Salut tout le monde. Bienvenue dans un nouvel épisode de Cloudbase Mayhem. J'enregistre ça exactement 30 jours avant la course, mais au moment où vous écouterez ça, on sera le 26, donc on sera peut-être en train de boucler sur Monaco. On sera peut-être même sur place. Ce sera 10 jours après la course. Il nous reste 12 jours pour y arriver. J'espère que vous nous regardez tous et que vous nous soutenez. Salut tout le monde. Bienvenue dans un nouvel épisode de Cloudbase Mayhem. J'enregistre ça exactement 30 jours avant la course, mais au moment où vous écouterez ça, on sera le 26, donc on sera peut-être en train de boucler sur Monaco. On sera peut-être même sur place. Ce sera 10 jours après la course, mais au moment où vous écouterez ça, on sera le 26, donc on sera peut-être en train de boucler sur Monaco.
Peut-être que vous nous regardez tous et que vous nous encouragez
nous sur.
Et à partir de ce résultat, et vu à quel point c'était génial, il a postulé pour le X-Alps et a été accepté. Ça va être sympa de courir avec lui. Il devient un très bon pilote. Et comme vous allez le voir dans ce podcast, il est incroyablement analytique. Il y a quelques mois, il m'a donné accès à son blog. C'est un peu comme son journal en ligne, mais c'est privé. Et j'ai trouvé ça génial. Je me suis dit : « Mec, il faut absolument que je fasse venir Willie dans l'émission. C'est vraiment cool. » Et on va plonger vraiment profondément dans des choses qui sont un peu difficiles à, du moins pour moi, mettre en mots. Genre, pourquoi on fait ça ? Pourquoi on vole ? Je veux dire, évidemment, il y a le plaisir et, vous savez, l'évasion et l'impossibilité du vol avec juste un petit morceau de plastique et du nylon au-dessus de la tête.
Tout ça, c'est le décor. Mais il s'y plonge vraiment. Et je pense que tu vas, je sais que tu vas vraiment apprécier ça. Sa perspective sur la vie, le vol et sur la manière d'avancer dans la vie est super, super intéressante. Et je pense que ce serait vraiment sympa d'écouter ça pendant que la course se déroule, pour voir comment ça concorde avec la réalité de la course et ses réflexions. J'ai reçu beaucoup de messages, beaucoup d'e-mails et de textos de personnes qui ont écouté et vraiment aimé l'épisode sur Rick Heatley, le Canadien qui s'est retrouvé au sol après un crash en plein vol et qui a passé une nuit très froide dans la neige. Beaucoup de gens ont été assez surpris par le peu d'équipement qu'il avait.
Et ils étaient surpris que je ne l'aie pas repris là-dessus. On en a parlé, tu sais, j'étais assez stupéfait qu'il n'ait pas d'inReach et pas de batterie de secours. On est donc un peu entrés dans les détails dans l'émission. Mais oui, je suis tout à fait d'accord. Tu sais, j'ai certainement déjà été coupable de ne pas avoir de batterie de secours. Et, tu sais, certains points ont été soulevés, comme le manque de bonnes chaussures, parce qu'il volait au-dessus de la neige. Eh bien, je veux dire, oui et non. Je veux dire, c'est la même chose, je n'ai jamais fait partie de ces gens qui aiment utiliser des chaussures de randonnée pour voler. Je pense que c'est en fait moins sûr. Et c'est juste mon opinion. Il y a beaucoup d'avis différents là-dessus. Mais je n'aime pas les grosses chaussures de randonnée qui montent au-dessus de la cheville. J'aime être vraiment agile et pouvoir bouger très vite au décollage, parce que c'est souvent le cas.
Et donc, j'utilise des baskets quoi qu'il arrive, même s'il fait glacial. Et vous me verrez, c'est ce que je porterai pour les X-Alps, même avec toute cette neige. Donc, vous savez, une paire de baskets et des gators, c'est le maximum pour moi. Mais d'autres choses, c'est sûr, surtout si vous faites du XC, vous savez, celui que je sais que vous en avez marre que je mentionne tout le temps. Mais quand j'ai appris qu'il n'avait pas d'inReach, je n'aime même pas voler avec des gens qui n'en ont pas. Ça me rend dingue. L'autre jour, on avait un très bon ami qui n'en avait pas et qui a atterri bien loin. On ne savait pas où il était. Et on est revenus au parking après une grosse journée de XC et son van était toujours là.
Et puis quelques heures plus tard, son van était toujours là. Et, vous savez, on était en panique. Genre, est-ce qu'il va bien ? Est-ce qu'on doit y aller ? Est-ce qu'on appelle les secours ? Est-ce qu'on appelle le 911 ? Qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'on doit repartir et regarder autour de nous parce qu'on connaissait un peu la zone où il se trouvait ? Et, vous savez, avec un simple inReach, on aurait su exactement où il était et on aurait pu lui envoyer un message. Bref, c'est le numéro un. Mais l'autre chose aussi, je pense que c'est une très bonne idée. Chris Weigel m'a contacté, tout comme plusieurs autres, en disant : « Hé mec, tu sais, j'ai été surpris qu'il n'ait pas X et X et X. » Alors j'ai préparé une petite liste, vous savez, quand je vole ici à Sun Valley, j'ai genre un sac de couchage léger. Vous savez, ça ne va pas, enfin, ça ne va pas suffire en plein hiver, mais ça vous rendra certainement plus confortable si vous devez passer la nuit dehors. J'ai toujours de la nourriture en plus.
J'ai toujours de l'eau en plus, non, pas de l'eau en plus, mais des comprimés ou quelque chose comme ça. Mais c'est aussi une très bonne idée d'avoir une sorte de kit adapté à l'endroit où vous volez. Vous savez, pour les premiers secours, votre trousse devrait toujours contenir des analgésiques assez corrects en cas de traumatisme. Il faut avoir du fil dentaire. Il faut avoir un kit pour les arbres. Il faut avoir un couteau, vous savez, selon le terrain encore une fois, vous pourriez vouloir un couteau avec une petite scie pour pouvoir gérer les branches ou quelque chose comme ça.
Quoi d'autre ? Voyons voir. Il faut absolument avoir une lampe torche, ou une lampe frontale, avec de bonnes piles. Je prends toujours mes piles et je les mets à l'envers pour que le bouton puisse être enfoncé quand c'est dans mon kit. Il faut aussi penser à votre radio. Vous devez avoir une batterie de rechange parce que si, si votre téléphone tombe en panne ? Alors ces InReach deviennent assez difficiles à utiliser. Il faut avoir des câbles pour alimenter le matériel. Vous savez, peut-être si vous avez de la place, vous avez un petit panneau solaire. Vous savez, vous pouvez recharger vos batteries. Des bâtons de marche. Il faut avoir, vous savez, selon l'endroit où vous êtes, peut-être que votre trousse de secours contient du matériel pour les morsures de serpent. Et c'était l'une des choses que j'ai apprises de Chris. C'était, c'est une très bonne idée. Ouais.
Un briquet. Peut-être un peu de peluche de sèche-linge pour pouvoir faire un feu facilement. Ça vous rendra certainement plus confortable la nuit et ça peut aussi servir à signaler votre position avec un tout petit miroir. Vous pouvez en emporter dans plein d'endroits, mais un petit miroir de signalisation, c'est encore une bonne idée. Avec un inReach, ce n'est probablement pas nécessaire, mais c'est bien d'avoir une petite roue de secours. Bref, pensez à ces trucs. Je pense que ce genre de choses a souvent été abordé dans l'émission et je suis surpris que les gens ne le sachent pas encore : quand vous faites du XC, selon l'endroit où vous êtes, il y a de fortes chances que vous atterrissiez en zone isolée. Et cette petite tranquillité d'esprit vaut bien quelques livres et un tout petit peu de place. Voilà, c'est à réfléchir. OK.
Alors, on revient sur le X-Alps, on revient sur Willie. Vous allez adorer cette émission, vous allez adorer cette discussion. C'est un gars super fascinant. Il habite juste en bas de chez moi. Je me sens vraiment privilégié de pouvoir voler avec Willie et de l'avoir vu progresser si vite. Et j'espère que tous vos yeux sont rivés sur le X-Alps en ce moment et qu'on va tout déchirer. J'espère, j'espère vraiment. Enfin bref, profitez bien de ce docu. À bientôt.
Willie. C'est génial de t'avoir sur l'émission. Mec, c'est trop cool qu'on puisse faire ça en direct. Je n'ai pas souvent l'occasion de le faire. Alors, bienvenue sur Cloudbase Mayhem.
Content de vous retrouver au quartier général. Ouais. C'est là que la magie opère, mec.
Mais oui, on s'est beaucoup entraînés ensemble. Je suis vraiment ravi de discuter avec toi, c'est juste cool que mon voisin a l'intention de venir concourir avec moi ici dans quelques semaines. Ça a été vraiment sympa et c'était super de voir ta progression. On va donc beaucoup discuter et on va utiliser ton journal personnel que tu as eu la gentillesse de partager avec moi comme guide. Je pense que les gens vont vraiment adorer avant qu'on n'aborde ça. On va commencer par parler de notre vol au Nevada la semaine dernière, où Ozone a juste tout balayé. C'était assez cool. Mais je voulais aussi donner au public une petite version de ton CV, en quelque sorte, sur ta vie de parapente, parce que tu n'es pas dans ça depuis très longtemps et que tu pars concourir au plus grand d'entre eux.
C'est, vous savez, c'est le grand rendez-vous.
Tout d'abord, merci de m'accueillir ici, Gavin. J'ai l'impression d'avoir appris la moitié de ce que je sais dans ce sport grâce à Cloudbase Mayhem, alors je suis honoré d'être avec vous. Super. Ouais, mais j'ai appris à piloter en 2013, vers cette période de l'année. Je suppose que ça fait six ans. Ouais. Enfin, ça fait environ cinq ans et demi que je vole. J'ai parlé à Mike Fow, un pilote local ici, qui m'a orienté vers Super Fly, j'ai appris à piloter au pied de la montagne, puis je suis remonté en Iowa. Et j'étais assez occupé sur la rivière, c'était aussi au moment où je me lançais dans l'achat de cette entreprise d'équipement. Il y a eu beaucoup de changements de vie à cette époque et je n'ai pas pu trop me concentrer sur le vol tout de suite, mais j'ai beaucoup volé seul là-haut à Salmon, en fait, durant les deux premières années où j'avais mon P2.
Et, euh, j'ai pu passer plus de temps ici à voler durant les étés. Euh, Mike Fow a encore été mon premier mentor ici. Euh. Euh, il m'a beaucoup appris. Et puis, euh, j'ai enfin commencé à faire quelques vrais vols XC dans notre magnifique région du centre de l'Idaho. Et, euh, ouais, ça a été une aventure de dingue depuis.
C'est assez unique parce que, tu sais, ton boulot, ton entreprise d'équipement et d'activités sur la Middle Fork, ça tombe en plein cœur de notre saison. Donc, tu es la personne que je dois voir tous les jours au printemps. Parce que tu es super motivé, parce que tu sais que tu vas sur la rivière. Et on a eu une discussion l'autre jour sur la façon dont on fait monter en compétence les nouveaux venus. Parce que ce n'est pas l'endroit le plus facile pour apprendre à piloter. Et cet endroit est, surtout en été, pour ne pas te mettre sur la place publique, mais qu'est-ce que tu penses être, dans ta propre personnalité et ton rapport au risque, qui t'a permis d'apprendre ici ? Parce que ce n'est pas, tu sais, je ne recommanderais pas à la plupart des gens d'apprendre ici. Il faut une personnalité particulière pour pouvoir...
Se débattre avec la force des conditions qu'on a ici.
Ouais. Je, je ne sais pas. Peut-être que j'ai pris plus de risques que ce qui est conseillé au début de mon vol thermique quand j'étais à Salmon. Et quand j'étais ici en train d'apprendre à voler, souvent seul, je ne pense pas que je l'ai fait. Mais c'est, ouais, c'est une question difficile. Comment rendre accessible une zone qui est connue pour ses courants d'air importants ? Et on n'en a pas vraiment beaucoup non plus. Ouais. Ce n'est pas un endroit constant. On n'a pas des journées de vol tous les jours, donc on doit en profiter quand elles sont bonnes. Mais je ne sais pas. Pour moi, c'était un peu une bénédiction et une malédiction de ne pas pouvoir vraiment avoir chaque journée d'été disponible pour voler, surtout quand j'apprenais. Ça m'a un peu forcé à aller à Valle, à Columbia et dans d'autres endroits.
Euh, peut-être que j'aurais pu découvrir plus tôt cet autre univers du parapente que si j'avais pu voler. Je veux dire, j'apprenais à voler. J'apprenais à voler, vous savez, pendant ces deux ou trois premières années où j'apprenais. Mais d'un autre côté, je sais que j'ai raté beaucoup de super vols ici, donc je ne sais pas trop. Mais oui, pour ce qui est de rendre la zone accessible, je pense que les gens doivent juste venir et s'y tenir. Et il y a, je veux dire, je n'aurais pas pu demander de meilleurs mentors. Vous savez, il y a des pilotes incroyables ici pour vous enseigner tout ce dont vous avez besoin, vraiment. Il suffit donc d'y consacrer du temps.
Je crois que cinq des dix athlètes américains ayant participé à l'X-Alps dans l'histoire de la course venaient d'ici, ou du moins s'y sont forgés s'ils n'en étaient pas originaires. Mais, vous savez, Hansa, Mitch, Nate, bien sûr, était le premier. Est-ce que c'est le lieu ? Ou est-ce que ce sont les gens ?
Hmm. Je pense que ce sont les gens. Je veux dire, je pense que c'est définitivement... je pense qu'on a, vous savez, le décollage de Baldy en utilisant Sun Valley, et ça a un nom. Et je pense que ça attire de super pilotes ici. Je ne dois pas tout à Sun Valley pour que ces pilotes incroyables dont vous avez parlé, qui ont fait le X-Alps et d'autres vols incroyables, apprennent nécessairement ici quelque chose qu'ils n'apprendraient pas ailleurs. Je pense que c'est juste un endroit vraiment magnifique et ça attire des gens passionnés.
Je ne sais pas si j'ai mentionné Hansa, mais il aurait dû le faire cinq fois dans les X-Alps. Quel lunatique. Et moi aussi, j'y vais. Donc, oui. Parce qu'on est tous des lunatiques. Passons à Nevada. On a eu une journée assez spéciale. Toi, moi et Cody. Donc l'équipe USA est partie à Nevada pour cette grande mission et, et ça a marché. Tu as fait ton record personnel. Tu as écrit de manière très poétique et magnifique à ce sujet dans ton, dans ton, dans ton blog ici. Parle-moi de ce jour-là et de ce qui était, de ce qui était spécial pour toi.
Ouais, le plus spécial. Eh bien, d'abord, comme d'habitude, j'ai fini par voler seul pendant la majeure partie du trajet, comme on le fait quand on voit les gars plus rapides s'éloigner au loin. Mais, ouais, c'était vraiment un vol spécial. Je me suis lancé dans le Nevada à quelques reprises et c'est toujours incroyable quand ça marche. Je pense qu'une chose que j'ai apprise après ce vol, c'est qu'il est tellement important dans ce sport d'avoir confiance en soi pour se mettre au bon endroit au bon moment. Ça veut dire regarder les prévisions, et Cody nous a tellement bien préparés pour ça. J'avais un petit doute sur ce décollage, mais si vous vous mettez au bon endroit au bon moment par rapport aux conditions, vous utilisez un léger avantage pour vous mettre en position de réussite.
Et c'est ce qui s'est passé avec ce vol. Vous savez, il me semble que tous mes, je suppose, records personnels — pas forcément les plus longs, mais mes meilleurs vols — ont été, euh, vous savez, certains des vols les plus faciles, même si rester longtemps en l'air n'est pas toujours simple. Parfois, c'est difficile de juste continuer à avancer à certains moments, mais oui, je pense que c'était vraiment, vraiment une journée incroyable. L'une des choses les plus cool pour moi dans ce vol, c'est que, vous savez, j'ai regardé le ciel du Nevada depuis le sol tellement de fois en me disant : "Mon Dieu, ce serait tellement génial. À quoi ça ressemblerait de survoler toute cette zone ?" Et en étant sur la route 50, juste à regarder ces ciels bouillonnants, puis avoir enfin pu le faire, vous savez, et voir la ville, voir Austin Eureka. Et avoir Ely qui apparaissait à la fin de ce vol était vraiment spécial.
J'ai été bluffé par... je veux dire, j'ai traversé le Nevada tellement de fois que j'ai oublié. Et j'habitais à Lake Tahoe. Enfin, j'ai vécu au Nevada une bonne partie de ma vie. Et, vous savez, chaque fois que je traverse le Nevada, je me dis toujours : "Jésus, il n'y a rien ici." Je veux dire, ça me donne beaucoup d'espoir pour notre société. Il n'y a rien, il n'y a rien là-bas. Mais le voir sous cet angle, c'était genre : "Wow, il n'y a vraiment rien ici." Juste à sauter de montagne en montagne toute la journée. Et là, vous savez, il n'y a rien. À un moment donné, je me suis dit : "Oh mon Dieu, il y a un ours là-bas." C'était une vache, vous savez, mais enfin, c'est à peu près ça.
Les vaches, les vaches me font plus peur que les ours.
Elles aiment nos ailes.
trop.
Vous savez,
l'une des
les trucs les plus cool quand on s'entraîne pour ces courses, comme le X-Alps et le X-Piers, c'est que tu te mets dans un état d'esprit différent, et Karel en a parlé l'autre jour aussi. Tu arrêtes de te dire : « Oh mon Dieu, ça va me prendre six heures pour sortir de là si j'atterris ». Et tu commences à te dire : « Je suis un dieu. J'ai de la nourriture, je suis prêt. Et ça va être une super petite marche pour sortir quand j'atterrirai là-bas. » Et au final, tu n'atterris pas là-bas parce que tu as la confiance nécessaire pour aller là où tu dois aller.
C'est, c'est vraiment puissant. Je pense que, oui, j'ai appris ça en Australie en m'entraînant pour la course de 2015. On faisait du remorquage en terrain plat. Je veux dire, selon la direction du vent là-bas, on finit parfois par voler très loin et si on atterrit trop tôt, on peut vraiment se retrouver dans un endroit sans aucune ombre. Et il fait bien plus de quarante degrés. Vous voyez, c'est assez intense. Mais si vous suivez les routes, vous n'allez pas y arriver. Il faut abandonner ça. Et c'est, oui, il y a une réelle forme d'autosuffisance dans tout ça, il faut vraiment quitter les routes. Je pense que c'est simplement le cas pour réussir dans ce sport. Ouais. Alors, parlez-moi de ce journal.
Ça fait combien de temps que tu le fais ? D'une certaine manière, je trouve que c'est très opportuniste. Côté timing, je viens de faire une critique du livre de Maxine Bellman qui vient de sortir, "Performance Flying for Cross Country". Et l'une des premières choses qu'il recommandait était vraiment orienté vers le vol en compétition. Mais tu sais, tu atterris, tu sors ton journal de ton cockpit et tu l'écris, et au lieu de balancer ton casque et de donner des coups de pied dans tes affaires, de m'énerver et de finir ivre le soir, tu sais, tu écris à ce sujet, tu en tires des leçons. Et, tu sais, je pense que les bienfaits de la tenue d'un journal sont bien prouvés à ce stade. Mais quelle a été ton inspiration ? As-tu toujours été un écrivain ? Est-ce que, je veux dire, je n'ai jamais...
Je n'ai jamais vraiment tenu de journal, j'ai commencé mon journal de vie, pas lié au parapente, en même temps que celui-ci. Et je suppose que ça fait, je ne sais pas, trois ans environ que je prends des notes. La raison pour laquelle je le fais, je pense que c'est peut-être parce que si je n'écrivais pas certaines de ces choses pour me les sortir de la tête, je ne pourrais pas dormir. Je ne pourrais jamais me détendre. Donc c'est juste un mécanisme de défense.
Mais enfin, oui, il y a des choses, vous savez, et j'aime faire de mon mieux pour m'améliorer dans les domaines auxquels je consacre mon temps. C'est probablement lié à cette phase de ma vie où je réalise à quel point le temps file. Et je veux faire quelque chose pour ça. Mais, vous savez, c'est aussi assez particulier parce que j'écris tout ça, j'écris tout ce que je pense devoir faire pour m'améliorer, et puis je réalise qu'on ne peut pas vraiment s'attacher à quoi que ce soit si on veut vraiment progresser. Vous savez, c'est bien de prendre ces notes et d'en apprendre, et elles s'appliquent dans certains cas, mais vraiment, pour maîtriser quoi que ce soit, il faut savoir le connaître, puis le mettre de côté et savoir quand s'y référer.
Et donc, oui. Avoir un journal m'aide à faire ça.
Est-ce que tu as un genre de planning pour y retourner ou est-ce que tu y retournes juste quand tu en as besoin ?
Non, pas vraiment. Non, c'est surtout que j'y retourne occasionnellement s'il y a, vous savez, une information dedans que je sais être sans rapport avec ce que je veux savoir à ce moment-là. Mais, vous savez, je m'y réfère pour des infos, mais d'habitude, c'est juste une ressource pour noter des choses, pas pour en ressortir. Si vous voyez ce que je veux dire.
Ouais. Est-ce que tu attribues le fait d'avoir progressé si vite, en, en, tu sais, pas en beaucoup d'années, à... et comme tu l'as dit, parce que ton boulot t'empêche de voler pendant une bonne partie de l'été. Est-ce que tu attribues une partie de ça à... est-ce que ça fait partie de ton, de ton puzzle ? Est-ce que ça fait partie de ta réussite ?
Probablement. Je ne sais pas. J'ai du mal à... Ouais, je suppose que je peux accepter que ma progression dans l'apprentissage ait été accélérée par moments par rapport à celle des autres, mais je pense que c'est juste que j'aime ça, j'aime vraiment ça. Je ne sais pas quelle part de ce journal est liée à ma progression réelle, mais je suis sûr que certaines informations qui s'y trouvent sont liées. Ça n'a peut-être pas du tout répondu à votre question.
Non, si, ça le fait. Je veux dire, quand je le lis, je... parce que je te connais et j'ai beaucoup volé avec toi, je vois une tension similaire dans ce flux, une tension chez toi que je pense beaucoup d'entre nous ressentent en parapente, tu sais, cette passion et ce désir incroyables et, mon Dieu, ça te met parfois à rude épreuve. Et c'est, tu sais, et j'apprécie que tu le notes et que tu essaies d'en tirer des leçons. Il y a des moments de clarté et puis il y a des moments de brouillard.
Mm-hmm. Il y a carrément des moments de brouillard. Ce sont les, on aime bien les moments de brouillard. Je
des moments nuageux, ouais.
Ce n'est pas trop de nuages. Alors, allons-y. Non, je vois ce que tu veux dire, mais, euh, ouais, continue.
Eh bien, je... enfin, oui, je ne posais pas vraiment une question. C'était plutôt, je pense, je trouve ce que vous faites ici vraiment précieux. Et je pense que c'est, vous savez, le point clé. Avant même d'entrer dans le vif du sujet, ce qu'on va faire, le point clé c'est que je pense que nous, en tant que pilotes, devrions faire ça. C'est ce que je me suis dit en lisant ça : « Oh, combien de choses ai-je ratées ? » Parce que je ne les ai pas notées ou, vous savez, parce que j'ai essayé de faire beaucoup mieux pour ne pas paniquer quand on se fait sortir du vol, mais juste, « Oh, qu'est-ce qui s'est passé là ? Qu'est-ce qui se passait ? » Ça nous est arrivé l'autre jour, vous savez ? Alors au lieu de ranger mon équipement, je suis resté assis un moment. Je me suis dit : « Qu'est-ce que j'aurais pu faire différemment ici ? » Et, vous savez, quoi ? Est-ce que j'ai fait une erreur ? Était-ce juste la journée ? C'était, vous savez, quoi ?
Alors, oui.
Ouais. Et une grande partie de tout ce processus d'écriture dans le journal, pour moi, c'est de comprendre pourquoi on fait ça. Je veux dire, c'est vraiment fun. C'est le truc le plus cool que j'aie jamais fait de ma vie. Faire du parapente et être à 18 000 pieds sous un nuage en parapente, mais, en gros, rien du tout. Mais c'est dangereux. On prend des risques avec nos vies et je sais qu'il est difficile de dire exactement quel est le rapport risque-récompense, et c'est différent pour chaque personne à chaque instant, mais se débattre un peu avec le risque que tout cela comporte, c'est une grande partie de la raison pour laquelle je garde ces notes. J'ai l'impression que je serais perdu dans cet aspect de l'expérience sans écrire une partie de tout ça.
Ouais, ça fait aussi partie du truc.
Alors, je vais vous poser la question la plus difficile de tout ça. Pourquoi ?
Je ne sais pas. Enfin, évidemment, c'est vraiment amusant et ça en vaut la peine. Mais oui, pourquoi faire quelque chose qui peut parfois être dangereux et que certaines personnes que vous respectez comme des pilotes qualifiés ont fini par faire en mourant ? Je pense que c'est nécessaire pour une sorte de santé psychologique, dans une certaine mesure, de faire des trucs vraiment amusants et un peu extrêmes. Pour certaines personnes, elles n'ont pas besoin du parapente. Pour d'autres, si.
Hmm. Pourquoi est-ce que certains d'entre nous le font ?
Je ne sais pas. Je n'en ai aucune idée. J'ai toujours soupçonné que plus de gens devraient faire du parapente parce que c'est tellement amusant, mais je ne suis pas sûr. Je n'ai pas vraiment, je veux dire, dans ce journal, j'ai avancé pas mal de théories, mais aucune ne répond vraiment à cette question. Une partie du plaisir est liée aux risques, au risque que nous prenons. Je ne sais pas, je pense que pour être honnête, je pense que certaines personnes ont besoin d'être un peu plus proches de la mort, pour une sorte de clarté sur la vie. Et ça peut être une partie de ça, mais vous savez, il est possible que nous soyons juste un peu stupides et qu'on aime vraiment faire des trucs super amusants sans vraiment calculer correctement le rapport risque-récompense.
On est doués pour le calculer, mais on ne le fait pas correctement, ou on n'en est pas conscients. Alors je ne sais pas, c'est une question vraiment difficile, mais
je pense
C'est quelque chose que nous devrions au moins réfléchir et essayer de comprendre, et si quelqu'un a une réponse pour lui-même, c'est génial. Et moi, je ne sais pas si je l'ai pour moi, mais je n'arrive juste pas à le mettre en mots, mais c'est évidemment une partie de ce que nous faisons, de ce que
Est-ce que Cat pense à tes vols, puis à X-Pyr et maintenant à Xops ? Elle est
elle est super emballée par tout ça, et je pense que je suis assez ouvert et honnête avec elle sur le fait que, oui, il y a des moments où c'est dangereux et je le sais, et je pense que je crois savoir quand je prends des risques et quand je n'en prends pas, et vous savez, ces risques ne représentent qu'un pour cent du temps, mais non, elle est vraiment solidaire, vraiment fière de moi, et elle a fait beaucoup de choses risquées dans sa vie aussi, comme ses longues chevauchées à cheval en solo à travers l'Ouest et tout ça, qui sont sans doute plus risquées que notre parapente, mais oui, si
Tu as peur des chevaux autant que moi, alors ? Carrément, je suis bien plus terrifié à l'idée de faire ce qu'elle fait. C'est intéressant qu'elle soit...
Vous savez, moi, j'ai plus peur des chevaux parce qu'ils ne sont pas prévisibles, mais pour elle, les chevaux sont plus prévisibles que de piloter un parapente dans des conditions dynamiques. Ouais, c'est intéressant. Ouais,
C'est super intéressant, d'accord. On va juste en aborder quelques-unes parce qu'elles sont vraiment géniales et on ne pourra pas toutes les voir, mais l'une des premières choses que tu as apprises vient d'un ami qui m'a aussi enseigné, les mots de Christina Croce qu'il ne faut jamais oublier, ouais.
Je ne sais même pas si j'ai... alors, il m'a dit une fois, et je pense que c'était après que j'ai obtenu mon P2, peut-être quand j'étais là-bas pour un cours de manœuvres ou quelque chose comme ça. C'était assez tard dans ma première phase d'apprentissage du parapente, mais bien avant que je ne sois, tu sais, proche du niveau intermédiaire, mais il m'a dit : « Ne sois jamais, tu sais, ne sois pas toujours impatient pour un sledder. Ne te sens pas mal si tu ne fais pas juste décoller d'une montagne. » Je ne m'en souviens plus, je suis sûr qu'il l'a dit de façon beaucoup plus intelligente que je ne m'en rappelle, et j'espère que je ne déforme pas tes paroles, Chris, mais, tu sais, en gros, sois toujours impatient pour un sledder. Tu n'as pas besoin d'avoir un super vol, tu sais, pour qualifier un bon vol, et tu sais, j'utilise ça comme un moyen de faire le point avec moi-même.
Et je ne vais pas le faire moi-même si je suis, si je suis à fond pour une longue journée de cross-country et que tout mon matériel est prêt. Vous savez, ça demande un effort de préparer tout le kit à chaque fois qu'on va faire du parapente, alors je fais le point avec moi-même et je me dis : « Hé, si j'allais juste là-haut pour un sledder, et que j'allais juste monter, décoller de Baldy Land au niveau de la rivière et du parking, et rentrer chez moi, est-ce que je serais motivé aujourd'hui ? » Et il y a des jours où je ne le serais peut-être pas, et ça... ça ne veut pas forcément dire que je n'irais pas voler, mais c'est une façon, c'est une métrique que j'utilise pour faire le point avec moi-même et voir où j'en suis en termes de motivation, vraiment.
Tu as pensé à ça par rapport à la course, par rapport à ce qui arrive ? Parce que, tu sais, l'autre jour, tu te dis : « Ouais, je ne le sens pas », et on a tous ces jours-là. Et je crois, j'espère, que je suis devenu bien meilleur pour écouter ça. Il y a des moments maintenant où je me dis : « Je suis en l'air, ça ne me branche pas », et je vais juste atterrir dans un bon endroit. Enfin, tu sais, on ne peut pas vraiment faire ça pendant la course. Est-ce que tu as pensé à... est-ce que ça va arriver ? Tu penses que ça pourrait, ou...
le X-Pyr qui n'a jamais eu lieu. C'est un peu comme, tu sais, j'étais juste... tu es tellement enthousiaste. J'étais tellement enthousiaste tout le temps, et j'ai fait beaucoup de sledders, et j'étais ravi de faire juste les sledders en sachant que ce n'étaient pas des conditions de cross country, mais tu sais, il fallait juste monter et voler. Tu sais, c'est un peu comme tout, tu sais, s'entraîner pour une course à pied ou quelque chose comme ça. On ne se sent pas toujours bien à l'entraînement ; on ne se sent pas toujours bien à l'entraînement, mais quand on arrive à la course, c'est une condition différente. C'est différent. On ne s'entraîne pas. Il y a quelque chose de différent. Alors, ouais, je ne pense pas que ça va être un problème aux XL's.
Est-ce qu'il y a eu quoi que ce soit qui t'a posé problème ces neuf derniers mois ? Et on est sur la même ligne, on a le même entraîneur, Ben Abruzzo. Un petit salut à toi, espèce de malade, pour nous mettre la pression tout le temps. Mais ouais, il est incroyable. Non, ça a été génial. Et on est sur un programme très similaire. Mais alors, c'est quoi... c'est quoi le truc qui a été le plus dur pour préparer les XL ? Le
Le plus dur, c'était, oh mon Dieu, c'est pour ça que j'ai un soutien aussi génial, un grand merci à Rob Curran. Le plus dur, c'était juste quand j'ai appris que j'avais été accepté. Quand j'ai postulé, je me suis dit que je n'aurais évidemment pas postulé si je n'avais pas pensé qu'ils avaient une chance de m'accepter, mais j'ai été choqué, c'est sûr. Il m'a fallu un peu de temps pour assimiler, probablement un mois environ, pour me demander : qu'est-ce que je viens de m'engager à faire ? Je savais que j'allais aimer ça, que je serais ravi de l'entraînement, que je serais ravi de me présenter et de faire de mon mieux, mais j'ai réalisé que le plus dur pour moi, c'était de lutter avec l'idée de la réussite. C'était une leçon sur l'absence de réussite. Je me préparais au fait que non seulement c'est mille kilomètres à travers les Alpes, mais que je m'imposais aussi une sorte de pression de réussite, sur moi-même.
Donc, le fait de mettre ça au clair et de trouver mes propres...
réussite, vous voulez dire les résultats, mais oui.
tout finit par être juste une question de résultats
Vous savez, se concentrer sur l'aspect compétitif plutôt que sur l'expérience, genre essayer de quantifier plutôt que de qualifier l'X-Alps, ouais, essayer de faire de l'importance de la course le centre de la course plutôt que l'expérience. Et c'était probablement la partie la plus difficile au début, trouver ma propre éthique face à une entreprise aussi énorme. Mais là, je me suis définitivement installé dans un état d'esprit et une phase de préparation dont je suis vraiment content. C'est un peu plus axé sur la non-atteinte. Et Honza m'a dit plusieurs fois que l'X-Alps n'est que le plus grand jeu au monde, mais que c'est quand même juste un jeu, vous voyez ?
Et c'est, c'est, euh... Alors oui, définir ce que le X-Alps représente vraiment pour moi, c'était la partie la plus difficile, plus dur que l'entraînement, c'est sûr. En fait, je ne trouve pas l'entraînement trop dur. Le seul moment où c'est difficile, c'est de mettre toutes les heures, je veux dire, il y en a tellement, mais la seule chose qui rend ça difficile, c'est de savoir si j'ai le temps dans mon emploi du temps pour une semaine donnée. Ce n'est pas en fait de se présenter à la manche, oui.
J'ai eu cette... chose intéressante... en 2015, quand j'ai commencé à le faire pour la première fois, je regardais ces entraînements et je me disais : « Mon Dieu, vous savez quoi ? » Et j'ai très vite réalisé que, c'est comme pour le X-Alps, ils se terminent tous. Tout ce que vous avez à faire, ça finit. Peu importe la durée de la partie sur bitume, c'est juste, vous savez, si vous pouvez, si
Il faut décomposer ça, se concentrer juste sur l'étape suivante. Et là, oui, ça va. Et après, tout devient...
C'est tout à fait gérable, d'accord ? Donc, le fait de ne pas atteindre l'objectif et ce que la course représente pour vous, c'est quoi ? Qu'est-ce que vous avez... où en êtes-vous ? Qu'est-ce que ça signifie pour vous ? Et ramenez Rob dans la discussion. Vous avez dit : « Oh oui, eh bien Rob vient juste de lui dire. »
Rob a fait des aventures vraiment cool de son côté. Il était avec moi dans le X-Pyr, et il a juste l'attitude qu'il faut. C'est une énorme partie de ce qu'il apporte à Team USA2 : je ne veux pas dire que c'est décontracté, mais quand ça doit l'être, ça l'est. Je ne veux pas dire que, tu sais, dans le X-Pyr, c'est dur. C'était dur pour moi de savoir quand je devais mettre le paquet et quand je devais lever le pied, et il a une perspective géniale là-dessus. Il est capable de me dire : « Oui, tu vois ça de la bonne manière », ou « Non, ce n'est pas le cas ». Et ouais, je ne sais pas, c'était juste utile de discuter avec lui après avoir appris que j'avais été accepté pour le X-Alps, et après qu'il a dit qu'il était super content de se mettre à la tâche en tant que supporter, pour essayer de comprendre, tu sais, ce que signifie concourir dans le X-Alps.
L'X-Alps est essentiellement la plus grande expérience que j'aie jamais faite de ma vie. C'est une grande expérience pour moi, vous savez, pour voir ce que je suis capable de faire. Et beaucoup des résultats sont là parce que je m'entraîne depuis des mois, vous savez, six mois ou plus, sept mois ou peu importe, pour voir ce que je peux faire avec mon corps. Euh, qu'est-ce que je peux faire ? Donc pour moi, c'est différent parce que ce sera la première fois que je volerai dans les Alpes, donc je dois garder ça en perspective, genre, ça fait partie de l'expérience pour moi, le fait d'arriver dans un environnement totalement nouveau et de voir ce que je peux faire, et ça fait partie de l'expérience. Et euh, évidemment, à quel point je vais m'amuser ? À quel point ça compte, c'est une expérience de solidité mentale, ce qui est encore une fois du "type 2 fun", mais quelque chose que j'ai hâte de tester à fond.
Qu'est-ce que je peux faire avec mon corps ? Je suis dans la meilleure forme de ma vie, donc on voit que l'expérience fonctionne. Je suis vraiment impatient de voir tout ce qui va se passer, mais ouais, c'est juste une expérience à laquelle je me sens super chanceux de pouvoir participer.
As-tu des objectifs spécifiques ?
Je vais à Monaco, mais si je n'y arrive pas, c'est, vous savez, c'est évidemment un objectif énorme en soi. Mes objectifs sont plutôt de faire en sorte que cette expérience fonctionne, vous savez, d'en sortir en ayant appris quelque chose que je veux vraiment apprendre de ces pilotes incroyables. Je veux dire, comment puis-je tirer profit du fait que Chrigel doive décoller avec moi au moins une fois ? Et pour les gars, je veux dire, je n'ai aucun doute sur le fait que je serai au sommet du Geisberg en même temps que Chrigel et certains des meilleurs pilotes au monde. À mon avis, ils doivent décoller avec moi. Qu'est-ce que je peux faire ? Mon objectif est de tirer le meilleur de ce moment, vous savez, voir jusqu'où je peux tenir.
Alors oui, pour apprendre à... un autre objectif, c'est sûr, c'est juste de... Ouais, c'est très peu centré sur la performance pour moi. C'est comme si mon objectif était de voir si je peux mieux me connaître et m'utiliser au mieux de mes capacités, mais en ce qui concerne le classement ou le nombre de kilomètres parcourus sur le tracé, ça n'a pas de sens pour moi de me fixer ces objectifs. Et si ça en a, je ne sais pas comment, ouais.
Je ne pense pas non plus que ça ait du sens. Est-ce qu'il y a quelque chose d'effrayant là-dedans ?
Ouais, genre perdre de la portance et ne pas pouvoir se remettre en l'air quand tous les autres sont encore en l'air, ça, c'est flippant. Perdre le groupe...
Non, je veux dire, le plus dur dans tout ce projet pour moi, c'est de devoir quitter le travail pendant la période la plus chargée de l'année, ce qui n'a évidemment rien à voir avec Xops, je pense. Juste le fait d'être là-bas, tout ce qui l'implique va être vraiment génial, difficile, un vrai défi, c'est sûr. Mais, ouais, raconte.
parle-moi de ta théorie des trois couches pour le parapente, d'accord ?
C'était à propos de... je m'intéresse pour une raison quelconque à comprendre quels autres sports ou expériences de ma vie ressemblent au parapente, et évidemment aucun autre sport ne ressemble au parapente à part peut-être le deltaplane, mais alors, j'ai élaboré une notion en trois couches de ce que nous faisons là-haut. Et si vous prenez un peu de recul, si vous imaginez ces couches comme un entonnoir, la couche supérieure la plus grande est, je pense, la plus proche d'une grande partie d'échecs, parce que la plupart du temps, ce que nous faisons, les choses les plus importantes que nous faisons, ce sont des prises de décision. Nous faisons simplement des décisions étape par étape, et parfois vous vous retrouvez au milieu d'une partie d'échecs ; ce n'est pas comme si vous jouiez la partie depuis le début, parfois vous jouez la partie d'échecs depuis le tout début si les conditions restent les mêmes et que vous êtes sur le même terrain, etc.
Mais en réalité, ce qu'on fait, c'est qu'on prend des décisions, et ce qu'on fait, c'est juste regarder un échiquier et faire le meilleur coup possible selon nos capacités. La deuxième couche, pour moi, c'est que j'ai grandi en faisant de la voile, en faisant des courses en dériveurs, des petits bateaux comme des Lasers et des 420, et je pense que c'est très, très similaire à l'échelle de stratégie dans les courses de petits bateaux.
Souvent, ces courses durent une heure, deux, trois heures environ. Ça dépend des conditions, tout comme en compétition de parapente. Vous traversez différentes conditions, surtout avec le vent, et le vent change, vous lisez la météo et, en gros, vous décomposez vos grandes décisions pour les traduire concrètement sur le terrain. Vous êtes toujours en train de déplacer ce pion d'échecs, ça fait partie du sport. Vous savez, entrer dans une thermique est une action active même après avoir décidé de le faire. Et puis, à l'échelle la plus petite, je pense que c'est beaucoup comme les sports de flux dynamiques comme le surf, le ski hors-piste ou la navigation, où à chaque instant nous sommes en vitesse, pas des vitesses très élevées évidemment par rapport à d'autres sports de compétition, mais nous sommes en vitesse et nous manipulons activement notre embarcation et,
Vous savez, c'est un peu comme le surf qui est intéressant parce que la vague elle-même sur laquelle vous glissez est en mouvement, et c'est très similaire au parapente. Et en parapente, on grimpe des montagnes d'air pour ensuite descendre de l'autre côté, sauf que toute la montagne est en mouvement tout le temps, vous voyez ? Donc c'est — c'est évidemment quelque chose de très actif. Donc oui, ce sont un peu — c'est un peu ma façon de voir les choses en trois couches, mais je pense que c'est une façon de comprendre ce qu'est le parapente en tant que sport par rapport à mes autres expériences de vie.
Pourquoi penses-tu avoir été attiré par ça en 2013 ? Est-ce que c'était quelque chose que tu voulais faire ? Et quel âge avais-tu à ce moment-là ? La fin de la vingtaine ?
Ouais, j'avais genre la vingtaine.
Eh bien, j'avais complètement oublié ça jusqu'à environ un an après avoir commencé le parapente, mais j'ai fait un vol en tandem quand j'avais genre 19 ans. Je voyageais en Amérique du Sud, j'étais seul et je faisais juste des trucs. J'étais en Équateur et ce gars, tu sais, j'ai vu un panneau pour le parapente. Je me suis dit : « Ça a l'air cool ». Je me suis inscrit. Je l'ai fait. Et je me suis dit : « Mon Dieu, je ne referai jamais ça. C'était terrifiant. »
Tu sais, j'avais juste la nausée tout le long, je tournais en rond avec les forces G. Ouais. Genre, mon petit corps fragile. Et je me disais : non, ça va, plus jamais. J'avais complètement oublié ça, jusqu'à quelques années après avoir commencé à apprendre le parapente, bien plus tard. Mais pour répondre à ta question, oui, je me souviens du moment où je me suis dit : je devrais faire du parapente. J'étais sur le télésiège à Baldy. Je coachais de la course en ski à l'époque, et j'ai juste levé les yeux et j'ai vu, qui sait, peut-être toi, peut-être Carell, quelqu'un qui s'envolait depuis Baldy. Ouais. Ouais. Ouais. J'étais probablement un gars de speed wing. Je ne m'en rappelle même pas, tu sais, je n'étais pas capable de reconnaître ce qui était quoi à ce moment-là. Et je me disais juste : je ne pourrais jamais faire ça.
Et puis, à la fin de la remontée en télésiège, je me suis dit que je pourrais carrément le faire. Et je pense que c'est ce jour-là que j'ai appelé Mike Pfau, que je connaissais par d'autres moyens, et j'ai lancé le projet.
Hein. C'est la loi de la nature.
Tu as ce truc vraiment cool, ce n'est pas une citation, mais c'est ça. Une entrée intitulée « la marée du corps ». Parle-moi de la marée du corps.
Oh, oui. Le corps à marée, c'est un peu ma façon de me sentir bien face à la manière agaçante dont, particulièrement dans l'entraînement physique, mais aussi très pertinent, je pense, pour l'apprentissage avec notre esprit, nous progressons. La façon dont on accélère, dont on stagne, dont on régresser, dont on dépasse ses limites. Parfois, ça a des conséquences négatives. Et aussi la façon dont on peut avoir une progression d'apprentissage efficace et efficiente, si on arrive à trouver la bonne courbe. Mais la marée, c'est un peu, surtout en s'entraînant pour le X-Pyr et le X-helps, j'ai remarqué que parfois je me sens comme le roi du monde et, vous savez, je n'ai jamais soulevé plus lourd ou quoi que ce soit, ou jamais fait le tour de Baldy deux fois en me sentant comme un roi capable de continuer toute la journée.
Et puis d'autres fois, j'ai l'impression que je ne vais jamais réussir à gravir Baldy, vous voyez, et c'est juste la nature de l'entraînement. C'est là que j'ai essayé de faire un point et d'être curieux de comprendre comment ça fonctionne. Parce que bien sûr, tout ça, je me suis considéré comme un athlète la majeure partie de ma vie avec la course de ski et d'autres choses, mais ces dernières années avec le X-Pyr, la course à pied et le X-helps, c'est la première fois que je m'entraîne vraiment pour de l'entraînement pur. C'est ce que j'appellerais des activités d'endurance. Donc, c'est juste une façon de comprendre comment nos corps réagissent au stress, mais c'est aussi,
c'est aussi, je veux dire, lié à l'esprit, mais c'est un peu trop distant, genre le corps et l'esprit sont, je pense, plus que juste connectés. Ça se passe en même temps. Et, à mesure que j'apprends, j'ai remarqué que, vous savez, en parapente, je sais quand je, surtout quand j'apprends de nouvelles choses et peut-être plus tôt dans mon apprentissage, j'ai réalisé des moments où j'ai trop forcé. Et, et ça a peut-être causé une augmentation de la peur ou du doute ou, ou genre une hyper-conscience de la performance, ce qui est mauvais. Et, et comment ça vous freine. Et il y a, il faut aller doucement pour aller vite. Il faut prendre son temps et, et juste remarquer quand on progresse et, et être à l'écoute du rythme de son corps et non, et savoir que ça arrive plutôt que de, vous savez, juste en être la victime.
Est-ce que tu as des mantras ou des choses auxquelles tu reviens, que tu as identifiées soit via le journal, soit en volant, et que tu essaies de gérer ou de corriger avant la course ? Est-ce que tu as, est-ce que tu as des trucs comme mon...
mon mantra pour le X-Alps, est-ce que c'est pour tout le reste pour accomplir quoi que ce soit de difficile ? Ça demande des petits pas, mais pour accomplir le X-Alps, ça demande des petites étapes progressives.
C'est ma, c'est ma devise pour la course. Ouais. Mais je ne sais pas pour la vraie vie. Ouais. Je vais être personnel ici, mais mon mantra personnel, c'est un peu pour ça que j'ai intitulé mon, pourquoi j'ai intitulé mon blog « Plus tu montes, mais avec un esprit vide », plus tu montes, parce que je pense que particulièrement en parapente, on a tendance à remplir nos cerveaux avec tellement d'informations que c'est accablant. Et la plupart du temps, on a trop de choses à gérer pour se concentrer, vous voyez ce que je veux dire ? N'importe qui, n'importe qui qui pratique le parapente depuis un moment peut s'asseoir et en parler. Et on peut vraiment parler de parapente pendant des jours entiers, vous savez, il y a tellement de choses dans nos cerveaux. Le grand défi pour moi, c'est juste de prendre du recul, de simplifier tout ça et d'essayer d'avoir un esprit vide et juste de se concentrer sur les choses pertinentes quand, quand elles sont pertinentes.
Et ça te permet de monter plus haut.
Quel entraînement mental as-tu fait au cours des sept derniers mois ?
eh bien, j'ai fait plus de méditation que je n'en ai jamais fait de ma vie, ce qui est vraiment important je pense. Je ne peux pas vraiment m'étendre là-dessus et expliquer pourquoi, parce que je ne sais pas pourquoi, mais c'est une approche intéressante et je pense que c'est vraiment bon pour l'entraînement. J'ai remarqué que la pleine conscience en général est très utile pour les parties les plus longues et les plus dures de l'entraînement physique, vous savez, comme les longues marches sur la route, d'une ennui atroce, ça rend plus facile de comprendre ce qui est atroce, pourquoi ça arrive, mais bon, je suppose que ça concerne surtout l'entraînement physique plutôt que le vol, enfin, aussi pour le vol, oui.
C'est assez mental. Ouais, je pense que les longues randonnées sur la route sont ce qu'il y a de plus mental qui soit. Ouais.
Ouais, enfin, la pleine conscience en général m'aide énormément parce que, par exemple, en repensant à ce vol au Nevada, je pense que j'aurais pu continuer à voler. Je sais qu'une fois atterri, je ne voulais pas être au sol. Évidemment, j'étais super content de ce vol, on a toujours envie d'aller plus loin, mais aussi, quelque part au plus profond de soi, en dessous de ce dont on a conscience parfois, au moins pour moi, je pense qu'il y a un interrupteur genre « je ne veux plus être en l'air », et être conscient de ça est la seule façon de remettre cet interrupteur sur « on », si vous voyez ce que je veux dire. Je pense que, genre, l'endurance mentale qu'on a en l'air, pour moi, c'est quand j'atteins cinq ou six heures, je dois être très conscient de...
ce que mon système nerveux me dit vraiment, et parfois, idéalement, réussir à passer outre.
Tu as trouvé des astuces pour ça ? Tu en as trouvé ? Ou, ou n'importe quoi, tu sais, genre... Pour moi, une grande partie, c'était juste la nourriture, ouais, l'eau, tu vois, genre, ouais, c'est sûr. On se sent tellement bien qu'on oublie de manger, et puis je me posais et je me rendais compte que j'étais complètement déconnecté, tu vois ? Je veux dire, j'avais la faim depuis quatre heures et je tenais juste grâce à l'adrénaline, ouais.
me forcer à manger, juste, vous savez, en l'air, mais c'est aussi important dans la vie en général, mais oui, surtout en l'air
Euh, enfin, je ne sais pas. Ouais, il y a le côté nourriture et nutrition qui rend clairement plus difficile pour le système nerveux de continuer. Il y a deux autres choses que j'ai essayé d'aborder, dans mon propre esprit quand je vole. L'une d'elles, c'est de prendre moins de décisions. Je pense qu'on se fatigue si on en prend trop. Si on est en train de monter dans cette superbe thermique et que ça continue, continue, continue, et qu'on pense aux prochains mouvements, j'ai en fait essayé d'expérimenter le fait de ne pas prendre ces décisions, juste d'observer, parce que je pense que chaque fois qu'on prend une décision, on utilise de l'énergie, et je ne pense pas qu'on en utilise quand on se contente d'observer. Il y a le fait de regarder le ciel, à chaque tour, jeter un coup d'œil au nuage, faire un autre tour, regarder à nouveau le nuage, et laisser son esprit se reposer, et juste, vous savez, ne pas s'épuiser.
Tout va bien, on monte, c'est une super thermique. Et puis, quand on arrive en haut et qu'on a toutes les données, les observations dont j'ai besoin, c'est quand j'essaie de prendre ma décision. Évidemment, dans certaines situations, il faut réfléchir à plus que le dernier virage pour décider où l'on va ; d'autres fois, on rentre dans la thermique et on sait déjà ce qu'on va faire quand on arrivera en haut. Alors ne pensez pas du tout à ça. Ne prenez pas cette décision 25 fois dans votre tête, comme si vous la preniez de manière maniaque. Je pense que ça nous fatigue tout au long de la journée.
Ouais, je veux dire, le cerveau est ce qui consomme le plus d'énergie, non ?
Carrément, grave.
J'ai ce problème : mes plus grands vols, évidemment, beaucoup de mes meilleurs vols ont une distance comme toutes les nôtres, vous voyez ? Je veux dire, j'ai eu une session de vol en plané en soirée ce jour-là, après qu'on ait raté notre vol l'autre jour. C'était tout aussi magique que n'importe quel vol que j'ai jamais fait. On a
mes records personnels et mes plus longues distances, n'est-ce pas ?
Mais mes, tu sais, mes plus grands souvenirs, comme le grand vol que j'ai fait en 2015 qui m'a fait progresser, tu sais, j'ai dépassé plein de gens ce jour-là. J'étais totalement seul et j'ai pris une trajectoire complètement, complètement la mienne, tu vois ? Mon record ici il y a toutes ces années, il n'y avait personne avec moi. Tu sais, je reconnais dans les compétitions qu'on ne peut tout simplement pas quitter le groupe. C'est tellement risqué de faire des trucs tout seul. Tu as, tu sais, mais c'est une autre paire de manches. Genre, comment est-ce que tu gères ça ? Parce que pour moi, c'est presque comme lutter contre un démon. C'est juste que quand je suis là-haut, tout seul, c'est tellement plus facile de prendre moins de décisions.
C'est plus facile de se lancer, de simplement le faire et de se laisser porter par le flux. Mais même quand on a volé l'autre jour, je me remettais en question sur tout ce que je faisais. Il est sur une meilleure trajectoire. Je ne monte pas aussi bien. Je suis par ici. Pourquoi suis-je venu par ici ? Lui est allé là-bas. J'aurais dû être là-bas. Tu vois, ça commence comme ça, c'est plus difficile de suivre son intuition. Tu as des réflexions intéressantes sur l'intuition. J'ai...
Pour répondre à ta question, il y a deux choses qui me viennent à l'esprit. D'abord, je me considère comme un débutant complet en comp, donc je ne sais pas quelle est la meilleure façon de trouver l'équilibre entre, tu sais, rester juste derrière le gars à côté de toi et les 10 autres pilotes qui sont dans le groupe, ou prendre ta propre ligne et prendre ces risques. Évidemment, une part de risque sportif est nécessaire pour obtenir ce sentiment de performance personnelle, tu sais, d'accomplissement. Mais pour répondre à ta question, la façon dont je gère ça, c'est que j'essaie simplement de prendre la voie médiane. Genre, être conscient que, oui, une partie de moi prend la voie médiane et me dit de suivre cette ligne, alors que le choix le plus prudent est de rester avec ces 10 autres pilotes qui sont sur cette ligne.
Je n'ai pas de réponse, par contre, sur la façon de prendre cette décision. Je pense que quand je suis dans cette situation, j'essaie de réfléchir à la pertinence de la manche, genre, quelles sont les choses ? Quelles sont les données dont je dispose qui sont pertinentes pour la manche en cours ? Et la manche en cours dans la situation que vous décrivez, c'est d'être plus loin que les autres en une heure. Et, vous savez, l'intuition est délicate parce qu'elle est tellement liée aux émotions, et souvent, l'émotion n'est pas une donnée pertinente pour la manche. La peur, par exemple, l'ambition, l'ardeur, la réussite en particulier, je pense que c'est lié à l'intuition, mais d'une mauvaise manière. Et nous devons être conscients — du moins pour moi, je dois être conscient — du moment où ces données non pertinentes pour la manche sont
trop présentes dans ma prise de décision par rapport à des choses comme l'observation de la journée, par exemple le rappel de schémas vus précédemment durant ce vol, ainsi que mon expérience passée dans les airs au cours de ma vie. C'est très compliqué, oui, évidemment. Ouais, ouais, ouais, on
Et tu disais encore avant qu'on commence l'enregistrement, genre, si tu as... et tu as écrit ça dans ton journal, c'est quoi, c'est quoi la citation ? Euh, « les béquilles de l'enthousiasme ». Oh, tu peux la sortir ou tu veux que je la trouve ? Je
Je ne l'ai pas sous les yeux, mais je m'en souviens. J'ai juste l'impression que dans ce sport extrêmement complexe avec autant de grands maîtres incroyables, je me contente de boiter sur les béquilles de l'enthousiasme. C'est tout. C'est tout ce que je peux faire.
C'est génial ! Tu as eu cette super expérience en Via cette année. On était tous les deux à la Sky Race et, euh, tu sais, tu — tu étais à la Sky Race et tu étais à la Sky Race et tu — tu n'étais pas sur une aile de compétition, tu n'étais pas sur une aile CCC. Euh, j'ai — j'ai vu, tu sais, dans tes écrits parce que tu as fait — tu as fait un compte rendu de chaque journée. Il y avait beaucoup de cette histoire de béquille de l'enthousiasme, tu vois, genre — genre tu étais portée par — par, tu sais, genre, « Attends une minute, c'est génial », et pourtant, « Mec, est-ce que j'apprends quoi que ce soit ? » Et tu étais un peu comme en train de rebondir
C'est bizarre, ouais. À chaque fois que tu participes à une compétition de parapente, au moins pour moi, il y a tellement de frustration et de confusion, mais c'est comme ça qu'on apprend, à travers cette dissonance. Et j'étais juste vraiment ravi, je ne sais pas, c'est tout, de passer un bon moment et de voler seul. Enfin, oui, ça aurait été super si j'avais pu ralentir et voler avec des gens qui, au final, volent en groupe bien plus loin que moi, mais c'était aussi, je ne sais pas, c'était bizarre. L'XC Sky Race était un bel environnement pour voler en solo quand j'en avais envie. Une chose qui m'a vraiment fait plaisir, c'est que j'ai utilisé l'XC Sky Race comme un terrain pour tester ce dont on parlait juste à l'instant, le fait de suivre son intuition, tu vois ?
Et juste aller là où je sentais que c'était juste, et être totalement puni quand c'était faux, comme je me le faisais, c'est une zone compliquée, mais c'est un retour direct, vous voyez ? Même si je n'étais pas sur une aile CCC, ce n'est pas mon étape actuelle. Je ne suis pas, je me considère à peine comme un intermédiaire vraiment dans ce sport, et être sur une aile CCC, vous savez, à un moment donné je me vois passer à une deux lignes rapide, mais j'étais juste ravi d'être sur la première aile de classe D sur laquelle j'ai jamais volé et d'en être content, vous voyez ? Et de comprendre le truc et d'avoir une super finesse, jamais
Excluez les prolongations qui étaient fausses avant qu'une condition ne change. Décrivez ça, d'accord ?
Ouais, j'y pense souvent parce que je pense que l'erreur que je fais souvent, c'est que je décolle de Baldy ou d'ailleurs, je vole pendant une heure ou deux et puis souvent, j'ai l'impression qu'après quelques heures de vol en cross country, ce qui est normalement encore vers le début d'une longue journée, les choses changent généralement. Rarement les conditions restent les mêmes pendant plus de quelques heures, pour parler vaguement, ou généralement après quelques heures, vous êtes entré dans une zone, à moins que vous ne fassiez un triangle, qui fonctionne différemment de là où vous avez commencé. Et j'ai eu tendance, j'ai fait l'erreur par le passé de accumuler toutes ces données dans ma tête, mes observations, et d'apprendre de la journée, des schémas de la journée, et il y a comme un effet velcro avec ça, et de finir par utiliser, vous savez, la première heure ou deux de vol comme source de réponses pour ce que je dois faire dans la partie suivante du vol.
Je pense donc que ce que cette citation signifie pour moi, c'est que les choses vont changer dans presque tous les vols de parapente en cross country. Ne faites pas l'erreur de n'utiliser que ce qui a fonctionné jusqu'à présent durant ce vol ; il faut être agile.
être réactif. J'aime bien ça. Comment quelqu'un qui n'a jamais volé dans les Alpes, euh, tu as fait la période X l'année dernière, je veux dire, tu n'avais pas volé dans les Pyrénées non plus, donc ça... ça devait être un schéma. Maintenant, oui, oui, mais ça devait aussi avoir été
Une habitude, oui, mais ça devait aussi être...
pour gagner en confiance, parce que tu as vraiment bien réussi là. Mais comment est-ce que tu te prépares ? Parce que quand je remonte le temps jusqu'en 2015, c'était l'une des choses qui ne me stressait pas trop, parce que j'avais beaucoup volé dans les Alpes, rien à voir avec les Européens. Mais dis-moi, quel est le côté logistique de la préparation, parce que je pense que beaucoup d'auditeurs ne vont évidemment pas faire le X-Alps, mais beaucoup de gens veulent savoir ce qu'il faut savoir pour aller dans les Alpes et s'amuser. Ouais.
Je suppose que, euh, je ne sais pas vraiment. Je veux dire, ce que je fais, c'est, euh, vous savez, essentiellement, essentiellement...
Pour compenser mon manque total d'expérience dans les Alpes, je suis en train, euh, d'apprendre les cartes à ma manière, euh, mais d'une façon assez globale, vous voyez, en regardant les régions plutôt que des zones spécifiques de manière trop détaillée. Euh, je sais qu'un énorme désavantage pour moi sera de ne pas connaître les vents complexes des vallées des Alpes, et les Alpes, c'est juste... il n'y a aucun moyen que je puisse prendre cette manche d'apprendre ça assez bien pour que ça fonctionne. Plus précisément, j'ai abandonné cette idée. Ma stratégie est différente ; elle est un peu plus, euh, un peu plus globale, et je fais simplement confiance au fait que Rob et moi serons capables de trouver — et d'apprécier le processus de recherche — quoi faire quand nous arriverons face à chaque scénario complexe différent, en ce qui concerne, genre, le vol.
T'en as ? Je t'ai demandé ce qui te faisait le plus peur, mais je veux — je veux y revenir, peut-être sous un autre angle. Euh, peut-être que ce n'est pas la même chose parce que tu as fait l'expérience, tu sais un peu comment ça se passe. Mais quand je suis parti en 2015, ma plus grande peur, c'était... j'ai pu mettre de côté le côté physique parce que j'avais Ben, et il me disait : « Si tu travailles, ça va aller. Je vais — je vais te préparer pour ça », parce que je m'inquiétais vraiment de ça avant avec mes genoux et mes antécédents de ski et tout ça. Mes genoux étaient en lambeaux, mais euh, je n'avais aucune idée, genre, est-ce que je vais être éliminé en premier ou est-ce que je vais être bon ? Ouais, je...
Je n'en avais aucune idée. Est-ce que ça vous fait peur ? Euh, oui, mais pas sous la forme de « je vais être éliminé, boum, la course est finie ». La peur pour moi, c'est de passer à côté de l'expérience de pouvoir aller plus loin dans les Alpes en contexte de compétition, vous voyez ? Euh, oui.
mais c'est facile à corriger. Tu continues, Dave Turner, tu continues. Tu n'as pas besoin de t'arrêter.
Ouais, carrément. Euh, ouais, je ne sais pas. Euh, oui, je veux dire, rater est une peur, euh, mais pas une, pas une grande. Je, je n'ai pas beaucoup de peurs concernant les x helps que j'ai
Euh, surtout l'excitation, vous voyez ? C'est bizarre. La plupart de mes peurs concernent, euh, le départ. Genre, mon entreprise est bien plus stressante — aller dans les Alpes pour piloter mon parapente pendant trois semaines, en plein cœur de la saison, oui, ça, vous savez, c'est mon gagne-pain, c'est bien plus stressant que n'importe quoi dans les XC. Peut-être que ça ne devrait pas l'être. Peut-être qu'il y a des choses que je ne vois pas, que j'omet sur les XC et dont je devrais m'inquiéter davantage, mais je pense y avoir réfléchi à tous les aspects.
Je vais vous demander, on va finir sur celles-ci, je fais ça depuis quelques semaines et je vais vous demander si vous avez des questions sur les émissions X helps. Elles s'appellent, enfin, Sam Harris les a appelées, ce ne sont pas les miennes, mais je les ai adaptées pour les pilotes. Ce sont un peu comme des questions en rafale, mais ça ne veut pas dire que vous devez y répondre vite, d'accord ? Ou brièvement, vous pouvez, vous savez, nous raconter une histoire si vous voulez, mais je pense que pour celles-ci, j'aimerais juste vous les poser, je pense que ce sera amusant. Si vous aviez un seul conseil pour quelqu'un qui veut réussir en tant que pilote, quel serait-il ? Oh,
Mon Dieu, c'est une question très large. Euh, je suppose que tu parles de quelqu'un qui est en train d'apprendre ? Ou juste en général ? Ouais, euh, et
Bien sûr, le succès se définit
Par chacun indépendamment, mais probablement en se concentrant, pour moi, d'après mon expérience, sur la façon dont je réponds à cette question en me concentrant sur le fait de savoir comment utiliser vos propres outils, vous connaître, identifier quelle est votre arme, vous voyez ? Et par arme, je ne veux pas dire seulement ce dans quoi vous êtes vraiment doué, mais aussi, vous savez, ce qui vous fait aimer voler, parce que c'est — vous ne pouvez pas, vous ne pouvez absolument pas dans ce sport, à moins de prendre plaisir dans la progression. Donc s'il y a quelque chose qui bloque ça, comme une peur dont vous ne seriez même pas conscient, vous savez, vous pourriez simplement l'occulter totalement, elle vous freine quand même. En regardant à l'intérieur, en regardant à l'intérieur de vous-même, c'est ma réponse.
Ce n'est pas sur ma fiche ici comme question, mais comment vois-tu la peur ? Oh,
J'ai une vision très compliquée et complexe de la peur, simplement parce que je ne sais pas exactement ce que c'est, donc j'ai beaucoup de théories à ce sujet, mais particulièrement en ce qui concerne le parapente, je pense qu'il y a plusieurs couches de peur. Je pense que, avant tout d'abord, avant le décollage, il y a une peur pertinente ; on a une peur pertinente quand on regarde les prévisions et les conditions et qu'on décide de décoller ou non. C'est une peur utile, genre, d'accord, si je décolle dans ces conditions, je pourrais mourir. C'est une bonne peur, alors que presque toute la peur que nous ressentons après ce point, une fois en l'air, est, je pense, assez sans importance.
Et c'est logique qu'on l'ait, parce qu'on est des êtres humains et qu'on s'attache dans des sellettes d'escalade ultra-légères, qu'on les lie avec des lignes de 0,8 millimètre à du nylon et qu'on monte à 18 000 pieds. Arrêtez, c'est juste trop ridicule. Je veux dire, il est logique qu'on ait peur, donc oui, je... je pense qu'on a une sorte de... pour moi, j'ai ressenti comme un parapluie, un parapluie diffus d'agoraphobie, juste comme la peur de l'impuissance et du retrait complet, ce qui est aussi quelque chose que j'apprécie dans le parapente, mais il y a aussi une peur impliquée là-dedans, et je pense que beaucoup de gens ressentent ça, comme la peur humaine de base d'être dans la prairie avec les lions, vous voyez ?
On a la même chose en l'air. On est exposés à des conditions pour lesquelles notre système nerveux, pendant des centaines de milliers d'années, si vous croyez à ce genre de choses, comme le dit la science, vous allez mourir. Vous savez, vous allez vous faire manger par un lion si vous ne trouvez pas d'arbre, alors on doit composer avec ça. Et je pense qu'on y est super exposés quand on vole, même si on ne le sait pas. J'ai essayé d'en être conscient dans mon esprit pour pouvoir mettre ça de côté. En général, pour moi, surmonter la peur, c'est juste la reconnaître et se dire : « Oh, c'est ça. Oh, c'est de la peur », au lieu de simplement subir ses effets secondaires, les autres aspects de la peur pour moi en l'air, parce que le parapente peut être assez intense par moments.
Et, vous savez, c'est très actif. On est, vous voyez, si vous prenez un enfant et que vous commencez à le secouer, il va ressentir de la peur. Et c'est essentiellement ce qu'on fait là-haut. On se fait secouer par de l'air invisible, vous voyez, donc ça entre physiquement en contact avec notre système nerveux. Le simple fait d'en être conscient, de se faire secouer, peut provoquer de la peur, et c'est correct. Je ne me suis jamais dit : « Oh, je ressens de la peur, je ne devrais pas ressentir ça ». Il faut juste être conscient que, d'accord, c'est ce qui se passe, et que c'est sans importance pour la décision que je dois prendre au sommet de cette thermique. Et je pense aussi qu'il y a une sorte de peurs inexpliquées que nous gardons à l'intérieur de notre corps.
Pour moi, je remarque que dans le bas de mon dos et dans ma respiration, c'est un endroit où je retiens beaucoup de peur. Et dès que je peux en prendre conscience et simplement respirer et détendre le bas de mon dos, je parviens à m'en libérer une grande partie.
Ouais, c'est en gros ce que je pense de la peur, ce que j'essaie de réfléchir en vol ou au moins d'avoir en tête pour pouvoir la mettre de côté et éviter qu'elle ne me bouffe toute mon énergie ou ne rende l'expérience désagréable. Parce qu'une fois que tu es conscient de ce que tu ressens, généralement, ça ne pose plus problème. Le souci, c'est de le ressentir sans en être conscient, ou de le ressentir en étant conscient et en se disant : non, ça n'arrive pas, je n'ai pas peur. Ça n'aide pas non plus.
Il faudrait que quelqu'un fasse une étude sur ton analogie avec le lion, tu sais, le fait qu'on puisse errer sans but la plupart du temps sans se faire bondir dessus par une bête sans arrêt. Jusqu'à une époque assez récente, ça nous aurait tués. Tu vois, ce qui nous a permis de survivre, c'est notre réponse de fuite ou de combat.
C'est peut-être la réponse que nous essayons tous de trouver. C'est peut-être pour ça qu'on fait ça : parce qu'on n'a personne qui essaie de nous tuer en permanence. Donc, c'est, vous voyez, une partie du processus de pouvoir qui est
ce dont tu parles.
Biologique. Ouais.
Ouais. On a besoin de quelque chose qui nous donne un sentiment de puissance. Normalement, ce serait juste de rester en vie dans un environnement hostile. On n'a pas ça en ce moment. Alors on s'invente des trucs ridicules, comme monter à 18 000 pieds pour redescendre, tu vois, et je pense que ça fait partie de la santé psychologique dont on a commencé à parler. Ouais. Je suis d'accord avec toi.
Tu as parlé de la méditation. On a évoqué ton journal, mais j'aimerais approfondir un peu ce point. Quelle est la chose la plus importante, en dehors du pilotage, que tu puisses faire pour devenir un meilleur pilote ?
La chose la plus importante en dehors du pilotage, je pense, c'est la santé physique, comme bien manger et faire des efforts pour améliorer sa condition aérobie.
J'ai remarqué que, vous savez, je n'aurais jamais pensé à ça avant de m'entraîner pour le X-Pyr et le X-Alps, mais tout devient tellement plus facile dans la vie si on fait juste un petit effort pour être un peu plus en forme et être capable de... Je veux dire, votre cerveau consomme tellement d'énergie que si vous arrivez à rendre votre corps un peu plus efficace, vous allez pouvoir économiser cette énergie pour d'autres choses. Alors, oui, être simplement en bonne santé.
Je pense aussi que c'est sous-estimé, mais être vraiment en forme vous rend beaucoup plus résilient. Si vous êtes très sportif et que vous vous prenez un gros choc, ça peut être, vous savez, la différence entre être paralysé ou pas. Prenons Ben comme exemple. Il y a un an, il est tombé très fort. Quand je courais vers lui, je me suis dit : « Ça pourrait être un cadavre ». Il s'est cassé le dos assez gravement. Mais le chirurgien a dit que s'il n'avait pas été aussi en forme, il serait forcément en fauteuil roulant. C'était, vous voyez, donc je pense que c'est une grande partie de l'histoire. On joue à un jeu assez risqué parfois. Et si vous êtes en forme, vous pouvez rebondir.
Ouais. Ouais, c'est vrai. Je veux dire, je pense qu'on ne devrait pas se mettre en forme dans l'idée de pouvoir survivre à quelque chose qui tourne mal. Mais je pense quand même que...
Mais oui, être plus résilient physiquement en général, ça se traduit par avoir plus d'énergie, être plus performant, avoir plus de bande passante mentale pour prendre des décisions si le moindre impact physique peut vous affecter.
Cette question est un peu délicate, alors prenez votre temps s'il le faut. Quelle expérience négative dans votre vie, que vous ne voudriez pas répéter, vous a le plus profondément changé en bien ?
Quelle chose négative ? Ça doit être quelque chose de négatif.
Ouais. Quoi de mauvais, de négatif ? C'est quoi une expérience que tu ne voudrais pas revivre mais qui, avec le recul, a été la plus profondément positive ?
Je me suis montré assez profond et personnel sur tout ça, donc je vais continuer sur cette lancée et répondre avec une honnêteté totale. Le divorce de mes parents quand j'avais environ 15 ans m'a sans doute permis d'avoir — d'avoir ouvert la porte à une autonomie énorme. Je ne voudrais pas que ça se reproduise. Je ne voudrais pas que ça se reproduise, surtout pour eux. Mais oui.
Les divorces. Ouais. Trop personnel ? Trop déprimant, les gars ? Désolé.
Non, pas du tout. Non, pas du tout. Malheureusement, beaucoup de gens ont traversé un divorce. D'accord.
Dernière question, et ça n'a rien à voir avec le parapente. Si vous pouviez résoudre une seule chose, laquelle serait-ce ?
D'accord. Si je pouvais résoudre une seule chose au monde, ce serait... puisque les problèmes sont trop nombreux. Avec l'état actuel du monde, une seule chose ne changera rien, donc je choisirais simplement d'accélérer complètement le déclin inévitable de la planète Terre et de l'humanité jusqu'à ce qu'on puisse recommencer à zéro.
Si tu me donnais genre 200 choses à faire, alors je commencerais peut-être à essayer de réparer les choses, genre arrêter les déchets ou, tu sais, supprimer la grande île de plastique flottante. Mais il y en a juste trop. Donc, ouais, accélérer l'inévitable.
C'est sombre, mais ça rejoint notre voyage au Nevada. Donc j'aime bien. J'aime bien. Willie, c'était un plaisir. Merci infiniment. Bien sûr, j'ai hâte de faire la course avec toi et de vivre une aventure avec toi dans les Alpes. Ça va être tellement fun. C'est toujours un plaisir de s'entraîner avec toi, de voler avec toi et de recevoir tes perspectives si uniques. Ton blog est génial. Je sais que c'est privé, mais je pourrais peut-être te convaincre de le rendre public pendant un petit moment, pendant que les gens – ou pas. Peu importe. Mais merci d'avoir partagé ça avec moi. C'était vraiment spécial et précieux, et ça me donne envie d'écrire plus souvent dans mon journal. Merci.
Merci, Gavin.
C'est apprécié. Si
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