Creagle et te dire : « Ouais, j'ai ce mouvement ». Je veux dire, si quelqu'un le fait, il est vraiment rare sur cette terre. Je ne regarde jamais Creagle en me disant : « Ouais, j'ai ce mouvement ». Non, ce que je pense, c'est que c'est un argument ridicule, et quand je l'entends encore et encore, que nous donnerions un mauvais exemple... c'est comme si je disais : « Je ne pense pas pouvoir conduire une voiture de F1 parce que... »

1:07:28Gavin McClurg

vous voulez

1:07:29Tom De Dorlodot

non non c'est sûr, je pense que l'exemple est ridicule et je suis d'accord avec toi. Ce qui m'inquiète un peu, c'est plutôt l'image du parapente, pas l'exemple, l'image du sport en soi, tu vois. Je comprends ça, et c'est triste d'une certaine manière parce que c'est ce que les gens veulent. Ils veulent des fermetures, ils veulent des conditions extrêmes et parfois, les gens qui regardent, ils veulent du carnage.

1:08:00Gavin McClurg

C'est vrai, et le public veut du sang ou...

1:08:03Tom De Dorlodot

Vous savez, genre, laissez-moi vous donner un exemple parce que c'est assez drôle. Pendant le X-Alps, la Rebel Adventure Team, avec qui je travaille et tout, m'a dit : « Hé Tom, faisons quelque chose, genre une petite vidéo TikTok ou Instagram sur comment faire pipi en l'air ». Pourquoi ? Parce que c'est ce que les gens veulent voir, vous savez. Alors je me suis dit : « OK, bon, faisons-le, mais faisons-le avec classe », parce que je suis un gars plutôt classe, vous savez, je ne vais pas juste le faire devant la caméra ou quoi que ce soit. Mais bon, je me suis dit : « OK, faisons quelque chose de classe, voyons où ça mène ». Eh bien, quelques semaines plus tard, on a plus de trois millions de vues sur TikTok et presque deux millions sur Instagram. Et je me demande pourquoi... C'est parce que c'est ce que les gens veulent. Et d'une certaine manière, ça me rend un peu triste parce que, vous savez, on va voler de grosses lignes au Pakistan et tout ça, et on n'a même pas la moitié de cette couverture médiatique. Mais

1:08:59Tom De Dorlodot

mais c'est ce que les gens veulent et c'est ce qu'ils partagent, vous voyez. Et ces vidéos de ce gars qui décolle dans des conditions de merde, d'un coup, ça devient le moment fort du X-Alps parce que c'est ce que les gens partagent. C'est là qu'on doit être un peu plus prudents. Mais l'organisation, d'une certaine manière... avant, on avait un blog en ligne, vous voyez, on pouvait poster directement sur le site et quelqu'un vérifiait si le contenu était bon avant qu'on le valide. C'était comme ça qu'on faisait, ils avaient beaucoup plus de contrôle sur l'image. Mais maintenant, tout le monde poste, tout le monde a les réseaux sociaux, tout le monde est suivi, donc c'est très facile pour que ça sorte, que ça fuite, quelqu'un sera là pour le filmer. Et c'est là que je pense que les pilotes, peut-être, ont effectivement la responsabilité de donner une bonne image du sport, vous voyez. Et c'est là que l'organisation peut le faire en se concentrant davantage sur les gars intelligents et en donnant la parole à ceux qui sont plus prudents, mais ça ne vend pas aux gens.

1:10:02Gavin McClurg

pour descendre à pied

1:10:03Tom De Dorlodot

Prendre une décision, mais ça ne vend pas autant quand quand vous êtes la course d'aventure la plus difficile qui soit et et que vous voulez être la plus difficile, est-ce que vous voulez du carnage ? Je ne dis pas que l'organisation le veut, mais quand même, ils savent que c'est ce qui fait les vues et et et donc et donc ouais.

1:10:20Gavin McClurg

Et je veux dire, pour le public, c'est juste... ouais, détends-toi, prends une grande inspiration, assieds-toi et comprends comment fonctionne l'humanité. Je veux dire, ce n'est pas comme si l'organisation suppliait ces athlètes de sortir et de faire des trucs de dingue, tu vois, ça n'arrive pas. C'est juste que, bien sûr, c'est ça qui vend, et ça, et ça. Mais pour moi, ce n'est pas un argument pour dire : « Oh, regarde comme ils sont mauvais ». Encore une fois, ils ne font que fournir une plateforme. Toi et moi, on sait tous les deux qu'on a été des deux côtés de la barrière, donc on sait comment ça marche. Et c'est ça qui vend, c'est ce que tu aimes, c'est OK. Et pour être tout à fait honnête avec toi, c'est ce que la F1 vend, ouais, ouais, le carnage.

1:10:59Tom De Dorlodot

Parfois, ça me rend triste parce que je lis des commentaires et, évidemment, les gens vont dire « oui, mais ce n'est pas objectif », tu sais, qu'il est un athlète rebelle et tout ça. Mais je lis des trucs genre « le côté rebelle les pousse à prendre des risques » ou « le rebelle fait ceci » ou « le rebelle fait cela ». Je me dis : quelle blague. Je suis un homme de 40 ans, je prends mes propres décisions, tu sais. Si je veux essayer de voler avec ces vents, personne ne me pousse, personne ne me demande de faire quoi que ce soit comme ça. Ils essaient juste de vous offrir...

1:11:29Gavin McClurg

avec l'opportunité de faire quelque chose

1:11:29Tom De Dorlodot

chaque course et

1:11:31Gavin McClurg

On a des photographes qui nous suivent partout, vous savez. Je veux dire, Will Gadd m'a dit que c'était l'une des premières choses qu'il a dites quand on montait vers notre tout premier départ : « Hé, je vois que tu es un optimiste et je n'aime pas les optimistes, et ces caméras vont te pousser à faire des trucs stupides, alors arrête tout de suite. » Juste rembobinez, on l'a, on n'a pas de pellicule, si tu ne le fais pas, on doit le faire, on doit être prudents, oublie tout ça. Mais c'est dur d'oublier tout ça, on est juste des humains. Et je déteste qu'on essaie de lui enlever ça à l'athlète, d'une certaine manière, vous savez. Et ce truc de paramètres est vraiment ridicule. La seule fois où j'ai pensé « OK, c'est plutôt intelligent », je ne sais pas si vous vous en souvenez, mais lors de la course de 2019, on était en bas au Mozartplatz pour se préparer au départ et il y avait un vent de 50 kilomètres par heure en haut sur le Geisberg. Et Christoph Weber, vous savez, le nouveau, l'ancien Ferdy, le directeur de course est venu vous voir, moi et surtout Chrigel, et il a dit : « Hé, qu'est-ce qu'on va faire ? » Et Chrigel a dit : « Je veux dire, parce que Chrigel peut décoller à 50 km/h sans problème », mais il a dit que si ça dépasse 30, on ferme le départ. Et pour moi, ça se comprend parce que tout le monde est ensemble, vous avez 2 000 personnes qui regardent, vous avez l'hélicoptère Red Bull et tout ce genre de choses, c'est juste de la sécurité de base. OK, si on arrive là-haut et que ça hurle, tu décides d'attendre ou si ça passe sous les 30, on y va. C'est une situation de course assez cool, mais à partir de là, il y a tellement d'écart que oui, je veux voir Patrick von Cannell utiliser ces compétences. J'ai vu certains de ces départs qui n'ont jamais été rendus publics, il n'y a pas eu de vidéos que tout le monde a vues qui étaient dingues, j'en ai vu d'autres qui étaient vraiment sauvages et vous dites « Ouais, OK, sauvage », mais ils ont géré, vous savez, ils et

1:13:22Tom De Dorlodot

De plus, si on y réfléchit vraiment, techniquement, comment est-ce qu'on ferait, disons, le troisième jour, quand le vent est vraiment fort et qu'on ne peut pas le faire ? Le vent est vraiment fort le troisième jour et vous dites : « on ferme le vol aujourd'hui ». Mais peut-être que quelqu'un est à 100 kilomètres derrière et veut éviter d'être coupé de la course, vous voyez ? Et il n'y a pas de vent là-bas, ou il y a un orage à Martini, et on fait quoi ? On ferme ? Parce qu'il y a un orage, mais il y a un gars qui passe quand même et qui vole, c'est juste impossible. Et puis, on se retrouve dans des situations comme ce qui s'est passé sur la via ferrata, où certains gars sont passés et d'autres se sont...

1:13:59Tom De Dorlodot

ça, pour moi, ça avait l'air mauvais et ce n'était pas juste. Et alors, qu'est-ce qui se passe ? C'est tellement frustrant pour les athlètes, tu vois, ils se disent : « Oh, pourquoi lui peut passer et pas moi ? » et je reste coincé ici. Alors, qu'est-ce qu'on fait ? Ça devient, tu sais, il faut aussi réfléchir à ce qui est réellement faisable et possible techniquement. Et je pense que techniquement, il est presque impossible de proposer des règles comme ça. Tu pourrais dire : « Bon, comme tu l'as dit, premier jour, d'accord, peut-être qu'aujourd'hui on ne le fait pas » ou tu pourrais dire : « S'il y a un orage, on... » ils auraient probablement dû l'arrêter avant que les gens ne se mettent sur la via ferrata, c'était une erreur, et le fermer pour tout le monde. Ouais, le fermer pour tout le monde. Mais ces... mais

1:14:45Gavin McClurg

comme tu l'as dit, ce sont des décisions vraiment difficiles à prendre sur le moment et je déteste l'idée d'essayer de contrôler cet aspect de la course. Je pense qu'on perd beaucoup plus qu'on n'en gagne. Oui, les gens vont argumenter, genre « mais tu pourrais sauver une vie », ce qui est valable je suppose, mais pour moi, on perd le cœur et l'âme de ce qui rend cette course si spéciale. C'est une course, une compétition, enfin...

1:15:21Tom De Dorlodot

Comme vous le savez, si vous voulez vraiment sauver la vie de quelqu'un, alors vous arrêtez de voler, parce qu'au bout du compte, dans les conditions habituelles, vous pouvez prendre

1:15:29Gavin McClurg

tu peux le prendre, tu peux le prendre et tu peux le prendre

1:15:29Tom De Dorlodot

le risque, genre vous volez de A à B, il y a 100 kilomètres à parcourir, il y aura une vallée avec du vent fort, il y aura une zone d'abri, il y aura un gros nuage, on est confrontés à tout ça tout le long, vous savez, comme tous les jours, des câbles, tout ça, pas d'atterrissage... donc, vous voyez, le parapente peut être un sport dangereux, ça l'est, vous savez, si vous ne... si

1:16:00Tom De Dorlodot

On ne s'arrête pas de voler, mais c'est risqué et on peut se blesser à chaque vol. J'ai perdu un ami qui volait sur son spot local presque tous les jours, parce que ça peut arriver à tout moment si on fait une petite erreur. Alors, qu'est-ce qu'on essaie de faire ici ? Est-ce qu'on veut donner de la responsabilité aux pilotes et dire : « OK les gars, on vous fait confiance, soyez prudents, essayez de prendre les meilleures décisions pour vous-mêmes » ? Évidemment, c'est une course, mais sans pression. Les gens doivent avoir cette maturité et être assez sages pour gérer selon leur niveau. Mais si on commence à mettre des règles, je perdrais tout intérêt. Si on me dit : « Hé, demain tu ne voles pas parce qu'il y a un peu trop de vent là-haut », et que je vois les options, je me dirais : « Eh bien, j'aurais pu faire ceci ou cela », et là, ça n'a plus vraiment de sens. On est là pour montrer ce qui est possible, pour repousser les limites du sport et nos propres limites. Mais je suis totalement d'accord avec toi, je pense que la sélection est une chose importante qu'on pourrait faire, et on pourrait aussi faire plus de coaching mental, avant la course par exemple. Essayer d'organiser des ateliers avec les athlètes et dire : « Hé les gars, réfléchissons à ça ensemble, essayons de penser à certaines situations, à la prise de décision, des trucs comme ça ». Je pense que ce serait intéressant, genre faire des simulations. On pourrait avoir plus de monde autour, tu vois...

1:17:30Tom De Dorlodot

responsable de ça, genre, les gens pourraient dire : « Hé, il a décollé sous une forte pluie » ou « il a décollé pendant un orage ». J'étais là, je l'ai vu, et ensuite il faudrait trouver un moyen correct de mettre une pénalité, d'une manière ou d'une autre. Ouais, peut-être de petites pénalités, mais devoir dire « personne ne vole aujourd'hui » ou des trucs du genre, c'est un peu brutal. Et si on regarde le Vendée Globe, j'adore cet exemple, ils font le tour du monde pendant genre 90 jours et ils vont dans des conditions extrêmes. Ils peuvent et tu décides : « Je vais au nord ou au sud, j'irai à l'ouest ou à l'est selon la météo et tout ». Et j'ai eu cette petite discussion avec Max, et Max dit : « Non, ce n'est pas un vrai argument parce qu'en quelque sorte, ils sont en sécurité dans leur bateau ». Et j'ai répondu : « Ben, dis ça à Kevin Escotier quand son bateau s'est cassé en deux ». C'est pas si sûr, tu es super loin, mais tu prends tes propres décisions et tu décides ce que tu veux faire. Et je pense qu'au bout du compte, c'est ta propre responsabilité. Et sur cette magnifique plateforme, tu fais le tour du monde, et puis il y a d'un côté les gars qui veulent gagner, ils ont ces magnifiques bateaux incroyables, tout neufs, et ils vont pour la victoire, et les autres vont pour l'aventure. C'est là qu'on pourrait peut-être mettre ces gars-là un peu plus en lumière, ceux qui vont pour l'aventure, et essayer de parler davantage des moments forts de l'aventure.

1:19:02Gavin McClurg

Le côté aventure, je veux dire, je vois où tu veux en venir et je pense qu'il y a un argument valable. Ce que j'entendais sans cesse, c'est que c'est devenu une course pour gladiateurs, plus pour des aventuriers, et je pense que l'organisation peut — et par là, je veux dire les gens comme moi qui filment ça et racontent l'histoire — enfin, mon espoir quand j'ai rejoint l'équipe pour la dernière en 2023, c'était qu'on couvre toujours très bien les leaders, mais qu'on couvre aussi tous les autres, totalement. J'ai toujours été sur les autres, tu sais, il y a une course fascinante qui se déroule entre la 5e et la 30e place, et racontons ces histoires. Céline est l'exemple parfait cette année quand elle a atterri là-bas, je veux dire, quelle journée épique ! Et quand elle a dit « Ah, c'était tellement dégueulasse », mais pour moi, c'est tout le sens de cette course, c'était tellement cool et magnifique.

1:19:56Tom De Dorlodot

de personnalité et, encore une fois, si on revient sur la Von der Globe, on voit Violet Orange qui est super jeune, elle a fait la course et elle est suivie par des millions de personnes maintenant parce que tout le monde l'adore, vous voyez ? Et c'est là qu'on l'appelle la course d'aventure la plus extrême. Le côté aventure doit toujours être présent. Et il y a une chose que je voulais savoir ce que vous en pensiez, mais je pense aussi qu'avoir autant de points de passage change l'essence de la course et, d'une certaine manière, met aussi les gens plus en danger pour deux raisons. La première, c'est que vous mettez un point de passage à Saint-Moritz, là où on sait que chaque jour il y a du vent à 45 km/h, et les gens vont devoir atterrir là-bas et signer le panneau. Pour moi, ça n'a pas vraiment de sens, c'est une approche dangereuse. C'est une chose, mais l'autre, c'est qu'avant, on courait sans pression parce que personne ne savait vraiment quelle option était la meilleure avant la fin. Ce que je veux dire ici, c'est que si vous avez trois ou quatre points de passage, alors on se dit : d'accord, certains gars sont allés au nord et d'autres au sud, et on ne saura qu'après quatre ou cinq jours qui avait raison. Quand il y a autant de points de passage, tout le monde court sur la même ligne, vous voyez ? On sait toujours où on en est : il est devant, il est derrière, il est plus rapide, je suis plus lent, et on finit par être un peu plus stressé par rapport à ça. Avant, les gars allaient au nord et d'autres allaient au sud, et six jours plus tard...

1:21:30Tom De Dorlodot

Vous savez, le prochain point de passage était le meilleur et tout le monde le regardait, en se demandant qui arriverait le premier, mais la pression n'était pas si forte. Vous savez, la pression d'atteindre le prochain point devant les autres, la pression d'atterrir dans des endroits pourris et tout ça. Et je pense personnellement, mais je sais que vous êtes d'accord, j'adorerais voir une course sans aucun point de passage. Genre, partons de Salzbourg à Mont Blanc, puis de Mont Blanc au premier XL 2003, il n'y avait qu'un seul point de passage à Verbier. De Salzbourg à Verbier, oui, Verbier, et puis c'était Mont Blanc et Monaco. C'est magnifique parce que ça donne de la créativité, ça permet aux gens de prendre leurs propres décisions, vous pouvez aller... et c'était vraiment intéressant. Maintenant, c'est une course sur une piste et ça enlève aussi un peu le côté aventure. C'est très personnel, je comprends qu'on ait besoin de points de passage, aussi pour certains partenaires de la course pour donner du soutien à l'organisation et tout, mais je pense que ça a aussi des effets secondaires. Ouais, ouais.

1:22:36Gavin McClurg

Maintenant, on entre dans quelque chose qui est, personnellement, je pense, vraiment intéressant et quelque chose qui me passionne beaucoup. Et l'une des raisons pour lesquelles j'ai franchement perdu un peu d'intérêt pour la course, c'est que quand je repense à ma première, qui reste mon meilleur jour de toutes mes campagnes, c'était Bell et Zone vers le Cervin, parce que j'ai suivi une ligne que personne d'autre n'a suivie et je suis passé de huit

1:23:00Gavin McClurg

ce jour-là, et on ne voit plus souvent des manœuvres comme ça parce que tu ne peux pas, tu sais, je pense toujours à Nick Nanans quand tu dis ça, moins de virages, il y a eu une année, je ne me rappelle plus si c'était 2015 ou 2017, il est juste parti dans l'espace, où est-ce qu'il va ? Il est allé si loin au nord et il a réussi à s'en sortir, tu sais, avec son gros bloc de fromage et sa mère, et euh, tu sais, on a perdu cette créativité. C'était magnifique, c'était magnifique. Quand tu as des distances plus longues, je veux dire, la classique en 2021, quand Maxime et Chrigel ont atterri à quelques kilomètres l'un de l'autre près de Visp, et que Maxime est allé au sud et Chrigel au nord, et que Chrigel a fait un truc épique et a juste écrasé la course et a gagné, comme il le faisait toujours, avec une énorme avance, tu sais. Donc tu as Maxime, le meilleur pilote au monde, avec tous les mêmes outils, plus rapide au sol et meilleur en l'air, et tu sais, c'est, c'est, c'est, c'est, c'est, d'un point de vue technique surtout, et Chrigel l'a juste écrasé. Et ça, mais cette étape vers son Paloo ou je ne sais quoi cette année-là était énorme, elle était longue et ça permettait, ouais, c'est vrai, et ça permettait des manœuvres comme ça. Donc je pense que d'un point de vue aventure, et juste pour l'intérêt de la course pour les spectateurs, et certainement pour les athlètes, supprimer les points de virage rend les choses beaucoup plus intéressantes, ouais, et comme tu l'as dit, plus sûr. Je veux dire, on avait

1:24:32Gavin McClurg

euh, bien sûr Patrick, mais von... pardon, Harvey Collard, mais je pense qu'il y en avait quelques autres à cause des atterrissages au décollage exigeants, vous savez, là où il y a eu les blessures aux chevilles cette année, mec. Enfin, peut-être que c'était seulement Patrick parce que Jean et Gabe... Gabe a été touché, Jean était juste, vous savez, une décision en l'air à St Moritz, mais ouais, je veux dire, plus on met de gens au sol, plus le risque est élevé, c'est sûr. Ouais, c'est comme

1:25:01Tom De Dorlodot

c'est seulement le dernier centimètre qui fait mal, comme on dit, vous savez, c'est quand on est vraiment proche du sol. Et oui, je pense vraiment que, en plus, les gens se précipitent, ils savent qu'ils ont de la glisse, donc ils sont à fond sur l'accélérateur parce qu'ils arrivent, vous voyez. Et donc c'est plus dangereux. Je me rappelle la bonne vieille époque en 2007 où on entrait dans une vallée et je disais : « Je pense que c'est par là », et un concurrent répondait : « Non, je pense que c'est par là », et on se disait : « Bon, on va prendre... »

1:25:31Gavin McClurg

on le regarde et on se dit : oh mon Dieu, c'est comme un

1:25:31Tom De Dorlodot

une minute pour essayer de comprendre parce que, vous savez, c'était une aventure. On n'avait pas de smartphones, on ne pouvait pas envoyer sa position. Mon supporter devait trouver internet dans un bureau de tourisme ou quelque chose comme ça pour se connecter, trouver le Wi-Fi, aller sur le site pour voir où j'étais, et je l'appelais pour lui dire : « Hé, je vais te rejoindre à l'église là-bas » ou pour lui laisser un peu de mon équipement.

1:26:01Tom De Dorlodot

C'était quelque chose, et ça permettait aussi à des gens comme moi et d'autres de courir, évidemment, mais peut-être que le rythme n'était pas aussi agressif. Ouais, parce que tout le monde avait besoin d'un peu de marge, tu vois. On se mettait d'accord sur des trucs ensemble, genre : « OK, on court, on pousse, mais bon, on doit aussi dormir ». Parce qu'on devait prendre cette décision aussi, c'était du 24h/24, donc on décidait quand dormir et quand ne pas dormir, et on se mettait d'accord sur ce genre de choses. On s'appelait et on disait : « Hé, quand tu vas dormir ce soir, on va tous essayer de passer une vraie nuit parce que demain, c'est une grosse journée ». On faisait des compromis comme ça entre les athlètes et tout. On s'attendait les uns les autres ; je me rappelle tellement de choses, surtout les premières années, j'ai beaucoup travaillé avec Michael Gabbert, qui est un super ami, Vincent Sprungley, Julian Weir... Si j'avais quatre ou cinq kilomètres d'avance, je m'asseyais sur un banc et j'attendais qu'il arrive parce qu'on était plus forts ensemble, tu vois. On ne voit plus ça arriver aujourd'hui, non, les gens sont à fond. L'intensité est aussi venue avec la pression des réseaux sociaux, tu vois, où les gens filment, communiquent, le classement... Tu veux donner le meilleur de toi-même, mais ton suivi en direct en 2007, il peut planter pendant une demi-journée. C'était frustrant parce que tu recevais des messages, oui, les gens t'envoyaient des messages genre : « Pourquoi tu te reposes ? » alors que tu vas marcher toute la journée, et les gens disaient : « Pourquoi tu es assis ? Bouge, bouge, continue, pousse ! ». Mais c'était un peu moins de pression, si je peux le dire comme ça. Et c'est vrai que la pression te met dans des situations, parfois compliquées, c'est là que je pense qu'on devrait réfléchir à comment mieux préparer les athlètes. Je pense qu'un processus de sélection est une bonne idée. Dans la communauté de la voile, par exemple, dans les courses de voile, par exemple pour la Vendée Globe, pour ces coureurs autour du monde, tu ne peux participer que si tu as parcouru un certain nombre de kilomètres ou de milles nautiques dans certaines compétitions. Donc tu pourrais carrément dire : « Hé, tu veux faire partie des Exiles ? Eh bien, ces deux ou trois dernières années, tu dois participer à autant de courses, peut-être en finir autant, et parcourir ce type de distance ». Comme ça, tu t'assures que les gens acquièrent la bonne expérience et qu'ils ont vécu ça. Et puis, tu sais, c'est difficile, c'est très subjectif. Les gens s'appellent, j'ai eu des appels du directeur de course et tout : « Hé, qui penses-tu que pourrait... qu'est-ce que tu penses de ce gars et de celui-là ? ». Et c'est difficile, tu ne sais pas, parfois les gens disent qu'ils ont parcouru 200 kilomètres, mais qui sait vraiment ? Donc je pense que c'est intéressant d'essayer de réfléchir davantage à ce processus, pour sûr, plus d'un...

1:29:08Gavin McClurg

qualifiant, oui, je pense que ça aiderait vraiment. Je veux dire, pour le truc des points de passage, on est pile dans le vrai, je pense. C'est dur d'imaginer beaucoup de changements là-dessus parce qu'on sait que c'est de cette façon que les choses sont financées. Mais bon, vous savez...

1:29:26Tom De Dorlodot

Comme vous le savez, certaines choses se sont très bien passées lors de cette édition et je pense que c'était l'une des plus belles à suivre, mais d'autres choses ne se sont pas déroulées comme prévu. Et il y a eu des problèmes techniques, vous savez, le suivi en direct n'était peut-être pas aussi performant qu'avant. Je sais, et vous le savez probablement aussi, par les organisateurs, les sponsors et Rebel en particulier, que tout le monde travaille dur pour régler ça. Ce n'est pas comme s'ils voulaient que ça reste comme ça, tout le monde aspire à la perfection, donc tout le monde essaie de faire mieux pour 2027. Ça signifie que nous avons maintenant une opportunité de vraiment réfléchir à la manière dont nous voulons que cette course évolue, où nous voulons qu'elle aille. Si vous deviez tenir la barre, où nous emmèneriez-vous à partir d'ici ? Quels sont les enseignements et quels retours objectifs, positifs et constructifs pouvons-nous obtenir ? Ce qui m'agace parfois, c'est que ce n'est pas toujours... enfin, les gens ont tendance à être très critiques, surtout sur les réseaux sociaux, surtout.

1:30:47Tom De Dorlodot

quand leur identité n'est pas totalement révélée, vous savez, et qu'on entend toutes sortes de conneries, mais si vous n'êtes pas sur place, si vous ne faites pas partie de l'organisation, ou si vous n'êtes pas dans la course ou l'un des pilotes, vous savez, c'est vraiment difficile d'avoir une opinion valable, vraiment. Et je pense que les gens devraient moins critiquer et essayer d'être plus constructifs et de se dire : d'accord, maintenant on a une chance de faire mieux, alors à quoi on veut que ça ressemble ? Et ça va être une conversation avec les pilotes ; on va écouter la communauté, les sponsors, l'organisateur, les pilotes, on doit donner la parole à tout le monde et on doit s'asseoir autour de la table pour régler ça. On a besoin d'un système de live tracking incroyable, on a besoin d'une vision très claire pour 2027. On doit travailler sur certains aspects techniques parce que ça a toujours été très technique. Imaginez la première course, vous savez, l'organisateur allait faire un seul film, c'était l'objectif principal, donc ils avaient le temps, une équipe professionnelle, des hélicoptères et tout ça. Mais maintenant, tout repose sur les réseaux sociaux, et les réseaux sociaux doivent être rapides, il faut livrer tous les jours, ça doit être en direct, c'est technique. Je veux dire, c'est extrêmement technique : soit vous avez des budgets massifs, de très gros budgets, et alors vous pouvez y arriver, ou... et c'est toujours du parapente, ce n'est pas du foot, ce n'est pas du football américain, vous savez. Donc on essaie toujours de faire beaucoup avec des moyens limités, au bout du compte, vous savez. Et c'était génial dans l'ensemble, je veux dire, mais vous savez, si vous voulez le faire correctement, il vous faut un producteur, une grande équipe, des cadreurs... ou alors je verrais Tarquin se filmer lui-même, en essayant de régler les paramètres.

1:32:32Tom De Dorlodot

ce qu'il a à dire, puis il saute dans sa voiture et conduit pendant six heures pour atteindre le prochain point de contrôle, vous voyez, pour être prêt et tout ça. C'est incroyable ce que vous avez fait, mais c'est de la folie, on sait que c'est de la folie. Et les gens voient ça et se disent : « Oh, il a allumé sa caméra et il a oublié » ou des trucs du genre. Mais ils ne réalisent pas tout le travail que ça demande. C'est très facile d'être critique, mais ce n'est pas si facile de produire. Enfin, si on veut faire mieux, et on le fera, c'est plus une question d'avoir les bonnes personnes avec les bons outils et de se dire : « OK, on aurait pu faire mieux, d'accord, prenons un autre caméraman ou faisons ceci ou cela ». Mais au final, tout va revenir à l'argent. Pour qu'une plateforme comme celle-ci fonctionne vraiment, il faut du cash, il faut de l'argent. Et ce n'est pas la Formule 1, vous ne pouvez pas vous attendre à...

1:33:32Tom De Dorlodot

vous savez, essayer de tenir le coup pour survivre, comme avec Netflix avec un événement de parapente, on aimerait que ce soit comme ça, mais c'est encore... d'accord, ça s'appelle Rebel Exiles et Rebel est mondial, mais c'est toujours un événement de parapente. Et la plupart de ces événements de parapente, si vous regardez, ce sont des gens qui travaillent gratuitement, pas dans les Exiles mais je veux dire, dans la plupart des courses, les gens le font pour le plaisir, comme si vous allez au pier, ce sont des gars passionnés qui le font, vous savez, ils veulent juste aider et tout ça. Et c'est incroyable, c'est merveilleux, mais ce n'est pas parfait non plus, vous savez, c'est difficile. Donc oui, je pense vraiment que 2027 pourrait être un succès massif, vraiment un succès massif, mais on doit, oui, trouver un peu plus de clarté pour le moment, je pense, oui.

1:34:26Gavin McClurg

Je suis d'accord. Je veux dire, si vous écoutez le podcast et que vous êtes fan de la course, un spectateur, prenez ces mots à cœur. Les retours sont formidables. Quant aux critiques vraiment méchantes sur les réseaux sociaux, il y a des gens qui prennent ça assez... enfin, ils y sont sensibles. Et je peux le dire parce que j'organise des événements, on arrive à un point où on se dit : « Vous savez quoi ? Ça n'en vaut pas la peine ». Et oui, c'est une course incroyable. Ulrich a une peau épaisse, je sais, et j'apprécie vraiment ce que lui et son équipe, qui est énorme, sont capables de faire. Mais oui, je pense qu'on pourrait se passer de toutes ces plaintes. C'est merveilleux, mais on pourrait avoir moins de plaintes.

1:35:17Tom De Dorlodot

C'est de la démocratie, vous voyez, il faut que ce soit une conversation ouverte où les pilotes se défendent. Évidemment, ils ne vont pas tout aimer dans ce que fait l'organisation, l'organisation fait son travail, elle a ses propres objectifs. Les sponsors, eux, ont une vision, et tout le monde a une façon légèrement différente de voir les choses, ce qui est tout à fait compréhensible. Et oui, des promesses sont faites, il faut tenir ses engagements, il y a la pression... et c'est pareil, il y a aussi l'aspect culturel, tellement de choses entrent en jeu. Et encore une fois, la plupart du temps, les choses ne sont pas ce qu'elles semblent être, on voit tous les choses à travers notre...

1:36:02Tom De Dorlodot

On a a tendance à interpréter et à se dire : « Ah, il voulait dire ça » ou « C'est ce qu'il voulait dire » ou « Il a probablement fait ça exprès ». Et quand on commence, si on ne fait qu'effleurer la surface, d'accord, c'est ce que vous voyez, mais si on creuse vraiment... j'ai entendu tellement de choses sur la situation de Maxime ou de Tim Alunghi et tout ça, et je les connais bien, je sais ce qui s'est passé et je l'ai entendu de leur bouche. Je sais que la plupart des choses que vous lisez là-bas ne sont tout simplement pas vraies, ce n'est pas ce qui s'est passé. Alors au final, je me dis : « Bon les gars, reculons un peu, détendons-nous », parce que certains d'entre vous, certains de ces gars sont derrière leur ordinateur et ils adorent avoir quelque chose à dire sur les choses, mais ils ne savent pas vraiment, ils n'étaient pas là. Et même si vous y étiez, ce n'est même pas facile. Alors, c'est compliqué, restez humbles.

1:37:02Tom De Dorlodot

Je pense que tout le monde veut aller dans la même direction, c'est-à-dire essayer de faire le mieux possible pour que tout le monde se sente respecté, que les athlètes sentent qu'on les écoute, que les gens sont compris et que la course est aussi là pour eux. Et c'est là que ça devient compliqué parce que quand il y a de l'argent en jeu, des sponsors et tout ça, les gens ont tendance à se dire : « Oh, ils gagnent des millions », mais ce n'est pas la réalité, comme nous le savons. Donc oui.

1:37:29Gavin McClurg

Ouais Tom, c'est toujours un plaisir de te voir, c'est génial de se rattraper. C'était super de travailler ensemble sur celui-ci, on a travaillé ensemble sur celui-là. J'espère que... enfin, je sais que tu vas courir la prochaine fois, mais j'adorerais qu'on en fasse plus ensemble, que ce soit aux Xelps ou ailleurs. J'espère que tu vas courir aussi, oh là là.

1:37:50Tom De Dorlodot

mais enfin, je veux dire, ma famille

1:37:53Gavin McClurg

ils y arrivent, je vous le dis.

1:37:56Tom De Dorlodot

Tu sais, j'y ai vraiment réfléchi. Je pense que je veux faire de la course dans deux ans, mais voyons voir, disons que si mon pied n'est pas parfait ou si je ne peux pas vraiment tenir les 100 kilomètres et tout ça, j'adorerais jouer un rôle concret là-dedans, tu vois, parce que j'ai vraiment aimé et je pense que vous aviez une équipe formidable avec Darkwing et tout le reste. Alors, pour une raison ou une autre, je veux faire partie de cette aventure, tu vois, quoi qu'il arrive, peut-être un jour, c'est comme ça que je me sens, tu vois, je veux juste...

1:38:28Gavin McClurg

Comme je l'ai dit, c'est un peu comme ma famille, et oui, je suis tellement reconnaissant. Je veux dire, vous m'avez vu à chaque fois, vous savez, c'est épuisant, c'est vraiment du travail acharné, et c'est tellement amusant. Je veux dire, j'adore tout ça, c'était juste un moment tellement génial. Je ne sais pas sous quelle forme je serai la prochaine fois, en tant qu'athlète ou en faisant ce que je fais, mais j'aime ça, vous savez. Quelle que soit la forme, ça sera génial, oui.

1:38:56Tom De Dorlodot

Je me dis que la prochaine fois, si je peux le faire en tant qu'athlète, ce serait cool de boucler la boucle. Je pense que la fois suivante, j'aimerais être un supporter, vous savez, et peut-être pour un rookie ou pour quelqu'un comme John le bla ou qui que ce soit qui pense que je pourrais aider, parce que je pense que ce serait une expérience très cool de gérer une équipe et d'essayer d'aider, et puis peut-être vers le côté organisation, peut-être aider Ferdi ou être là pour les pilotes. Je pense que c'est un peu ce qui a manqué, vous savez.

1:39:32Gavin McClurg

je pense que c'est un peu ce qui manque, vous voyez.

1:39:32Tom De Dorlodot

depuis qu'Anisak est mort, je me souviens qu'il venait avant le départ pour rassembler tout le monde et qu'il avait des mots vraiment gentils pour les pilotes, et les gens avaient l'impression d'être écoutés. Je me rappelle un jour où il a atterri avec son hélicoptère sur la route juste devant moi pendant que je courais. Il est sorti de son hélicoptère pieds nus, en t-shirt, et il m'a dit : « Tom, c'est incroyable, vraiment cool, comment tu te sens ? Comment ça va ? » Et il a marché avec moi pendant environ un demi-kilomètre, pieds nus, puis il est remonté dans son hélicoptère, a décollé et est parti. C'était incroyable, mec. Il était magique. Il avait cette connexion avec les athlètes d'une certaine manière, et je sens qu'on en a encore besoin maintenant. Enfin, oui.

1:40:25Gavin McClurg

Eh bien, tu serais la personne idéale pour ça. Je veux dire, toi et moi, c'est un autre sujet mais c'est, tu sais, le truc du retrait. On l'a vu plusieurs fois pendant cette course et ça me brise le cœur, tu sais, quand les gens abandonnent tout simplement et se retirent. Si tu te blesses, c'est une autre histoire, tu vois, si l'équipe médicale arrive et te sort de là, c'est une autre histoire. Mais je sais qu'il y a une règle pour cette course : si tu vas abandonner, d'accord, mais assieds-toi, reste là, va te prendre une bière au pub, tu vois, ne te retire pas de la course parce que ça va te supprimer si quelque chose arrive.

1:41:02Tom De Dorlodot

ça ne va pas vous arriver, vous allez devoir faire quelque chose à ce sujet, vous êtes

1:41:02Gavin McClurg

Quelqu'un est derrière vous, ils vont être éliminés et ils voudraient très bien continuer à courir, la plupart d'entre eux, oui. Et on a vu ça plusieurs fois dans cette course, ça me brise le cœur. Je pense que c'est là que, vous savez, on ne vous avait pas ; vous étiez toujours celui qui se levait, vous savez, pendant la semaine précédant la course, et qui disait : « Hé tout le monde, vous les débutants, vous ne le savez peut-être pas, mais voilà comment ça marche et c'est important. Tout le monde ici s'est entraîné très dur pendant longtemps et parfois les choses ne se passent pas comme vous voulez et vous vous retrouvez dernier. » Mais quand Laurie m'a fait ça, à Fish et moi, parce que j'étais sur la sellette en 21, c'était tellement... j'ai regardé dans ses yeux, elle avait une blessure assez grave à la peur, elle était finie. Mais elle m'a appelé environ une heure avant et m'a dit : « Hé, ne t'inquiète pas, je ne suis pas... je vais me retirer mais tu vas passer devant moi et on fera ça après que tu sois passé, tu es en sécurité. » Ah, c'était un moment spécial, oui, pour nous deux. Vous avez raison, on l'a vu encore et encore cette fois ; des gens atterrissent et ils ne sont pas dans le bon état d'esprit, ils ont probablement un peu perdu le fil. « Je sors », ils appellent le directeur de course et ils sont sortis, et ils ne pensent pas aux autres personnes dans la course, pas...

1:42:18Tom De Dorlodot

seulement que je pense qu'ils ont leurs raisons, vous savez, et c'est difficile de vraiment juger ou quoi que ce soit, mais j'ai envoyé un message aux gars, vous savez, quand Max a... et j'ai posté un message sur le groupe en disant : « Hé les gars, ça aurait été sympa de... » et puis Max m'a appelé et m'a dit : « Mec, je suis désolé, je n'y ai pas pensé », comme s'il... bien sûr, il n'y a même pas pensé et il a dit : « Non, tu n'as pas à être désolé, c'est bon, c'est fait maintenant ». Ouais, mais ouais, je pense que parfois je trouve ça cool quand, en tant que groupe, on peut se mettre d'accord sur certaines choses, comme les accords de gentlemen, vous savez, on a ce fair-play et ce respect entre vous.

1:43:03Gavin McClurg

euh, le, le, le, le, le, le, le, le, le, le, le, le

1:43:03Tom De Dorlodot

les athlètes, vous savez que d'une certaine manière, je pense que l'ancienne génération doit le montrer à la plus jeune : c'est comme ça qu'on fait les choses ici, ouais, c'est comme ça qu'on se respecte, c'est comme ça qu'on s'écoute. OK, c'est une course, mais ce n'est pas comme si vous pouviez lancer n'importe quoi sur n'importe qui, il faut juste être respectueux. C'est comme pour la France l'autre jour, vous savez, Jonas tombe et le reste du groupe attend, vous savez, ils attendent un peu parce qu'ils savent que ça peut leur arriver aussi. Et donc ils se disent : « Oh, il nous rendra la pareille à un moment donné », mais c'est tellement plus sympa que de juste se dire « Allez, on s'en fout, je suis parti » et de ne pas écouter. C'est juste du fair-play.

1:43:46Gavin McClurg

c'est juste de la gentillesse et on doit respecter ça

1:43:48Tom De Dorlodot

mais il faut cultiver ça, vous savez, quand on n'avait qu'un seul supporter... je me rappelle, d'une manière ou d'une autre, c'était un genre d'accord où une équipe vous proposait toujours de la nourriture, genre une équipe s'arrêterait et dirait : « Hé, tu as besoin de quelque chose ? De l'eau ? De la nourriture ? » Oh oui, j'adore un petit chocolat ou quelque chose comme ça, et boum, ils vous en lançaient un truc. Ça pouvait être une équipe française, espagnole ou américaine, et on s'entraide tout le temps, vous voyez. Maintenant qu'on a des équipes massives, on ne fait plus ça, mais... ouais, oh regardez, il est là.

1:44:21Gavin McClurg

Ouais, c'est un côté assez spécial. Ah, regarde ça. Salut, salut petit bout de chou.

1:44:25Tom De Dorlodot

mon petit est là, excellent, salut salut

1:44:28Gavin McClurg

et je devrais retourner voir mon petit. Eh bien Tom, merci beaucoup, euh comme je...

1:44:33Tom De Dorlodot

j'ai dit que je suis un petit, je suis un petit, je suis un petit, je suis un petit, je suis un petit, genre je

1:44:33Gavin McClurg

Tu as dit que j'étais un trésor, mec, j'apprécie. C'était sympa de travailler avec toi. Merci beaucoup pour tout ça, c'était du bon boulot. Et ouais, c'était du bon boulot, merci.

1:44:40Tom De Dorlodot

Merci beaucoup pour votre temps et, oui, encore une fois, on se reparlera, on restera en contact et j'espère qu'on se verra avant 2027 pour partir à l'aventure ou quelque chose comme ça.

1:44:51Gavin McClurg

oui s'il vous plaît oui excellent merveilleux

1:44:54Tom De Dorlodot

Très bien, prenez soin de vous et je vous souhaite le meilleur. Allez, salut mec. Toi aussi, mon pote. Ciao, ciao, bye.

1:45:03Gavin McClurg

Si vous trouvez Cloud-based Mayhem utile, vous pouvez nous soutenir de bien des façons. Vous pouvez nous laisser une note sur iTunes ou Stitcher, ou peu importe la plateforme où vous écoutez votre podcast ; ça aide énormément à faire passer le mot. Vous pouvez en parler sur votre propre blog ou le partager sur les réseaux sociaux. Vous pouvez aussi en discuter en sortant avec vos amis de la tech ; je sais que beaucoup de conversations intéressantes ont eu lieu de cette manière. Et bien sûr, vous pouvez nous soutenir financièrement. Cette émission prend beaucoup de temps, beaucoup de montage, de stockage, de musique et toutes sortes de coûts logistiques. Donc, si vous pouvez nous soutenir financièrement, tout ce que nous avons jamais demandé, c'est un dollar par épisode, et vous pouvez le faire via un don unique. On se voit la prochaine fois, bye bye. Sinon, vous pouvez mettre en place un service d'abonnement qui vous facturera chaque nouvel épisode. Nous sortons un nouvel épisode toutes les deux semaines, donc par exemple, si vous donnez un dollar par épisode, ça reviendrait à environ 25 dollars par an. C'est bien moins cher qu'un abonnement à un magazine et ça rend tout cela possible. Je ne veux pas financer cette émission avec de la publicité ou des sponsors. On nous pose souvent la question, mais pour une multitude de raisons que j'ai déjà mentionnées plusieurs fois dans l'émission, je ne veux pas faire ça. Je n'aime pas avoir ce genre de trucs au début de l'émission, et je veux aussi que vous sachiez qu'il s'agit de conversations authentiques avec de vraies personnes. Ce sont juste nos opinions, mais nos opinions ne sont pas biaisées par des sponsors ou des dollars publicitaires. Je pense que c'est assez toxique...

1:46:17Gavin McClurg

Vous pouvez nous soutenir si vous allez sur cloudbasemayhem.com, vous y trouverez les différents moyens de le faire. Vous pouvez passer par patreon.com/cloudbasedmayhem si vous voulez un abonnement récurrent, ou le faire directement via le site web. On a essayé de rendre ça très simple, et cela vous donnera accès à tout le contenu bonus, au petit vidéocast qu'on fait et aux petits extra qu'on trouve dans les conversations qui n'intègrent pas l'émission principale mais qu'on pense que vous devriez entendre. On ne met rien de tout ça derrière un paywall. Si vous ne pouvez pas nous soutenir financièrement, dites-le-moi simplement et je vous créerai un compte. Bien sûr, ce sera pour la vie, et j'espère qu'un jour vous serez en position de pouvoir nous soutenir, mais vous trouverez tout ça sur le site. Tous ceux qui nous ont soutenus, ou même qui se sont inscrits à notre newsletter ou qui ont acheté du merchandising Cloud Based Mayhem, des dés, des t-shirts ou des casquettes, vous devriez déjà être prêts. Vous devriez avoir un compte et pouvoir accéder à tout ce contenu bonus dès maintenant. Merci infiniment de nous avoir écoutés, j'apprécie vraiment votre soutien et on se voit au prochain épisode, merci.

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