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190. A Walk (and Fly) down memory lane (Ger 1) - Manuel Nubel

// Gavin McClurg, Manuel Nubel · 2023-03-06 · 01:12:17 · original episode · pdf

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[show notes]
Manuel Nubel a participé à quatre Red Bull X-Alps, en commençant en 2015. Sur Team USA 1, nous l'appelons le « comeback kid ». Il commence souvent au milieu ou à l'arrière du peloton mais devient plus fort et plus astucieux au fur et à mesure que la course avance. Nous remontons le temps jusqu'en 2015, sa première course, et découvrons l'histoire de son atterrissage dans un arbre sur le chemin de Monaco et l'hilarité qui en découle, les hauts et les bas de ses campagnes (par exemple, avoir dû abandonner par épuisement en 2017, et avoir réalisé une série de mouvements magiques en 2021 qui l'ont vu grimper de la 16e à la 6e place lors des derniers jours de la course) et sa décision de ne pas participer en 2023, mais pourquoi nous pourrions le revoir en 2025. Le post Episode 190- A Walk (and Fly) down memory lane with Manuel Nubel (Ger 1) est apparu pour la première fois sur CLOUDBASE MAYHEM.

[transcript]

0:09Gavin McClurg

Salut tout le monde, bienvenue dans un nouvel épisode de Cloud Based Mayhem. Celui-ci a pris beaucoup de temps. On a essayé et échoué plusieurs fois avec l'audio pour, pour une raison, enfin pour diverses raisons, avec Manu Neubel, Germany 1, sur toute la période où il a commencé en 2015 jusqu'en 2021, tout comme moi. On a donc fait quatre courses ensemble, on a commencé en même temps, et j'avais envie de faire plus de ces rétrospectives avec le X-Alps, avec des légendes comme Manu, et on l'a fait la semaine dernière, ça n'a pas marché, on a essayé plusieurs fois aujourd'hui, ça n'a pas marché, mais on a fini par y arriver. On va donc avoir des histoires vraiment sympas ici sur Germany 1, avec Manu, et il vient d'avoir un petit garçon, donc il prend aussi une pause cette année pour la course 2023, lui et moi, on regardera depuis la touche.

0:57Gavin McClurg

Mais bon, on va partager des souvenirs sympas, des hauts et des bas de la course, des moments ensemble et des moments séparés, et je pense que vous allez vraiment apprécier. Alors, sans plus attendre, profitez bien de cette discussion super sympa avec mon ami Manuel Neubel, Germany 1. Santé.

1:21Gavin McClurg

Manu, c'est hilarant, mec. Je suis content qu'on sourit encore tous les deux, on va bien s'amuser avec ça, je te le promets. Mec, on a vraiment pas de chance avec nos enregistrements. On a essayé il y a deux ans, ça n'a pas marché. On a essayé il y a une semaine, ça n'a pas marché. On a essayé toute la matinée, ça ne marche pas, mais là, ça va marcher. Ça va marcher.

1:37Manuel Nubel

Ouais, on est devenus des enregistreurs professionnels maintenant, je dirais. Merci de m'accueillir, et on croise les doigts pour qu'on ait une belle fin heureuse cette fois.

1:46Gavin McClurg

Ouais, et on venait juste de parler, lors de la dernière tentative, de la malchance, et du fait qu'on doit l'accepter, surtout dans le X-Alps. On a tous les deux connu des coups de sort et des coups de chance. Alors, j'ai hâte de discuter avec toi de tes campagnes X-Alps. Toi et moi, on a fait la même chose. On a commencé ensemble en 2015, et on s'est tous les deux arrêtés, au moins temporairement, ou peut-être pas, on verra. Mais en 2021, on prend tous les deux une pause cette fois. Quand on a essayé il y a une semaine, j'ai pu voir ton petit nouveau. Je suppose qu'on devrait mettre tout le monde au courant avant d'aborder le X-Alps. Juste mettre tout le monde au courant de ta vie. Qu'est-ce qui se passe, et pourquoi tu ne participes pas cette année ?

2:26Manuel Nubel

Ouais, je suis un pro de l'extérieur. Je suis un enregistreur pro et je suis vraiment débordé par les interviews. Du coup, je n'ai pas le temps de m'entraîner pour X-Alps.

2:35Manuel Nubel

Non, je plaisante. Non, oui, mon petit fils Linus est là, et je suis vraiment content d'avoir pris cette décision pour pouvoir passer tout mon temps avec lui et ma femme Anastasia. Et oui, on n'a pas de famille vraiment proche, donc c'est vraiment, wow. Quand j'ai pris la décision, j'attendais déjà quelque chose, mais là c'est encore plus de temps, mais d'un autre côté, c'est tellement agréable d'avoir le petit garçon, et je ne regrette pas cette décision une seconde. Je suis donc totalement content de ne pas être sous la pression de participer à X-Alps et de m'y sacrifier. Et en même temps, j'aurais toujours eu le sentiment de laisser ma famille seule à la maison.

3:22Manuel Nubel

Et oui, ça peut vraiment peser sur le moral.

3:27Manuel Nubel

Ouais, je n'aurais pas l'esprit clair pour l'entraînement et peut-être pas non plus pour la compétition.

3:32Gavin McClurg

Ouais, ouais. Je pense que tu l'as déjà appris, même si ton fils est encore tout petit, mais purée, ils changent vite. Et c'était le gros truc pour moi. Fallon est née juste après les X-Alps 2017. En fait, on avait tout un protocole pour si Maddie était de retour aux États-Unis, évidemment, mais si elle commençait à accoucher plus tôt, mon équipe devait décider : OK, on va lui dire. On ne va pas lui dire.

3:59Gavin McClurg

On ne va pas lui dire.

4:27Gavin McClurg

C'est énorme. Alors, eh bien, je salue ça. Je suppose que tu es encore peut-être, un "peut-être" pour 2025 ? Tu te dis, tu sais, on verra comment ça se passe ?

4:36Manuel Nubel

Ouais, j'ai carrément ça en tête. Et oui, je me disais aussi que pour l'instant, comme il est si jeune et qu'il ne peut pas marcher seul, c'est encore plus complexe, ou peut-être différent. Mais quand il sera un peu plus grand et qu'il pourra peut-être, oui, rejoindre l'équipe de soutien, on verra, je ne sais pas, dans deux ans. Mais oui, on est ouverts à tout. Et j'adore toujours X-Alps. J'adore toujours l'entraînement. J'adore toujours tout ce qui est lié à l'application de X-Alps. Donc j'ai vraiment ça en tête. Et c'est sûr que c'est juste pour quelque temps. Mais on verra à quoi ressemble le monde dans deux ans. Je suis pas mal plus grisonnant que toi, Manu. Mais tu as quel âge ?

5:22Manuel Nubel

Regardez sur le côté. J'ai beaucoup de cheveux gris qui commencent à apparaître. Ça arrive. J'ai 35 ans. 35 ans.

5:29Gavin McClurg

Ok. Donc ça veut dire que, tu sais, tu es plus jeune que... enfin, mon premier X-Alps, je crois que j'avais 42 ans. Ouais, 42. Donc tu as largement le temps. Pas de souci.

5:38Manuel Nubel

Je pense aussi, ouais. Tant que mon corps ne me dit pas le contraire et que je suis toujours motivé, et ouais. Cool.

5:48Gavin McClurg

Eh bien, vous savez, on a fait ça il y a une semaine, donc vous connaissez tout ça, mais juste pour rappeler aux auditeurs, en gros, ce qu'on va faire, c'est un peu remonter le temps. Et revivre les hauts et les bas de vos campagnes à partir de 2015. C'était, je crois, la première année où ils avaient le prologue. Oui. Et on était encore en haut à Fuscial, AMC pour le prologue. On a eu une météo de dingue. Il faisait très, très chaud. Je pense que c'était une chaleur record pendant les trois premiers jours de la course. Et, vous savez, tous les X-Alps sont un peu dictés, dans mon esprit au moins, surtout par le prologue. Et ils sont tous très différents à cause de la météo. C'était encore quand on commençait début juillet plutôt qu'aujourd'hui.

6:34Gavin McClurg

C'est plutôt début juin. Mais la course de 2015 a été dictée par le vent. À l'époque, c'était la plus longue qu'on ait jamais connue. On a quand même fini à Monaco. On a fait des allers-retours dans les Alpes plusieurs fois. Je pense que c'était presque 1200 km. Mais le vent était vraiment fort. Pas les deux premiers jours, c'était magnifique. Et puis il y a eu une petite averse. Il y a eu beaucoup d'accidents. Vous savez, ils ne publient jamais les trucs négatifs. Mais, vous savez, Toma a failli vraiment mourir. Tom a été secouru d'un arbre. Ouais, il s'est fait arracher le visage. Il a atterri dans des vents de 100 miles à l'heure. Michael Vichy a lâché son parachute de secours, a atterri dans un lac et a failli se noyer. Oh,

7:15Manuel Nubel

C'était flippant. C'était...

7:17Gavin McClurg

c'était flippant. Son histoire, mec. Je l'ai eu dans le podcast. Oh mon Dieu, terrifiant. Michael Gebhardt a juste dit : « ça suffit, il y a trop de vent ». Ouais. Il y avait beaucoup de vent, mais beaucoup de vol aussi. Je pense que Chrigel est arrivé en huit jours. J'y suis arrivé en 10. Tu étais juste derrière moi, en neuvième. Et donc, toi et moi, on a fait une bonne course à la fin. On va en entendre parler ici dans un instant. Mais ouais, c'était la saison de débutants pour nous deux. Et j'adorerais entendre quelques moments forts et peut-être un moment difficile qui a duré. Je sais qu'il y a eu des abeilles à un moment donné.

7:56Gavin McClurg

Ne gâche pas la surprise. Non, non.

8:01Manuel Nubel

Peut-être. J'y ai pensé.

8:04Manuel Nubel

D'accord. Ouais. Le bon côté, c'est que si tu enregistres les choses deux ou trois fois, tu peux te rappeler après des trucs que tu as oublié de dire aux gens. Et juste quand tu parlais du vent, la dernière fois, j'ai complètement raté cette expérience. Il y a eu ce jour où je suis sérieusement, et pas juste un petit peu, reparti en arrière à 33 kilomètres par heure. J'étais dans cette vallée, il y avait un écart juste à côté de Prius ou de cette zone plus ou moins. Il y a un énorme lac où il y a normalement beaucoup de vent. Mais ce jour-là, c'était dingue. Et

8:39Gavin McClurg

le bon côté.

8:41Manuel Nubel

Et le grand lac

8:42Gavin McClurg

en bas du gap. Ouais. Oh là là, je me suis pris une sacrée claque là-bas. C'est l'endroit le plus dangereux où je sois jamais allé.

8:50Manuel Nubel

Ouais, je suppose que mon ami Fabi est déçu maintenant, je ne me rappelle plus son nom parce qu'il vole là-bas. Et j'y étais. En fait, j'y suis aussi allé après. Et il m'a tout expliqué sur le fonctionnement de cette zone. Mais ouais, ce jour-là, je n'avais aucune idée. J'ai fait une connerie ou, disons que mon intuition ne fonctionnait pas vraiment là-bas. Du coup, je me suis retrouvé à voler comme un dingue, genre à un ou deux kilomètres en arrière dans la vallée. Mais le bon côté, comme tu as été formé lors de cet épisode en 2015 avec tout ce vent, c'est que dans cette situation, je n'avais même pas si peur parce que je voyais un immense champ derrière moi. Je pouvais vraiment juger. Mais les jours avant ce jour-là, j'avais une très bonne idée de la façon dont le vent était au sol, directement. Donc je pouvais vraiment juger que ce n'était pas si fou au sol.

9:36Manuel Nubel

Alors, quand j'ai atterri, c'était peut-être 5 à 10 kilomètres en arrière. Et il y avait un énorme champ où on a carrément spiralé devant le champ pour que je ne le rate pas. Et ouais, et là je me disais que j'étais le plus fort de la course. Et puis jusqu'à ce que je te rencontre et que tu me dises genre 80 mètres par seconde de vitesse de descente, genre, pas possible. Hé, il accélère. J'ai demandé à Chrigel, en fait, je ne vous ai pas raconté cette histoire. J'ai demandé à Chrigel et j'ai dit : « Hé, Gavin m'a dit genre 80 mètres de descente. Allez, je veux dire, il accélère un peu, non ? » Et il a dit : « Non, ce jour-là, j'avais 25 mètres de descente. » Et j'étais genre : « Quoi ? »

10:14Manuel Nubel

D'accord. Ouais. Cette journée était dingue. Ouais. Les gens ont

10:19Gavin McClurg

J'ai entendu cette histoire, mais c'était... je me rappelle encore être assis à Monaco, peu importe, quelques jours plus tard, et on se racontait tous nos histoires d'horreur, tu sais, Aaron et Paul et tout le monde avait ces cauchemars de courses de dingue, comme quand on a vu Andra presque se faire tuer par son supporter. Parce qu'à l'époque, on avait le droit de voler ensemble, mais ce jour-là, c'était à Vars et j'étais en plein dedans. C'était magnifique. C'était incroyable. Je rattrapais les gars devant. Je pensais que tout était parfait. Et soudain, je me retrouve dans tout ce vent, exactement là où tu parles. Et j'essayais un peu de traverser la barre. Il y a une île là-bas et je suis entré dedans et j'ai fait un atterrissage en haut. Parce que je n'arrivais pas à comprendre ce qui se passait. Et quand j'ai relancé, c'était bon. Et c'est parce que j'étais dans le lee. Je ne m'en étais pas rendu compte.

11:05Gavin McClurg

Et dès que j'ai essayé de passer à travers ce couloir, il a juste été projeté hors du ciel. Et il y avait littéralement des bassins pour, pour la, pour la neige artificielle. Et je me suis dit que c'était ma seule, que c'était ma seule façon de survivre. Je dois atteindre le bassin et ensuite je vais juste le mettre en décrochage complet dans le bassin. Au moins, je vais dans l'eau. Et, et, mais plus tard, j'ai regardé mon journal de vol, c'était à 20 mètres de profondeur. C'était juste, j'ai eu une sorte de, j'ai eu, presque une, une crise après ça. J'ai commencé à ramper. J'allais très bien. J'ai atterri sans problème, mais j'ai commencé à me dire, mec, c'est, c'est trop maintenant. C'est trop. Je peux

11:42Manuel Nubel

imaginez.

11:44Manuel Nubel

Ouais. Et, euh, à propos des hauts et des bas, c'était juste une histoire que j'ai pensé après, genre, « Hé, c'est important ou intéressant de raconter », mais, euh, ouais, les hauts et les bas, c'est sûr que, euh, le bas et le haut ont commencé, euh, avant la course, quand je me suis cassé la rotule il y a, euh, moins de quatre mois avant la course. Et j'avais cette énorme pièce métallique qui dépassait d'un ou deux centimètres de ma rotule. Et en fait, tous, tous les médecins ont dit genre, « Laisse tomber. C'est fini pour toi, c'est sûr. » Euh, et puis j'ai juste dit genre, « OK, ça a l'air vraiment clair que je n'ai aucune chance. » Ça n'avait aucun sens non plus. Que, euh, tout mon tendon rotulien soit rempli d'une pièce métallique et, euh, ouais.

12:30Manuel Nubel

Et aussi, ouais, il n'y avait pas qu'une seule pièce métallique, il y en avait encore plus. Alors je me suis dit : d'accord, mais je veux en tirer le meilleur parti. Alors, essayons de participer à la course et peut-être que je me retirerai après un ou deux jours, mais au moins j'aurai des informations ou de l'expérience pour le prochain épisode pour être sûr de faire mieux. Ce ne sera pas une mauvaise chose, tant que je ne me bousille pas trop le genou pour les années à venir. Donc, ouais, j'ai pris cette décision avec mon équipe et, finalement, j'ai réussi à atteindre Monaco, ce qui était bien sûr un rêve absolu. Mais avant d'atteindre Monaco, il y a eu encore un cauchemar, qui était le deuxième point bas.

13:16Manuel Nubel

Et c'était vraiment, euh, une pièce parmi bien des petites choses qui ont mal tourné. Ça a commencé par là. J'ai pris une décision stupide, vraiment proche. Je pouvais même déjà voir que la mer de Monaco était vraiment bien préparée et je savais exactement ma ligne, comment voler. Mais ces nuages cirrus devant les sommets, et c'est pour ça que je me suis battu comme si je devais atteindre Gavin devant moi qui courait vers l'objectif et pour le rattraper. Non, en fait, je ne savais pas ça. Je pensais que tu étais déjà dans l'objectif. Et puis le nuage cirrus a fait un virage déjà super faible, et je devais passer au-dessus d'une petite crête pour atteindre la vallée suivante.

14:03Manuel Nubel

Et c'était une question de peut-être 200 mètres au-dessus de la crête, et j'ai essayé de planer au-dessus pour aller là-bas, et puis soudain j'ai eu du vent de face et j'ai chuté. Et pendant quelques secondes, je me suis dit : « Oh, ça va être très serré, oh, ça va être super serré. » Et puis je me suis dit : « Oh, je ne vais pas y arriver », mais j'ai continué à pousser vers la crête. Et peut-être trois ou quatre secondes plus tard, je me suis dit : « Oh, je n'y arrive pas. » Et il y a des arbres partout dans ce paysage horrible de Monaco. Alors je me suis retourné et j'ai réalisé : « Oh merde, je suis vraiment bas pour ce plateau, pour même revenir à la thermique. » Et j'avais du vent arrière et encore beaucoup de chute, et en peut-être cinq à dix mètres, j'ai chuté dans les arbres, et vraiment avec beaucoup d'impact, en fait.

14:47Manuel Nubel

Et c'est là que le cauchemar a commencé. Je suis resté suspendu dans l'arbre, je n'ai pas pu joindre mon supporter pendant très longtemps, puis soudain, j'ai appuyé sur le bouton d'urgence du Garmin, juste pour leur dire que j'allais bien mais que j'étais suspendu dans l'arbre. Puis j'ai pu soudainement communiquer avec eux et j'ai dit, genre, s'il vous plaît, pas d'hélicoptère. Soudain, un hélicoptère est arrivé, et il m'a fallu, pour faire plus court, cinq heures pour sortir de l'arbre alors que ça aurait dû prendre peut-être une heure. Et tout seul, ensuite, trouver un sentier ou quelque chose, c'était vraiment dur. Il y avait des épines partout, et juste des petits sentiers faits peut-être par des sangliers ou des cochons ou je ne sais quoi, où j'ai dû ramper pour avoir la moindre chance d'atteindre mon supporter.

15:35Manuel Nubel

Et après cinq heures, on y est arrivés. Et puis, après avoir parlé avec le directeur de course, on s'est dit : « Bon, maintenant, c'est juste une marche jusqu'à l'arrivée. » Gavin est de toute façon hors de portée devant moi, et Nick Naden est derrière moi. Il ne devrait plus pouvoir me rattraper. Trop facile. On a juste marché toute la nuit, ça va être simple. Je pourrais même laisser mon aile dans les arbres et en prendre une autre juste comme lest pour faire les derniers mètres. Mais c'est là que le cauchemar a vraiment commencé. Soudain, mon tracking en direct ne fonctionnait plus. Un coureur est venu me donner un nouvel appareil de tracking, qui ne fonctionnait toujours pas. Puis, au milieu de la nuit, j'ai pris, ou on a pris, la décision que je prendrais un petit raccourci, ce que je n'ai finalement pas fait. Je me suis complètement perdu, je ne pouvais pas communiquer parce que mon... enfin, je pouvais communiquer, mais je n'avais pas d'internet.

16:24Manuel Nubel

Alors, je pouvais juste appeler mon supporter. Et c'était plutôt du genre : « Tu es où ? » « Ouais, je suis dans la rue, je vois des lumières. » « Et ouais, le virage à gauche. » « Ah ouais, ça se tient. » « Alors, tu dois peut-être aller à droite ou à gauche. »

16:37Manuel Nubel

Et puis mon appareil de secours Garmin n'a pas fonctionné parce qu'il y avait un bug d'espace qui cachait exactement les cartes. Dans cette zone, je n'ai pas pu recharger mon internet parce que mon fournisseur avait un bug et un dysfonctionnement. Pour faire court, il n'y a eu aucune accélération, juste comme ça. Et puis quand j'ai enfin atteint Monaco à 5 heures, on pensait que j'y serais vers 1 heure environ. Et puis soudain, à 5 heures du matin, après des milliers de mètres de dénivelé, je l'ai atteinte. Et je me suis dit : maintenant, je l'ai vraiment fait. Toute la malchance est derrière moi. J'ai atteint le but. Plus rien ne peut arriver jusqu'au lendemain matin, quand à 11 heures, je... oh non, en fait un peu avant. Ouais non, 11 heures, je pouvais dormir jusqu'à 11 heures.

17:23Manuel Nubel

Et là, je me suis levé. Et la première chose à faire, peut-être après avoir dormi, c'est de s'alléger un peu. Je suis juste allé là-bas, j'ai sauté par-dessus des énormes rochers. Et ouais, j'ai fait mon truc pendant deux ou trois secondes. Et soudain, quelque chose m'a piqué dans le cul. J'ai essayé de m'échapper. Du coup, j'ai fait mon truc juste à côté de la ruche. Vous voyez ? Je me suis coincé. J'ai eu trois piqûres à la jambe. J'ai juste... Les abeilles étaient genre, c'est quoi...

17:52Gavin McClurg

tu fais quoi, mec ? Qu'est-ce que tu fais à notre maison ? Ouais.

17:57Manuel Nubel

Et je me suis dit : OK, je ne vais pas descendre jusqu'au lac. C'est vers la mer. C'est beaucoup trop, je suis foutu. Et c'est trop flippant, toutes ces choses. J'ai peur maintenant. Mais au final, j'ai réussi. Et puis la poisse s'est enfin arrêtée.

18:15Gavin McClurg

Tu sais, je te l'ai dit la dernière fois qu'on s'est parlé, la semaine dernière. Mais je veux le redire parce que c'était trop drôle. Mais ce matin-là, on a eu un super conseil de quelqu'un en Australie qui nous regardait. Et on a fait le même genre de raccourci bidon que toi. C'était horrible. On s'est complètement perdus. Et Ben s'est juste épuisé parce qu'il était tellement énervé contre lui-même parce qu'on ne trouvait pas le sentier. Alors il arrachait des épines par terre. Et on est enfin arrivés à ce départ. On n'avait plus d'eau. Il faisait chaud. J'étais à bout de nerfs. Je n'avais plus la capacité de voler. Et j'ai tout foiré. Le nuage montrait la direction à prendre. Mais j'avais peur de m'éloigner de l'objectif et de m'enfoncer plus loin dans les montagnes. Alors j'ai essayé d'aller tout droit. J'ai fait 5 km. C'était un gaspillage d'énergie total. Et j'ai atterri. Et le suivi en direct montrait que j'étais à 3 km de l'objectif.

19:01Gavin McClurg

Mais l'itinéraire faisait 14 km. Et il y avait 300 mètres de dénivelé positif. Et là, j'ai craqué. Bruce m'a rattrapé. Il me dit : « Bon, voilà de la nourriture. Allez, bouge. » Et j'ai répondu : « Non, je peux pas. J'en ai fini. » Et il a dit : « Vraiment ? Tu vas finir à 14 km du but. T'en as fini. » Et il m'a remis en mouvement. Ça a été bien. Mais j'étais tellement lent. Je montais à peine cette colline. Et à peu près à mi-chemin, il m'appelle et il me dit : « Tu dois courir. Tu dois courir, mec. Qui est dans les airs ? Il va te battre, tu sais ? » Et j'ai vu : « Vraiment ? Oh mon Dieu. Pas possible. » Parce que je n'allais pas rattraper Ferdy. Ferdy était déjà dedans. Donc je n'avais aucune raison de faire la course. Alors j'ai commencé à trottiner sur cette colline. Et je transpirais à grosses gouttes.

19:46Gavin McClurg

Je transpire à grosses gouttes. Je suis épuisé. Et j'ai les pieds en lambe. Et puis, environ une demi-heure plus tard, Bruce m'a rappelé. Il m'a dit : « Ouais, non, c'est bon. Tu peux aller doucement. » Il s'est crashé dans un arbre.

19:57Gavin McClurg

Mais je n'ai jamais connu toute l'histoire. Je ne savais pas que c'était un tel cauchemar. C'est dingue.

20:03Manuel Nubel

Je suis sûr que tu es en train de tomber. Est-ce qu'il va bien ? Oh, c'est vraiment. Oh, oui. C'était le

20:09Gavin McClurg

la première chose à laquelle j'ai pensé. Oui, c'est sûr. Oh, est-ce qu'il va bien ? Non, il ne va pas bien.

20:12Manuel Nubel

Carrément.

20:14Manuel Nubel

Mais ouais. Au final. Hé, c'était une course tellement sympa. Il y avait tellement de monde aussi. Les gens ne connaissent peut-être pas l'histoire de Stefan Cooper, qui a atterri dans le zoo de la Princesse de Monaco. Et lui. C'est ça. Quand il a atterri, il a dit genre : « Oh, il y a un joli champ », alors que c'était en fait un espace aérien où il a reçu une pénalité. Il a atterri là, sur le champ à Monaco. Et puis un éléphant est sorti du bus. Et il s'est dit : « Oh merde, j'ai raté le passage vers l'Afrique ? Ou alors je suis où ? » C'est ce que tu dis.

20:47Gavin McClurg

Oh mon Dieu. J'avais complètement oublié ça. C'est vraiment... Ouais, la sécurité

20:51Manuel Nubel

sont entrés et l'ont bloqué ou l'ont emmené.

20:57Manuel Nubel

Ils sont revenus sur la course en un

20:58Gavin McClurg

un instant, tout le monde. OK, c'est dingue. Est-ce que vous vous souvenez, avant de quitter 2015, d'un vrai moment fort, vous savez, quelque chose qui... je veux dire, évidemment, arriver à Monaco était un moment magnifique. Mais vous vous souvenez d'autre chose de la course ? Un tour spécifique ou un moment précis qui était vraiment spécial ? Vous y pensez encore aujourd'hui ?

21:17Manuel Nubel

Hmm.

21:19Manuel Nubel

Ouais, en fait, je pense que le vol vers Monaco a été le moment fort parce que j'étais presque en train de pleurer quand j'ai vu la mer et je me suis dit : je n'arrive pas à l'imaginer. On a réussi le premier épisode avec ma rotule cassée contre toute attente. Tout le monde te dit que tu n'as aucune chance et j'étais tellement en manque, et en fait, on l'a fait. Mais à ce moment-là, c'était vraiment émouvant quand j'ai vu la mer et j'ai aussi envoyé quelques messages à mon équipe de soutien : « Hé, on va y arriver. Oui, je vois la mer. » Je vois la mer, alors que ce jour-là, j'ai fait le vol de 100 km ou quelque chose comme ça super vite. Mais puis, peut-être une demi-heure plus tard, je me suis dit : « Je suis suspendu à un arbre. Non, non, je ne vois plus la mer maintenant. »

22:02Gavin McClurg

C'est cool d'avoir cette dichotomie entre les très hauts et les très bas le même jour. Je ne te l'ai pas demandé avant, mais tu as mentionné que tu savais vraiment comment aborder cette section du parcours. Qu'est-ce que tu penses du repérage en amont ? Parce que j'ai été vraiment surpris avant la course de 2015. Tu te souviens, on a fait le truc média chez Red Bull et j'étais assis à côté de Chrigel et, tu sais, j'étais juste en admiration devant Chrigel et on discutait avant qu'ils ne commencent l'interview. Je lui ai demandé : « Hé, tu vas... à quel point tu fais du repérage ? Tu vas voir le parcours ? » Et il a répondu : « Pas du tout. Je ne le regarde pas du tout parce que si je le regarde en juin, c'est totalement différent en juillet et je ne veux pas avoir d'idées préconçues. » Ça m'a bluffé parce que moi, j'avais fait énormément de repérage. J'étais très nerveux et j'essayais d'aller partout.

22:48Gavin McClurg

Je pourrais, mais quel est ton avis là-dessus ?

22:50Manuel Nubel

Ouais, je suis d'accord avec toi. Je veux dire, si tu es Chrigel, il faut dire que c'est un pilote de compétition avec une décennie d'expérience, il a fait de la compétition pendant des décennies avant même de commencer l'X-Alps. Et puis il a fait tous ces épisodes, je peux même les comparer aux quatre épisodes que j'ai faits pour l'X-Alps. J'ai appris énormément sur les Alpes, ce qui aide beaucoup. Et je dirais la même chose : si tu y vas juste une fois et que tu le vois différemment au printemps, puis que tu y es dans des conditions plus stables, ça peut forcément te mener à de mauvaises décisions. Donc si tu veux faire du repérage, je recommanderais de le faire un an plus tôt à la même période, mais là tu ne connais pas l'itinéraire. C'est vraiment difficile et juste très court avant l'X-Alps.

23:38Manuel Nubel

Et puis, on est aussi occupé par d'autres choses. Du coup, je m'appuie davantage sur les conseils des gens ou sur mes recherches. Par exemple, pour 2015, j'ai étudié beaucoup d'approches vers Monaco qui étaient assez similaires par rapport aux éditions précédentes d'il y a deux ou trois ans. J'avais les journaux de vol et ça m'a beaucoup aidé à naviguer, surtout dans cette zone. Ouais.

24:04Gavin McClurg

parce que c'est vraiment la partie la plus difficile du parcours à mon avis, et comme tu l'as dit, il n'y a nulle part où atterrir. Il y a beaucoup de vent, beaucoup de brise de mer. C'est la seule façon de le faire. Tu as une stabilité de l'espace aérien et tu es épuisé. C'est à la fin de la course. À bien des égards. Enfin, on en arrivera à 2021 quand ils ont changé le parcours, et pour ceux d'entre nous... je pense que pour ceux qui n'étaient pas allés à Monaco, c'était probablement une déception. Mais pour ceux qui y sont allés, j'ai détesté Monaco. Je n'ai pas aimé finir dans la jungle de béton et je me suis fait très entendre à ce sujet. Mais c'est le...

24:36Manuel Nubel

C'est clair. Mais le côté positif, c'est que je veux dire, ça s'appelle Red Bull X-Alps Cross Alps. Bon, il faut traverser les Alpes, et oui, mais tu as raison, c'est sûr. Une fois que tu es là à Monaco après avoir atterri sur le flotteur, ça prend quelques heures et après, tu n'as juste plus envie de sortir. Ouais, c'est clair.

24:55Gavin McClurg

Carrément. D'accord. Alors 2017 a été la première fois, je crois, dans l'histoire de la course, où personne n'a volé pendant une journée. Notre premier jour, il pleuvait à verse et personne n'a volé ce jour-là. Il y a eu beaucoup de course à pied.

25:12Gavin McClurg

Et donc, je pense que c'est la première fois qu'on est allés vers le sud, vous savez, on est descendus jusqu'en Slovénie. C'est la première fois qu'on a fait un mouvement, vous savez, immédiatement vers le côté sud des Alpes, et c'était un parcours vraiment intéressant avec une météo vraiment mauvaise pour la plupart. Il y a eu beaucoup de bons vols, mais il y a eu beaucoup de surdéveloppement, beaucoup d'orages et beaucoup de fronts de rafales. Donc, c'était un X-Alps beaucoup plus humide qu'en 2015. Mais reparlons de 2017.

25:44Manuel Nubel

Ouais, 2017 était vraiment sympa.

25:49Manuel Nubel

J'ai passé un très bon moment avec mon équipe, ça coulait vraiment bien et on a passé de bons moments. C'est aussi toujours très important pour moi. Ouais, c'était la même équipe. Elle connaissait tout le monde et peut-être que Sasha était déjà là. Je ne sais pas exactement, la même équipe mais peut-être plus un. Enfin, ils sont tous les mêmes. Il y a toujours des gens qui arrivent et qui rejoignent l'équipe, et peut-être par exemple, je pense que cette année, Blue était aussi là pour la moitié de la course d'aile et on a passé un moment vraiment sympa, vraiment génial.

26:25Manuel Nubel

Ouais, c'était sympa, mais d'un autre côté, pour pouvoir en profiter tout en prenant de bonnes décisions, et puis vers la fin, j'ai fait un coup de chaleur et on a juste décidé que ce n'était pas bon pour moi. Je devais continuer avec un coup de chaleur, avec la chaleur brutale du Piémont, et donc on a juste décidé qu'il valait mieux que je me retire. Mais d'un autre côté, après, quand on a vu comment les autres pilotes ont fait après notre retrait, ce n'était plus une expérience très agréable. On ne pouvait plus voler. C'était très instable. C'était plein de musiciens pendant la marche.

27:09Manuel Nubel

Ouais, venteux. Ouais. Et ouais, donc c'était l'une des...

27:14Gavin McClurg

quelques fois où, vous savez, j'ai eu un début vraiment mauvais. On a fait une mauvaise décision en utilisant le pass de nuit la première nuit, j'étais assez fatigué et j'ai fait des erreurs bêtes au début. C'était l'une des rares fois où vous étiez tous devant. Ça a ralenti à cause de la météo et on a eu une chance de rattraper un peu de terrain depuis l'arrière, ce qui était inhabituel. D'habitude, vous savez, Chrigel est devant et il a une meilleure météo tout le long, mais il y avait vraiment du vent. C'était, je crois, la première année où seuls deux personnes ont réussi, Chrigel et Benoit, et puis Paul était à Monaco mais n'a pas fini dans le top 10. Vous avez atteint la plage. Mais oui, c'était une année assez lente, surtout à la fin parce que tout le monde avançait à pied, mais vous aviez un groupe assez sympa, c'était la première fois que je voyais ça et peut-être depuis, vous aviez un beau groupe pendant une bonne partie de la course.

28:08Gavin McClurg

C'était toi et Ferdy, rappelle-moi qui d'autre... C'était aussi la première année de Simon ? Ouais, Simon peut-être. Je ne me rappelle plus exactement. Mais vous aviez un joli groupe, c'était assez cool, il y avait genre quatre ou cinq d'entre vous qui faisaient beaucoup de vols ensemble. Nick Neyman, je crois, parfois. Nick, oui.

28:24Manuel Nubel

Et tout le temps, il y avait quelqu'un d'autre. Sebastian Huber était aussi parfois avec moi, mais je pense avoir pris une décision vraiment super dont je suis fier. C'est peut-être mon moment fort si on parle des hauts et des bas de 2017. Là, c'était le point de virage. Ouais. On était au Monte Baldo, au lac de Garde, et on a fait cette énorme poussée là-haut jusqu'à 1800 mètres d'altitude, et les terminaux étaient déjà vraiment bons, ils fonctionnaient autour de nous, mais pas au lac de Garde. Et je savais aussi grâce au repérage avant et à la préparation que l'autre côté, San Simone ou Limone ou comment c'est, pas San Simone, Limone ou quoi que ce soit, l'autre côté du lac de Garde est très souvent stable.

29:09Manuel Nubel

Et aussi, le soleil ne brillait pas parfaitement et si ce côté ne fonctionne pas, on manque d'options, donc on ne peut même pas planer autour des montagnes dans la bonne direction, on ne peut pas atterrir parce que c'est impossible d'atterrir et aussi impossible de repartir. Alors, j'étais là-haut avec Sebastian Huber qui rattrapait son retard pendant que j'attendais, et il y avait Stanislav Meyer et quelqu'un d'autre. Et à Monte Baldo au décollage, ce que je sais aussi par l'aquaplane et d'autres choses. À cette altitude, il y a comme une zone d'atterrissage là-haut de l'autre côté, peut-être 1 km de plané, mais j'ai parlé avec mon supporter et on s'est dit : « Hé, c'est une bonne chose parce que... » pense à un ou deux soleils et Sebastian Huber, ils avaient déjà préparé leur matériel, alors je me suis dit : « Hé, si je suis le premier et qu'ils ont d'autres opinions, ils veulent aller à Limone » et j'ai dit : « Oh, ça marchera là-bas » et je me suis dit : « C'est trop risqué, je manque d'options si ça ne marche pas. Alors si je fais la petite rando, peut-être 250 mètres en bas et de l'autre côté 500 mètres en haut, je peux facilement planer sur la montagne suivante et je peux même atteindre un point de virage là-bas et j'ai beaucoup plus d'options ensuite, et ce n'est pas si effrayant là-bas parce que je pense que tu atterrisais là... non, c'était Gaspar Petio, toi aussi non, j'ai atterri...

30:55Gavin McClurg

j'ai atterri dans les arbres, j'ai juste marqué le point de virage depuis le sol, j'ai traversé le lac le matin, j'ai grimpé, j'ai pris le point de virage, j'ai traversé le lac en retour mais à ce moment-là, le vent hurlait et je me suis juste coincé dans l'un de ces canyons de l'autre côté, il n'y avait nulle part où atterrir, nulle part où aller, j'ai juste atterri dans les arbres et heureusement, je suis sorti des arbres et j'ai pu continuer, mais c'était vraiment flippant, très violent, il soufflait à 80 km/h, c'était dingue.

31:20Manuel Nubel

je voulais éviter ça, donc on a décidé : « Hé, si je plane sur la montagne suivante, les zones d'atterrissage sont juste à portée de vol ». J'avais un peu peur : si je n'arrivais pas à atteindre ce petit trou dans la forêt, je devrais voler dans la direction complètement opposée et encore plus bas pour trouver la prochaine zone d'atterrissage, et devoir remonter encore plus loin. Alors on s'est dit : « Allez, on a encore le matériel emballé, courons sur ce sentier de 250 mètres, vite, et on remontera de l'autre côté ». On avait deux avantages parce que Sebastian Hooper avait préparé le matériel, donc il ne pouvait pas vraiment... si je réussissais à voler, il m'a dit : « Oh, ça marche bien », il m'aurait peut-être suivi. Et quand on est descendus à pied, j'ai décidé d'aller à Limone. Et quand on a commencé, on a pu monter vraiment bien à 3 000 mètres au-dessus du Lago di Garda.

32:10Manuel Nubel

C'était vraiment le moment le plus impressionnant. Et ensuite, j'ai fait une traversée énorme et un vol énorme.

32:17Manuel Nubel

Et l'autre était coincé à Limone.

32:22Manuel Nubel

Limone est juste sur l'est ?

32:23Gavin McClurg

du côté du lac ? C'est le petit village de l'autre côté ? D'accord. Ouais,

32:28Manuel Nubel

à l'ouest sur le lac, mais c'est le côté sud-est, oui. Désolé, le côté ouest du lac, ouais. Bonne décision, c'est sûr, ouais.

32:36Gavin McClurg

Ah, d'accord, cool. Et après ça, tu as pris plutôt la route du sud ? Tu te rappelles comment Paul a fait ? Il est allé beaucoup plus au sud, dans les Littlefoot Hills. Non, c'était au nord. OK, donc Bellazona, Locarno, cette route ? OK, cool, qui était rapide. Ouais, cool.

32:55Gavin McClurg

Alors, c'était quoi le point fort, le point faible ? Est-ce que c'était la blessure, ou le fait de devoir se retirer ?

33:01Manuel Nubel

Ouais, ouais. Ouais.

33:03Gavin McClurg

Dis-m'en plus là-dessus. Alors, c'était juste un manque d'électrolytes ou tu étais juste épuisé ? Non,

33:11Manuel Nubel

Je n'en pouvais plus, la nourriture et les boissons ne restaient pas à l'intérieur et j'ai fait de la fièvre et tout ça. Donc la chaleur est fatale, aussi pour la déshydratation et tout le reste. Et là, on s'est dit : d'accord, c'est fini pour maintenant.

33:26Gavin McClurg

Ah, et vous étiez vers Monterosa ou ?

33:31Manuel Nubel

Just notre vallée d'Ostar. Ouais,

33:33Gavin McClurg

Vallée de Monterosa,

33:33Manuel Nubel

presque à plat. Donc ils auraient juste eu une chaleur de dingue en marchant devant moi. OK, j'ai compris, ouais, ouais.

33:41Gavin McClurg

C'était terrible à la fin. Bon, pour rappel à ceux qui écoutent, 2019 était incroyablement chaud et stable à la fin de la course. Les derniers jours étaient, enfin, record. On a eu cette énorme stabilité venant d'Afrique. Je sais que le ciel était rempli de terre et de poussière. Et je me souviens avoir marché à Chamonix. Il faisait 100 degrés au sol et le matin, c'était dingue. Et c'était au même moment que tous ces gens arrivaient au sommet du Mont Blanc. Donc si vous arriviez à passer au-dessus de la stabilité, vous adoriez, comme Toma. Le début de la course était sympa, ensoleillé et facile, mais je n'ai jamais eu de vent.

34:26Gavin McClurg

Partout où on allait, on pouvait décoller. Non, il n'y avait pas vraiment d'orages. Au milieu de la course, il n'y avait pas de soleil. Mais ça n'a jamais été dangereux, je me souviens que 2019 n'a jamais été dangereux. On a eu une météo intéressante, mais ça n'a jamais été... la plupart des X-Alps ont été parfois vraiment périlleuses, surtout en 2021, mais on y reviendra. Mais 2019 était, était plutôt tranquille à bien des égards.

34:52Manuel Nubel

Ouais, c'est vrai. Je veux dire, le seul danger, c'était peut-être de s'arracher le matos tellement on était en colère contre la stabilité. Oh mon Dieu. Parce que d'un côté, ça ne veut pas dire que tu ne vas pas y arriver. D'un côté, il faisait tellement beau, comme tu dis, pas de vent, beaucoup de soleil, pas d'orages, mais il y avait aussi des thermiques tellement faibles qu'il fallait énormément de patience. Donc ouais, quand on a vu les prévisions, on s'est dit : « Hé, au milieu de la course, on va atteindre Monaco sans problème. Super, super, super. » On a fait une très bonne course. Je me sentais vraiment bien physiquement. Et ouais, c'était une bonne position, je pense, la plupart du temps après cette course. Et ouais, mais puis trois jours avant la fin, il y a eu cette énorme vague de chaleur qui est arrivée.

35:39Manuel Nubel

Et ce jour-là, même Michael Sanders n'a fait aucun progrès sur les terminaux de la journée, en pleine puissance sous un soleil de plomb au milieu de montagnes à 3500 mètres d'altitude. J'ai beaucoup galéré. Et j'étais l'autre riche, celui qui a heureusement progressé. Mais c'était dingue, niveau stabilité. Et ouais, c'était peut-être mon point bas, ce moment où je me suis dit : « Oh, ça va être vraiment serré. Si le progrès est si lent à cause de la stabilité, même Monaco peut être en danger. » Alors, ouais, c'était... c'était

36:20Gavin McClurg

l'année sans titre, aussi. Je pense que Chrigel était le seul à avoir fini sans titre, ce qui était le sien. C'était le coup de grâce, c'est sûr. Le match était fini là, cette nuit-là. C'était. C'était

36:31Manuel Nubel

c'était un

36:31Gavin McClurg

un vol incroyable de Davos jusqu'à là-bas. Mais je pense que presque tout le monde a fait environ 5000 mètres lors de la journée sans titre. C'était un monstre. La vache. Je l'ai eu. Je suis arrivé là-haut en fin d'après-midi. Il tombait des tonnes de neige, il y avait beaucoup de vent et c'était totalement impossible de décoller. Et je suis arrivé en haut de la zone du télésiège. Et je me suis dit : « Oh, quel bel endroit. Je vais juste dormir ici et passer une nuit merveilleuse. » Et mes supporters me disaient : « Tu ne vas pas dormir là-bas. Tu vas... Tu vas... »

37:01Manuel Nubel

je me suis mis en route

37:01Gavin McClurg

cette colline. Sors et attends une accalmie. Et non, la neige tombe à verse. Il y a du vent. C'est flippant. Je ne veux pas voler. Non, sors. Va dedans. Ils avaient raison. J'ai

37:12Manuel Nubel

hors de la

37:12Gavin McClurg

colline. Mec, ça...

37:13Manuel Nubel

C'était une grosse journée. Ouais, ça l'était. Ouais, j'ai aussi fait 5500 mètres. Je me souviens de cette journée. 5000 mètres. Brutal.

37:22Gavin McClurg

On a commencé à vous appeler le "comeback kid" vers cette période-là. Ou peut-être que c'était ça. Je ne me rappelle plus lequel. Mais vous aviez tendance à avoir des départs plus lents pour ensuite vraiment bien prendre de la vitesse. Et c'était clairement l'une de ces années. Vous avez eu une super fin de course. Et on en reparlera pour le 21 où vous avez fait une fin incroyable. Juste incroyablement rapide. Mais à quoi vous attribuez ça ? Comment vous gérez votre rythme pour avoir l'air de devenir de plus en plus fort au fil de la course ?

37:53Manuel Nubel

Ouais, je pense que je n'ai pas vraiment de problème à prendre des décisions, même si elles blessent mon ego, vous voyez. Par exemple, si je suis en course et que quelqu'un court à côté de moi et me dépasse, je m'en fiche parce que je me demande : est-ce que c'est le bon rythme pour moi ? Est-ce que c'est la bonne vitesse ? Est-ce que c'est la bonne décision ? Et s'ils me dépassent, ça ne me pose aucun problème. Je suis vraiment doué pour garder mon propre rythme, je dirais. Et je pense toujours que la course est tellement longue et on peut le voir à chaque fois, à chaque étape, à la fin. Beaucoup d'erreurs ont été commises par d'autres pilotes. Et ce n'est peut-être pas moi qui les fais. Enfin, c'est sûr qu'il y en a eu deux ou trois étapes.

38:39Manuel Nubel

Ça ne fonctionnait pas très bien pour moi au début. Et puis à la fin, j'ai eu une chance extraordinaire. Mais au début, j'ai été extraordinairement malchanceux, je dirais. Mais je pense aussi que je garde mon énergie jusqu'à la fin parce qu'il reste encore beaucoup d'opportunités lors des derniers jours. Pour donner tout le pouvoir qu'il vous reste. Et oui, 10 ou 12 jours, c'est long.

39:07Manuel Nubel

Le point fort de 2019. Le point fort, c'était ce beau vol alors qu'on avait déjà de gros doutes et qu'on savait qu'il nous fallait deux très bonnes journées pour avoir une chance d'atteindre Monaco. Et le premier jour, la veille du dernier jour, j'ai fait un énorme vol cross country de presque St. Hilaire jusqu'à Monaco. J'ai pris le point de virage Monteviso, qui était magnifique. On volait avec Gaspar Petillo. C'était un moment tellement sympa. J'ai adoré la façon dont on a uni nos forces, et le vol était vraiment super. Et puis même le soir, la dernière étape, la toute dernière étape, on a tenu presque jusqu'au coucher du soleil et on savait qu'avec ce vol énorme de 150 kilomètres, on allait pouvoir avoir Monaco et atteindre le dernier jour.

39:58Gavin McClurg

C'est la preuve absolue qu'on n'a pas besoin d'être en pleine forme physique pour concourir dans les X-Alps. C'est remarquable. Je veux dire, il est tellement lent au sol. Il a des genoux bien pires que les miens. Et chaque fois que je suis au sol avec lui, je n'arrive juste pas à tenir son rythme. C'est trop lent. Bon, à plus tard. Et puis, il me dépasse toujours en l'air. C'est un si bon pilote. Ouais. Ça a dû être magnifique de voler avec lui. C'est superbe. Je n'avais jamais volé à travers Le Grave depuis St. Hilaire. J'ai traversé, puis j'ai remonté à pied et j'ai fait un magnifique vol. Presque jusqu'à Brienzone et puis un front de rafales m'a fait atterrir, mais c'était, c'est incroyable, j'ai envie d'aller skier là-bas. C'est une magnifique partie du monde.

40:36Manuel Nubel

Ouais. Je n'avais jamais vu ce paysage avant. Je n'y étais jamais allé et c'était vraiment une super expérience, c'est sûr. Ouais.

40:43Gavin McClurg

C'est là qu'Aaron Durogati était en train de voler et il était tellement fatigué qu'il regardait des vidéos YouTube en plein vol pour rester éveillé.

40:52Gavin McClurg

D'accord.

40:53Manuel Nubel

Je suis curieux de savoir laquelle.

40:55Gavin McClurg

Ouais. C'est ça. Je sais. Ouais. On veut savoir ça. Alors, avant de passer à 2021. Pour ceux qui nous écoutent et qui sont des débutants, ou qui pensent peut-être faire l'X-Alps après quatre campagnes, qu'est-ce que vous auriez aimé savoir en 2015 et que vous savez maintenant ? Comment, qu'est-ce que vous changeriez en termes d'entraînement, d'approche, d'équipe ou n'importe quoi d'autre ? Hmm. Bonne question.

41:19Manuel Nubel

Je pense qu'en 2015, je n'avais pas vraiment d'idée de la façon dont fonctionnent les phénomènes de vent et aussi les zones protégées. C'est pour ça que j'ai fait cette énorme erreur. En fait, j'ai volé tout le Vantory, ce qui était peut-être sur la ligne, mais sur la ligne la plus courte, mais après, il m'est devenu évident que le vent devait passer par là et je n'avais pas une compréhension aussi bonne. Et en fait, je n'étais même pas très à l'aise à voler dans de hautes montagnes. Je me souviens quand j'étais là dans la vallée de Matta pour prendre le point de virage Matta et j'étais, oh mon Dieu, toutes ces énormes montagnes de 4 000 mètres. J'avais des montagnes de 500 mètres autour de moi. Oh mon Dieu, les glaciers et tout ça. C'est vraiment à couper le souffle.

42:04Manuel Nubel

Alors quand j'ai pris le point de virage, j'avais un peu l'idée de sortir à nouveau de cette zone, mais très souvent en cross country, je pense qu'il vaut mieux rester dans les hautes montagnes et dans les zones protégées plutôt que de voler vers les grandes vallées où se produisent les forts événements de thermiques. Hmm.

42:23Gavin McClurg

Ouais. J'ai appris ça en 2015 en allant au Matterhorn. Tous ceux qui sont entrés et sont ressortis comme toi se sont fait défoncer, et nous, on est restés en altitude et on a volé vers Burbea, et c'était... c'était intense, c'était chaud. Je crois que Hansa et le Coréen sont entrés dans la vague ce jour-là. C'était tellement fort, mais ça marchait. Ouais, t'as raison. C'est un bon conseil. OK.

42:49Gavin McClurg

2021, la météo était dingue, pour beaucoup de gens, c'était flippant. Encore une série d'accidents. C'était super intense. Quelques blessures sérieuses, vous savez, et encore, ils ne publient pas grand-chose là-dessus, mais il y a eu une météo assez effrayante, surtout le jour où Chrigel a fait son grand mouvement de percée. J'allais dans l'autre sens et il disait qu'il ne sentait pas beaucoup de rocher solide, mais purée, je voyais un vent du sud super fort ce jour-là. Et vous savez, les nuages se déversaient et c'était assez terrifiant de mon point de vue, mais toi, moi, et Theo, on pensait faire un super mouvement. Quitter le Geisberg le premier jour, et purée, on a eu une sale première journée ? On était complètement à la traîne. Mais le revenant est passé, tu as eu une fin incroyable.

43:36Gavin McClurg

Alors, raconte-nous, parle-nous de 2021.

43:39Manuel Nubel

Ouais. Je veux dire, en 2021, ça a commencé... Est-ce que vous avez déjà fait ces cauchemars, genre après avoir fait de la compétition ou même du X-Alps, comme le cauchemar de rater le départ ou d'oublier votre GPS, genre un vrai cauchemar pendant le sommeil. Vous avez déjà eu ça ?

43:56Gavin McClurg

Carrément. Surtout à l'approche de 2015, j'avais ces cauchemars atroces, genre « Oh mon Dieu, j'ai raté le départ ». Vous voyez, ce genre de trucs.

44:02Manuel Nubel

Exactement. En fait, après avoir participé, je n'ai plus fait de cauchemars aussi souvent, enfin peut-être rarement, mais avant ça, j'en faisais très souvent. Et c'était en fait le début, genre dans un cauchemar, tout le monde s'envole et on se dit vraiment qu'on a fait cette thermique, on a vu le Geisberg, on a vu là-haut et puis on a trouvé cette première petite thermique. Ce qui m'a fait penser : oh, parfait. Il y en aura beaucoup d'autres. Et normalement, d'après mon expérience en compétition, c'est toujours mieux, c'est vraiment, vraiment rarement préférable d'être l'un des premiers. C'est rarement le mieux d'être l'un des premiers. C'est plus souvent bien d'avoir ces petits, comment dire, des objets devant soi. Une petite cartographie en

44:46Gavin McClurg

devant vous. Ouais, exactement. Juste des gens qui vous montrent le chemin.

44:48Manuel Nubel

Voler et vous montrer les thermiques. Et puis, je ne suis pas allé avec beaucoup de monde pour faire ça. Je n'ai volé qu'à plus de 200 ou 300 mètres au-dessus du sommet de ce gars. Et j'ai lutté comme ça parce qu'on a eu beaucoup d'opportunités et soudain, après cette thermique, la moitié du groupe est partie, j'ai chuté de trois mètres et demi et j'ai juste atterri juste derrière ce gars. Et j'ai lutté comme ça parce que c'est mieux que de descendre encore plus bas que ça.

45:24Gavin McClurg

that that that that that that that that that that that that that that that that that that that that that that that that that that that

45:24Manuel Nubel

ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça ça

45:25Gavin McClurg

une vague de lancement. C'était terrifiant. Je me suis dit : « Oh, pourquoi je n'ai pas atterri avec Manu et Theo ? » C'est juste que rien ne fonctionnait correctement ce jour-là. C'était terrible. Je ne pense pas que ce n'était pas

45:33Manuel Nubel

Theo, c'était Michael Lacher. Ah, oui, c'est ça. Je pense toujours que Theo était en fait, je crois qu'il me l'a dit après, il était à genre 100 mètres du sol quand il a quitté. Genre, quand il a atteint le terminal suivant, vraiment, vraiment bas. Et ouais, donc on finit par atterrir là et tout le monde a réussi à remonter jusqu'au terminal suivant, mais pas nous. Et puis ça a pris 10 minutes là au décollage, ensuite on pouvait voler vers un autre terminal, rater un autre terminal, parce que c'était encore pas assez haut pour y aller, et devoir revenir atterrir là-bas pour décoller à nouveau. Et je veux dire, tout le monde était presque parti. Et puis finalement, je veux dire, on est partis, mais les conditions devenaient de pire en pire. On n'avait plus de pilotes de cartographie. Et donc je veux dire, au final, ce n'était pas un énorme, énorme désavantage. Je veux dire, c'était peut-être pour les leaders, peut-être 20k

46:21Manuel Nubel

inconvénient, mais je veux dire, toutes les décisions, je dirais, je dirais que ce n'était pas une mauvaise décision, mais c'était juste vraiment malchanceux que ça se passe comme ça, ou que ça ne marche pas.

46:33Gavin McClurg

Ouais, et ça devenait de plus en plus gris. Je veux dire, rien ne tournait vraiment en notre faveur ce jour-là. On a atterri presque en même temps, puis on a grimpé jusqu'à ce petit col et on s'est préparés à partir, et puis on s'est dit que ça ne marcherait pas, et on a tout replié. C'était juste, ouais, ce n'était pas très fluide, pour utiliser un mot que tu aimes bien. Pas fluide du tout. Ouais, ça a été dur. OK, et c'était le point le plus bas de la course ? C'était juste le premier jour ?

47:03Manuel Nubel

Le point le plus bas est venu après. En fait, j'avais déjà des problèmes de sommeil avant la course, que j'ai finalement résolus il y a deux ou trois semaines. Je pense que c'est intéressant à dire, mais je pense que c'était juste une question de smog électromagnétique, genre être sensible aux câbles dans les murs, ce que j'ai fini par comprendre. Et oui, donc j'ai eu pendant des années le problème de ne pas être complètement récupéré après avoir dormi, je me sentais vraiment pas bien, même si, enfin, je dormais toute la nuit, mais je me sentais quand même faible et pas bien. Et c'était surtout difficile en 2021 avant la course, et ça m'a aussi sapé les nerfs et, pendant le premier et le deuxième jour, je vomissais souvent quand je marchais, en fait presque tous les matins,

48:01Manuel Nubel

et j'étais complètement à bout nerveusement. Je n'arrivais même plus à prendre les décisions les plus simples, et du coup, après le deuxième jour, après la descente, je pleurais vraiment beaucoup, j'étais complètement abattu et détruit. Heureusement, mon supporter et surtout ma femme sont venus, ils m'ont serré dans leurs bras et sont restés assis là pendant une demi-heure. Je savais que c'était un super moment de répit, en fait je devrais me dépêcher de remonter, mais je disais juste que je ne pouvais pas, que je ne pouvais pas, que j'étais trop faible et que je n'étais pas à la bonne place ici, que ce n'était pas pour moi, je disais ça tout le temps parce que je n'arrivais pas à gérer. Et là, ils m'ont dit : « Hé, allez, faisons des petits pas, essaie des petites choses, essaie de manger un petit truc et essaie juste de tenir un jour de plus, reste dans la course un jour de plus, reste dans la course un jour de plus ». Et du coup, j'ai tenu d'un jour à l'autre et ça s'est amélioré de jour en jour.

48:55Manuel Nubel

Et je me suis senti mieux jour après jour, mes nerfs sont revenus et puis, au final, j'ai fait ce retour incroyable que je n'aurais jamais imaginé pouvoir rattraper aussi loin devant après avoir été si loin derrière. Comment ça s'est passé ?

49:10Gavin McClurg

Comment est-ce que tu as réussi à débloquer ça ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Parce que je me souviens de certains passages grâce au suivi en direct, mais bon, je me rappelle que je regardais certaines de tes vidéos le soir quand je marchais et tout ça. Je me souviens d'un atterrissage, il y avait beaucoup de vent, et tu atterrissais un peu en arrière, mais je ne sais pas si c'était dans la vallée d'Aoste, mais tu as fait ce vol de là jusqu'à Kronplatz, tu as eu un vol énorme à un moment donné à travers là-bas, c'était juste incroyable.

49:41Manuel Nubel

Ouais, je pense que j'ai pris beaucoup de petites bonnes décisions depuis avant Fiesch. Il y a eu un jour...

49:50Manuel Nubel

Quand je suis arrivé à Fiesch, j'avais déjà pris une bonne distance sur tous les autres pilotes avec qui j'avais commencé la journée. Le lendemain, au Dente Auge, j'ai pris un peu de distance, mais les deux grosses journées, c'était sans aucun doute après le Mont Blanc. J'ai pris la décision de passer par Aoste, et en fait, j'avais vraiment beaucoup de puissance à ce moment-là. Je roulais vraiment, je ne sais pas, peut-être 25 ou 30 bornes environ pour pouvoir atteindre un décollage qui était bien meilleur à mon avis, mais c'était un énorme effort, et en plus, le décollage était comme mon ascension la plus haute jamais, je crois que c'était 2200 mètres d'altitude, juste pour atteindre un décollage depuis la vallée jusqu'au décollage. Mais on s'est dit : « Hé, ça va être un énorme avantage parce qu'on n'aura pas besoin de faire des traversées du côté sud du Cervin », c'était bien le massif du Monte Rosa, en fait.

50:42Manuel Nubel

On est arrivés au décollage à temps, je me sentais bien et j'ai fait un beau vol solide autour du massif du Monte Rosa, j'ai lutté contre ces conditions de Föhn de dingue là-bas à Macanagua, Locarno, et j'ai rattrapé beaucoup de monde devant moi. Et puis j'ai atterri ce jour-là dans un événement de vent arrière de fou, ce qui n'a pas représenté un énorme désavantage pour les autres qui sont arrivés peut-être 10, 15 km plus loin. Et puis le lendemain était le jour le plus important où j'ai décollé à côté du point de virage Sant 'Anini, ou est-ce que ça s'appelait Monte Plontini ? Comment s'appelait le point de virage là-bas ? Ouais, j'ai oublié. Je

51:25Gavin McClurg

je pense que c'était celle-là

51:25Manuel Nubel

au-delà de... Ouais, j'ai oublié. Pas Pitskorvash, peu importe. Le haut là-bas. Alors j'ai décollé, et ce n'était pas vraiment facile non plus. Non, toute la journée, ce n'était pas vraiment facile. Et j'ai pris la décision de voler en ligne droite. Il y avait différentes options, et les pilotes devant moi ont aussi pris d'autres options. Et ouais, ça a marché. Il y avait vraiment beaucoup de nuages sombres autour de moi, pas vraiment des nuages sombres menaçants. C'était plutôt comme des nuages d'eau, avec aussi des averses de pluie. Mais je savais que ce n'étaient pas vraiment des averses de pluie dangereuses. Il y avait beaucoup d'instabilité dans l'air, mais j'ai pu rester en l'air et ouais, parcourir beaucoup de distance pour

52:13Manuel Nubel

ce qui était en fait la journée de Prunek pour

52:18Manuel Nubel

Kronplatz. Et ouais, tous les autres pilotes ont fait des petites erreurs et, ouais, même moi je suis passé de la 13e à la 5e position là. Non, 6e position. Tu as fini au sommet ?

52:30Gavin McClurg

atterrir à Kronplatz cette nuit-là ?

52:32Manuel Nubel

Non, malheureusement pas. J'y étais, j'ai volé toute la journée du début à la fin. Et en fin de soirée, je le savais parce que j'avais pris mon pass de nuit, car le lendemain, c'était fini à 11 heures. Je savais que si j'étais capable de planer depuis le Kronplatz ce soir-là, j'avais un énorme avantage, parce que je pourrais planer et marcher toute la nuit vers l'objectif. Et puis le lendemain à 11 heures, bien sûr, je ne m'attendais pas à ce qu'il y ait beaucoup de vols d'ici là. Alors j'ai atterri sur deux montagnes avant le Kronplatz et ensuite j'ai poussé, j'ai dû mettre beaucoup de puissance.

53:17Manuel Nubel

pour gravir cette montagne, peut-être quelques centaines de mètres, planer vers Kronplatz et ensuite faire un effort à pleine puissance jusqu'à Kronplatz pour arriver juste à temps. Je pense que j'ai décollé à 8h40 et j'avais déjà calculé, pendant que je courais, de combien de temps j'aurais besoin en vitesse de croisière pour planer le maximum de temps dans la bonne direction. Et oui, ça a parfaitement fonctionné. J'étais au sol juste une minute avant la ligne et je savais que les autres, qui étaient juste un peu derrière moi, ne pouvaient pas planer vers le bas. Ce soir-là, bien sûr, tout le monde a pris son pass de nuit, mais je savais que ça ne les aiderait pas beaucoup parce qu'ils peuvent bien sûr monter au Kronplatz, mais la nuit, on peut juste redescendre et courir vers toute cette vallée, ce qui prend quelques heures, donc ils doivent attendre là-haut au Kronplatz jusqu'à ce qu'ils puissent planer le lendemain matin.

54:15Manuel Nubel

Et je pouvais marcher toute la nuit, donc c'est ce que j'ai fait. Mais à la fin, j'ai dû prendre une décision vraiment difficile parce que j'étais sous Krente, dans la vallée d'Antholz, et je ne savais pas quoi faire avec toute mon équipe parce qu'il y avait cette énorme zone sans décollage devant moi. Je me suis dit : d'accord, soit je cours toute la nuit, ça fera 60 km et je pense 3000 m d'altitude ou 2000 m ou quelque chose comme ça jusqu'au prochain décollage, qui était aussi orienté vers le sud et non vers l'est, soit je décolle, je reste là, je gaspille complètement mon pass de nuit et je décolle le lendemain matin à Krente, que je sais être une montagne cross country parfaite et

55:05Manuel Nubel

Cette ligne de vol de 40 km, en ligne directe, que je pourrais parcourir en courant toute la nuit sur 60 km, peut bien sûr être parcourue en une heure et demie si on décolle sur une belle zone au bon moment face à l'est. C'était vraiment une décision difficile, mais je me suis dit que, bien sûr, je ne voulais pas gâcher mon passage de nuit et même si je restais bloqué sur l'autre décollage au sud, en attendant que le soleil tourne vers le sud et que l'autre puisse passer au-dessus de moi — ce qui aurait pu arriver dans le pire des cas — j'ai quand même tout essayé, c'était ma raison. Et puis, oui, c'était vraiment une expérience sympa avec ma femme Anastasia, elle fait aussi du trail running et on a marché ou couru toute la nuit ensemble. En fait, je dormais, sans blague, genre je dormais, je marchais et je la tenais par la main ; je fermais les yeux et j'avais vraiment l'impression de dormir en marchant dans cette nuit.

56:02Manuel Nubel

Et oui, c'était une bonne expérience pour nous et on a réussi à arriver à temps à ce décollage. Et puis, pendant que j'attendais là, parce qu'il était évident que je ne pouvais pas décoller aussi tôt que les autres, soudainement Tobi Großrobaczer a plané depuis la montagne de Grumblotz et a trouvé l'entrée à 8 heures du matin, ou même avant 8 heures je crois, c'était tellement tôt. Il a trouvé des termitières et a grimpé jusqu'à Krente où Paul Guschlbauer attendait, et je n'en croyais pas mes yeux. Je me suis dit : « Oh non, maintenant ces deux gars vont se battre l'un contre l'autre et pousser vraiment fort pour me rattraper, donc je dois m'éloigner de ce décollage maintenant, très vite ». Mais heureusement, Tobi s'est posé d'une manière ou d'une autre, il a laissé Paul assez loin derrière.

56:50Manuel Nubel

peu après, j'ai décollé, trouvé de superbes termitières et j'étais vraiment content. Je me suis dit : « OK, c'est bon, je vais garder cette cinquième position ». Mais il ne restait plus que une demi-heure avant la limite, c'était vraiment court. Puis je me suis retrouvé coincé dans un fjord du nord très fort qui m'a cloué au sol, et j'ai compris que je ne pouvais faire aucun progrès vers le nord, là où je devais aller. Alors, j'ai atterri, j'ai rangé mon matériel et j'ai couru de toutes mes forces parce que Paul était vraiment, vraiment proche. Le vent était très fort et m'arrivait d'une autre direction, et j'ai juste couru cette montée là-haut avec mon équipe qui venait m'aider, peut-être 6 ou 7 km.

57:37Manuel Nubel

jusqu'à ce que cette demi-heure soit écoulée et que Paul se rapproche vraiment, vraiment beaucoup. C'était une fin vraiment spectaculaire au final, j'ai juste réussi à ne pas me faire dépasser à nouveau.

57:50Gavin McClurg

C'était une fin à couper le souffle. Je vous suivais sur le tracking en direct et j'avais Paul en 3D, la seule fois où j'ai pu voir ça, d'habitude on n'a pas le temps mais ma course était finie, on était dans le van prêts à partir pour la fête et je regardais ça en me disant : « Oh mon Dieu, il l'a, non il ne l'a pas, il l'a, il l'a ! » C'était tellement serré.

58:15Manuel Nubel

C'était une question de virage, mais bien sûr, il est aussi arrivé dans cette zone où se trouvait le fort fjord nord et alors tout, je pense qu'il m'a aussi dit qu'il était tellement content d'avoir pu atterrir quand la course était finie parce que les conditions étaient tellement dingues là-bas. C'est aussi ce qui rend les X-herps si exigeantes à mon avis : vous devez aller dans une direction où vous devez aller, et pas celle que vous choisissez. Vous devez juste aller vers le stupide fjord nord et vous ne pouvez pas rester dans les zones protégées, et oui, vous poussez chaque mètre pour voir jusqu'où vous pouvez aller, et c'est la différence avec les autres compétitions où vous fixez votre manche là où vous voulez être.

59:00Gavin McClurg

Manu, je suis curieux maintenant qu'il y a le petit à bord : est-ce que ton approche a changé ? Est-ce que c'est différent maintenant ? Si tu faisais la course de 2025, est-ce que ce serait différent ? Est-ce que tu prendrais un niveau de risque différent de celui de 2015, et si oui, est-ce que tu l'attribues au gamin ou à l'âge, pardon ?

59:25Manuel Nubel

Je peux dire avec certitude que j'ai toujours été une personne et un pilote qui aimait vraiment sa vie, et j'ai toujours su que je ne prenais pas de risques fous. Même pour le speed flying ou d'autres choses, je faisais toujours des choses que je pouvais vraiment contrôler. Si j'avais un pressentiment bizarre, j'hésitais souvent et je prenais la décision de "pousser la porte", et parfois je ne pouvais même pas vraiment comprendre ou expliquer pourquoi je faisais ça. J'étais vraiment au début de ma carrière de pilote et j'ai eu du mal parce que j'avais des amis qui étaient juste un peu plus...

1:00:17Manuel Nubel

Ils avaient plus de cran et ils faisaient juste les choses, et ça marchait pour eux, et je ne pouvais même pas expliquer pourquoi ça devait être dangereux. Par exemple, essayer de mettre en décrochage, il m'a fallu genre 6 ou 7 ans avant que je le fasse enfin. Je faisais toujours des décrochages, genre 1 ou 2 par an, 1 ou 2 sessions par an, mais ça marchait toujours parfaitement bien. C'était une expérience vraiment sympa, mais à chaque fois que j'essayais de le refaire, juste avant de le faire, j'avais tellement peur que je ne le faisais pas. Je ne pouvais même pas expliquer pourquoi j'avais peur, j'avais juste peur. Et puis je finissais par ne pas le faire parce que je n'arrivais pas à me forcer à me mettre dans une situation que je n'aimais pas. Mais d'un autre côté, cette attitude ou ce sentiment m'a peut-être protégé de situations trop

1:01:07Manuel Nubel

trop dangereux, donc je ne sais pas, mais je peux déjà voir mes pensées parfois, même sur des vols en tandem normaux aussi, que j'ai faits par le passé quand Linus était déjà là, quand j'ai pensé à lui — ce que je n'ai bien sûr pas fait avant qu'il ne soit là — donc j'imagine que je serai un peu plus passif qu'avant, c'est sûr.

1:01:34Gavin McClurg

J'ai toujours bien aimé l'approche de Tom D 'Orlodeau', il semble vraiment le prendre comme une aventure et il est très pragmatique sur le risque, vous savez, il est tout simplement pas prêt à... C'est bizarre, non ? Parce que je trouve que l'état d'esprit, et j'en ai beaucoup parlé dans l'émission, mais l'état d'esprit que vous avez pendant cette course, c'est quelque chose que je ne pourrais jamais imiter à l'entraînement, ça ne vient tout simplement pas. Vous commencez à prendre des risques avec lesquels vous seriez normalement très mal à l'aise, mais pendant la course, vous ne le ressentez pas du tout. Je n'ai jamais eu l'impression d'avoir... je me suis retrouvé dans des situations comme celle dont on parlait à Vars en 2015, où c'était vraiment extrême, mais ce n'était pas parce que je poussais vraiment à fond.

1:02:25Gavin McClurg

Je me suis retrouvé dans une situation vraiment hardcore. C'était une journée de vol récréatif parfaite, j'étais juste au mauvais endroit. Ça aurait pu m'arriver n'importe quand en volant, mais en même temps, quand je m'entraîne pour le X-Alps et que je sors exprès les jours où les conditions sont vraiment limites parce que je sais que je dois m'entraîner pour la course et que j'ai vraiment peur... alors que pendant la course, je peux honnêtement dire que je ne me souviens pas avoir eu vraiment peur. J'ai toujours eu l'impression que quand on en arrive à ce point, on est dans un état d'esprit genre « ouais, c'est génial, envoie » ! C'est marrant, non ? J'en ai parlé avec beaucoup d'autres qui ont fait la course et ils disent tous un peu la même chose : qu'ils ne... enfin, Chrigel a des enfants et il a l'impression de vraiment maîtriser les choses, il s'est entraîné pour ça, il a l'impression de ne pas prendre trop de risques.

1:03:20Manuel Nubel

Je veux dire, il le prouve depuis tellement d'années sans blessures majeures, donc c'est la preuve qu'il le fait bien, je dirais. Et oui, je serais tout à fait d'accord : dans cette situation où j'ai vraiment eu peur, je ne poussais pas et je prenais cette décision de manière très consciente, en me disant que je vais voler dans l'orage tout le temps. Quand je prenais des risques plus importants, ça finissait par être complètement maîtrisé, mais soudainement, en 2017, j'ai dû y réfléchir parce que j'étais aussi à 14 mètres après ce vol où j'ai vu, en fait, je fais aussi des choses en volant sur mon téléphone, je communique sur WhatsApp, et j'ai aussi regardé à la maison et j'ai vu qu'un énorme front froid arrivait du côté nord, et aussi ce nuage que j'ai vu m'a fait un peu... vraiment loin, mais aussi au-dessus de moi, il y avait ces nuages épars et couverts, et j'ai parlé avec mon équipe de soutien : « Hé, comment est ce front froid ? Ça a l'air vraiment bizarre », et ils ont dit : « Oh non, non, c'est vraiment loin et seulement du côté nord ». Et puis quelques minutes plus tard, j'ai soudainement été balayé. Je veux dire, c'était un truc local, peut-être qu'il y avait dans la vallée, c'était juste à côté de la vallée sur une crête, et dans la vallée il y avait peut-être 40 km/h de vent, donc pas super fou, ou 35 à 40, je volais à peine ou j'étais presque à l'arrêt, en fait.

1:04:48Manuel Nubel

mais sur le côté de cette crête, j'ai soudainement chuté, j'ai coulé avec 14 mètres. Je n'avais jamais vécu ça avant et j'ai dû me dire : ah, c'est ça l'expérience dont Gavin m'a parlé, les 80 mètres, c'est comme ça que ça se ressent. Et puis au milieu de la vallée, j'ai eu 3-4 mètres de montée, ce qui n'était pas agréable non plus parce que je me disais : j'espère qu'il n'y aura pas plus de vent. De toute façon, je n'ai fait aucun progrès vers l'avant, j'étais juste là, à monter un peu et à rester immobile dans le vent, donc j'ai fini par faire une spirale vers le bas et j'ai fini par marcher. Et oui, tout ça est arrivé soudainement, on ne s'y attendait pas.

1:05:29Gavin McClurg

Ouais, ouais, c'était intéressant de rattraper Cody au point de retour suisse. Le premier, j'ai oublié le nom de cet endroit magnifique en sortant du Wharf Pass l'année dernière, en 2021. Fiche ? Non, pas Fiche, avant.

1:05:48Manuel Nubel

C'était Santis ?

1:05:51Gavin McClurg

Santis, ouais, il était assis là au décollage et je suis allé le voir, et il avait cette tête. Il avait vécu cette expérience terrible en partant de Lermus que beaucoup de gens ont vécue, avec de gros orages et de la grêle, et il avait l'air d'être un peu à bout mentalement. Il était fini, c'était trop pour lui, tu vois. Je n'ai jamais atteint ce stade dans les X-Ops, j'ai toujours eu l'impression que c'était un risque raisonnable, mais quand on regarde en arrière, on se dit : « Oh, je ne sais pas... »

1:06:22Manuel Nubel

Ouais, en 2015 par exemple, il y a eu un jour juste avant celui dont je parlais, où je pouvais juger assez bien le vent parce que deux jours avant, c'était aussi une journée très stable et je grattais, comme je l'ai dit, c'était un peu comme une chasse d'eau. J'avais l'impression de voler vraiment bas dans les vallées avec la brise de vallée, d'une colline à une autre, et je n'arrivais tout simplement pas à monter plus haut. J'étais juste, genre, pris dans cette brise de vallée et je progressais, mais c'était tout le temps avec du vent fort et dans des zones pas vraiment praticables pour l'atterrissage. Et une fois, je me souviens où je planais vraiment vers cette...

1:07:07Manuel Nubel

une crête de soaring, ce qui était bien dans la brise de vallée. J'étais si bas en l'atteignant que je savais que si je ne montais pas, il n'y aurait pas d'atterrissage, et le vent était si fort que... je veux dire, j'étais à peine à 30 mètres environ, j'étais à 30 mètres au-dessus du fond de la vallée et je savais que ça marcherait parce que le vent était très fort, mais je savais que si je perdais beaucoup de hauteur avant de l'atteindre et que je n'atteignais pas la montagne ou la crête, alors je devais atterrir en position debout dans un vent fort et il y avait des obstacles partout autour de moi. Donc ces situations étaient certainement bien plus stressantes et effrayantes que le lendemain où j'ai vu : « Ah ok, derrière moi il y a un énorme champ, je vole à 30 kilomètres par heure en arrière », mais je veux dire, je ne suis pas emporté. J'étais déjà assez bas à ce stade, donc je me suis dit : « Ok, je dois juste faire attention à ne pas être projeté sur ce champ. Je vois dans l'herbe en bas que le vent là-bas n'est certainement pas assez fou pour que je me blesse à l'atterrissage, même si je vole en arrière », donc je me suis dit : « Ok, je fais une spirale devant le champ et ensuite je mets les freins et je vole en arrière dans le champ ».

1:08:11Manuel Nubel

Ça semblait plutôt maîtrisé en fait, même si ça paraît dingue.

1:08:15Gavin McClurg

Ouais, tellement de bonnes histoires Manu, merci de les partager pour la cinquième ou sixième fois maintenant. Je pense que celle-ci a marché, mon pote, mais j'apprécie. C'est génial de voir ton sourire, c'est super de revivre tous ces moments spéciaux. Je suis content pour toi et ta nouvelle famille, et j'ai hâte de peut-être te voir en 25. Merci mon pote, c'était sympa. Ouais.

1:08:40Manuel Nubel

Merci à toi aussi, c'était toujours un plaisir. On pourra le refaire plusieurs fois avec toi, c'est toujours super.

1:08:49Manuel Nubel

C'est toujours bien en fait, quand on n'a pas fait l'enregistrement, ça ne marchait pas. Je me disais que tu ne peux jamais le dire à nouveau, genre c'est tellement authentique ou tellement comme tu te sens quand tu le fais, tu le dis la première fois, mais ça ne devient jamais lassant.

1:09:06Gavin McClurg

ça ne devient jamais vieux, c'est une course géniale, merci mon pote.

1:09:09Manuel Nubel

Ouais, merci à toi aussi, et on souhaite bonne chance à tous les autres pilotes. Hé, je suis vraiment curieux de savoir ce que ça fait la première fois de juste regarder et de suivre en direct, avec plein d'amis pour qui je vais encourager, et ouais, oh.

1:09:23Gavin McClurg

Je ne sais pas si ça va être de la torture ou si ça va être amusant, je n'en suis pas sûr. Mais ouais, moi non plus. J'y ai beaucoup pensé, ça va être passionnant, ça l'est toujours. Merci mec, si tu trouves Cloud Based Mayhem utile, tu peux nous soutenir de plein de façons différentes. Tu peux nous donner une note sur iTunes ou Stitcher, ou peu importe comment tu écoutes ton podcast, ça aide beaucoup à faire connaître l'émission. Tu peux en parler sur ton propre blog ou le partager sur les réseaux sociaux, tu peux en discuter en allant au lancement avec tes amis pilotes. Je sais que beaucoup de conversations intéressantes ont eu lieu de cette façon et, bien sûr, tu peux nous soutenir financièrement. Cette émission prend beaucoup de temps, beaucoup de montage, beaucoup de stockage, de musique et toutes sortes de coûts en coulisses. Donc, si tu peux nous soutenir financièrement, tout ce qu'on a jamais demandé, c'est un dollar par émission, et tu peux le faire via un don unique sur PayPal ou en mettant en place un service d'abonnement qui te facturera chaque émission qui sort. On publie une nouvelle émission toutes les deux semaines, donc...

1:10:19Gavin McClurg

Par exemple, si vous donnez un dollar par épisode, ça revient à environ 25 $ par an toutes les deux semaines, donc bien moins cher qu'un abonnement à un magazine, et ça rend tout cela possible. Je ne veux pas financer cette émission avec de la publicité ou des sponsors ; on nous pose souvent la question pour plein de raisons différentes, et comme je l'ai dit plusieurs fois dans l'émission, je ne veux pas faire ça. Je n'aime pas avoir ce genre de trucs au début de l'émission, et je veux aussi que vous sachiez que ce sont des conversations authentiques avec de vraies personnes. Ce sont juste nos opinions, mais nos opinions ne sont pas biaisées par des sponsors ou des dollars publicitaires. Je pense que c'est un modèle économique assez toxique, donc j'espère que vous appréciez ça. Vous pouvez nous soutenir si vous allez sur cloudbasedmayhem.com, vous y trouverez les liens pour nous soutenir. Vous pouvez le faire via patreon.com/cloudbasedmayhem si vous voulez un abonnement récurrent, ou vous pouvez aussi le faire directement sur le site web. On a essayé de rendre ça très simple, et cela vous donnera accès à tout le contenu bonus, aux petits vidéocasts que nous faisons et aux petits extra que nous trouvons dans les conversations qui n'entrent pas dans l'émission principale mais que nous pensons que vous devriez entendre.

1:11:19Gavin McClurg

on ne met rien de tout ça derrière un paywall. Si vous ne pouvez pas nous soutenir, dites-le-moi et je vous créerai un compte. Bien sûr, ce sera pour la vie, et j'espère qu'un jour vous serez en mesure de nous soutenir, mais vous trouverez tout ça sur le site. Tous ceux qui nous ont soutenus, ou même qui se sont inscrits à notre newsletter ou qui ont acheté du merchandising Cloudbasedmayhem — des t-shirts, des casquettes ou n'importe quoi — vous devriez déjà être prêts. Vous devriez avoir un compte et pouvoir accéder à tout ce contenu bonus dès maintenant. Merci infiniment de nous avoir écoutés, j'apprécie vraiment votre soutien et on se voit au prochain épisode. Merci.

1:11:58Gavin McClurg

vous

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