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180. Tim Rochas takes on the XRedRocks - Tim Rochas

// Gavin McClurg, Tim Rochas · 2022-10-17 · 00:57:16 · original episode · pdf

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[show notes]
Tim Rochas est un pilote d'essai Niviuk de longue date (il a effectué ses premiers tests pour Niviuk à l'âge de 12 ans !), concepteur d'ailes et de sellettes, membre de l'équipe française et pilote vétéran de la Coupe du Monde. Tim s'est récemment lancé dans la compétition hike and fly, non seulement pour ses propres objectifs mais aussi pour devenir un supporter de Tanguy-Renoud Goud pour la course Red Bull X-Alps de cet été 23'. Le post Episode 180- Tim Rochas takes on the XRedRocks est apparu pour la première fois sur CLOUDBASE MAYHEM.

[transcript]

0:09Gavin McClurg

Salut tout le monde, bienvenue pour un nouvel épisode de Cloud Based Mayhem. Tout d'abord, je dois m'excuser, j'ai une semaine de retard sur celui-ci, j'ai été un peu en retard ces derniers temps, surtout cet automne, et je vous promets qu'on va rattraper le temps perdu. Mais je viens juste de gérer deux événements consécutifs que j'ai organisés et dirigés, le Red Rocks Wide Open, puis l'Ex-Red Rocks, et entre les deux, il y a eu des travaux intensifs ici avant l'arrivée de l'hiver. Donc oui, tout a été rapide et intense, un peu démesuré, mais je ne vous ai pas oubliés, et on va revenir au rythme habituel de publication. Je m'excuse pour le retard, mais celui-ci en vaudra la peine. Mon invité aujourd'hui est Tim Roches, testeur de longue date pour Niviuk.

0:57Gavin McClurg

En fait, ses premiers tests pour Niviuk ont été sur le Coyote quand il avait 12 ans. Son père est pilote, il a une école, il a toujours une école dans le coin de Barcelonette. Il habite maintenant à Berbier. Tim et moi sommes devenus amis il y a des années via Niviuk, bien sûr, mais c'est un pilote de Coupe du Monde très accompli. Et il s'est aussi beaucoup mis à la marche et vol ces dernières années. Il a fait les Bournes et le Vercoe. Et il a soutenu Tanguy Renaud-Goud, qui était un autre des pilotes de Niviuk et futur pilote X-Alps. Il vient juste d'apprendre qu'il participe à la course de cette année, en 2023. Alors, lui et Tanguy sont venus pour l'Ex-Red Rocks quand ils ont rejoint Aaron Durogati et Patrick Von Cannell pour traverser l'Atlantique et ils ont passé quelques jours de course vraiment sympas.

1:49Gavin McClurg

Et pendant ces deux années, il a soutenu le Red Rocks Wide Open. Et ces deux-là sont partis faire le tour de l'Ouest et ont fait des vols incroyables à Zion et Moab. Ils ont eu des images vraiment superbes et tout ça. Du coup, je regarde ça sur son feed Instagram depuis la course. Mais je voulais rattraper le temps perdu avec Tim et faire un show avec lui pour parler SIV, tests et design. Il a aussi conçu beaucoup de sellettes Niviuk pendant longtemps. Et c'était enfin l'occasion de le faire. On a essayé ça ces derniers jours mais on n'arrêtait pas d'avoir des connexions pourries. Mais ce soir, ça a super bien marché. Alors encore une fois, désolé pour le retard. Et profitez bien de cette discussion avec Tim Roches, qui va soutenir Tanguy pour l'X-Alps. Il l'a aussi soutenu cette année pour l'X-Pyr.

2:36Gavin McClurg

Alors, ces gars-là se mettent en jambe pour le grand show. Profitez bien. Santé.

2:49Gavin McClurg

Tim, c'est génial de t'avoir enfin avec nous. On a eu des soucis avec internet et tout ça. Mais c'est pour de bonnes raisons. J'étais en voyage après les ex-Red Rocks. Et on dirait que toi et Tanguy vous êtes bien amusés. Alors je me suis dit, pour ceux qui écoutent et qui ne savent pas ce que vous avez fait, qu'est-ce que vous et Tanguy avez fabriqué ces deux dernières semaines ici aux États-Unis ?

3:16Tim Rochas

Ouais, c'était super. On a fait la compétition la semaine dernière. Et cette semaine, on a voyagé dans tout l'Utah. C'était vraiment sympa de s'envoler pour découvrir un nouvel endroit. Il y a tellement de paysages magnifiques ici.

3:31Gavin McClurg

Et c'était votre premier voyage toutes les deux aux États-Unis, c'est bien ça ?

3:35Tim Rochas

Ouais, c'était notre première fois aux États-Unis. Et ouais, c'était vraiment sympa de voyager un peu.

3:41Gavin McClurg

Quelles ont été les plus grandes différences, je suppose ? Je me souviens vous avoir récupérés. On était...

3:48Tim Rochas

on étaient en haut de

3:48Gavin McClurg

De Salt Lake jusqu'aux Red Rocks. On aurait dit que vous étiez tous les deux un peu sidérés par l'immensité. Vous savez, l'Utah est plus grand que le Royaume-Uni. Ouais. C'est presque un pays à part entière. C'est un endroit assez vaste. Mais qu'est-ce qui, vous savez, qu'est-ce que vous allez ramener avec vous qui était peut-être inattendu ?

4:12Tim Rochas

Ce qui surprend vraiment, c'est que tout est plus grand. On voit la voiture, le camion, la route... Tout est beaucoup plus imposant que ce dont on a l'habitude. La vallée aussi, ouais. Ce qui m'impressionne vraiment, c'est aussi ce qu'on peut voir d'un endroit à l'autre. On est à Monroe, et on a l'impression d'être au Canada. Et puis on va vers Moab, et c'est le désert. Et on repart plus au sud, près de Zion, et c'est totalement différent. Donc, d'accord, les distances sont grandes, mais ce n'est pas si énorme. Et on a des paysages complètement différents. C'est juste incroyable.

4:54Gavin McClurg

Ouais, c'est un sacré terrain de jeu, non ? Ouais. Les couleurs cette année, elles sont toujours comme ça. Mais, vous savez, je vais dans le coin de Monroe pour le fly-in depuis pas mal d'années. Et puis on a lancé le X Red Rocks l'année dernière. Et puis cette année, avant que vous arriviez, on a eu le Wide Open, le Red Rocks Wide Open, qui est notre national. L'un de nos événements nationaux. Et aussi un pré PWC. Et les deux ont eu une météo difficile. C'était un mois de septembre assez inhabituel. D'habitude, septembre est plutôt fiable. Mais c'était... je suis juste bluffé par les couleurs et les possibilités. Elles sont juste énormes.

5:32Tim Rochas

Ouais, c'est fin septembre ou même début octobre. Et on a fait genre deux fois dans la semaine plus de 5 000 mètres d'altitude. Le premier jour où vous nous avez conduits... depuis l'aéroport, on n'a pas dormi pendant 24 heures. On est arrivés à Monroe. Vous nous avez conduits pour le décollage à 6 heures, et on est montés à 5 000 mètres en moins de 10 minutes. C'était juste dingue. Juste pour se détendre à la fin de la journée. Super haut, et on est redescendus pour la réunion avant la compétition. C'était... Bon, on est arrivés. C'est incroyable.

6:10Gavin McClurg

Ouais, c'était vraiment cool. Ouais. Juste pour vous situer sur la carte. Vous vous faites conduire jusqu'au décollage, on vous donne un point de repère et on vous dit : « Atterrissez ici et on entendra Aaron... » Je crois qu'Aaron présentait ce soir-là. Aaron Duragadi. Et tout le monde regardait le ciel. Et vous, vous avez juste atterri sur le parking. C'était une intro super stylée, je pense.

6:30Tim Rochas

Ouais, vraiment, vraiment.

6:31Gavin McClurg

Alors, je suppose que vous reviendrez.

6:33Tim Rochas

Ouais, carrément. L'année prochaine, on sera de retour pour voyager davantage et essayer de plus voler dans le coin. Parce qu'on a découvert des trucs. Mais on a aussi de nouvelles idées et on veut pousser un peu plus sur certains endroits.

6:47Gavin McClurg

Cool. Raconte-moi la course de ton point de vue. Tu as soutenu Tanguy pour le X-Pyr et il va, je pense, être annoncé ici sous peu. Je pense qu'on peut dire dès maintenant qu'il est dans le X-Alps. Donc tu vas le soutenir pour le X-Alps. Vous formez une équipe depuis un moment maintenant. Mais vous avez aussi participé aux Bournes et à d'autres compétitions. Comment comparerais-tu ce qu'on fait ici avec ce que tu as fait en Europe ?

7:17Tim Rochas

D'abord, ce que j'aime, c'est que j'ai rejoint ce genre de compétition au début parce que je savais que je voulais être le supporter de Tanguy pour le X-Alps. Mais avant d'être son supporter, je voulais savoir ce qu'il y avait à l'intérieur. C'est pourquoi l'année dernière, j'ai commencé à faire quelques compétitions de I Can Fly. Et j'ai vu différents types de compétitions. Comme Born to Fly, on a aussi fait le Vercos Fly qui était assez différent. C'était plutôt un parcours autour de quelques refuges en montagne. Donc sans assistance. Et aussi quelque chose à Dubaï était différent. C'était plus comme ce qu'on a eu la semaine dernière. Une course par jour.

8:03Tim Rochas

Et ouais, ce que j'aime dans ce genre de course, comme celle qu'on a eue la semaine dernière aux X-Red Rock, c'est qu'on peut vraiment concourir.

8:11Gavin McClurg

Tu peux

8:11Tim Rochas

viens et c'est une journée, une course sans assistance.

8:17Tim Rochas

C'est plus simple. Je veux dire, si vous voulez faire une course, vous pouvez venir et la faire. Et c'est plus facile pour l'organisation de notre côté en tant que pilotes. Ce que j'ai aimé la semaine dernière, ce n'était pas à Dubaï. C'était une course courte. Je veux dire, chaque jour. Et cette semaine, c'était plutôt comme une vraie course I Can Fly chaque jour. Et on a essayé d'utiliser la journée complète chaque jour. Mais même d'après les prévisions, parce qu'on n'a pas eu de bonnes conditions tous les jours. Mais on a réussi à faire quelque chose de sympa sur la journée complète.

9:04Tim Rochas

Alors oui, c'est pour ça que j'ai aussi aimé avoir quelque chose sur une seule journée. Mais en utilisant la journée entière. C'était cool.

9:13Gavin McClurg

C'était vraiment génial. Le dernier jour, James Elliott a gagné. Il a réussi à atteindre le goal. Et Aaron Durogati n'était pas loin derrière lui. Il n'y en avait que quelques-uns, Tanguy et quelques autres qui ont pu se remettre en l'air à la fin de la journée. Et avoir ce vol incroyable sur une sorte de crête avec un décollage en "glass off". C'était assez dingue d'être assis au goal. Et les émotions de James Elliott qui gagnait ce jour-là. Lanny était tellement excité. Et puis Aaron qui arrive, atterrit et dit que c'était l'un des meilleurs vols de sa vie. Aaron fait ça depuis un moment. En tant qu'organisateur de compétition, c'était vraiment spécial de voir toute cette excitation sur vos visages. Parce que c'était difficile.

9:58Gavin McClurg

Physiquement, cette année a été nettement plus difficile que l'année dernière, simplement parce que la météo était assez rude.

10:04Tim Rochas

Non, non. C'était le cas. Même si les conditions étaient assez difficiles, on a marché énormément, c'est sûr. Je n'ai pas l'habitude de marcher autant. Et je ne suis pas aussi entraîné que les autres. Mais oui, c'était vraiment super dur. Par contre, c'était toujours intéressant parce que, oui, il fallait... Ce n'était jamais fini. De mon côté, j'ai essayé de ne pas tout faire le dernier jour. J'étais un peu fatigué. Mais j'étais sûr qu'il était presque impossible d'aller jusqu'au bout. Et finalement, ils ont réussi à le faire. C'était une journée de dingue. Et ils ont fait un énorme vol à la fin. Ils ont réussi à atteindre l'objectif. C'était vraiment génial.

10:49Gavin McClurg

Combien de temps consacrez-vous à votre rôle de pilote d'essai et de concepteur pour Niviuk ? Je sais que c'est votre travail principal, mais vous êtes aussi un pilote de Coupe du Monde très accompli. Évidemment, vous êtes un pilote, vous volez énormément. Et je veux en parler davantage, au rôle de pilote d'essai et à ce que cela implique, parce que je pense que les gens seraient très curieux de savoir. Mais quelle part de votre temps est actuellement consacrée à travailler avec Tanguy pour préparer le X-Alps et ces événements ? Parce que je sais qu'avec l'annonce à la mi-octobre, à ce stade, j'étais toujours très sérieux dans l'entraînement pour le X-Alps. Et je sais que vous prenez ça très au sérieux. Alors, à quoi ressemblent les neuf prochains mois, enfin un peu moins de neuf mois, pour vous maintenant ?

11:36Tim Rochas

On a plusieurs axes. D'abord, parce que oui, on a la préparation du X-Alps pour lui. Mais on est aussi sur les épreuves de la Coupe du Monde. La prochaine sera la Superfinal. Elle aura lieu au Mexique en décembre. Et ce genre de compétition, même si ce n'est pas la même... enfin, la même compétition, ça aide pour l'entraînement. Parce qu'on va beaucoup voler. On va essayer d'être aussi efficaces que possible en vol. Et c'est quelque chose qui peut être, pour moi, très utile pour s'entraîner en vol.

12:21Tim Rochas

C'est pour lui. Ce sera très important. Mais aussi pour moi, parce que je vois aussi comment il vole. On peut s'entraîner plus ou moins ensemble quand on est en vol. Et oui, c'est la première étape. Et après, on aura forcément quelques mois à passer à vérifier les routes. Trois mois de... Je ne sais pas quand ils vont l'annoncer, mais je pense que c'est vers mars. Mais quand on aura les routes, il faudra voyager autour des Alpes pour les vérifier. Pour voir par où on devra passer, quelles sont les différentes options. Et... pour y jeter un œil. Et aussi, parce qu'on ne pourra pas tout faire avant.

13:06Tim Rochas

Mais c'est sûr qu'on va devoir passer beaucoup de temps à vérifier les itinéraires sur Google Earth. Sur des applications comme CU et XA Contest. Juste pour voir où on peut aller, où on peut voyager en vol, où c'est difficile ou tout ça. Et après ça, c'est sûr que ce sera l'entraînement. La partie entraînement physique pour lui. Ça va prendre beaucoup de temps. Qu'est-ce que tu en penses ?

13:34Gavin McClurg

...c'est quoi... À ton avis, qu'est-ce qui rend Tanguy le plus nerveux ? Qu'est-ce qui l'inquiète le plus à ce stade ?

13:43Tim Rochas

à ce stade ?

13:45Tim Rochas

Je pense que c'est l'espace aérien.

13:48Tim Rochas

L'espace aérien, c'est quelque chose de assez... ça peut être délicat. Il faut... Il faut être très prudent avec ça. Je pense qu'au niveau physique, il sera prêt. Il est déjà bien préparé. Il n'est peut-être pas encore prêt sur tout. Mais je suis sûr qu'il sera prêt pour le début. Après l'expérience, on a vu quelques choses qu'on doit améliorer. Qu'il doit s'entraîner davantage. Par exemple, en vol. Et quand on doit descendre et que ce n'est pas flyable. Donc... C'est quelque chose qu'il sait maintenant, qu'il doit s'entraîner plus qu'avant. Mais... Et il a un instructeur,

14:34Gavin McClurg

n'est-ce pas ? Ouais. Il travaille avec un professionnel. Ouais.

14:36Tim Rochas

Il travaille avec un professionnel maintenant. Donc ce sera mieux pour lui. Parce qu'avant, il suivait son plan d'entraînement tout seul. Maintenant, il aura plus d'aide pour faire ça. Mais comme je l'ai dit, l'espace aérien sera délicat. Vous

14:53Gavin McClurg

Vous savez quoi ? Je... Vous savez, ça a toujours été quelque chose qui... qui me rendait vraiment nerveux. Parce que comme vous l'avez vu ces dernières semaines en volant ici, on ne gère pas les espaces aériens. On n'a pas d'espaces aériens avec lesquels on a des problèmes. Je veux dire, il y a des endroits, vous savez, dans le sud de la Californie, où ils doivent vraiment gérer les espaces aériens. Mais là où je vis, dans l'Idaho, on n'en a aucun. On doit se soucier des 18 000 pieds. Et c'est tout. Donc c'est assez facile. Alors j'étais toujours vraiment inquiet pour les espaces aériens et les X-Alps. Aussi parce que c'est devenu beaucoup plus difficile. Ouais. Vous savez, aux premières années, ils ne se souciaient pas vraiment des parcs nationaux. Et, vous savez, beaucoup de choses qu'ils font vraiment maintenant. Et on peut être lourdement sanctionné pour ça. Mais est-ce que l'un de vous utilise l'application FlySky High sur votre téléphone ?

15:39Tim Rochas

Ce qu'on utilise maintenant, on a les applications NaviTor. Vous voyez votre navigateur. C'est vraiment sympa pour voir les espaces aériens. OK. Donc c'est quelque chose qu'on a commencé à utiliser cette année. Et c'est vraiment un bon outil. C'est bien ? Ouais.

15:56Gavin McClurg

Et je dirais que peu importe l'appareil que vous allez utiliser, c'est super critique, surtout juste en quittant le Geisberg. Vous savez, le Geisberg en remontant vers le sud en direction de Waugrine. Il y a tout un tas d'espaces aériens là-bas. Mais le FlySky High a cette vue latérale dont j'ai déjà parlé dans l'émission. C'est une petite vue de carte supplémentaire que vous pouvez mettre sur votre écran de carte qui affiche la vue latérale. Elle montre votre trajectoire de vol et elle affiche l'espace aérien devant vous. Donc elle montre s'il est en dessous ou au-dessus de vous. Et ça rend les choses très visuelles parce que pour moi, au moins avec les espaces aériens, si on a juste une alarme ou si ça dit, vous savez, 500 ou 200 mètres avant le plafond et tout ce genre de choses, c'est difficile pour moi de me représenter ça.

16:47Gavin McClurg

Et je peux vraiment m'embrouiller. Mais si vous avez cette vue latérale, et je ne sais pas si XCTrack l'a. Je ne suis pas sûr. Je

16:56Tim Rochas

Je pense que XCTrack l'a, oui. Mais CU, nous n'avons pas cette option. C'est très sympa de le voir en 2D. Mais pour votre application, c'est bien mieux pour ça. Et c'est quelque chose qui peut beaucoup aider.

17:09Gavin McClurg

Ça change tout. Je ne me suis jamais, enfin, il y a eu beaucoup de fois où j'ai dû me rapprocher très près de l'espace aérien, mais je peux le voir. Vous voyez, et ça rend vraiment les choses beaucoup plus faciles. Je me souviens que lors de la course de 2019, Toby et moi avons tous les deux laissé Lermous pratiquement vide. Nous

17:25Tim Rochas

on étaient ensemble dans le garage

17:25Gavin McClurg

et sur notre chemin vers Davos. Et il a pénétré dans un espace aérien et a pris une grosse pénalité. Et je suis passé juste en dessous. Vous savez, je pouvais le voir. Chaque fois que je m'en approchais, soit je faisais un grand virage, soit un virage complet et quelques, vous savez, quelques spirales bien rapides. Mais, vous savez, il aurait pu jurer que c'était dans un scénario qu'on connaît vraiment. C'est évident. Vous savez, c'est un CTR. On ne peut pas le heurter. Alors, oui, ça rend les choses vraiment agréables. J'encouragerais quelque chose comme ça. Surtout parce que si vous êtes fatigué, vous savez, l'autre chose qu'on faisait, c'est que chaque matin, Revis dessinait les espaces aériens ou les prenait, vous savez, dans le dossier et les mettait dans ma poche. Ceux dont je devais m'inquiéter pour la journée. Pour que, vous savez, je puisse être littéralement en vol.

18:10Gavin McClurg

Et si j'étais nerveux pour quelque chose, je pouvais juste sortir une vraie feuille de papier et le voir dessus. Et ça aide aussi. Juste parce que, encore une fois, quand on est fatigué, on ne réfléchit pas toujours très clairement aux

18:21Tim Rochas

les hauteurs, les altitudes et tout ça.

18:24Gavin McClurg

comme ça.

18:24Tim Rochas

Ouais. C'est quelque chose qu'on a aussi vu dans le XPEAR parce qu'un jour, je n'étais pas avec, enfin pas proche de Tanguy, et je vérifiais la route et le suivi en direct. Et j'ai dû appeler Tanguy très, très vite parce que je me disais : « Hé Tanguy, tu vas entrer dans l'espace aérien. » Et il ne l'a pas fait. Donc on doit très bien vérifier la route et les espaces aériens potentiels que tu pourrais traverser.

18:53Gavin McClurg

Ouais. Ouais. Je

18:54Tim Rochas

veux dire, dans le

18:54Gavin McClurg

dernière course, vous savez, Aaron Durogati a pratiquement touché ça chez lui. Et ça peut vraiment vous avoir. C'est bien d'avoir, vous savez, juste chaque jour une partie de notre... voici quelques autres conseils. Quand nous faisons notre briefing de la journée, nous ne le faisons jamais à la première heure parce que tout le monde n'est pas réveillé. Vous savez, Tanguy va se lever et prendre la route. Vous avez déjà planifié ça la veille, vous savez. Donc, vous l'avez planifié la veille. Et donc, vous savez, nous allons avoir un briefing pour ce que sera la marche du matin et le vol du matin. Donc c'est essentiellement juste leur donner son matériel et la carte, et c'est parti. Et ensuite l'équipe peut prendre un café. Et puis quand vous prenez votre petit-déjeuner ou quand vous les voyez à nouveau et que tout le monde est réveillé, vous savez, à 8h ou 8h30 ou quelque chose comme ça, alors vous pouvez faire le briefing, le briefing météo.

19:44Gavin McClurg

Et c'est là que d'habitude Revis me donnait aussi l'espace aérien parce que j'étais plus frais, vous voyez, si on en parle au mauvais moment. Donc,

19:53Tim Rochas

vous voyez,

19:53Gavin McClurg

soit la veille au soir quand on est épuisé, soit dès le matin quand on n'est pas encore bien réveillé, alors rien ne peut nous arrêter.

20:00Tim Rochas

Bien sûr, bien sûr.

20:02Gavin McClurg

Alors, ça fait combien de temps que vous êtes chez Niviuk ?

20:07Tim Rochas

Ouf, ça fait longtemps.

20:09Tim Rochas

Je suis avec NIVIUK, je veux dire, je vole avec eux depuis presque tout le temps.

20:17Tim Rochas

Mon père est un très bon ami de Dominique, le patron de NIVIUK. Oh, wow. J'ai fait, en tant que SIV, la certification du coyote, la plus petite taille du premier coyote quand j'avais 12 ans. Un jour, en fait, Dominique a demandé à mon père : « J'ai besoin de ton fils parce qu'il nous manque un pilote très léger pour faire la certification de cette aile. Et je sais que ton fils vole. Alors, est-ce que vous pouvez venir en Suisse avec nous ? » Oui,

20:54Gavin McClurg

bien sûr. Nous

20:54Tim Rochas

on va faire un truc genre SIV et Tim va faire une manœuvre pour tester l'aile et comme ça on pourra certifier cette petite taille. Et ça commence un peu comme ça au début.

21:06Gavin McClurg

Vraiment ? Donc tu es pilote d'essai depuis tes 12 ans ?

21:08Tim Rochas

Ouais. Alors c'était la première fois que j'étais proche d'eux. Et ensuite j'ai continué, enfin, pour la compétition. Je commence la compétition à 16 ans. Et j'étais déjà avec l'équipe à ce moment-là. Et après ça, après quelques années, très, très proche d'eux, je testais un peu l'aile de compétition, le prototype. J'étais autour d'Olivier parfois. Et j'ai fait quelques stages après mes deux, je ne sais pas le mot en anglais, mais mes deux années d'université. Et après ça, j'ai commencé à travailler à plein temps avec eux, ça fera cinq ans en janvier.

21:58Tim Rochas

Donc, ça fait assez longtemps.

22:01Gavin McClurg

Tu as quel âge maintenant ?

22:02Tim Rochas

27. Purée,

22:05Gavin McClurg

tu es jeune. Purée.

22:08Gavin McClurg

Et tu fais des Coupes du Monde depuis 10 ans, c'est ça ? Donc depuis tes 17 ans.

22:14Tim Rochas

Oui, 10 ans. Première Coupe du monde. Ouais. Et

22:18Gavin McClurg

ensuite j'étais

22:18Tim Rochas

en Val-Lorraine en 2013, je pense. Ouais, il y a un peu moins de 10 ans.

22:27Gavin McClurg

Et est-ce que tu es toujours pilote d'essai pour Niviuk ? Ouais. On dirait que tu es plus dans la conception de sellettes. D'accord, donc tu fais les deux. Ouais, je le fais. La conception de sellette est l'activité principale ?

22:35Tim Rochas

Ouais, je fais presque tout chez Niviuk.

22:39Tim Rochas

Je travaille principalement sur la conception de la sellette en ce moment. Mais oui, je fais aussi pas mal de tests et je travaille sur le réglage de l'aile avec Olivier. Donc oui, c'est à plein temps. Ça dépend des jours, mais en général, lors d'une journée normale, nous sommes au bureau le matin pour travailler sur la conception. De mon côté, je m'occupe des sellettes. Olivier s'occupe des ailes. Et l'après-midi, nous testons et réglons l'aile quand elle est en bon état pour voler. C'est comme une journée normale.

23:17Gavin McClurg

Et il y a des trucs assez intéressants qui sortent du côté des sellettes. Parle-moi de ça. Je veux dire, j'ai vu passer quelques petits clips, mais on dirait que des sellettes sympas vont sortir.

23:27Tim Rochas

Ouais, on vient de finir les deux nouvelles sellettes classiques, les sellettes pod. On en a une qui s'appelle la Hawk. C'est une sellette pod simple sans queue. Et on a fait la même avec la queue. Et ouais. Elle est basée sur la même sellette. On a juste changé le dos. Et ouais, ce sont deux vraiment superbes sellettes sur lesquelles on travaille depuis quelques années. Alors maintenant on peut dire qu'elles sont prêtes. Elles sont en production. Et on a essayé de faire quelque chose de très confortable avec un poids modéré. Ce n'est pas une sellette très légère, mais c'est autour de 4 kilos pour la taille moyenne. En utilisant pas, non, je ne vais pas dire "pas".

24:13Tim Rochas

Mais parce que c'est une sellette durable, un matériau durable, pardon. Et pour le cadre, on a fait quelque chose de plutôt rigide pour avoir quelque chose de stable. Et pour avoir l'impression que même avec une sellette légère, je veux dire avec une sellette de 4 kilos,

24:32Tim Rochas

où vous avez la sensation d'une sellette de compétition. Je veux dire, vous êtes très proche de la sellette. Tout est en modélisation 3D. Le dos, l'assise, et tout est beaucoup travaillé avec du façonnage 3D partout. Et le cadre est très confortable et stable pour ce genre de sellette. Donc oui, je pense qu'on a de beaux produits avec ça.

24:55Gavin McClurg

Et c'est la sellette de compétition ?

24:57Tim Rochas

Non, ce n'est pas la sellette de compétition. C'est le Hook et l'Arrow seront pour les pilotes de cross country. Et nous travaillons sur une sellette beaucoup plus aérodynamique.

25:12Tim Rochas

On l'appelle le Drifter 2. Et pour celui-ci, nous aurons une version pré-sérielle au Superfinal pour le pilote de l'équipe. Et vous en aurez un.

25:25Tim Rochas

Et oui, c'est une sellette beaucoup plus aérodynamique. Complètement fermée. Ce n'est pas le même concept que le submarine. Elle n'est pas gonflée, mais elle est totalement fermée. Et on travaille beaucoup avec la simulation 3D pour optimiser la forme, l'épaisseur de la sellette, la forme de la queue. Et on a quelque chose de très performant et aussi de très confortable. C'est pour ça qu'on est super contents sur ce point. Donc oui, on a énormément de projets sur cette partie sellette. On travaille aussi sur la sellette X-Harp que vous avez probablement vue la semaine dernière quand je m'en servais.

26:11Tim Rochas

C'est aussi un très beau modèle. Il s'appellera l'Arrow Plume.

26:16Tim Rochas

Elle est basée sur la sellette que nous venons de présenter, la Coupé Car, celle avec la queue, l'Arrow. Mais en version légère, on est autour de 1,5 kilos pour le moment.

26:29Tim Rochas

Et c'est vraiment, vraiment confortable. Il y a quelques trucs à régler, mais je suis vraiment content des résultats qu'on a déjà. Je vais donc travailler sur ce projet la semaine prochaine quand je serai de retour en France, en Suisse, pardon. Comment

26:43Gavin McClurg

Combien de temps faut-il pour passer du concept d'une sellette à la livraison ? Ça a l'air d'être un équipement incroyablement complexe.

26:51Tim Rochas

Ouais, ça dépend du projet sur lequel vous travaillez et de beaucoup de choses, en fait.

27:01Tim Rochas

Par exemple, pour cette sellette de compétition, on y travaille depuis quelques années. Mais...

27:09Tim Rochas

On a aussi des projets qu'on a dû terminer avant. Donc... Ouais, c'est toujours délicat de gérer plusieurs projets en même temps. Mais... maintenant, on a un outil très puissant à l'usine. Avant, c'était assez... je ne dirais pas compliqué, mais c'était difficile d'être rapide. Et maintenant, avec la nouvelle usine au Vietnam, on a juste une équipe incroyable là-bas. Ils travaillent très vite. Ils sont super efficaces et ils ont une connaissance énorme de cette partie. Donc... on est beaucoup plus rapides qu'avant. On a aussi une équipe en Espagne qui peut aussi travailler sur la recherche.

27:57Tim Rochas

Je veux dire, pour la forme, pour la sellette de compétition. Ça nous aide énormément pour la recherche et on peut gagner beaucoup de temps. Mais... Ouais. Développer une sellette est une longue manche. Quand c'est une sellette à sangles comme la pièce Romer que nous avons, il y a peu de pièces de tissu. Donc ça prendra moins de temps pour créer le patron. Mais quand c'est une sellette complexe comme la Drifter ou la Arrow, vous avez des milliers et des milliers de pièces qu'il faut créer, faire correspondre, synchroniser. Et... Ça prend beaucoup de temps pour ajuster... Quand parfois vous avez des plis, vous devez changer un peu la forme de la courbe ou...

28:43Tim Rochas

Je ne sais pas... plein de choses. Ça prend beaucoup de temps et c'est un travail bien plus manuel que ce que vous pouvez faire avec une aile. Avec une aile, c'est sûr que ça prend du temps. Mais le logiciel fait la 3D de l'aile. Et il exporte les panneaux 2D et les plans 2D. On les envoie à l'usine. Ils font le nesting, ils découpent l'aile et ils cousent. Sur la sellette, vous devez créer le patron vous-même. Ce n'est pas le logiciel qui crée le patron. Donc... ça prend beaucoup de temps et vous avez beaucoup de choses à ajuster, ainsi que le mouvement du tissu et la tension d'une sangle à une autre pièce de tissu ou quelque chose comme ça.

29:30Tim Rochas

Il y aura aussi des différences selon le réglage. D'un pilote à l'autre, avec des morphologies différentes ou... Il faut trouver un compromis entre tout et faire en sorte que tout s'ajuste. C'est donc assez complexe. Mais c'est ce qui rend le truc super intéressant.

29:50Gavin McClurg

Et qu'en est-il d'une aile ? Par exemple, entre l'EVOX et le X1, combien de prototypes séparent généralement ces deux ailes ? Ou entre... vous savez, l'Arctic 5 et l'Arctic 6 ou... choisissez. Est-ce que ce sont toujours juste de petits changements ? Parce que, vous savez, le X1 a représenté un grand changement.

30:15Tim Rochas

Ça dépend. Par exemple, sur l'EVOX, on a travaillé pendant de nombreuses années. C'était une manche très, très difficile pour trouver un bon compromis afin d'ajuster tout. Parce qu'on a dû beaucoup apprendre.

30:39Tim Rochas

Et c'était aussi le premier moment où nous avons vraiment travaillé avec le logiciel de simulation. Il a fallu essayer de voir comment ça fonctionnait entre le logiciel, la simulation et la réalité. Donc pour l'EVOX, on a fait... je ne me rappelle pas combien de prototypes. C'était une manche très, très longue parce qu'on a beaucoup appris, en fait. Et avec l'X1, c'était assez différent parce qu'on avait ces connaissances acquises pendant le développement de l'EVOX. Mais on a tout poussé plus haut. Je veux dire, on a poussé l'allongement. On a poussé le nombre de cellules.

31:26Tim Rochas

On a aussi poussé d'autres paramètres. On a poussé différentes choses sur le profil aérodynamique. Et c'était plus rapide. Mais là, on a fait un énorme bond entre l'EVOX et le X1. Et maintenant, avec la nouvelle version de l'aile de compétition, il est difficile de trouver le meilleur compromis sur tout. On a de nouvelles choses qui sont améliorées. J'ai testé la vitesse sur certains prototypes. On est plus rapides. Ou on plane mieux. Mais on doit trouver le bon compromis pour être meilleurs partout. Et c'est quelque chose de assez difficile pour le moment parce qu'on doit trouver les nouveaux éléments qui nous aideront à trouver le meilleur compromis pour être meilleurs que le X1.

32:18Tim Rochas

On a quelques trucs intéressants, mais ce n'est pas prêt pour le moment. Donc, oui, ça dépend du prototype. Ça dépend de l'aile sur laquelle on travaille. Parfois c'est rapide. Parfois c'est long. Parfois on repart de zéro.

32:37Tim Rochas

Parfois, on prend la version précédente que nous avons essayé d'améliorer en fonction de ce que nous avons vu ou de ce que le client a dit. OK, il y a trop de roulis. Ou alors l'aile est vraiment bonne en virage. Mais on sent qu'on peut faire mieux sur l'aile. On a besoin de plus de performance. Donc ça dépend. On ne reste jamais figé sur quelque chose. Ça dépend de l'aile, du projet. Ouais, c'est toujours intéressant. Quoi

33:11Gavin McClurg

À quoi ressemble le métier de pilote d'essai pour vous ? Vous dites souvent que vous travaillez au bureau le matin, sur la conception ou le logiciel, ce genre de choses. Et puis l'après-midi, si c'est flyable, vous allez voler. Je vous ai vus, par exemple, toi et Ted. Je l'ai vu pour la première fois en Argentine quand vous êtes arrivés à Goal un jour. Vous faisiez tous les deux cette sorte de crack back. Ce n'était pas vraiment un tail slide, c'était juste une sorte de chevalet inversé jusqu'au sol. Et je suis venu vers vous. Waouh, c'était dingue. Je n'avais jamais vu des gens faire ça jusqu'au sol. C'était comme un petit mouvement d'hélicoptère. Et j'ai demandé si je devais faire ça sur mon Evox, et tu as dit : non, non, non, ne le fais pas sur celui-là. C'était le prototype X1s. Mais vous l'avez fait.

33:55Gavin McClurg

Est-ce que vous faites juste de l'acro toute la journée ? Non. Je ne sais pas. À quoi ressemble le quotidien d'un pilote d'essai ?

34:02Tim Rochas

En tant que pilote d'essai, il y a, enfin, plusieurs choses. D'abord, quand vous recevez le prototype, vous devez le faire voler. Vous devez juste ressentir l'aile, voir comment elle fonctionne, sa sensibilité, ou simplement faire voler l'aile pour voir comment elle se comporte. Ensuite, vous devez régler le trim pour vérifier la vitesse ou si, par exemple, le centre est trop rapide ou que les extrémités sont trop lentes. Vous devez régler le trim général, oui, le trim général de l'aile. Après, il y a les freins qui représentent aussi une énorme partie du travail. Si vous voulez quelque chose qui tourne plus à plat ou quelque chose qui tourne avec un rayon plus grand ou plus petit, vous devez régler le trim de l'aile.

34:53Tim Rochas

Donc, quelque chose avec une pression légère sur la poignée ou un peu plus. Et donc, c'est, oui, la deuxième partie : il faut régler l'aile et faire ce que vous voulez avec elle. Quel est l'objectif de l'aile et ce que vous en faites définira le caractère de l'aile et aussi ses performances, c'est sûr. Et après, il y a la certification. Oui. Les manœuvres que vous devez tester pour voir comment ça fonctionne, comment est l'aile, quel est le comportement de l'aile quand quelque chose ne va pas. Par exemple, quand vous faites une fermeture avant ou quelque chose d'asymétrique ou des décrochages, toutes ces sortes de choses, il faut les tester.

35:43Tim Rochas

Même si ce n'est pas le prototype final, il faut le tester.

35:50Tim Rochas

C'est quelque chose de vraiment important. Quand vous faites les développements, d'accord, quand vous ajustez les freins, par exemple.

36:01Tim Rochas

Mais ce que vous faites avec le frein peut avoir une influence sur les résultats du test de spirale, par exemple. Quand vous faites le test de spirale, par exemple, si vous voulez une aile ENA, quand vous faites le test, l'aile doit sortir en moins d'un tour. Si vous voulez avoir une ENC ou une ENB, elle doit sortir en moins de trois tours. Je pense que oui, c'est en trois tours. Et si vous faites quelque chose avec le frein, le frein aura une influence dans ce compartiment. Donc, même comme je l'ai dit, ce n'est pas le prototype final et ce prototype n'ira pas à la certification parce que vous aurez d'autres améliorations plus tard avec le deuxième prototype.

36:50Tim Rochas

Il faut tester ça et jeter un œil au compartiment, sur toutes les manœuvres. Parce que si quelque chose ne fonctionne pas sur ce prototype, si vous faites la même chose sur le prochain prototype, ce ne sera pas correct. Vous ne pourrez donc pas obtenir la certification à la fin. Alors, oui, il faut faire voler l'aile, il faut régler l'aile et il faut tester l'aile dans différentes manœuvres et différentes conditions.

37:18Gavin McClurg

Quand je pense aux pilotes d'essai, je pense aux pilotes d'essai. Il y a toujours des gars comme vous. Ce sont de vraiment, vraiment bons pilotes qui ont une tonne d'heures et qui testent tout le temps. Comment est-ce que vous changez votre façon de penser, ou est-ce que vous avez même besoin de le faire, quand vous passez d'un X1 à un Coyote ? Il me semble qu'un pilote d'ENB devrait piloter un Coyote pour savoir ce que ça fait. Comment savoir ce que ça fait quand c'est une aile aussi basique pour vous ? Est-ce que vous avez toujours ce genre de... Je suppose que ce que je demande, c'est ce qui fait un bon pilote d'essai ? Doivent-ils vraiment être le genre de meilleurs pilotes au monde ?

37:56Tim Rochas

Non, je ne pense pas qu'il faille être le meilleur pilote du monde. Pour moi, il faut être... il faut être capable de passer, comme tu l'as dit, d'un X1 à un Coyote. Et il faut être capable de se mettre à la place des pilotes pour lesquels l'aile sera conçue. C'est donc quelque chose d'intéressant : il faut ressentir quel est l'objectif et ce que l'aile doit vous renvoyer comme retour. Il faut ressentir les différentes choses dans le frein et comprendre tout ce genre de choses. Vous n'avez pas besoin d'être le meilleur pilote au sommet du monde.

38:41Tim Rochas

Pour moi, ce n'est pas l'objectif. Mais il faut être capable de passer de tout. Il faut avoir confiance avec toutes les ailes que vous pilotez. Et il faut comprendre l'aile. Il faut comprendre comment elle fonctionne aussi. Parce qu'une partie, c'est le test, c'est le vol. Mais il faut voir comment vous pouvez changer les différentes choses. Ou ce que vous pouvez faire pour corriger ce problème ou ce genre de chose. Ce que j'aime... je travaille un peu sur l'aile. Pas souvent, mais j'y travaille un peu. Et pour moi, il est très important de faire le parallèle entre ce que vous voyez en vol,

39:28Tim Rochas

ce que vous voyez sur le logiciel et les possibilités de modification que vous avez. Que pouvez-vous faire ? Même s'il ne s'agit pas du caractère ou du compartiment de l'aile. Parfois, quand vous avez un pli ou quelque chose sur l'aile que vous voulez corriger, vous devez réfléchir à la structure interne de l'aile. Parce que vous voyez la partie externe, mais il y a aussi quelque chose de très important à l'intérieur. Je veux dire, les bandes de tension, les diagonales et la construction interne ont aussi une influence sur l'aile.

40:10Tim Rochas

Il est donc important de pouvoir faire le parallèle entre tous ces différents aspects.

40:17Gavin McClurg

Comment est-ce que tu ne te contentes pas de monter sur un coyote, de le lancer et de le maltraiter jusqu'à ce qu'il fasse une fermeture en te disant que ce serait trop sympa de le mettre à la poubelle ?

40:28Tim Rochas

Ouais, c'est assez sympa quand on fait des tests. Quand je vais à Villeneuve pour tester au-dessus du lac, c'est toujours amusant quand tu es... je veux dire, quand tu es avec une aile simple, tu vas comme ça. OK, c'est amusant. Et on fait, on prend le A, on tire et on fait la fermeture. Quand c'est plus complexe, quand tu es avec une aile complexe comme la X1, tu es un peu plus stressé, mais c'est quand même amusant. J'aime ça.

40:57Gavin McClurg

Dis-moi en plus. Quand tu testes la X1, juste en sachant qu'elles sont plus difficiles à récupérer,

41:06Gavin McClurg

est-ce que ça vous stresse plus ou est-ce que vous l'avez fait tellement souvent que ce n'est plus vraiment un problème ? Non,

41:11Tim Rochas

non. Tu

41:11Gavin McClurg

on ne sait pas comment ça va réagir.

41:14Tim Rochas

Même si vous... vous y êtes habitué ou si vous travaillez dessus depuis longtemps.

41:22Tim Rochas

Je n'y travaille pas depuis très longtemps, mais je le fais.

41:29Tim Rochas

On est encore nerveux avec ce genre d'aile parce qu'on sait que, d'accord, peut-être que l'aile a un très bon comportement, mais si on fait une erreur, ça va mal tourner. Alors quand je le fais en général, je commence par la fermeture en vitesse de trim, avec la fermeture côté avant et tout le reste. Et ensuite, je vais pousser un peu plus, un peu plus, un peu plus jusqu'à ce que, d'accord, là je suis à la limite, à pleine vitesse, et maintenant je dois être très concentré pour suivre la marque, pour faire la fermeture correcte, en suivant ce dont on a besoin. Et je ne... je dois rester sur la marque et je ne veux pas aller trop loin, parce que si je fais, par exemple, pas une fermeture asymétrique de 75 %, mais 80 ou 85 ou 90 %, je sais que, ouais, les résultats seront énormes,

42:26Tim Rochas

un énorme virage ou quelque chose comme ça. Donc, ouais, il faut être précis, être concentré et réfléchir, être prudent quand on le fait. Et c'est important.

42:39Gavin McClurg

Ce que j'entends de la part d'autres personnes comme vous, qui sont des pilotes d'essai ou juste, vous savez, de très bons pilotes acro qui sont aussi de bons pilotes XC ou simplement des pilotes qui ont beaucoup d'expérience, c'est que ce qu'ils voient est potentiellement un risque assez important. Je parle des Peak 5, des Xeno 2, des 2 lignes E &D qui sont, vous savez, des ailes incroyables, très rapides et... mais aussi assez stables. Vous savez, ce sont de grosses 2 lignes de nos jours. On ne voit plus les décollages brutaux qu'on voyait à l'époque en classe ouverte, il y a 10 ou 15 ans.

43:28Gavin McClurg

Mais les gens qui les pilotent finissent par être presque trop à l'aise avec ça. Ils en sont conscients, ils savent que si quelque chose tourne mal, ils doivent réagir de manière appropriée. Mais beaucoup n'ont pas les compétences pour le faire. C'est juste parce qu'elles sont si résistantes à la fermeture que quand ça arrive, c'est une grosse surprise et on est souvent un peu en retard sur les commandes.

43:59Tim Rochas

Ouais, c'est quelque chose qui... Bien sûr, quand tu as une aile 2 lignes, tu sens qu'elle est plus compacte, plus stable parce que la répartition des lignes et la construction de l'aile sont plus compactes. Tu as plus de réserve à l'intérieur. Et tu sens plus... Au début, tu sens que l'aile est plus stable. Mais tu devras quand même être bon dessous pour être conscient de ce qui peut arriver. Et, ouais, pour moi, ce qui est vraiment important quand tu voles ce genre d'aile, c'est de les voler assez souvent et aussi de faire des SIV. Quand tu peux faire quelques jours de vol, tu peux les voler assez souvent. Tu peux aller au lac et faire des décrochages et faire...

44:46Tim Rochas

Ouais, pour voir ce que tu peux faire avec ton aile, quelle peut être la réaction. Comme ça, tu es conscient, tu sais ce que tu peux faire et quelles sont tes capacités. Je ne sais pas comment le dire en anglais... Quel est ton niveau de connaissance et, ouais, c'est important de savoir ce que tu peux faire et de s'entraîner sur ce genre d'aile.

45:10Gavin McClurg

Si vous étiez un pilote d'essai, ou juste un pilote qui faisait quelques Coupes du Monde par an et qui essayait de bien réussir, combien de SIV feriez-vous ?

45:21Tim Rochas

Pour moi, ce que j'aime faire, c'est faire un SIV avant la saison. En général, avec l'équipe française, on en fait un en avril ou fin mars. Comme ça, on est prêts quand les conditions commencent et que les compétitions commencent aussi.

45:44Tim Rochas

Alors, ouais, pour moi, si vous faites un bon SIV au début de la saison, c'est le top. Et

45:52Gavin McClurg

qu'est-ce que tu ferais… qu'est-ce que tu fais sur ton X1 en SIV ?

45:58Tim Rochas

Principalement, je fais des décrochages. En général, j'essaie de commencer par un décrochage à plat. Je veux dire, à partir d'un vol rectiligne, juste un décrochage en essayant de récupérer assez vite. Comme ça. Et après, j'essaie d'en faire un, de récupérer, puis d'en refaire un pour essayer d'avoir plus de dynamique. Et j'essaie de les faire aussi vite et aussi proprement que possible. Comme ça, tu sais, d'accord, tu es... Ça fait une sorte de simulation de, d'accord, tu es dans ce moment stressant parce que tu sors tout juste d'un décrochage et que tu dois en sortir très rapidement.

46:47Tim Rochas

C'est comme quand tu es en condition normale, que tu as une fermeture ou un nœud ou quelque chose comme ça, et que tu n'es pas très haut et que tu dois sortir très vite. Donc, c'est quelque chose que j'aime faire. Comme je l'ai dit, je commence par le décrochage, le décrochage plat, et ensuite j'enchaîne plusieurs décrochages les uns après les autres. Et je fais aussi des pirouettes. La pirouette est aussi intéressante à récupérer parce que tu décroches d'un côté, tu tournes, tu dois bloquer. Si tu peux bloquer, tu peux sortir par l'arrière ou par l'avant. Mais c'est quelque chose d'intéressant à comprendre de manière asymétrique.

47:30Tim Rochas

Et je ne fais pas de fermetures avec ce genre de truc parce que c'est difficile. Il faut placer la ligne de fermeture. Ce n'est pas facile à faire et ouais. Si vous ne savez pas comment faire des fermetures avec ce genre d'aile,

47:48Tim Rochas

ce n'est pas très utile et ça peut être surprenant, et ce n'est pas l'objectif.

47:53Gavin McClurg

Tu parles de trucs comme des affaissements asymétriques frontaux et tout ça ? Ouais,

47:57Tim Rochas

une fermeture asymétrique ou frontale. Parce que si vous tirez sur le A sur ce genre d'ailes, vous ne trouverez jamais le moyen de faire une fermeture. Il y a trop de pression et vous ne pourrez pas... ne pourrez faire aucune fermeture. Vous devez faire comme nous pour les tests. On ajoute une ligne devant, plus en avant du A, qui peut vous aider à faire la fermeture. Ouais, ouais. Vous

48:24Gavin McClurg

Tu as dit que ton père était... Est-ce qu'il est toujours pilote ? Est-ce que tu as appris avec lui ?

48:30Tim Rochas

Oui. Mon père est pilote et il a aussi une école de parapente dans le sud de la France. Et il travaille toujours.

48:39Gavin McClurg

Oh, il est

48:39Tim Rochas

toujours en fonction. Ouais. Pardon ? Génial.

48:42Gavin McClurg

C'est l'une de mes villes préférées. Ouais. C'est un endroit magnifique. Ouais,

48:47Tim Rochas

Ouais. Mais tu es

48:47Gavin McClurg

à Verbier maintenant à plein temps.

48:49Tim Rochas

Ouais, ouais. Je suis né dans le sud de la France. J'ai grandi à Barcelonette et mon père avait une école près de La Ragne. C'est un endroit assez connu dans le sud de la France.

49:05Gavin McClurg

Ouais, c'est un super endroit.

49:07Tim Rochas

Et maintenant, oui. J'habite en Suisse à Verbier, là où nous avons le bureau de R&D.

49:12Gavin McClurg

Est-ce que Tanguy est aussi un pilote d'essai ?

49:14Tim Rochas

Tanguy travaille un peu avec nous parfois. Il n'est pas avec nous à plein temps, mais je travaille avec lui quand on bosse sur le X1. Maintenant, on a aussi un jeune pilote qui commence à travailler avec nous chez Niveau. C'est Louis Goutany. Et il nous aide beaucoup. Il est aussi beaucoup pour tester l'aile. Parce que quand on teste l'aile de compétition, c'est, oui, comme je l'ai dit, il y a la partie ressenti, la partie réglage et le test. Mais certaines choses prennent beaucoup de temps et il est vraiment important de faire la comparaison,

49:59Tim Rochas

voler côte à côte pour voir si l'aile fonctionne bien dans cette condition ou dans une autre. Ou si l'aile est plus rapide que la version précédente. Et c'est quelque chose qui prend beaucoup de temps. Par exemple, cet hiver, nous sommes allés à Columbia avec Tanguy. Nous avons passé une semaine entière juste à faire des comparaisons avec le prototype de l'Icepeak. Vous comparez à vitesse de trim, vous comparez à vitesse moyenne, vous comparez à pleine vitesse, dans de l'air mobile, dans de l'air calme et aussi en thermique pour voir si une aile grimpe mieux qu'une autre. Vous comparez aussi la stabilité à pleine vitesse et oui, c'est quelque chose qui prend beaucoup de temps et il est très, très important de le faire correctement et de prendre soin de chacun de ces points.

50:54Tim Rochas

Et oui, Tanguy nous aide beaucoup depuis quelques années pour ce genre de manche, tout comme Louis et Olivier. Mais oui, on a encore de l'énergie. L'année dernière et les deux dernières années, j'ai passé beaucoup de temps avec Louis et Tanguy à travailler sur l'Icepeak, pour les tests et le réglage de cette chose.

51:17Gavin McClurg

Cool. Et, tu sais, cette année vous allez être assez occupés avec le X-Alps et tout ça, mais j'aimerais beaucoup connaître tes propres objectifs personnels. Comment abordes-tu ton propre perfectionnement et ton évolution ? Est-ce que les World Cup sont importantes pour toi ou qu'est-ce qui, au fond, te passionne dans le pilotage ?

51:43Tim Rochas

Oui. Pour moi, je suis toujours très enthousiaste à l'idée de voler en Coupe du monde et d'obtenir de bons résultats. L'année dernière a été une bonne année pour moi. Cette année, la première partie de l'année a été vraiment bonne. J'ai obtenu mon meilleur résultat en Coupe du monde en Colombie. Donc, je suis toujours vraiment motivé par ça. C'est toujours l'un de mes plus grands objectifs. C'est de mieux performer en Coupe du monde. Mais oui, je cherche aussi les X-Alps, pour être de l'autre côté. C'est totalement différent pour moi, mais j'essaie de faire de mon mieux et de voir ce que je peux faire pour aider l'équipe, pour Tanguy.

52:39Tim Rochas

Et, oui, c'est un autre objectif. Et aussi, comme on l'a fait cette semaine, j'adore prendre des photos et des vidéos, faire des séances de tournage un peu folles dans différents endroits. Donc oui, la compétition, les X-Alps et les images, c'est quelque chose que j'aime beaucoup. Et c'est ce que j'aime quand je joue. Donc, oui. Maintenant, tu prends des images incroyables...

53:08Gavin McClurg

des images. Tu es l'un de mes favoris à suivre sur Instagram. Tes photos sont magnifiques. Euh, Tim, merci mec. Merci d'avoir fait tout ce trajet de l'autre côté de l'Atlantique pour courir avec nous et passer du temps avec nous. J'espère que tu as apprécié un peu de l'hospitalité américaine, et euh, on doit faire un petit clin d'œil à Bill Belcourt. Je sais que tu as fait des allers-retours dans le van Blue Ice la semaine dernière environ, ce qui a été très cool. Je sais, j'ai vu toutes les photos de ça. On dirait que vous, je crois que tu m'as écrit que vous viviez votre meilleure vie. Ouais. Comme je l'ai dit, ouais, non, bien sûr. C'est un,

53:43Tim Rochas

Si je peux ajouter quelque chose, c'est juste que, ouais, après ces deux semaines, je suis juste impressionné par l'hospitalité de tous vos gars aux États-Unis parce que c'était juste incroyable. Je ne peux même pas imaginer. Oh ouais. Pour moi, c'était juste le meilleur accueil de tous les temps. Ouais, sur terre. Vous nous avez accueillis comme des rois et c'était juste tellement sympa. Eh bien, on l'a bien reçu. On doit prendre

54:08Gavin McClurg

On prend soin de vous. C'est notre, euh, c'est, c'est notre plaisir. Euh, vous savez, on n'en fait pas souvent, non ? On est plutôt bons pour ça. Alors, on se réjouit de recommencer et, euh, je suis content que vous vous soyez amusés. Passez le bonjour à Tanguy. Je vous souhaite bonne chance pour, euh, pour la préparation et les X-Alps et n'hésitez pas si je peux aider pour quoi que ce soit, mais merci mec. Merci. Merci d'être venus et, euh, de partager cette passion.

54:33Tim Rochas

Oui. Merci beaucoup. À plus. Si vous

54:42Gavin McClurg

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55:28Gavin McClurg

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56:22Gavin McClurg

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57:04Gavin McClurg

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