work in progress · transcripts are still being corrected

cloudbase-mayhem-transcripts// transcripts with a synced player[about]

95. Willi Canell and wrestling with the Risk - Willi Canell

// Gavin McClurg, Willi Canell · 2019-06-26 · 01:13:48 · original episode · pdf

// streaming from the original Blubrry feed · click any sentence to jump there

[show notes]
Willi Canell représentera les États-Unis lors du Red Bull X-Alps 2019, devenant le 5ème athlète américain dans l'histoire de la course à appeler Sun Valley, Idaho, foyer des 10 athlètes américains qui y ont participé. Il sera aux côtés de moi à Salzbourg le 16 juin pour le plus grand jeu sur Terre en tant que rookie. C'est mon voisin, mon partenaire de vol et il me surprend constamment par sa façon de penser ce sport de folie que nous trouvons tous si captivant. J'ai invité Willi sur le Mayhem parce qu'il a récemment partagé son journal intime avec moi et j'ai trouvé ses réflexions et ses idées sur le parapente, le risque, l'entraînement, la condition physique et la question ultime — pourquoi nous faisons tous ce que nous faisons — non seulement fascinantes mais aussi informatives et stimulantes. Le post Episode 95- Willi Canell and wrestling with the Risk est apparu pour la première fois sur CLOUDBASE MAYHEM.

[transcript]

0:11Gavin McClurg

Salut tout le monde. Bienvenue dans un nouvel épisode de Cloud Base Mayhem. J'enregistre ça exactement 30 jours avant la course, mais au moment où vous écouterez ça, on sera le 26, donc on sera peut-être en train de terminer à Monaco. On y sera peut-être même. Ce sera 10 jours après la course. Il nous reste 12 jours pour y arriver. J'espère que vous nous regardez tous et que vous nous encouragez. Salut tout le monde. Bienvenue dans un nouvel épisode de Cloud Base Mayhem. J'enregistre ça exactement 30 jours avant la course, mais au moment où vous écouterez ça, on sera le 26, donc on sera peut-être en train de terminer à Monaco. On y sera peut-être même. Ce sera 10 jours après la course, mais au moment où vous écouterez ça, on sera le 26, donc on sera peut-être en train de terminer à Monaco.

0:58Gavin McClurg

Peut-être que vous nous regardez tous et que vous nous encouragez

1:01Willi Canell

nous sur.

1:01Gavin McClurg

Et à partir de ce résultat, et vu à quel point c'était génial, il a postulé pour le X-Alps et a été accepté. Ça va être sympa de courir avec lui. Il devient un très bon pilote. Et comme vous allez le voir dans ce podcast, il est incroyablement analytique. Il y a quelques mois, il m'a donné accès à son blog. C'est un peu comme son journal en ligne, mais c'est privé. Et j'ai trouvé ça génial. Je me suis dit : « Mec, il faut absolument que je fasse venir Willie dans l'émission. C'est vraiment cool. » Et on va plonger vraiment profondément dans des choses qui sont un peu difficiles à, du moins pour moi, mettre en mots. Genre, pourquoi on fait ça ? Pourquoi on vole ? Je veux dire, évidemment, il y a le plaisir et, vous savez, l'évasion et l'impossibilité du vol avec juste un petit morceau de plastique et du nylon au-dessus de la tête.

1:48Gavin McClurg

Tout ça, c'est le décor. Mais il s'y plonge vraiment. Et je pense que tu vas, je sais que tu vas vraiment apprécier ça. Sa perspective sur la vie, le vol et sur la manière d'avancer dans la vie est super, super intéressante. Et je pense que ce serait vraiment sympa d'écouter ça pendant que la course se déroule, pour voir comment ça concorde avec la réalité de la course et ses réflexions. J'ai reçu beaucoup de messages, beaucoup d'e-mails et de textos de personnes qui ont écouté et vraiment aimé l'épisode sur Rick Heatley, le Canadien qui s'est retrouvé au sol après un crash en plein vol et qui a passé une nuit très froide dans la neige. Beaucoup de gens ont été assez surpris par le peu d'équipement qu'il avait.

2:38Gavin McClurg

Et ils étaient surpris que je ne l'aie pas repris là-dessus. On en a parlé, tu sais, j'étais assez stupéfait qu'il n'ait pas d'inReach et pas de batterie de secours. On est donc un peu entrés dans les détails dans l'émission. Mais oui, je suis tout à fait d'accord. Tu sais, j'ai certainement déjà été coupable de ne pas avoir de batterie de secours. Et, tu sais, certains points ont été soulevés, comme le manque de bonnes chaussures, parce qu'il volait au-dessus de la neige. Eh bien, je veux dire, oui et non. Je veux dire, c'est la même chose, je n'ai jamais fait partie de ces gens qui aiment utiliser des chaussures de randonnée pour voler. Je pense que c'est en fait moins sûr. Et c'est juste mon opinion. Il y a beaucoup d'avis différents là-dessus. Mais je n'aime pas les grosses chaussures de randonnée qui montent au-dessus de la cheville. J'aime être vraiment agile et pouvoir bouger très vite au décollage, parce que c'est souvent le cas.

3:25Gavin McClurg

Et donc, j'utilise des baskets quoi qu'il arrive, même s'il fait glacial. Et vous me verrez, c'est ce que je porterai pour les X-Alps, même avec toute cette neige. Donc, vous savez, une paire de baskets et des gators, c'est le maximum pour moi. Mais d'autres choses, c'est sûr, surtout si vous faites du XC, vous savez, celui que je sais que vous en avez marre que je mentionne tout le temps. Mais quand j'ai appris qu'il n'avait pas d'inReach, je n'aime même pas voler avec des gens qui n'en ont pas. Ça me rend dingue. L'autre jour, on avait un très bon ami qui n'en avait pas et qui a atterri bien loin. On ne savait pas où il était. Et on est revenus au parking après une grosse journée de XC et son van était toujours là.

4:10Gavin McClurg

Et puis quelques heures plus tard, son van était toujours là. Et, vous savez, on était en panique. Genre, est-ce qu'il va bien ? Est-ce qu'on doit y aller ? Est-ce qu'on appelle les secours ? Est-ce qu'on appelle le 911 ? Qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'on doit repartir et regarder autour de nous parce qu'on connaissait un peu la zone où il se trouvait ? Et, vous savez, avec un simple inReach, on aurait su exactement où il était et on aurait pu lui envoyer un message. Bref, c'est le numéro un. Mais l'autre chose aussi, je pense que c'est une très bonne idée. Chris Weigel m'a contacté, tout comme plusieurs autres, en disant : « Hé mec, tu sais, j'ai été surpris qu'il n'ait pas X et X et X. » Alors j'ai préparé une petite liste, vous savez, quand je vole ici à Sun Valley, j'ai genre un sac de couchage léger. Vous savez, ça ne va pas, enfin, ça ne va pas suffire en plein hiver, mais ça vous rendra certainement plus confortable si vous devez passer la nuit dehors. J'ai toujours de la nourriture en plus.

4:57Gavin McClurg

J'ai toujours de l'eau en plus, non, pas de l'eau en plus, mais des comprimés ou quelque chose comme ça. Mais c'est aussi une très bonne idée d'avoir une sorte de kit adapté à l'endroit où vous volez. Vous savez, pour les premiers secours, votre trousse devrait toujours contenir des analgésiques assez corrects en cas de traumatisme. Il faut avoir du fil dentaire. Il faut avoir un kit pour les arbres. Il faut avoir un couteau, vous savez, selon le terrain encore une fois, vous pourriez vouloir un couteau avec une petite scie pour pouvoir gérer les branches ou quelque chose comme ça.

5:27Gavin McClurg

Quoi d'autre ? Voyons voir. Il faut absolument avoir une lampe torche, ou une lampe frontale, avec de bonnes piles. Je prends toujours mes piles et je les mets à l'envers pour que le bouton puisse être enfoncé quand c'est dans mon kit. Il faut aussi penser à votre radio. Vous devez avoir une batterie de rechange parce que si, si votre téléphone tombe en panne ? Alors ces InReach deviennent assez difficiles à utiliser. Il faut avoir des câbles pour alimenter le matériel. Vous savez, peut-être si vous avez de la place, vous avez un petit panneau solaire. Vous savez, vous pouvez recharger vos batteries. Des bâtons de marche. Il faut avoir, vous savez, selon l'endroit où vous êtes, peut-être que votre trousse de secours contient du matériel pour les morsures de serpent. Et c'était l'une des choses que j'ai apprises de Chris. C'était, c'est une très bonne idée. Ouais.

6:12Gavin McClurg

Un briquet. Peut-être un peu de peluche de sèche-linge pour pouvoir faire un feu facilement. Ça vous rendra certainement plus confortable la nuit et ça peut aussi servir à signaler votre position avec un tout petit miroir. Vous pouvez en emporter dans plein d'endroits, mais un petit miroir de signalisation, c'est encore une bonne idée. Avec un inReach, ce n'est probablement pas nécessaire, mais c'est bien d'avoir une petite roue de secours. Bref, pensez à ces trucs. Je pense que ce genre de choses a souvent été abordé dans l'émission et je suis surpris que les gens ne le sachent pas encore : quand vous faites du XC, selon l'endroit où vous êtes, il y a de fortes chances que vous atterrissiez en zone isolée. Et cette petite tranquillité d'esprit vaut bien quelques livres et un tout petit peu de place. Voilà, c'est à réfléchir. OK.

6:57Gavin McClurg

Alors, on revient sur le X-Alps, on revient sur Willie. Vous allez adorer cette émission, vous allez adorer cette discussion. C'est un gars super fascinant. Il habite juste en bas de chez moi. Je me sens vraiment privilégié de pouvoir voler avec Willie et de l'avoir vu progresser si vite. Et j'espère que tous vos yeux sont rivés sur le X-Alps en ce moment et qu'on va tout déchirer. J'espère, j'espère vraiment. Enfin bref, profitez bien de ce docu. À bientôt.

7:28Gavin McClurg

Willie. C'est génial de t'avoir sur l'émission. Mec, c'est trop cool qu'on puisse faire ça en direct. Je n'ai pas souvent l'occasion de le faire. Alors, bienvenue dans le chaos du cloud.

7:37Willi Canell

Content de vous retrouver au quartier général. Ouais. C'est là que la magie opère, mec.

7:41Gavin McClurg

Mais oui, on s'est beaucoup entraînés ensemble. Je suis vraiment ravi de discuter avec toi, c'est juste cool que mon voisin a l'intention de venir concourir avec moi ici dans quelques semaines. Ça a été vraiment sympa et c'était super de voir ta progression. On va donc beaucoup discuter et on va utiliser ton journal personnel que tu as eu la gentillesse de partager avec moi comme guide. Je pense que les gens vont vraiment adorer avant qu'on n'aborde ça. On va commencer par parler de notre vol au Nevada la semaine dernière, où Ozone a juste tout balayé. C'était assez cool. Mais je voulais aussi donner au public une petite version de ton CV, en quelque sorte, sur ta vie de parapente, parce que tu n'es pas dans ça depuis très longtemps et que tu pars concourir au plus grand d'entre eux.

8:27Gavin McClurg

C'est, vous savez, c'est le grand rendez-vous.

8:30Willi Canell

Tout d'abord, merci de m'accueillir ici, Gavin. J'ai l'impression que la moitié de ce que j'ai appris dans ce sport vient du chaos en altitude. Je suis donc honoré d'être ici avec toi. Super. Ouais, mais j'ai appris à piloter en 2013, vers cette période de l'année. Je suppose que ça fait six ans. Ouais. Enfin, ça fait environ cinq ans et demi que je vole. J'ai parlé à Mike Fow, un pilote local ici, qui m'a orienté vers Super Fly, j'ai appris à piloter au pied de la montagne, puis je suis remonté en Iowa. J'étais vraiment occupé sur la rivière, c'était aussi au moment où je sautais le pas pour acheter cette entreprise d'équipement. Il y a eu beaucoup de changements de vie à cette époque et je n'ai pas pu trop me concentrer sur le vol tout de suite, mais j'ai beaucoup volé seul là-haut à Salmon, en fait, durant les deux premières années où j'avais mon P2.

9:22Willi Canell

Et, euh, j'ai pu passer plus de temps ici à voler durant les étés. Euh, Mike Fow a encore été mon premier mentor ici. Euh. Euh, il m'a beaucoup appris. Et puis, euh, j'ai enfin commencé à faire quelques vrais vols XC dans notre magnifique région du centre de l'Idaho. Et, euh, ouais, ça a été une aventure de dingue depuis.

9:43Gavin McClurg

C'est assez unique parce que, tu sais, ton boulot, ton entreprise d'équipement et d'activités sur la Middle Fork, ça tombe en plein cœur de notre saison. Donc, tu es la personne que je dois voir tous les jours au printemps. Parce que tu es super motivé, parce que tu sais que tu vas sur la rivière. Et on a eu une discussion l'autre jour sur la façon dont on fait monter en compétence les nouveaux venus. Parce que ce n'est pas l'endroit le plus facile pour apprendre à piloter. Et cet endroit est, surtout en été, pour ne pas te mettre sur la place publique, mais qu'est-ce que tu penses être, dans ta propre personnalité et ton rapport au risque, qui t'a permis d'apprendre ici ? Parce que ce n'est pas, tu sais, je ne recommanderais pas à la plupart des gens d'apprendre ici. Il faut une personnalité particulière pour pouvoir...

10:30Gavin McClurg

Se débattre avec la force des conditions qu'on a ici.

10:34Willi Canell

Ouais. Je, je ne sais pas. Peut-être que j'ai pris plus de risques que ce qui est conseillé au début de mon vol thermique quand j'étais à Salmon. Et quand j'étais ici en train d'apprendre à voler, souvent seul, je ne pense pas que je l'ai fait. Mais c'est, ouais, c'est une question difficile. Comment rendre accessible une zone qui est connue pour ses courants d'air importants ? Et on n'en a pas vraiment beaucoup non plus. Ouais. Ce n'est pas un endroit constant. On n'a pas des journées de vol tous les jours, donc on doit en profiter quand elles sont bonnes. Mais je ne sais pas. Pour moi, c'était un peu une bénédiction et une malédiction de ne pas pouvoir vraiment avoir chaque journée d'été disponible pour voler, surtout quand j'apprenais. Ça m'a un peu forcé à aller à Valle, à Columbia et dans d'autres endroits.

11:22Willi Canell

Euh, peut-être que j'aurais pu découvrir plus tôt cet autre univers du parapente que si j'avais pu voler. Je veux dire, j'apprenais à voler. J'apprenais à voler, vous savez, pendant ces deux ou trois premières années où j'apprenais. Mais d'un autre côté, je sais que j'ai raté beaucoup de super vols ici, donc je ne sais pas trop. Mais oui, pour ce qui est de rendre la zone accessible, je pense que les gens doivent juste venir et s'y tenir. Et il y a, je veux dire, je n'aurais pas pu demander de meilleurs mentors. Vous savez, il y a des pilotes incroyables ici pour vous enseigner tout ce dont vous avez besoin, vraiment. Il suffit donc d'y consacrer du temps.

11:56Gavin McClurg

Je crois que cinq des dix athlètes américains ayant participé à l'X-Alps dans l'histoire de la course venaient d'ici, ou du moins s'y sont forgés s'ils n'en étaient pas originaires. Mais, vous savez, Hansa, Mitch, Nate, bien sûr, était le premier. Est-ce que c'est le lieu ? Ou est-ce que ce sont les gens ?

12:18Willi Canell

Hmm. Je pense que ce sont les gens. Je veux dire, je pense que c'est définitivement... je pense qu'on a, vous savez, le décollage de Baldy en utilisant Sun Valley, et ça a un nom. Et je pense que ça attire de super pilotes ici. Je ne dois pas tout à Sun Valley pour que ces pilotes incroyables dont vous avez parlé, qui ont fait le X-Alps et d'autres vols incroyables, apprennent nécessairement ici quelque chose qu'ils n'apprendraient pas ailleurs. Je pense que c'est juste un endroit vraiment magnifique et ça attire des gens passionnés.

12:52Gavin McClurg

Je ne sais pas si j'ai mentionné Hansa, mais il aurait dû le faire cinq fois dans les X-Alps. Quel lunatique. Et moi aussi, j'y vais. Donc, oui. Parce qu'on est tous des lunatiques. Passons à Nevada. On a eu une journée assez spéciale. Toi, moi et Cody. Donc l'équipe USA est partie à Nevada pour cette grande mission et, et ça a marché. Tu as fait ton record personnel. Tu as écrit de manière très poétique et magnifique à ce sujet dans ton, dans ton, dans ton blog ici. Parle-moi de ce jour-là et de ce qui était, de ce qui était spécial pour toi.

13:26Willi Canell

Ouais, le plus spécial. Eh bien, d'abord, comme d'habitude, j'ai fini par voler seul pendant la majeure partie du trajet, comme on le fait quand on voit les gars plus rapides s'éloigner au loin. Mais, ouais, c'était vraiment un vol spécial. Je me suis lancé dans le Nevada à quelques reprises et c'est toujours incroyable quand ça marche. Je pense qu'une chose que j'ai apprise après ce vol, c'est qu'il est tellement important dans ce sport d'avoir confiance en soi pour se mettre au bon endroit au bon moment. Ça veut dire regarder les prévisions, et Cody nous a tellement bien préparés pour ça. J'avais un petit doute sur ce décollage, mais si vous vous mettez au bon endroit au bon moment par rapport aux conditions, vous utilisez un léger avantage pour vous mettre en position de réussite.

14:16Willi Canell

Et c'est ce qui s'est passé avec ce vol. Vous savez, il me semble que tous mes, je suppose, records personnels — pas forcément les plus longs, mais mes meilleurs vols — ont été, euh, vous savez, certains des vols les plus faciles, même si rester longtemps en l'air n'est pas toujours simple. Parfois, c'est difficile de juste continuer à avancer à certains moments, mais oui, je pense que c'était vraiment, vraiment une journée incroyable. L'une des choses les plus cool pour moi dans ce vol, c'est que, vous savez, j'ai regardé le ciel du Nevada depuis le sol tellement de fois en me disant : "Mon Dieu, ce serait tellement génial. À quoi ça ressemblerait de survoler toute cette zone ?" Et en étant sur la route 50, juste à regarder ces ciels bouillonnants, puis avoir enfin pu le faire, vous savez, et voir la ville, voir Austin Eureka. Et avoir Ely qui apparaissait à la fin de ce vol était vraiment spécial.

15:05Gavin McClurg

J'ai été bluffé par... je veux dire, j'ai traversé le Nevada tellement de fois que j'ai oublié. Et j'habitais à Lake Tahoe. Enfin, j'ai vécu au Nevada une bonne partie de ma vie. Et, vous savez, chaque fois que je traverse le Nevada, je me dis toujours : "Jésus, il n'y a rien ici." Je veux dire, ça me donne beaucoup d'espoir pour notre société. Il n'y a rien, il n'y a rien là-bas. Mais le voir sous cet angle, c'était genre : "Wow, il n'y a vraiment rien ici." Juste à sauter de montagne en montagne toute la journée. Et là, vous savez, il n'y a rien. À un moment donné, je me suis dit : "Oh mon Dieu, il y a un ours là-bas." C'était une vache, vous savez, mais enfin, c'est à peu près ça.

15:38Willi Canell

Les vaches, les vaches me font plus peur que les ours.

15:42Willi Canell

Elles aiment nos ailes

15:44Gavin McClurg

trop.

15:45Willi Canell

Vous savez,

15:45Gavin McClurg

l'une des

15:45Willi Canell

les trucs les plus cool quand on s'entraîne pour ces courses, comme le X-Alps et le X-Piers, c'est que tu te mets dans un état d'esprit différent, et Karel en a parlé l'autre jour aussi. Tu arrêtes de te dire : « Oh mon Dieu, ça va me prendre six heures pour sortir de là si j'atterris ». Et tu commences à te dire : « Je suis un dieu. J'ai de la nourriture, je suis prêt. Et ça va être une super petite marche pour sortir quand j'atterrirai là-bas. » Et au final, tu n'atterris pas là-bas parce que tu as la confiance nécessaire pour aller là où tu dois aller.

16:11Gavin McClurg

C'est, c'est vraiment puissant. Je pense que, oui, j'ai appris ça en Australie en m'entraînant pour la course de 2015. On faisait du remorquage en terrain plat. Je veux dire, selon la direction du vent là-bas, on finit parfois par voler très loin et si on atterrit trop tôt, on peut vraiment se retrouver dans un endroit sans aucune ombre. Et il fait bien plus de quarante degrés. Vous voyez, c'est assez intense. Mais si vous suivez les routes, vous n'allez pas y arriver. Il faut abandonner ça. Et c'est, oui, il y a une réelle forme d'autosuffisance dans tout ça, il faut vraiment quitter les routes. Je pense que c'est simplement le cas pour réussir dans ce sport. Ouais. Alors, parlez-moi de ce journal.

16:57Gavin McClurg

Ça fait combien de temps que tu le fais ? D'une certaine manière, je trouve que c'est très opportuniste. Côté timing, je viens de faire une critique du livre de Maxine Bellman qui vient de sortir, "Performance Flying for Cross Country". Et l'une des premières choses qu'il recommandait était vraiment orienté vers le vol en compétition. Mais tu sais, tu atterris, tu sors ton journal de ton cockpit et tu l'écris, et au lieu de balancer ton casque et de donner des coups de pied dans tes affaires, de m'énerver et de finir ivre le soir, tu sais, tu écris à ce sujet, tu en tires des leçons. Et, tu sais, je pense que les bienfaits de la tenue d'un journal sont bien prouvés à ce stade. Mais quelle a été ton inspiration ? As-tu toujours été un écrivain ? Est-ce que, je veux dire, je n'ai jamais...

17:40Willi Canell

Je n'ai jamais vraiment tenu de journal, j'ai commencé mon journal de vie, pas lié au parapente, en même temps que celui-ci. Et je suppose que ça fait, je ne sais pas, trois ans environ que je prends des notes. La raison pour laquelle je le fais, je pense que c'est peut-être parce que si je n'écrivais pas certaines de ces choses pour me les sortir de la tête, je ne pourrais pas dormir. Je ne pourrais jamais me détendre. Donc c'est juste un mécanisme de défense.

18:11Willi Canell

Mais enfin, oui, il y a des choses, vous savez, et j'aime faire de mon mieux pour m'améliorer dans les domaines auxquels je consacre mon temps. C'est probablement lié à cette phase de ma vie où je réalise à quel point le temps file. Et je veux faire quelque chose pour ça. Mais, vous savez, c'est aussi assez particulier parce que j'écris tout ça, j'écris tout ce que je pense devoir faire pour m'améliorer, et puis je réalise qu'on ne peut pas vraiment s'attacher à quoi que ce soit si on veut vraiment progresser. Vous savez, c'est bien de prendre ces notes et d'en apprendre, et elles s'appliquent dans certains cas, mais vraiment, pour maîtriser quoi que ce soit, il faut savoir le connaître, puis le mettre de côté et savoir quand s'y référer.

19:01Willi Canell

Et donc, oui. Avoir un journal m'aide à faire ça.

19:04Gavin McClurg

Est-ce que tu as un genre de planning pour y retourner ou est-ce que tu y retournes juste quand tu en as besoin ?

19:11Willi Canell

Non, pas vraiment. Non, c'est surtout que j'y retourne occasionnellement s'il y a, vous savez, une information dedans que je sais être sans rapport avec ce que je veux savoir à ce moment-là. Mais, vous savez, je m'y réfère pour des infos, mais d'habitude, c'est juste une ressource pour noter des choses, pas pour en ressortir. Si vous voyez ce que je veux dire.

19:33Gavin McClurg

Ouais. Est-ce que tu attribues le fait d'avoir progressé si vite, en, en, tu sais, pas en beaucoup d'années, à... et comme tu l'as dit, parce que ton boulot t'empêche de voler pendant une bonne partie de l'été. Est-ce que tu attribues une partie de ça à... est-ce que ça fait partie de ton, de ton puzzle ? Est-ce que ça fait partie de ta réussite ?

19:57Willi Canell

Probablement. Je ne sais pas. J'ai du mal à... Ouais, je suppose que je peux accepter que ma progression dans l'apprentissage ait été accélérée par moments par rapport à celle des autres, mais je pense que c'est juste que j'aime ça, j'aime vraiment ça. Je ne sais pas quelle part de ce journal est liée à ma progression réelle, mais je suis sûr que certaines informations qui s'y trouvent sont liées. Ça n'a peut-être pas du tout répondu à votre question.

20:29Gavin McClurg

Non, si, ça le fait. Je veux dire, quand je le lis, je... parce que je te connais et j'ai beaucoup volé avec toi, je vois une tension similaire dans ce flux, une tension chez toi que je pense beaucoup d'entre nous ressentent en parapente, tu sais, cette passion et ce désir incroyables et, mon Dieu, ça te met parfois à rude épreuve. Et c'est, tu sais, et j'apprécie que tu le notes et que tu essaies d'en tirer des leçons. Il y a des moments de clarté et puis il y a des moments de brouillard.

21:12Willi Canell

Mm-hmm. Il y a carrément des moments de brouillard. Ce sont les, on aime bien les moments de brouillard. Je

21:17Gavin McClurg

des moments nuageux, ouais.

21:19Willi Canell

Ce n'est pas trop de nuages. Alors, allons-y. Non, je vois ce que tu veux dire, mais, euh, ouais, continue.

21:24Gavin McClurg

Eh bien, je... enfin, oui, je ne posais pas vraiment une question. C'était plutôt, je pense, je trouve ce que vous faites ici vraiment précieux. Et je pense que c'est, vous savez, le point clé. Avant même d'entrer dans le vif du sujet, ce qu'on va faire, le point clé c'est que je pense que nous, en tant que pilotes, devrions faire ça. C'est ce que je me suis dit en lisant ça : « Oh, combien de choses ai-je ratées ? » Parce que je ne les ai pas notées ou, vous savez, parce que j'ai essayé de faire beaucoup mieux pour ne pas paniquer quand on se fait sortir du vol, mais juste, « Oh, qu'est-ce qui s'est passé là ? Qu'est-ce qui se passait ? » Ça nous est arrivé l'autre jour, vous savez ? Alors au lieu de ranger mon équipement, je suis resté assis un moment. Je me suis dit : « Qu'est-ce que j'aurais pu faire différemment ici ? » Et, vous savez, quoi ? Est-ce que j'ai fait une erreur ? Était-ce juste la journée ? C'était, vous savez, quoi ?

22:09Gavin McClurg

Alors, oui.

22:11Willi Canell

Ouais. Et une grande partie de tout ce processus d'écriture dans le journal, pour moi, c'est de comprendre pourquoi on fait ça. Je veux dire, c'est vraiment fun. C'est le truc le plus cool que j'aie jamais fait de ma vie. Faire du parapente et être à 18 000 pieds sous un nuage en parapente, mais, en gros, rien du tout. Mais c'est dangereux. On prend des risques avec nos vies et je sais qu'il est difficile de dire exactement quel est le rapport risque-récompense, et c'est différent pour chaque personne à chaque instant, mais se débattre un peu avec le risque que tout cela comporte, c'est une grande partie de la raison pour laquelle je garde ces notes. J'ai l'impression que je serais perdu dans cet aspect de l'expérience sans écrire une partie de tout ça.

23:01Willi Canell

Ouais, ça fait aussi partie du truc.

23:04Gavin McClurg

Alors, je vais vous poser la question la plus difficile de tout ça. Pourquoi ?

23:08Willi Canell

Je ne sais pas. Enfin, évidemment, c'est vraiment amusant et ça en vaut la peine. Mais oui, pourquoi faire quelque chose qui peut parfois être dangereux et que certaines personnes que vous respectez comme des pilotes qualifiés ont fini par faire en mourant ? Je pense que c'est nécessaire pour une sorte de santé psychologique, dans une certaine mesure, de faire des trucs vraiment amusants et un peu extrêmes. Pour certaines personnes, elles n'ont pas besoin du parapente. Pour d'autres, si.

23:41Gavin McClurg

Hmm. Pourquoi est-ce que certains d'entre nous le font ?

23:45Willi Canell

Ça, je ne sais pas. Je n'en ai aucune idée. J'ai toujours soupçonné que plus de gens devraient faire du parapente parce que c'est tellement amusant, mais je ne suis pas sûr. Je n'ai pas vraiment, je veux dire, dans ce journal, j'ai lancé pas mal de théories, mais aucune ne répond vraiment à cette question. Une partie du plaisir est liée aux risques, au risque que nous prenons. Je ne sais pas, je pense que pour être gentil, je pense que certaines personnes ont besoin d'être un peu plus proches de la mort pour avoir une sorte de clarté sur la vie, et ça pourrait être une partie de ça, mais vous savez, il est possible que nous soyons juste un peu stupides et qu'on aime vraiment faire des trucs super amusants et qu'on ne calcule pas vraiment le rapport risque-récompense correctement. On est doués pour le calculer, mais on ne le fait pas correctement ou on n'en est pas conscients, donc je ne sais pas. C'est une question vraiment difficile, mais

24:47Gavin McClurg

je pense

24:48Willi Canell

c'est une question à laquelle on devrait au moins réfléchir et essayer de trouver une réponse, et si quelqu'un a déjà trouvé la sienne, c'est génial. Je ne sais pas si moi je l'ai, mais je n'arrive juste pas à mettre des mots dessus, mais c'est évidemment une partie de ce que nous faisons, ce que

25:05Gavin McClurg

est-ce que Cat pense à toi quand tu voles et maintenant avec Xpeer et Xops, elle est

25:12Willi Canell

elle est super emballée par tout ça. Et je pense que je suis assez ouvert et honnête avec elle sur le fait que, oui, il y a des moments où c'est dangereux et je le sais, et je pense que je crois savoir quand je prends des risques et quand je n'en prends pas. Et vous savez, ces prises de risques ne représentent qu'un pour cent du temps, mais non, elle est vraiment solidaire, vraiment fière de moi, et elle a fait beaucoup de choses risquées dans sa vie aussi, comme ses longues randonnées équestres en solo à travers l'Ouest, et des trucs qui sont sans doute plus risqués que notre parapente, mais bon, oui, si

25:46Gavin McClurg

tu as peur des chevaux autant que moi alors, mais c'est clair que je suis bien plus terrifié à l'idée de faire ce qu'elle fait. C'est intéressant, elle est

25:53Willi Canell

Vous savez, j'ai plus peur des chevaux parce qu'ils ne sont pas prévisibles, mais pour elle, les chevaux sont plus prévisibles que de piloter un parapente dans des conditions dynamiques. Ouais, c'est intéressant. Ouais.

26:03Gavin McClurg

C'est super intéressant. Bon, on va juste en aborder quelques-uns parce qu'ils sont tout simplement géniaux et on ne pourra pas tous les traiter, mais l'une des premières choses que tu as apprises, c'est de la part d'un ami qui m'a aussi appris, les mots de Christina Croce à ne jamais oublier.

26:21Willi Canell

Je ne sais même pas si... donc il m'a dit une fois, et je pense que c'était après que j'aie eu mon P2, peut-être quand j'étais là-bas pour un cours de manœuvres ou quelque chose comme ça. C'était assez tard dans ma première phase d'apprentissage du parapente, mais bien avant que je sois, tu sais, proche du niveau intermédiaire. Mais il a dit : « ne sois jamais... tu sais, sois toujours enthousiaste pour un vol de pente, ne te sens pas comme si... si tu ne fais pas juste décoller d'une montagne ». Je ne m'en souviens plus, je suis sûr qu'il l'a dit de manière beaucoup plus intelligente que je ne m'en rappelle et j'espère que je ne déforme pas tes paroles, Chris, mais en gros, sois toujours enthousiaste pour un vol de pente. Tu n'as pas besoin d'avoir un vol incroyable pour qualifier un bon vol, et tu sais, j'utilise ça comme une sorte de point de contrôle avec moi-même. Je ne vais pas le faire moi-même si je suis totalement à fond pour une longue journée de cross country et que tout mon matériel est prêt, tu sais, ça demande un effort de préparer tout le kit à chaque fois qu'on va faire du parapente. Je fais un point avec moi-même et je me dis : « Hé, si j'allais juste là-haut pour un vol de pente, si j'allais juste monter, décoller de Baldy, atterrir à la rivière et au parking et rentrer chez moi, est-ce que je serais enthousiaste aujourd'hui ? » Et il y a des jours où je ne le serais peut-être pas, et ça ne signifie pas forcément que je n'irais pas voler, mais c'est une métrique que j'utilise pour faire le point avec moi-même et voir où j'en suis, si je suis vraiment motivé ou pas.

27:46Gavin McClurg

Tu as pensé à ça par rapport à la course, par rapport à ce qui arrive ? Parce qu'il y a des jours, comme l'autre jour, où tu te dis : « Ouais, je ne le sens pas », et on a tous ces jours-là. Et je crois, j'espère, que je suis devenu bien meilleur pour écouter ça. Il y a des moments maintenant où je suis en l'air, je ne suis pas dedans, et je me dis que je vais juste atterrir dans un bon coin. On ne peut pas vraiment faire ça pendant la course, tu as pensé à ça ? Est-ce que tu penses que ça va arriver, ou que ça pourrait arriver, ou...

28:16Willi Canell

le X-Pyr qui n'a jamais eu lieu, c'est un peu comme si tu étais juste tellement impatient, j'étais tellement impatient tout le temps, et j'ai fait beaucoup de sledders et j'étais ravi de simplement faire les sledders en sachant que ce n'étaient pas des conditions de cross country, mais que je devais juste monter et voler. C'est un peu comme quand on s'entraîne pour une course à pied ou quelque chose comme ça, on ne se sent pas toujours bien à l'entraînement, on ne se sent pas toujours bien à l'entraînement, mais quand on arrive à la course, c'est une condition différente, c'est différent, on n'est plus à l'entraînement, il y a quelque chose de différent, donc ouais, je ne pense pas que ça va être un problème aux XL's.

28:48Gavin McClurg

Qu'est-ce qui t'a posé problème ces neuf derniers mois ? Et on est sur la même longueur d'onde, on a le même entraîneur, Ben Abruzzo. Un petit salut à toi, espèce de malade, pour nous avoir tous écrasés tout le temps. Mais oui, il est incroyable. Non, ça a été génial. Mais on est sur un programme très similaire. Alors, qu'est-ce qui a été, qu'est-ce qui a été le plus dur dans la préparation des XL ?

29:12Willi Canell

Le plus dur, c'était... mon Dieu, c'est pour ça que j'ai un supporter aussi génial, un petit salut à Rob Curran. Le plus dur, c'était juste quand j'ai appris que j'étais pris. Quand j'ai postulé, je me suis dit que je n'aurais évidemment pas postulé si je n'avais pas pensé qu'il y avait une chance qu'ils m'acceptent, mais j'ai été choqué, c'est sûr. Et ça m'a pris un peu de temps pour assimiler, probablement un mois environ, pour réaliser ce à quoi je m'étais engagé. Je savais que j'allais aimer, que j'allais être ravi de l'entraînement, que j'allais être ravi de me présenter et de faire de mon mieux, mais j'ai réalisé que le plus dur pour moi, c'était un peu de composer avec la réussite. C'était une leçon sur l'absence de réussite. Je me suis un peu orienté vers le fait que non seulement c'est mille kilomètres à travers les Alpes, mais que je m'imposais aussi une sorte de pression de réussite sur moi-même. Donc, il a fallu démêler tout ça et trouver mes propres...

30:03Gavin McClurg

par la réussite, tu veux dire les résultats, mais ouais.

30:05Willi Canell

tout finit par être juste une question de résultats

30:09Willi Canell

vous savez, se concentrer sur l'aspect compétitif plutôt que sur l'expérience, genre essayer de quantifier plutôt que de qualifier l'X-Alps... ouais, essayer de faire de l'importance de la course le centre de la course plutôt que l'expérience. Et c'était probablement la partie la plus difficile au début, trouver mon propre éthos face à une entreprise aussi énorme. Mais là, vous savez, je me suis définitivement installé dans un état d'esprit et une préparation dont je suis vraiment content, un peu plus axé sur le non-atteinte. Et Honza m'a dit plusieurs fois que l'X-Alps n'est que le plus grand jeu au monde, mais que c'est quand même juste un jeu, vous voyez. Et c'est...

31:01Willi Canell

Alors oui, définir ce que représente concrètement le X-Alps pour moi, c'était la partie la plus difficile, plus dur que l'entraînement, c'est sûr. En fait, je ne trouve pas l'entraînement trop dur. Le seul moment où c'est difficile, c'est de mettre toutes ces heures, mais la seule chose qui rend ça compliqué, c'est de voir si j'ai le temps dans mon emploi du temps pour une semaine donnée. Ce n'est pas en fait le fait de se présenter à la manche, oui.

31:25Gavin McClurg

en 2015, quand j'ai commencé, je regardais ces entraînements et je me disais « mon Dieu », mais j'ai très vite réalisé que c'est comme pour le X-Alps, ils se terminent tous, tout ce que tu as à faire se termine, peu importe la longueur du parcours sur bitume, c'est juste, tu sais, si tu peux, si

31:45Willi Canell

il faut décomposer ça, juste étape par étape, et là, c'est bon, tout devient...

31:49Gavin McClurg

c'est tout à fait gérable. Alors, l'objectif et ce que la course représente pour vous, c'est quoi ? Qu'est-ce que vous avez trouvé ? Où en êtes-vous ? Qu'est-ce que ça signifie pour vous ? Et pour ramener Rob dans la discussion, vous avez dit... oh oui, eh bien Rob a juste...

32:02Willi Canell

Rob a fait des aventures vraiment cool de son côté. Il était avec moi dans le X-Pyr et il a juste l'attitude qu'il faut, c'est une énorme partie de ce qu'il apporte à l'équipe USA2. Je ne veux pas dire que c'est décontracté, mais quand ça doit l'être, ça l'est. Je ne veux pas dire que c'est... enfin, dans le X-Pyr, c'est dur, c'était dur pour moi de savoir quand je devais mettre le paquet et quand je devais lever le pied, et il a une perspective géniale là-dessus. Il a un point de vue pour me dire : « oui, tu vois ça de la bonne manière » ou « non, tu ne le vois pas ». Et donc, je ne sais pas, c'était juste utile de discuter avec lui après avoir appris que j'avais été accepté pour le X-Alps et après qu'il a... je suis tellement reconnaissant qu'il soit ravi de se porter volontaire pour la manche en tant que supporter, pour essayer de comprendre, tu sais, ce que signifie concourir dans le X-Alps.

32:58Willi Canell

L'X-Alps, c'est essentiellement la plus grande expérience que j'aie jamais faite de ma vie. C'est une grande expérience pour moi, tu sais, pour voir ce que je suis capable de faire, et beaucoup de résultats sont là parce que je m'entraîne depuis des mois, tu sais, une demi-année ou plus, sept mois ou peu importe, déjà. Tu sais ce que mon corps peut faire, ce que je peux faire. Pour moi, c'est différent parce que ce sera la première fois que je volerai dans les Alpes, donc je dois garder ça en perspective, comme une partie de l'expérience : arriver dans un environnement totalement nouveau et voir ce que je peux faire, et ça fait partie de l'expérience. Et évidemment, à quel point je vais m'amuser, à quel point ça va compter, c'est une expérience de force mentale, ce qui est encore une fois du "type 2 fun", mais quelque chose que je suis impatient de tester. Qu'est-ce que je peux faire avec mon corps ? Je suis dans la meilleure forme de ma vie, donc tu sais, l'expérience fonctionne. Je suis vraiment ravi de tout ce qui se passe, mais ouais, c'est juste une expérience à laquelle je me sens super chanceux de pouvoir participer.

34:09Gavin McClurg

As-tu des objectifs spécifiques ?

34:12Willi Canell

Je vais à Monaco, mais même si je n'y arrive pas, c'est évidemment un objectif énorme en soi. Mes objectifs sont plutôt de faire en sorte que cette expérience fonctionne, d'en tirer quelque chose, d'apprendre vraiment quelque chose de ces pilotes incroyables. Je veux savoir comment je peux tirer profit du fait que Chrigel doive décoller avec moi au moins une fois, et avec les autres gars aussi. Je n'ai aucun doute sur le fait que je serai au sommet du Geisberg en même temps que Chrigel et certains des meilleurs pilotes au monde, à mon avis, ils doivent décoller avec moi. Qu'est-ce que je peux faire ? Mon objectif est de tirer le meilleur de ce moment, voir jusqu'où je peux tenir. Donc oui, pour apprendre. Un autre objectif, c'est bien sûr juste de

35:09Willi Canell

Ouais, pour moi, c'est très peu axé sur la performance. Mon objectif, c'est de voir si je peux mieux me connaître et me pousser au maximum de mes capacités. Mais en ce qui concerne le classement ou le nombre de kilomètres parcourus sur le tracé, ça n'a pas de sens pour moi de me fixer ces objectifs, et si ça en a, je ne sais pas comment.

35:33Gavin McClurg

Je ne pense pas non plus que ça ait du sens, et je ne trouve pas ça effrayant.

35:38Willi Canell

Ouais, genre perdre le lift et ne pas pouvoir y remonter quand tous les autres sont dedans, c'est flippant. Perdre la bande.

35:54Willi Canell

Non, je veux dire, le plus dur dans toute cette aventure pour moi, c'est de devoir quitter le travail pendant la période la plus chargée de l'année... ce qui n'a évidemment aucun rapport avec Xops. Je pense juste qu'être là-bas, tout ce qui est impliqué, va être vraiment génial, difficile et exigeant, c'est sûr, mais... ouais, dis-moi.

36:17Gavin McClurg

parlez-moi de votre théorie en trois couches sur le parapente, d'accord.

36:21Willi Canell

C'était à propos de... je m'intéresse pour une raison quelconque à comprendre quels autres sports ou expériences dans ma vie ressemblent au parapente et, évidemment, aucun autre sport ne ressemble au parapente, à part peut-être le deltaplane. Du coup, j'ai élaboré une notion en trois couches de ce que nous faisons là-haut. Si on prend de la hauteur, si on imagine ces couches comme un entonnoir, la couche supérieure la plus large est, je pense, la plus proche d'une grande partie d'échecs parce que la plupart du temps, les choses les plus importantes que nous faisons sont de prendre des décisions. Nous faisons juste une prise de décision étape par étape. Parfois, on se retrouve au milieu d'une partie d'échecs, ce n'est pas comme si on jouait la partie depuis le début ; parfois, on joue la partie depuis le début si les conditions restent les mêmes et qu'on est sur le même terrain, etc. Mais en réalité, ce que nous faisons, c'est prendre des décisions, et ce que nous faisons, c'est juste regarder un échiquier et faire le meilleur coup à notre portée. La deuxième couche, pour moi, c'est... j'ai grandi en faisant de la voile, en faisant des courses de dériveurs, des petits bateaux comme des Laser et des 420, et je pense que c'est très, très similaire à beaucoup de l'échelle de stratégie dans les courses de petits bateaux.

37:50Willi Canell

Souvent, ces courses durent une heure, deux ou trois heures environ, ça dépend des conditions, tout comme en compétition de parapente. Vous traversez différentes conditions, surtout avec le vent qui change, vous lisez la météo et, en gros, vous décomposez vos décisions les plus importantes pour être concrètement attachés à elles : vous déplacez physiquement ce pion d'échecs, ça fait partie du sport. Vous savez, entrer dans une thermique est une action active, même après avoir décidé de le faire. Et puis, au niveau le plus petit, je pense que c'est beaucoup comme les sports de flux dynamiques comme le surf, le ski hors-piste ou le bateau, où à chaque instant nous sommes en vitesse — pas des vitesses très élevées évidemment par rapport à d'autres sports de course, mais nous sommes en vitesse, en manipulant activement notre embarcation et...

38:51Willi Canell

C'est un peu comme le surf, c'est intéressant parce que la vague sur laquelle vous surfez bouge elle aussi, et c'est très similaire au parapente. En parapente, on grimpe des montagnes d'air pour ensuite descendre de l'autre côté, sauf que la montagne entière est en mouvement tout le temps, vous voyez ? C'est donc une activité très active. Voilà, c'est un peu ma façon de voir les choses en trois couches, mais je pense que c'est comme ça que je commence à comprendre ce qu'est le parapente en tant que sport par rapport à mes autres expériences de vie.

39:28Gavin McClurg

Pourquoi penses-tu avoir été attiré par ça en 2013 ? Est-ce que c'était quelque chose que tu voulais faire ? Et quel âge avais-tu à ce moment-là ? La fin de la vingtaine ?

39:36Willi Canell

Ouais, j'avais genre la vingtaine.

39:41Willi Canell

Eh bien, j'avais complètement oublié ça jusqu'à environ un an après avoir commencé le parapente, mais j'ai fait un vol en tandem quand j'avais genre 19 ans. Je voyageais en Amérique du Sud, j'étais seul et je faisais juste des trucs. J'étais en Équateur et ce gars, tu sais, j'ai vu un panneau pour le parapente. Je me suis dit : « Ça a l'air cool ». Je me suis inscrit. Je l'ai fait. Et je me suis dit : « Mon Dieu, je ne referai jamais ça. C'était terrifiant. »

40:14Willi Canell

Tu sais, j'avais juste la nausée tout le long, je tournais en rond avec les forces G. Ouais. Genre, mon petit corps fragile. Et je me disais : non, ça va, plus jamais. J'avais complètement oublié ça, jusqu'à quelques années après avoir commencé à apprendre le parapente, bien plus tard. Mais pour répondre à ta question, oui, je me souviens du moment où je me suis dit : je devrais faire du parapente. J'étais sur le télésiège à Baldy. Je coachais de la course en ski à l'époque, et j'ai juste levé les yeux et j'ai vu, qui sait, peut-être toi, peut-être Carell, quelqu'un qui s'envolait depuis Baldy. Ouais. Ouais. Ouais. J'étais probablement un gars de speed wing. Je ne m'en rappelle même pas, tu sais, je n'étais pas capable de reconnaître ce qui était quoi à ce moment-là. Et je me disais juste : je ne pourrais jamais faire ça.

40:59Willi Canell

Et puis, à la fin de la remontée en télésiège, je me suis dit que je pourrais carrément le faire. Et je pense que c'est ce jour-là que j'ai appelé Mike Pfau, que je connaissais par d'autres moyens, et j'ai lancé le projet.

41:12Gavin McClurg

Hein. C'est la loi de la nature.

41:15Gavin McClurg

Tu as ce truc vraiment cool, ce n'est pas une citation, mais c'est ça. Une entrée intitulée « la marée du corps ». Parle-moi de la marée du corps.

41:26Willi Canell

Oh, oui. Le flux du corps, c'est un peu ma façon de me sentir bien face à la manière agaçante dont, particulièrement dans l'entraînement physique, mais aussi très pertinent, je pense, pour l'apprentissage avec notre esprit, nous fonctionnons. La façon dont nous accélérons, dont nous stagnons, dont nous régressons, dont nous nous surmênons. Parfois, cela a des conséquences négatives. Et aussi la façon dont nous avons une progression d'apprentissage efficace et efficiente, si nous parvenons à trouver la bonne courbe. Mais le flux, surtout dans l'entraînement pour l'X-peer et l'X-helps, j'ai remarqué que parfois je me sens comme le roi du monde et, vous savez, je n'ai jamais soulevé plus lourd ou quoi que ce soit, ou jamais simplement fait le tour de Baldy deux fois en me sentant comme un roi capable de continuer toute la journée.

42:21Willi Canell

Et puis d'autres fois, j'ai l'impression que je ne pourrai jamais gravir Baldy, vous voyez, et c'est juste la nature de l'entraînement. C'est là que j'ai essayé de faire un point et d'être curieux de comprendre comment ça fonctionne. Parce que bien sûr, tout ça, j'ai été un athlète, je suppose, la majeure partie de ma vie avec le ski de compétition et d'autres choses, mais ces dernières années avec le X-peer, la course et le X-helps, c'est la première fois que je m'entraîne vraiment pour de l'entraînement pur. C'est ce que j'appellerais des activités d'endurance. Donc, c'est juste essayer de comprendre comment nos corps réagissent au stress, mais c'est aussi,

43:01Willi Canell

c'est aussi, je veux dire, lié à l'esprit, mais c'est un peu trop distant, genre le corps et l'esprit sont, je pense, plus que juste connectés. Ça se passe en même temps. Et, à mesure que j'apprends, j'ai remarqué que, vous savez, en parapente, je sais quand je, surtout quand j'apprends de nouvelles choses et peut-être plus tôt dans mon apprentissage, j'ai réalisé des moments où j'ai trop forcé. Et, et ça a peut-être causé une augmentation de la peur ou du doute ou, ou genre une hyper-conscience de la performance, ce qui est mauvais. Et, et comment ça vous freine. Et il y a, il faut aller doucement pour aller vite. Il faut prendre son temps et, et juste remarquer quand on progresse et, et être à l'écoute du rythme de son corps et non, et savoir que ça arrive plutôt que de, vous savez, juste en être la victime.

43:53Gavin McClurg

Est-ce que tu as des mantras ou des choses auxquelles tu reviens, que tu as identifiées soit via le journal, soit en volant, et que tu essaies de gérer ou de corriger avant la course ? Est-ce que tu as, est-ce que tu as des trucs comme mon...

44:07Willi Canell

mon mantra pour le X-Alps, est-ce que c'est pour tout le reste pour accomplir quoi que ce soit de difficile ? Ça demande des petits pas, mais pour accomplir le X-Alps, ça demande des petites étapes progressives.

44:22Willi Canell

C'est ma, c'est ma devise pour la course. Ouais. Mais je ne sais pas pour la vraie vie. Ouais. Je vais être personnel ici, mais mon mantra personnel, c'est un peu pour ça que j'ai intitulé mon, pourquoi j'ai intitulé mon blog « Plus tu montes, mais avec un esprit vide », plus tu montes, parce que je pense que particulièrement en parapente, on a tendance à remplir nos cerveaux avec tellement d'informations que c'est accablant. Et la plupart du temps, on a trop de choses à gérer pour se concentrer, vous voyez ce que je veux dire ? N'importe qui, n'importe qui qui pratique le parapente depuis un moment peut s'asseoir et en parler. Et on peut vraiment parler de parapente pendant des jours entiers, vous savez, il y a tellement de choses dans nos cerveaux. Le grand défi pour moi, c'est juste de prendre du recul, de simplifier tout ça et d'essayer d'avoir un esprit vide et juste de se concentrer sur les choses pertinentes quand, quand elles sont pertinentes.

45:15Willi Canell

Et ça te permet de monter plus haut.

45:18Gavin McClurg

Quel entraînement mental as-tu fait au cours des sept derniers mois ?

45:23Willi Canell

Eh bien, j'ai fait plus de méditation que je n'en ai jamais fait dans ma vie, ce qui est vraiment important. Je ne peux pas vraiment m'étendre là-dessus et expliquer pourquoi parce que je ne sais pas pourquoi, mais c'est une approche intéressante et je pense que c'est vraiment bon pour l'entraînement. J'ai remarqué que la pleine conscience en général est très utile pour les parties les plus longues et les plus dures de l'entraînement physique, vous savez, comme les longues marches sur la route, d'une ennui atroce... ça permet de mieux comprendre ce qui est atroce, pourquoi ça arrive. Mais bon, je suppose que ça concerne surtout l'entraînement physique plutôt que le vol. Enfin, aussi pour le vol, oui.

46:01Gavin McClurg

C'est assez mental, ouais. Ouais, je pense que les longues randonnées sur la route sont ce qu'il y a de plus mental qui soit.

46:09Willi Canell

Ouais, tu sais, la pleine conscience en général m'aide énormément parce que, par exemple, en repensant à ce vol au Nevada, je pense que j'aurais pu continuer à voler. Je sais qu'une fois atterrie, je ne voulais pas rester au sol ; j'étais évidemment super contente de ce vol, mais on a toujours envie d'aller plus loin. Mais aussi, quelque part au plus profond de soi, en dessous de ce dont on a conscience, au moins pour moi, je pense qu'il y a un interrupteur genre « je ne veux plus être en l'air », et être conscient de ça est la seule façon de remettre cet interrupteur sur « on », si tu vois ce que je veux. Je pense que l'endurance mentale qu'on a en l'air, une fois que pour moi, quand j'atteins cinq ou six heures, je dois être très attentive à...

46:56Willi Canell

ce que mon système nerveux me dit vraiment et de forcer le passage par-dessus, ce que j'aimerais idéalement avoir parfois

47:05Gavin McClurg

Tu as trouvé des astuces pour ça ? Tu en as trouvé, ou genre, pour moi, une grande partie c'était juste la nourriture, ouais, l'eau, tu vois. Genre, ouais, c'est sûr, on se sent tellement bien qu'on oublie de manger, et puis je me posais et je me rendais compte que j'étais complètement déconnecté, tu vois. Je veux dire, j'avais la faim depuis quatre heures et je tenais juste grâce à l'adrénaline, ouais.

47:28Willi Canell

me forcer à manger, tu sais, juste en l'air, mais aussi dans la vie en général, c'est important, mais oui, surtout en l'air.

47:41Willi Canell

Euh, enfin, je ne sais pas... il y a le côté nourriture et nutrition qui rend forcément plus difficile le maintien du système nerveux. Il y a deux autres choses que j'ai essayé d'aborder dans mon propre esprit quand je vole. L'une d'elles, c'est de prendre moins de décisions. Je pense qu'on se fatigue si on en prend trop. Si on grimpe dans cette superbe thermique et qu'elle continue de monter et monter et monter, et qu'on pense déjà aux prochains mouvements, j'ai en fait essayé d'expérimenter le fait de ne pas prendre ces décisions, juste d'observer. Parce que je pense que chaque fois qu'on prend une décision, on utilise de l'énergie, et je ne pense pas qu'on en utilise quand on se contente d'observer. Il y a le fait de regarder le ciel, à chaque tour, jeter un coup d'œil au nuage, faire un autre tour, regarder le nuage à nouveau et laisser son esprit se reposer, et juste, vous savez, ne pas s'épuiser. Tout va bien, on monte, c'est une excellente thermique.

48:35Willi Canell

et puis quand on arrive en haut et qu'on a toutes les données, les observations dont j'ai besoin, c'est quand j'essaie de prendre ma décision. Évidemment, dans certaines situations, il faut réfléchir à plus que le dernier virage pour décider où on va, mais d'autres fois, on arrive sur la thermique et on sait déjà ce qu'on va faire quand on sera en haut. Alors ne pensez pas du tout à ça, ne prenez pas cette décision 25 fois dans votre tête, comme si vous la preniez de manière maniaque. Je pense que ça nous fatigue tout au long de la journée.

49:01Gavin McClurg

Ouais, je veux dire, le cerveau est ce qui consomme le plus d'énergie, non ?

49:04Willi Canell

Carrément, grave.

49:05Gavin McClurg

J'ai ce problème : mes plus grands vols, évidemment, beaucoup de mes meilleurs vols ont des distances comme toutes les nôtres, vous savez. Je veux dire, j'ai eu une session de vol en soirée ce jour-là, après qu'on a raté notre vol l'autre jour, c'était aussi magique que n'importe quel vol que j'ai jamais fait. On a

49:23Willi Canell

mes records personnels et mes plus longues distances, c'est ça.

49:25Gavin McClurg

Mais mes... vous savez, mes plus grands souvenirs, comme le grand vol que j'ai fait en 2015 qui m'a fait grimper, vous savez, j'ai dépassé beaucoup de monde ce jour-là. J'étais totalement seul et j'ai pris une trajectoire complètement, complètement la mienne, vous savez. Mon record ici, il y a toutes ces années, il n'y a personne avec moi. Vous savez, je reconnais dans les compétitions que vous ne pouvez tout simplement pas quitter le groupe. C'est tellement risqué de faire des trucs tout seul. Mais c'est une autre paire de manches. Comment est-ce que vous gérez ça ? Parce que pour moi, c'est presque comme lutter contre un démon. C'est juste que quand je suis là-haut, tout seul, c'est tellement plus facile de prendre moins de décisions, vous savez. C'est plus facile de juste y aller, de le faire, de se mettre dans le flow.

50:16Gavin McClurg

mais tu sais, même quand on a volé l'autre jour, je remets tout en question. Il est sur une meilleure ligne, je ne monte pas aussi bien, je suis par là, pourquoi je suis passé par là ? Il est allé là-bas, j'aurais dû être là-bas. Tu vois, c'est... ça devient juste plus difficile de suivre son intuition. Tu as des bonnes réflexions sur l'intuition, j'ai...

50:35Willi Canell

Pour répondre à ta question, il y a deux choses qui me viennent à l'esprit. D'abord, je me considère comme un débutant complet en compétition, donc je ne sais pas quelle est la meilleure façon de faire pour équilibrer, tu sais, le fait de rester juste derrière le gars à côté de toi et les dix autres pilotes qui sont avec toi dans le groupe, ou de prendre ta propre trajectoire et de prendre ces risques. Évidemment, un certain risque sportif est nécessaire pour obtenir ce sentiment de dépassement de soi, tu sais, d'accomplissement. Mais pour répondre à ta question, la façon dont je gère ça, c'est que j'essaie juste de prendre la voie médiane. Genre, je suis conscient qu'une partie de moi prend la voie médiane et me dit de suivre cette ligne, et évidemment, le choix le plus prudent est de rester avec ces dix autres pilotes qui sont sur cette ligne. Par contre, je n'ai pas de réponse précise sur la façon de prendre cette décision. Je pense que quand

51:32Willi Canell

quand je suis dans cette situation, j'essaie de réfléchir à la pertinence de la manche. Genre, quelles sont les données que j'ai et qui sont pertinentes pour la manche en cours ? Et la manche en cours dans la situation que tu décris, c'est d'être plus loin que les autres en une heure. L'intuition est délicate parce qu'elle est très liée aux émotions, et souvent, l'émotion n'est pas une donnée pertinente pour la manche. La peur, par exemple, l'ambition, l'ardeur, le sentiment d'accomplissement, particulièrement... je pense que ces choses sont liées à l'intuition, mais d'une mauvaise manière, et on doit en être conscient. Au moins pour moi, je dois être conscient quand ces données non pertinentes pour la manche sont trop prédominantes dans ma prise de décision par rapport à des choses comme l'observation de la journée.

52:19Willi Canell

genre, le rappel de schémas à partir de ce vol-ci ainsi que de mes expériences précédentes en l'air tout au long de ma vie... c'est très compliqué, oui, évidemment, oui, oui, oui, nous

52:33Gavin McClurg

Et tu disais encore avant qu'on commence l'enregistrement, comme si tu en avais... et tu as écrit ça dans ton journal, c'est quoi la citation ? Euh, les béquilles de l'enthousiasme ? Oh, tu peux la sortir ou tu veux que je la trouve ?

52:47Willi Canell

Je ne l'ai pas sous les yeux, mais je m'en souviens. J'ai juste l'impression que dans ce sport extrêmement complexe avec autant de grands maîtres incroyables, je me contente de boiter sur les béquilles de l'enthousiasme. C'est tout, c'est tout ce que je peux faire.

53:14Gavin McClurg

C'est génial, tu as vécu cette super expérience en via cette année. On était tous les deux à la Sky Race et, tu sais, tu étais dans la Sky Race, mais tu n'étais pas sur une aile de compétition, tu n'étais pas sur une aile CCC. Je l'ai vu dans tes écrits, parce que tu as fait un compte rendu de chaque journée, il y avait beaucoup de ce truc de « béquille d'enthousiasme », tu vois ? Genre, tu te disais : « Attends une minute, c'est génial, mais est-ce que j'apprends vraiment quelque chose ? » et tu étais un peu en train de faire des allers-retours.

53:41Willi Canell

C'est bizarre, dès que tu participes à une compétition de parapente, au moins pour moi, il y a tellement de frustration et de confusion, mais c'est comme ça qu'on apprend, à travers cette dissonance. Et j'étais juste vraiment content, je ne sais pas, j'ai juste passé un bon moment à voler seul. Oui, ça aurait été génial si j'avais pu ralentir et voler avec des gens qui, au final, volaient en groupe beaucoup plus loin que moi, mais je ne sais pas, c'était bizarre, l'XC Sky Race était un bel environnement pour voler en solo quand j'en avais envie. Une chose qui m'a vraiment fait plaisir, c'est que j'ai utilisé l'XC Sky Race comme un terrain pour tester ce dont on parlait juste à l'instant, le fait de suivre son intuition, tu vois, d'aller là où je sentais que c'était juste, et d'être totalement puni quand je me trompais, comme je le fais d'habitude dans des zones compliquées, mais avec un feedback direct. Même si je n'étais pas sur une aile CCC, ce n'est pas ma progression actuelle, je ne me considère pas vraiment comme un intermédiaire dans ce sport et être sur une aile CCC, tu sais, à un moment donné, je me vois passer à une deux lignes rapide, mais j'étais juste ravi d'être sur la première aile D que j'ai jamais pilotée et d'en être content, tu vois, de comprendre le truc et d'avoir une super finesse de vol.

55:10Gavin McClurg

exclure les suites qui étaient fausses avant qu'une condition ne change, décris ça, d'accord ?

55:16Willi Canell

Ouais, j'y pense souvent parce que je pense qu'une erreur que je fais souvent, c'est que je décolle à Baldy ou n'importe où, je vole pendant une heure ou deux, et souvent j'ai l'impression qu'après quelques heures de vol en cross country — ce qui est normalement encore vers le début d'une longue journée — les choses changent généralement. Rarement les conditions restent les mêmes pendant plus de quelques heures, pour parler vaguement, ou alors après quelques heures, vous avez pénétré dans une zone, à moins de faire un triangle, qui fonctionne différemment de là où vous avez commencé. Et j'ai eu tendance, j'ai fait l'erreur par le passé de stocker toutes ces données et observations dans ma tête, d'apprendre des schémas de la journée, et il y a comme un effet velcro avec ça, et de finir par utiliser, vous savez, la première heure ou deux de vol comme source de réponses sur ce que je dois faire pour la suite du vol. Donc je suppose que ce que cette citation signifie pour moi, c'est que les choses vont changer dans presque n'importe quel vol de parapente en cross country ; ne faites pas l'erreur de n'utiliser que ce qui a fonctionné jusqu'à présent dans ce vol, vous devez être agile.

56:37Gavin McClurg

il faut être agile, j'aime bien ça. Comment quelqu'un qui n'a jamais volé dans les Alpes, euh, tu as fait la période X l'année dernière, je veux dire, tu n'avais pas volé dans les Pyrénées non plus, donc ça devait être un, ça devait être un schéma maintenant, ouais, ouais, mais ça devait aussi avoir été

56:53Willi Canell

une habitude, oui, mais ça devait aussi être...

56:53Gavin McClurg

pour gagner en confiance parce que tu as vraiment bien réussi là, mais comment est-ce que tu te prépares ? Parce que quand je remonte le temps et que je reviens en 2015, c'était l'une des choses qui ne me stressait pas trop parce que j'avais beaucoup volé dans les Alpes, rien à voir avec les Européens, mais dis-moi, parle-moi de ce côté de la préparation, le côté logistique, parce que je pense que beaucoup d'auditeurs ne vont évidemment pas faire le X-Alps, mais beaucoup de gens veulent savoir ce qu'il faut savoir pour aller dans les Alpes et s'amuser.

57:19Willi Canell

Je suppose que... je ne sais pas vraiment, je veux dire, ce que je fais, c'est... enfin, essentiellement...

57:30Willi Canell

pour compenser mon manque total d'expérience dans les Alpes, je suis en train de mémoriser les cartes à ma façon, et euh, mais d'une manière assez globale, vous voyez, en regardant les régions plutôt que des zones spécifiques. Je sais qu'un énorme désavantage pour moi sera de ne pas connaître les vents complexes des vallées des Alpes, et les Alpes, c'est juste qu'il n'y a aucun moyen que je puisse prendre la manche d'apprendre ça suffisamment bien pour que ça fonctionne. Plus précisément, j'ai abandonné cette idée. Ma stratégie est différente, elle est un peu plus... elle est un peu plus globale et je fais juste confiance à Rob et à moi-même pour être capables de comprendre et d'apprécier le processus de découverte de ce qu'il faut faire quand nous arriverons à chaque scénario complexe concernant le vol.

58:28Gavin McClurg

Tu en as ? Je t'ai demandé ce qui te faisait le plus peur, mais je veux y revenir, peut-être sous un autre angle. Ce n'est peut-être pas la même chose parce que tu as déjà vécu l'expérience, tu sais un peu comment ça se passe, mais quand je suis parti en 2015, ma plus grande peur, c'était que j'avais pu mettre de côté le côté physique parce que j'avais Ben, et il me disait : « Si tu travailles, ça va aller, je vais te préparer pour ça ». Parce que j'étais vraiment inquiet à ce sujet avant, avec mes genoux et mon passé de ski et tout ça. Mes genoux étaient en lambeaux, mais je n'avais aucune idée du genre : est-ce que je vais être éliminé en premier ou est-ce que je vais être bon ? Ouais, je...

59:09Willi Canell

Je n'en avais aucune idée. Est-ce que ça te fait peur ? Euh, oui, mais pas sous la forme « je vais être éliminé, dun dun dun, la course est finie ». La peur pour moi, c'est de passer à côté de l'expérience d'aller plus loin dans les Alpes en contexte de compétition, tu vois ? Euh, ouais.

59:29Gavin McClurg

mais c'est facile à corriger, tu continues juste, tu n'as pas besoin de t'arrêter.

59:35Willi Canell

Ouais, carrément. Je ne sais pas, oui, je veux dire, avoir des mauvaises performances, c'est une peur, mais pas une grosse. Je n'ai pas beaucoup de peurs concernant les X-Helps.

59:51Willi Canell

principalement l'excitation, vous voyez. C'est bizarre, la plupart de mes peurs concernent le fait de quitter mon entreprise, c'est bien plus stressant que d'aller dans les Alpes pour faire du parapente pendant trois semaines en plein cœur de la saison, ce qui est mon gagne-pain, c'est bien plus stressant que n'importe quoi dans les XC helps. Peut-être que ça ne devrait pas l'être, peut-être y a-t-il des choses que je néglige concernant les XC helps et dont je devrais m'inquiéter davantage, mais je pense y avoir réfléchi à tous les égards.

1:00:23Gavin McClurg

Je vais vous demander... on va finir sur celles-ci. Je fais ça depuis quelques semaines et je vais vous demander si vous avez des questions sur les « X helps ». Elles s'appellent comme ça, c'est Sam Harris qui les a appelées, mais ce ne sont pas les miennes ; je les ai adaptées pour les pilotes. Ce sont un peu comme des questions en rafale, mais ça ne veut pas dire que vous devez y répondre vite ou brièvement. Vous pouvez nous raconter une histoire si vous voulez. Mais je pense que j'aimerais juste vous poser celles-ci, je pense que ce sera sympa. Si vous aviez un seul conseil pour quelqu'un qui veut réussir en tant que pilote, quel serait-il ? Oh...

1:00:50Willi Canell

Mon Dieu, c'est une question très large. Je suppose que tu parles de quelqu'un qui débute ? Non, en général, oui. Et...

1:01:01Gavin McClurg

bien sûr, le succès se définit

1:01:03Willi Canell

par tout le monde indépendamment, mais pour moi, d'après mon expérience, la façon dont je réponds à cette question se concentre sur le fait de savoir comment utiliser ses propres outils, comme se connaître, découvrir quelle est votre arme, vous voyez ? Et par arme, je ne veux pas dire seulement ce dans quoi vous êtes vraiment doué, mais aussi ce qui vous fait aimer voler, parce que vous ne pouvez pas, vous ne pouvez absolument pas dans ce sport, à moins d'apprécier la progression. Donc s'il y a quelque chose qui bloque ça, comme une peur dont vous ne seriez même pas conscient, vous savez, vous pourriez simplement l'occulter complètement, elle vous inhibe toujours. Regarder à l'intérieur, regarder à l'intérieur de soi, c'est ma réponse.

1:01:46Gavin McClurg

Ce n'est pas sur ma fiche en tant que question, mais comment vois-tu la peur ? Oh...

1:01:52Willi Canell

J'ai une vision très complexe de la peur, simplement parce que je ne sais pas exactement ce que c'est. J'ai donc beaucoup de théories à ce sujet, mais particulièrement en ce qui concerne le parapente, je pense qu'il y a plusieurs couches de peur. Tout d'abord, avant le décollage, il y a une peur pertinente : nous avons une peur pertinente quand nous regardons les prévisions et les conditions et que nous décidons de décoller ou non. C'est une peur utile, genre : « d'accord, si je décolle dans ces conditions, je pourrais mourir ». C'est une bonne peur. Presque toute la peur que nous ressentons après ce point, une fois en l'air, est, selon moi, assez sans importance.

1:02:38Willi Canell

Et c'est logique qu'on l'ait, parce qu'on est des êtres humains et qu'on s'attache dans des sellettes d'escalade ultra légères, qu'on les lie avec des lignes de 0,8 millimètre à du nylon et qu'on monte à 18 000 pieds. Arrêtez, c'est juste trop ridicule. Je veux dire, c'est logique qu'on ait peur. Alors oui, je pense qu'on a... pour ma part, j'ai ressenti une sorte de... d'ombre diffuse d'agoraphobie, comme une peur de l'impuissance et d'un retrait complet, ce qui est aussi quelque chose que j'apprécie dans le parapente, mais il y a aussi une peur impliquée là-dedans. Et je pense que beaucoup de gens ressentent probablement cette peur humaine de base, celle d'être dans la prairie avec les lions, vous savez. On a la même chose dans les airs : on est exposés à des conditions auxquelles notre système nerveux, pendant des centaines de milliers d'années, si vous croyez à ce genre de choses, comme la science le dit, vous êtes...

1:03:37Willi Canell

tu vas mourir, tu sais, tu vas te faire bouffer par un lion si tu ne trouves pas d'arbre, donc on doit gérer ça et je pense qu'on y est super exposés quand on vole, même si on ne le sait pas, et j'ai essayé d'en être conscient dans mon esprit pour pouvoir mettre ça de côté. D'habitude, pour moi, surmonter la peur, c'est juste la reconnaître et se dire : « Ah, voilà ce que c'est, c'est de la peur », au lieu de simplement subir les effets secondaires, les autres aspects de la peur pour moi dans les airs, parce que le parapente peut être assez intense par moments et c'est très actif, on est... si vous prenez un enfant et que vous commencez à le secouer, il va ressentir de la peur, et c'est pratiquement ce qu'on fait là-haut, on se fait juste secouer par des forces invisibles.

1:04:27Willi Canell

d'air, vous voyez, donc ça entre physiquement en contact avec notre système nerveux. Alors, juste être conscient que se faire secouer peut provoquer de la peur, et c'est correct. Je ne me suis jamais dit : « Oh, je ressens de la peur, je ne devrais pas ressentir ça ». Il faut juste être conscient que, d'accord, c'est ce qui se passe, et que c'est sans importance par rapport à la décision que je dois prendre au sommet de cette thermique. Et je pense aussi qu'il y a une sorte de peurs inexpliquées que nous gardons à l'intérieur de notre corps ; pour moi, je remarque dans le bas de mon dos et ma respiration, c'est un endroit où je retiens beaucoup de peur. Et dès que je peux en être conscient et juste respirer et détendre le bas de mon dos, je parviens à en libérer beaucoup.

1:05:17Willi Canell

Ouais, c'est en gros ce que je pense de la peur, ce que j'essaie de réfléchir en vol ou au moins d'avoir en tête pour pouvoir la mettre de côté et éviter qu'elle ne me bouffe toute mon énergie ou ne rende l'expérience désagréable. Parce qu'une fois que tu es conscient de ce que tu ressens, généralement, ça ne pose plus problème. Le souci, c'est de le ressentir sans en être conscient, ou de le ressentir en étant conscient et en se disant : non, ça n'arrive pas, je n'ai pas peur. Ça n'aide pas non plus.

1:05:46Gavin McClurg

Il faudrait que quelqu'un fasse une étude sur ton analogie avec le lion, tu sais, le fait qu'on puisse errer sans but la plupart du temps sans se faire bondir dessus par une bête sans arrêt. Jusqu'à une époque assez récente, ça nous aurait tués. Tu vois, ce qui nous a permis de survivre, c'est notre réponse de fuite ou de combat.

1:06:09Gavin McClurg

C'est peut-être la réponse que nous essayons tous de trouver. C'est peut-être pour ça qu'on fait ça : parce qu'on n'a personne qui essaie de nous tuer en permanence. Donc, c'est, vous voyez, une partie du processus de pouvoir qui est

1:06:18Willi Canell

ce dont tu parles.

1:06:19Gavin McClurg

Biologique. Ouais.

1:06:20Willi Canell

Ouais. On a besoin de quelque chose qui nous donne un sentiment de puissance. Normalement, ce serait juste de rester en vie dans un environnement hostile. On n'a pas ça en ce moment. Alors on s'invente des trucs ridicules, comme monter à 18 000 pieds pour redescendre, tu vois, et je pense que ça fait partie de la santé psychologique dont on a commencé à parler. Ouais. Je suis d'accord avec toi.

1:06:41Gavin McClurg

Tu as parlé de la méditation. On a évoqué ton journal, mais j'aimerais approfondir un peu ce point. Quelle est la chose la plus importante, en dehors du pilotage, que tu puisses faire pour devenir un meilleur pilote ?

1:06:53Willi Canell

La chose la plus importante en dehors du pilotage, je pense, c'est la santé physique, comme bien manger et faire des efforts pour améliorer sa condition aérobie.

1:07:06Willi Canell

J'ai remarqué que, vous savez, je n'aurais jamais pensé à ça avant de m'entraîner pour le X-peer et le X-Alps, mais tout est tellement plus facile dans la vie si on fait juste un petit effort pour être un peu plus en forme et être capable de... Je veux dire, votre cerveau consomme tellement d'énergie que si vous arrivez à rendre votre corps un peu plus efficace, vous allez pouvoir économiser cette énergie pour d'autres choses. Alors, oui, être simplement en bonne santé.

1:07:38Gavin McClurg

Je pense aussi que c'est sous-estimé, mais être vraiment en forme vous rend beaucoup plus résilient. Si vous êtes très sportif et que vous vous prenez un gros choc, ça peut être, vous savez, la différence entre être paralysé ou pas. Prenons Ben comme exemple. Il y a un an, il est tombé très fort. Quand je courais vers lui, je me suis dit : « Ça pourrait être un cadavre ». Il s'est cassé le dos assez gravement. Mais le chirurgien a dit que s'il n'avait pas été aussi en forme, il serait forcément en fauteuil roulant. C'était, vous voyez, donc je pense que c'est une grande partie de l'histoire. On joue à un jeu assez risqué parfois. Et si vous êtes en forme, vous pouvez rebondir.

1:08:18Willi Canell

Ouais. Ouais, c'est vrai. Je veux dire, je pense qu'on ne devrait pas se mettre en forme dans l'idée de pouvoir survivre à quelque chose qui tourne mal. Mais je pense quand même que...

1:08:33Willi Canell

Mais oui, être plus résilient physiquement en général, ça se traduit par avoir plus d'énergie, être plus performant, avoir plus de bande passante mentale pour prendre des décisions si le moindre impact physique peut vous affecter.

1:08:48Gavin McClurg

Cette question est un peu délicate, alors prenez votre temps s'il le faut. Quelle expérience négative dans votre vie, que vous ne voudriez pas répéter, vous a le plus profondément changé en bien ?

1:09:00Willi Canell

Quelle chose négative ? Ça doit être quelque chose de négatif.

1:09:02Gavin McClurg

Ouais. Quoi de mauvais, de négatif ? C'est quoi une expérience que tu ne voudrais pas revivre mais qui, avec le recul, a été la plus profondément positive ?

1:09:12Willi Canell

Je me suis montré assez profond et personnel sur tout ça, donc je vais continuer sur cette lancée et répondre avec une honnêteté totale. Le divorce de mes parents quand j'avais environ 15 ans m'a sans doute permis d'avoir — d'avoir ouvert la porte à une autonomie énorme. Je ne voudrais pas que ça se reproduise. Je ne voudrais pas que ça se reproduise, surtout pour eux. Mais oui.

1:09:37Willi Canell

Les divorces. Ouais. Trop personnel ? Trop déprimant, les gars ? Désolé.

1:09:41Gavin McClurg

Non, pas du tout. Non, pas du tout. Malheureusement, beaucoup de gens ont traversé un divorce. D'accord.

1:09:49Gavin McClurg

Dernière question, et ça n'a rien à voir avec le parapente. Si vous pouviez résoudre une seule chose, laquelle serait-ce ?

1:09:55Willi Canell

D'accord. Si je pouvais résoudre une seule chose au monde, ce serait... puisque les problèmes sont trop nombreux. Avec l'état actuel du monde, une seule chose ne changera rien, donc je choisirais simplement d'accélérer complètement le déclin inévitable de la planète Terre et de l'humanité jusqu'à ce qu'on puisse recommencer à zéro.

1:10:19Willi Canell

Si tu me donnais genre 200 choses à faire, alors je commencerais peut-être à essayer de réparer les choses, genre arrêter les déchets ou, tu sais, supprimer la grande île de plastique flottante. Mais il y en a juste trop. Donc, ouais, accélérer l'inévitable.

1:10:41Gavin McClurg

C'est sombre, mais ça rejoint notre voyage au Nevada. Donc j'aime bien. J'aime bien. Willie, c'était un plaisir. Merci infiniment. Bien sûr, j'ai hâte de faire la course avec toi et de vivre une aventure avec toi dans les Alpes. Ça va être tellement fun. C'est toujours un plaisir de s'entraîner avec toi, de voler avec toi et de recevoir tes perspectives si uniques. Ton blog est génial. Je sais que c'est privé, mais je pourrais peut-être te convaincre de le rendre public pendant un petit moment, pendant que les gens – ou pas. Peu importe. Mais merci d'avoir partagé ça avec moi. C'était vraiment spécial et précieux, et ça me donne envie d'écrire plus souvent dans mon journal. Merci.

1:11:14Willi Canell

Merci, Gavin.

1:11:16Gavin McClurg

C'est apprécié. Si

1:11:27Gavin McClurg

Si vous trouvez CloudBase Mayhem utile, vous pouvez nous soutenir de bien des façons. Vous pouvez nous donner une note sur iTunes, Stitcher ou peu importe la plateforme où vous écoutez vos podcasts. Ça aide énormément à faire connaître l'émission. Vous pouvez en parler sur votre propre blog ou le partager sur les réseaux sociaux. Vous pouvez en discuter avec vos amis du milieu pendant que vous montez votre propre lancement. Je sais que beaucoup de conversations intéressantes ont eu lieu de cette manière. Et, bien sûr, vous pouvez nous soutenir financièrement. Cette émission demande beaucoup de temps, beaucoup de montage, de stockage, de musique et toutes sortes de coûts logistiques. Donc, si vous pouvez nous soutenir financièrement, tout ce que nous avons jamais demandé, c'est un dollar par épisode. Vous pouvez le faire via un don unique sur PayPal, ou mettre en place un service d'abonnement qui vous facturera chaque nouvel épisode. Nous sortons un nouvel épisode toutes les deux semaines. Donc, par exemple, si vous donnez un dollar par épisode toutes les deux semaines, cela revient à environ 25 dollars par an.

1:12:13Gavin McClurg

C'est beaucoup moins cher qu'un abonnement à un magazine. Et ça rend tout ça possible. Je ne veux pas financer cette émission avec de la publicité ou des sponsors. On nous pose souvent la question, mais pour une multitude de raisons, que j'ai déjà mentionnées à plusieurs reprises dans l'émission, je ne veux pas faire ça. Je n'aime pas avoir ce genre de trucs au début de l'émission. Et je veux aussi que vous sachiez qu'il s'agit de conversations authentiques avec de vraies personnes. Ce ne sont que nos opinions, mais nos opinions ne sont pas biaisées par des sponsors ou des dollars publicitaires. Je pense que c'est un modèle économique assez toxique. J'espère donc que vous appréciez ça. Vous pouvez nous soutenir si vous allez sur cloudbasedmayhem.com. Vous y trouverez les différents moyens de nous soutenir. Vous pouvez le faire via patrion.com/cloudbasedmayhem. Si vous voulez un abonnement récurrent, vous pouvez aussi le faire directement sur le site web. Nous avons essayé de rendre les choses très simples et cela vous donnera accès à tout le contenu bonus, aux petits podcasts vidéo que nous faisons et aux petits extra que nous trouvons dans les conversations et qui n'entrent pas dans l'émission principale.

1:13:07Gavin McClurg

Mais on estime que vous devriez savoir qu'on ne met rien de tout ça derrière un paywall. Si vous ne pouvez pas nous soutenir, dites-le-moi simplement. Et je vous créerai un compte. Bien sûr, ce sera pour la vie et j'espère que vous serez, un jour, en position de pouvoir nous soutenir, mais vous trouverez tout ça sur le site. Tous ceux qui nous ont soutenus, ou même qui se sont inscrits à notre newsletter ou ont acheté du merchandising Cloud Based Mayhem, des t-shirts ou des casquettes, ou n'importe quoi. Vous devriez tous être configurés. Vous devriez avoir un compte et pouvoir accéder à tout ce contenu bonus. Maintenant, merci infiniment de nous avoir écoutés. J'apprécie vraiment votre soutien et on se voit au prochain épisode. Merci.

·top