Salut tout le monde. Bienvenue dans un nouvel épisode de Cloudbase Mayhem. Mon invité aujourd'hui est Manu Bonti, une légende du sport. Il est déjà passé sur l'émission. C'est la deuxième fois qu'on le reçoit, mais je ne savais pas ça : il était le responsable météo et l'un des supporters de Pierre Remy pour le X-Pyr. Il m'a envoyé un SMS juste après la course, et j'y ai été, bien sûr, accro toute la semaine. Une course incroyable, et Pierre était même en tête avant la fin. Et puis Chrigel et Maxime l'ont rattrapé. Ils ont fait quelques très belles manœuvres. Et bien sûr, Chrigel, une fin complètement folle. Chrigel a réussi à battre Maxime contre toute attente, une fois de plus. Je me suis donc dit que ce serait vraiment sympa de discuter avec un supporter.
D'habitude, on parle aux athlètes, mais parler à un supporter permet d'avoir son point de vue sur la philosophie, le risque et la manière dont tout cela s'articule. C'était la première course de marche et vol de Pierre. C'est, bien sûr, un pilote de compétition très célèbre. Un nom vraiment important dans le sport. Mais c'était sa première incursion dans la marche et vol, et il a terminé troisième face à une compétition assez tough. Il a fait une super course, et évidemment, ils avaient une super équipe. C'est donc une histoire un peu en coulisses. Je pense que vous allez vraiment apprécier. Santé.
Manu, ravi de te revoir et de t'avoir à nouveau dans l'émission. C'est super de voir ton sourire. On dirait que vous avez vécu une sacrée aventure. Oui, ça a été vraiment sympa. On va beaucoup parler de la course, mais je me disais qu'on devrait commencer par parler un peu de Pierre. Pour ceux qui ne suivent pas beaucoup les compétitions et qui écoutent l'émission, vous n'êtes peut-être pas familiers avec Pierre Remy, l'un des pilotes les plus célèbres au monde. Mais parle-nous de Pierre, et ensuite on entrera dans le vif du sujet. Je veux te parler de ce que ça fait de soutenir une équipe. C'est quelque chose que je vais faire pour la première fois dans un mois aux Dolomiti. Mais, ouais. Dis-moi tout sur Pierre, et ensuite on passera à ton aventure.
Salut Gavin, c'est cool de te retrouver sur Cloudbase Mayhem. Alors, Pierre, pour ceux qui ne le connaissent pas, était un champion de comp vraiment classique. Il a remporté les FAI Awards en 2017 et la PWC Superfinal en 2018. Et à partir de ce moment-là, il a commencé à y prêter attention. Il a commencé à s'entraîner. Donc, c'était vraiment en 2018. Il a vraiment commencé à s'entraîner physiquement, tu sais, pour ce type de comp. Et il avait, tu sais, l'ambition de participer à l'XPEAR 2020,
qui a été annulée à cause du COVID, vous savez. Et nous voilà. Il est arrivé en 2020.
Et il était vraiment prêt physiquement, mais je dirais que l'équipe était plutôt improvisée. Tu sais, il m'a appelé quelques semaines avant la compétition pour me demander si je voulais être son support. Et pour les deux autres gars, c'était pratiquement la même chose. Donc on y est allés juste pour voir un peu. Mais, ouais, au final, on a fait une belle aventure. De bonnes sensations. Et c'était plutôt sympa.
Ouais. Et je regardais la course. Je me suis levé à 4 heures du matin toute la semaine pour la suivre. Ça se passait pendant nos Championnats d'États-Unis. Donc j'étais déjà debout tôt de toute façon. Mais il a fait de superbes mouvements, vraiment. Surtout le grand jour, le troisième jour, où tous les leaders se sont mis loin devant et ont fait de superbes vols. Mais la météo au début était difficile. Et il était rapide au sol aussi. Pendant ces deux premiers jours, ça avait l'air plutôt misérable.
Oui. Les deux premiers jours ont été assez pénibles. Et je pense que Maxime a fait le meilleur travail, vous savez, au sein de l'équipe. Même si à la fin du deuxième jour, Chrigel a réussi à faire une percée. Ouais. Mais le choix de Maxime était un peu meilleur. Et le troisième jour était le tout premier jour où on pouvait voler. Et en regardant les prévisions météo, à ce moment-là, on pensait que ce serait peut-être le seul jour de vol de la compétition. Vous savez, mais finalement, il s'est avéré qu'on a eu d'autres jours de vol. Ouais. Mais tout le monde se disait : ce jour-là, on doit être au bon endroit, vous savez, au bon moment.
Et on a eu un troisième jour, vous savez, un groupe de leaders où on avait principalement Maxime et Chrigel. Et ils étaient ensemble. Nous, Noah peut-être, et Simon, c'est sûr. Donc en gros, on avait ces leaders, vous savez, devant. Et Pierre était un peu derrière. On a fait une prévision météo et une stratégie. Et pour nous, il était clair qu'en haute altitude, l'air était assez stable jusqu'à tard. Et qu'il serait instable dans la couche inférieure. C'est la raison pour laquelle on ne les a pas suivis, parce qu'on est arrivés un peu plus tard à Kandanshu.
Et mon plan était d'aller sur la face est, en restant relativement bas pour profiter, vous savez, de l'instabilité qu'on avait. Et finalement, je pense que Pierre a décollé deux heures avant les autres gars. Enfin, ils ont fait le premier plané, puis ils ont remonté, et ensuite ils ont dû attendre que les conditions permettent de redécoller. Et à ce moment-là, vous savez, on était capables de voler. Alors Pierre a volé pendant un moment. On avait probablement, je dirais, trois ou quatre heures de retard à ce moment-là. Et pendant le vol, à un moment donné, on est passés devant. Et puis ils ont eu une bonne ligne. Et, eh bien, à la Peña Montanesa, on n'avait que six kilomètres. Vous savez, on n'était qu'à six kilomètres derrière.
Mais c'était clairement une bonne décision de notre part. Et à mon avis, dans ce genre de compétition, ils n'avaient pas d'autre choix parce qu'ils n'allaient pas attendre trois heures pour décoller dans les couches inférieures. Donc, en gros, ils ont dû avancer. Parfois, on se retrouve coincé comme ça. On a eu la même situation, mais à l'inverse. On a dû attendre plus tard. Et puis ils nous ont rattrapés à nouveau, c'était le cinquième jour. Mais à certains moments, il faut juste faire quelque chose parce que les athlètes se disent : « Hé, je ne vais pas attendre ». Alors, bien sûr, on choisit une option, mais on sait que plus tard, ailleurs, ce serait mieux. Et ça, c'était parfait pour nous parce qu'on était en retard et qu'on est arrivés exactement au bon moment pour décoller bas sur la face est.
Et ils ont juste décollé et ont grimpé, ils sont arrivés super haut, mais ce n'était pas au bon endroit et ils ont dû attendre. Donc, en gros, je dirais qu'on les a dépassés. Et puis, enfin, ouais. Ils ont eu un peu de chance là-dessus parce que normalement, quand on arrive par la voie qu'ils ont prise, il y a un endroit où le passage est plutôt compliqué. Et je croyais vraiment qu'on passerait devant, mais ça a très bien fonctionné pour eux. Tout le monde a été assez surpris autour de Broto de la façon dont ils ont pu passer le parc national. Mais bon, c'est ça le jeu. Mais finalement, le coup était plutôt bon pour nous ici, c'est sûr. La décision et la façon dont Pierre l'a concrétisée était plutôt bonne.
C'était assez délicat, vous voyez, parce qu'on sait que passer par la face est, pour rejoindre le Coyote Radar, c'était assez complexe. Et en fait, ils étaient deux ensemble pour traverser. Finalement, l'un a atterri et Pierre a réussi à s'échapper. Donc ce n'était pas, disons, évident qu'il allait réussir. Mais il y est parvenu. Et après, il était clairement devant. Donc c'était le premier mouvement, ce n'était pas trop mal. Et puis, eh bien, les gars avaient une bonne ligne, il les a poursuivis jusqu'à la fin. Et ils ont tenu un rythme de dingue. Et c'était pratiquement impossible de les rattraper. Je sais qu'il a gardé la distance, mais il n'a pas pu les rattraper.
C'était un vol très intense. Tout le monde était tellement motivé et, oui, j'ai aussi quelque chose à dire sur ce qui s'est passé durant ce vol : ce que Krigel, Simon et Maxime ont fait, vous savez, de Mon Lude jusqu'au premier point du X, pour atteindre notre bus, c'est juste incroyable. Ce trajet, je ne pense pas qu'on le fasse presque jamais. Je sais un peu ce qui s'est passé dans les Pyrénées, mais je me trompe peut-être, mais je ne pense pas que quelqu'un ait jamais atteint notre bus depuis Mon Lude en utilisant cette route. Ils sont juste passés dans les montagnes, du côté sous le vent de petites collines.
Ils étaient à peine protégés. Et puis ils ont réussi à attraper une thermique, vous savez, pour monter dans la thermique et ensuite pousser face au vent pour passer devant la montagne. Ils ont fait ça quatre fois pour atteindre Aurbes. Et pour moi, ce qu'ils ont fait, c'était juste d'un autre monde. Probablement une partie de l'X-Pyr. J'ai été tellement impressionné par ce que Maxime Krigel et Simon ont accompli, vous savez, en termes de choix de, de nourriture, qui, vous savez, on sait que c'est impossible. Ils ne savaient pas que c'était impossible. Alors ils l'ont fait, en gros. Mais, vous savez, ça nous a ouvert les yeux, on était juste genre, quoi ?
Quand je les ai vus, vous savez, depuis Mon Lude, partir vers cette face sud, je me suis dit : « Bon, ils sont morts ». Vous savez, ça ne marchera jamais, et puis, vous savez, ça a marché pendant un moment. Donc, en gros, on apprend, on apprend de ces compétitions, c'est sûr.
Je voulais demander, comme vous vivez dans les Pyrénées et que Pierre y vit aussi, j'ai toujours pensé qu'avec le X-Alps, les pilotes qui vivent en Europe ont un avantage assez net parce qu'ils connaissent, c'est une chose compliquée. C'est un endroit complexe et ils connaissent les différents systèmes, les brises de vallée et tout le reste. Et il est vraiment important de connaître un lieu. Mais quand je regarde les Pyrénées, c'est même en bien des genres beaucoup plus compliqué. Les routes ne vont jamais dans la direction de la route. Donc la marche a l'air vraiment difficile. Mais à quel point est-il important pour les athlètes de connaître ce qu'il en est du vol là-bas, de la végétation et tout ça ?
Mais qu'est-ce que vous en pensez ? Parce que c'est intéressant quand vous dites que Simon et Chrigel font des trucs pour lesquels les locaux diraient : « Nan, ça, tu ne fais pas ça ».
Ouais. D'un côté, c'est bien de connaître le lieu. De l'autre, quand on le connaît, on est limité. Donc c'est surtout quand on arrive dans un endroit avec un regard neuf et qu'on apporte son expérience d'ailleurs. Euh, en gros, tu sais, comme le fameux jour où, euh, Chrigel a décollé de, euh, c'était le jour quatre. Il a décollé du Pic du Midi. Dans ces conditions, on ne vole jamais. Personne ne vole, tu sais, en France. Genre, euh, on, on ne vole pas. Juste, je veux dire, Pierre ne vole pas régulièrement dans ces conditions. Et ce que Chrigel a fait, j'ai regardé la trace et c'est incroyable.
Une compréhension de ce qui pourrait être du vol en vague. D'accord. Mais quand on apprend le parapente en France, la première chose qu'on apprend, vous savez, dans les Pyrénées françaises, c'est qu'on ne vole pas quand il y a un vent du sud. Et puis petit à petit, on apprend que quand le vent du sud n'est pas trop fort, on peut quand même faire des choses. Et peut-être que les meilleurs jours sont ceux où on a un léger vent du sud, mais quand le vent est aussi fort, tout le monde reste chez soi à s'occuper de ses tomates dans son jardin, vous voyez ? Et en gros, il nous a juste bluffés là-bas, mais c'était juste un certain type de vol dans des conditions très spécifiques. C'est incroyable. C'est Chrigel. Mais ce qu'ils ont fait, vous savez, entre Morelude et notre base pour moi, c'est quelque chose qu'on pourrait faire, mais on ne le fait jamais parce qu'on ne croit pas que ça puisse marcher en compétition.
Ils prennent cette trajectoire, avec le sentiment que c'est la meilleure chose à faire et ça marche vraiment. Donc, comme je l'ai dit, d'un côté, il y a des trucs pour des conditions normales, mais quand les conditions ne sont pas normales, peut-être que les gars sont capables d'inventer quelque chose de super spécial, mais même en conditions normales, parce que ce jour-là, c'était des conditions normales. Ils sont capables d'inventer de nouvelles trajectoires qui, finalement, s'éloignent du dogme qu'on a tous, tout le monde a plus ou moins un dogme. On n'est pas vraiment prêt mentalement à briser le dogme et à inventer ce genre de solution pour aller d'un point à un autre ; ils sont restés pratiquement sur la ligne, ce qui montre, stratégiquement, enfin, en termes de vol dans les Pyrénées, c'était assez super bizarre.
Et ils sont restés sur la ligne, la ligne la plus courte, d'un point à un autre. Et finalement, ils ont réussi à accomplir la manche pour atteindre l'objectif. Je veux dire, l'endroit qu'ils voulaient atteindre, et suivre cette ligne était pour moi, du moins, vraiment incroyable. Mais Pierre, lui, a fait une autre route, plus classique, et a fini par arriver à destination, pas si longtemps après. Je ne dirais pas que ce qu'ils ont fait était d'une efficacité folle parce qu'au final, à la fin, Pierre est arrivé à Arbas juste un peu après eux. Et à Peña Montaneza, il avait au moins six kilomètres de retard. Donc je ne dirais pas que ce qu'ils ont fait était juste méga efficace.
Et ensuite, ils ont remis tout le monde face au vent, peu importe comment ça a fonctionné, et c'est déjà assez incroyable. C'est en gros, enfin, mon avis.
Je ne me rappelle plus si c'était le cinquième ou le sixième jour, mais je regardais et c'était pratiquement le jour où le vent était censé atteindre 70 kilomètres par heure. Au sommet des pics, un sud-ouest vraiment, vraiment, vraiment fort. Et quand je me suis connecté pour regarder quelques fois, tout le monde était au sol, Maxime et Chrigel étaient assez proches l'un de l'autre. Ils avaient pris une route différente la veille, mais ils étaient assez proches l'un de l'autre en montant dans les Alpes. Et la fois suivante où j'ai actualisé, Pierre était en l'air et avait pris une avance considérable sur ces gars-là. Et je regardais ses vitesses, elles étaient rapides. Mais pas trop folles. Je voyais beaucoup de 55 km/h, 60 km/h, vous voyez.
Alors, ça n'avait pas l'air trop mouvementé, mais est-ce que c'était un vol effrayant ? C'était parce que les prévisions pour cette journée semblaient pratiquement impossibles pour voler. Ça avait l'air vraiment, vraiment fort. J'aurais pensé que ça aurait été assez impressionnant. Le bon côté, c'est qu'il avait un peu de vent arrière. Et donc, il a fait un mouvement là qui était, qui était incroyable. Et pour moi, on aurait dit qu'il était en position de gagner la course. Vous savez, à la fin, c'était la toute fin de la journée, ces gars-là n'ont pas volé à la fin de la journée. Et Pierre a pris, a pris une sacrée avance.
Ouais, ce jour-là était assez incroyable, mais le jour avec les vents forts, c'était la veille. En fait, le jour où Chrigel a décollé du sommet vers Midi. Eh bien, Pierre a aussi décollé et Maxim aussi, mais Chrigel a été le premier à décoller. Et c'était assez périlleux le lendemain, c'est le jour où on a fait cette manœuvre spéciale et je suis tellement surpris, pour moi, c'est juste quelque chose que je ne comprends pas comment Chrigel ne l'a pas vu. C'est peut-être parce que Chrigel ne fait pas beaucoup d'erreurs, mais je pense qu'ils ont fait une erreur, c'est sûr.
Et, pour moi, c'était... Ouais. J'étais très sûr que ce ne serait pas flyable autour de 3000 mètres parce que les prévisions, comme tu dis, étaient de 60, 70 kilomètres par heure. Et la situation pour les prévisions n'était pas vraiment confortable parce qu'on avait deux fronts qui passaient, tu vois, les premiers jours c'était très instable. Tous les modèles disaient des choses différentes et on passait notre temps à essayer de trouver un bon modèle pour... Ouais. Tu vois, pour le jour X, avoir le bon modèle, et j'ai dû utiliser trois modèles différents pendant la course. Je n'ai pas utilisé le même modèle pour le vent et le même pour l'instabilité, parce que, tu vois, un modèle était meilleur pour l'instabilité, un autre, et ça changeait pendant la course.
C'était vraiment du boulot d'être sur le bon modèle pour faire la prévision ce jour-là. J'étais presque sûr qu'en prenant la route que Trigger a prise, il ne pourrait pas voler. Et j'étais presque sûr qu'on, oui, qu'on pourrait voler et je n'en avais absolument aucun doute parce que la veille le vent était plus fort et un gars de l'X-Pyr est passé, très tard, il est passé par Castellon et il a volé. J'avais aussi des rapports des écoles à Castellon disant que les conditions étaient assez fortes, mais praticables ; je dirais pas praticables pour les élèves de l'école, mais praticables pour les athlètes, vous voyez, et c'était essentiellement un gars. Je ne me rappelle plus son nom. Peut-être un Espagnol, mais il a décollé à Castellon et a volé un peu en direction du Sud Gard, pour revenir en France, alors que le leader de la course allait dans l'autre sens, il essayait d'aller vers, je dirais, notre bus et les gars qui venaient de derrière, de Pic du Midi.
En gros, j'étais presque sûr que ce serait flyable, mais il y a un petit phénomène très spécial qui se produit à Castellon. C'est que quand vous avez un vent de sud-ouest à Castellon, il devient sud-est, mais pas longtemps, vous savez, dès que vous volez un peu, vous êtes à nouveau dans le flux de sud-ouest. Mais dans la couche inférieure, c'était super clair sur les aéogrammes que sous 2000 mètres, le vent n'était pas trop fort. Et on a aussi, je dirais, une station météo centrale, à 2400 mètres, au-dessus de Castellon. Et j'avais l'historique de cette station, je regardais l'historique et je sais que cette station météo est un effet Venturi.
Alors quand on a du vent du sud, ça dépasse toujours, vous savez, la limite du vent et je le savais, c'était flyable pour Pierre, vous savez, la veille. Et donc ce jour-là, encore plus flyable parce que le vent était, euh, était, euh, prévu plus faible, mais à 3000 mètres, c'était super fort, c'est sûr. Et quand j'ai vu Krigel partir, en direction de Gourblanc, alors j'ai dit : wow, c'est notre chance, vous savez ? Et à ce moment-là, c'est toujours tellement compliqué de prendre la décision parce que vous avez Krigel qui va dans un sens, vous avez Maxime qui suit une autre route, mais finalement la même stratégie. Et vous dites aux gars : d'accord, on va faire quelque chose de totalement différent. Et là, les gars sont genre : Hé, vous êtes sûrs ?
Mais oui, on l'a fait. Ça a marché. Et à la fin de la journée, on avait 33 kilomètres d'avance. Je dirais qu'en matinée, on était probablement à cinq ou six heures de retard sur Krigel. Et à la fin de la journée, on était à 33 kilomètres devant lui. Et il a marché comme un fou. J'ai mesuré ce qu'il a parcouru à pied. C'était un truc de dingue, je pense qu'il a fait plus de 4 000 mètres de dénivelé positif et peut-être 4 500 mètres en descente. Et nous, on n'a marché que 2 000 mètres. Alors, on ne parle même pas du nombre de kilomètres. Et à la fin de la journée, quand Maxime était plus ou moins en train de le rattraper, je regarde et il était encore en train de grimper à 1 000 mètres par heure.
Vous savez, après cette longue marche, je me suis dit : quel monstre, et Pierre était tellement content d'avoir fait toute cette route, de voler et de valider les étapes. On était super contents d'avoir 33 kilomètres d'avance, mais j'étais plutôt sûr qu'il ne tiendrait pas longtemps parce qu'ils dormaient en altitude. Le vent de sud-ouest était assez fort. Je croyais vraiment qu'ils pourraient décoller tôt et voler assez loin dans notre direction, mais je n'ai jamais imaginé qu'ils arriveraient aussi haut à Torre del Ori. Je pense vraiment qu'ils ont atterri au pied de Torre del Ori et qu'ils ont peut-être dû monter à pied 1 700 mètres pour atteindre le décollage.
Mais en fait, c'était dingue parce que Krigel et Maxime ont réussi à survoler la montagne, puis il y a une grande vallée à franchir. Ils sont arrivés sur la montagne, ils ont réussi à monter un peu. Et si on regarde avec une finesse de 12, vous savez, à partir de cette montagne, on arrive au pied. Et ils sont arrivés presque au sommet, vous savez, et quand ils sont arrivés à l'endroit, Pierre, finalement, ils ne pouvaient plus monter. Ils ont dû atterrir et marcher. Donc c'était impossible pour Pierre de décoller tôt. S'il avait décollé tôt, il aurait fini en chute libre et là, vous perdez tout, vous savez ? Donc en gros, j'étais plutôt content qu'il ait atterri au pied de cette montagne la veille.
Du coup, il a dû monter à pied parce que s'il avait atterri au sommet, il m'aurait dit : « OK, je y vais, je y vais », je ne pouvais pas le retenir ici. Donc c'était une bonne chose qu'il marche un peu, pour ne pas arriver trop tôt au sommet. Et quand il est arrivé là-bas, il a regardé les conditions. Il m'a dit : « Ouais, tu sais, c'est pas terrible pour le moment. » Et on savait que les gars avaient déjà décollé. Ils arrivaient. J'ai dit : « OK, attendons et volons avec eux. » De toute façon, si on y va seuls, on prend juste le risque de se planter et de tout perdre. Et de toute façon, ils nous rattraperont plus tard. Et c'était aussi le problème de la CTR, l'espace aérien qui, tu sais, t'oblige à passer par l'arrière. Donc si tu n'as pas un minimum d'instabilité, tu ne peux pas y aller.
Mes prévisions indiquaient que l'instabilité serait bonne vers 10h30-11h. En fait, ils ont réussi à s'échapper à 10h, mais c'était genre 30 minutes avant, mais ils ont réussi, vous savez, à grimper juste un peu. En jouant le jeu, en restant ensemble, ils ont réussi à le faire ; à mon avis, même à 10h, ça aurait été super compliqué d'atteindre la chaîne de montagnes à l'arrière et de continuer. Ils ont passé, vous savez, la porte et finalement ils ont atteint le point de virage super tôt. C'était, je ne me rappelle plus, 12h30 ou quelque chose comme ça. Et c'était vraiment incroyable, vous savez, comment ils ont réussi à...
Manu, quels étaient les différents rôles au sein de ton équipe ? On dirait que tu étais responsable de la météo, mais tu as dit qu'il y avait trois supporters. C'est bien ça ? Et comment avez-vous fait, parce qu'on dirait que l'équipe s'est formée assez tard et de manière improvisée. Je sais à quel point il y a de choses à gérer, il y a énormément à faire quand on soutient un athlète. Comment avez-vous réparti les tâches ? Qui faisait quoi ? Et qu'est-ce que tu changerais peut-être si tu avais l'occasion de le refaire ?
Euh, ce que je dirais, enfin, l'équipe était composée de quatre personnes au total avec Pierre et trois personnes, deux gars, qui étaient sur le terrain avec lui. D'accord. Euh, les deux gars sur le terrain étaient assez costauds, vous voyez, en course et, euh, et, euh, pour travailler en montagne ou sur le plat. De plus, l'un était plus spécialisé dans le plat et l'autre était vraiment à l'aise, vous voyez, en montagne, pour grimper en montagne, vous voyez, il est, euh, assez fort. Euh, et donc en gros, ils changeaient, vous voyez, tout le temps, mais Pierre était à peine seul, vous voyez, euh, pour marcher.
Ils étaient, vous voyez, tout le temps là pour le soutenir sur le terrain. Et c'était bien pour le moral de Pierre d'avoir un gars qui courait avec lui presque tout le temps. Mon rôle, au départ, était de fournir une prévision météo le matin et une autre le soir. Mais au final, j'étais devant mon ordi de 5 heures du matin à minuit parce que la situation était tellement compliquée. Si instable que c'était vraiment important parfois de mettre à jour les informations pendant la journée. Et finalement, il est arrivé que je donne aussi... ça faisait aussi partie du deal au début. Je devais donner mon avis sur la stratégie.
Au début, je me contentais de donner une vue d'ensemble et à la fin, j'étais un peu plus présent sur la stratégie. Mais en ce qui concerne l'équipe, je pense qu'on ne changerait rien parce que c'était une excellente équipe. Pierre était super prêt physiquement. Les deux gars sur le... ils ont fait un travail incroyable. C'étaient Nicola et Matthew. Et enfin, je n'ai pas trop mal fait sur la stratégie et les prévisions météo. On a donc fait un assez bon travail ensemble. On pourrait peut-être juste... il y a eu quelques problèmes de communication, des problèmes de localisation, sur lesquels on devrait travailler.
Et aussi, je viens de réaliser en discutant que certains de mes amis, comme Antoine Girard, ont développé une panoplie d'outils pour déterminer la meilleure façon de faire : si c'est flyable, on glisse juste, ou si ce n'est pas flyable, il faut marcher tout le long, et tout ça. Ça aurait clairement allégé ma charge de travail. Et je crois vraiment qu'on n'était absolument pas prêts pour ce type de modèle, et on a une énorme progression à faire dans ce domaine.
Mais au fond, à la fin, on se rend compte que tout finit parfois par se jouer sur la chance, la bonne ou la mauvaise. Je ne pense pas qu'on ait eu de la chance quand on est allés à Castellon. Je n'y crois pas, mais probablement quand, au troisième jour, on a décidé de choisir la face est et le fait que Pierre ait réussi à grimper à nouveau sur la Koyerada, c'était sans doute de la chance. Quand Krigel et Pierre ont traversé la Cerdagne ensemble et ont fait une voie de 80 mètres pour Pierre, c'était parfois de la chance, et bien sûr, du talent.
Vous voyez, mais parfois on est limité par les décisions, on est un peu trop à droite, à gauche, on est bloqué. Et donc, en gros, c'est ça. Le fait qu'à la fin, on ait eu cette conclusion épique avec les trois gars et ce qui s'est passé sur le Kenny guru et tout le reste. Parfois, vous mettez beaucoup de choses ensemble et ça repose plus sur le fait d'être au bon endroit au bon moment. Et parfois, c'est juste une question de chance. Vous savez, parfois on est en retard, on arrive quelque part et paf, ça marche. Et donc, c'est ça, mais en termes d'amélioration, on a une énorme marge de progression sur le matériel. Je pense que l'équipe elle-même était naturellement prête et ça fonctionne super bien sur le terrain, et ils ont passé un super moment ensemble.
Ils ont aimé ça. Et moi, derrière mon ordinateur, je me suis aussi bien amusé, vous voyez ? On a apprécié, vous savez ? Ouais. L'aventure. Il y a aussi le point que vous avez mentionné avant. Ouais. Vous m'avez demandé à quel point il est important de connaître, vous savez, la chaîne de montagnes. En fait, Pierre ne connaît pas très bien l'ensemble de la chaîne quand il vole, il vole toujours depuis notre vallée. Bien sûr, vous savez, quelques semaines avant l'expo, il a volé 200 kilomètres, je dirais un triangle, 200 kilomètres sur la face nord des Pyrénées, ce qui n'avait jamais été fait auparavant, mais il ne l'a pas fait avec, euh, il l'a fait avec le X one, vous savez, et avec cette sellette lourde, avec ce matos de comp, vous savez, donc en gros, l'endroit qu'il connaît très bien, c'est quelque chose comme à partir de chez nous, 50 kilomètres vers l'ouest.
Et, disons, 100 kilomètres à 80 kilomètres vers, enfin, 50 vers l'ouest. Et je dirais genre 100 vers l'est. Mais il vole à peine en Espagne. Peut-être qu'il a fait une comp, parfois à Castellon, mais ce n'était pas vraiment un endroit qu'il connaît. Mais quelque chose, peut-être une marge de progression, je ne sais pas, je devrais en discuter avec lui, c'est de voler plus, peut-être avec l'équipement spécifique qu'il utilise. Je ne sais pas, ça pourrait aussi aider, mais il a eu très peu de temps de vol avec l'équipement spécifique qu'il utilise pour cette comp, tu vois.
Il a volé la voile, je comprends. Et avec quelle sellette a-t-il volé ?
C'était une sellette spécifique de chez Cortel, une sellette pro pour ce type de compétition.
Ouais, c'est ce que j'ai utilisé lors de la dernière course aussi, la Glebe Pro. Et puis, enfin, tu penses qu'il a l'X-Alps en vue ? Est-ce que ce sera quelque chose qu'il fera à l'avenir ?
On a réunion lundi pour faire une sorte de débriefing de l'aventure, discuter un peu de tous ces sujets et voir, vous savez, quoi d'autre. Je sais qu'il adore les Pyrénées. En discutant à la fin de la course avec les autres gars, beaucoup d'entre eux ont dit que le X-Alps est moins exigeant que ce qu'on a fait dans ce X-Pyr, vous voyez. Alors, je ne sais pas. On verra. Je pense que tout est possible, mais c'était dur, vous savez. Les deux premiers jours ont été super difficiles et ça a beaucoup impacté le reste de la course, en commençant par deux jours où on a à peine pu voler.
Je veux dire, le deuxième jour, ils ont fait peut-être un seul vol. C'est assez dur et c'est un entraînement très spécifique qu'il faut faire sur le plat, sur la, sur la, sur la route, tu sais, dont je ne suis pas sûr que Pierre l'ait fait, en fait. Donc, en gros, c'était assez dur, mais beaucoup de gars ont dit : « OK, tu sais, pour le X-Alps, tu dois commencer une heure plus tôt, tu dois finir une heure plus tard », mais au final, tu arrives toujours à voler d'une manière ou d'une autre et c'est moins dur, tu sais, que celui-ci, je ne sais pas, mais on en discutera à coup sûr lundi.
Est-ce que c'était...
Lors de notre première émission, on a beaucoup parlé de tout le coaching et de l'enseignement que vous faites, et vous faites ça depuis un sacré temps. Est-ce que vous avez trouvé personnellement stressant de voir ce que ces gars volent et dans quelles conditions météo ils volent ? Est-ce que c'est, je ne sais pas, est-ce que c'est stressant de voir ça parce que c'est un tout autre genre de... comme vous l'avez dit, ils volent des jours où normalement vous iriez jouer au billard. Vous ne seriez pas en l'air, et ils le font encore et encore. Je veux dire, c'est assez intense. Ça...
C'était extrêmement stressant pour plusieurs raisons. La première, c'est que vous donnez des conseils et que vous ne pouvez pas vous permettre de faire des erreurs, alors que vous avez devant vous un gars qui s'entraîne depuis trois ou quatre ans et qui est prêt pour ça ; si vous faites une erreur, il ne sera pas très performant. C'était la première partie. La deuxième raison pour laquelle c'est stressant, c'est qu'il faut trouver un équilibre entre les décisions que vous prendriez pour le meilleur vol possible et celles que vous prenez pour garder une position stratégique dans la course. Quand vous avez, je dirais, Maxime, tu joues le jeu, tu sais, avec Kruger, Galland, Maxime, tu ne veux pas faire un mouvement où tu vas les voir, tu sais, s'envoler et passer de la troisième place à la dixième ou peu importe.
Alors, on peut, comme on l'a fait, commencer à la sixième ou septième place et finir premier, mais on peut aussi commencer à la deuxième place et finir dixième. Donc, en gros, c'est une grosse source de stress. Et puis le troisième point, qui était vraiment stressant pour moi, mais c'est très personnel, c'est qu'un mois avant, j'aidais un ami à piloter un vol d'aventure incroyable en BV au Pérou et malheureusement, il a eu un accident et il est mort. Du coup, j'étais un peu nerveux. J'ai, je suis très, très confiant dans les compétences et les capacités de Pierre.
C'est un pilote incroyable, mais je sais que dans une course, les gens peuvent prendre des risques différents de ce qu'ils feraient normalement à cause de la pression, de l'équipe, ou parce qu'ils veulent accomplir quelque chose. Tous mes briefings se terminaient par : « OK, restez prudents ». C'était ma préoccupation principale : s'amuser et rester en sécurité. Et bien sûr, la journée de vol au Pic du Midi était un peu limite à mes yeux, à mon avis, pour tout le monde, pour tous ceux qui ont volé, mais c'est ma vision, ma vision avec mon niveau de pilote et bien sûr, je ne suis pas à leur place. C'est difficile de juger, mais ça me mettait aussi, bien sûr, une certaine pression.
Alors, trois raisons pour lesquelles j'étais un peu nerveux pour cette course. Et je tiens à envoyer un grand bonjour à Henry qui a eu cet accident au Pérou, et oui, c'est comme ça. Il n'a fait aucune erreur, il a juste eu de la chance, et c'est aussi le côté sombre du parapente.
Ouais, bien sûr, et on parle évidemment du partenaire d'Antoine au Pérou et, puis, vous savez, un autre pilote X-Alps très célèbre, Nick Neynens, a eu un terrible accident très récemment alors qu'il était censé être au X-Pyr, et c'est quelque chose qui fait partie de ce sport et qui continue de nous tomber dessus, n'est-ce pas ? On ne peut pas vraiment y échapper mais, Manu, j'aimerais te parler. On va parler de la fin dramatique tant qu'on a encore une connexion correcte ici, mais je voulais aussi te poser des questions sur la philosophie de Pierre et sur ce que ça a été, tu sais, en sept jours, tu as vécu en tant qu'athlète beaucoup de hauts et de bas, la dureté physique et tout le reste, et tu sais, j'ai passé pas mal de temps avec Chrigel et avec Maxime et ils sont très différents.
Leur approche... celle de Chrigel est typiquement suisse, c'est célèbre. Il ne se laisse pas trop déstabiliser. Il reste plutôt positif. On a toujours l'impression qu'il s'amuse beaucoup. Chrigel a toujours l'air de passer un bon moment, alors que Maxime peut être — et il serait le premier à l'admettre — assez émotif. Il peut être très secoué et, peut-être, il va un peu plus facilement aux extrêmes. J'aimerais savoir comment est Pierre. Quelle est la philosophie de l'équipe ? Est-ce très sérieux ? Est-ce vraiment fun ? Et selon vous, qu'est-ce qui fonctionne à la fin, et qu'est-ce qui a fonctionné pour votre équipe ? Parce que vous avez été incroyables.
Pour Pierre, je pense que, tu sais, Pierre fonctionne comme ça. Tu sais, au début d'un projet, il essaie juste de définir où il veut arriver, et il fera tout ce qu'il peut pour y parvenir. Mais n'oublie pas que c'était une première, une première tentative. Tu sais, c'était la toute première fois. On n'avait jamais entraîné avant. On n'était jamais partis, tu sais, un week-end ensemble, tu sais, pour s'entraîner ou faire quelque chose. Le premier jour où ils ont vraiment fait quelque chose ensemble, c'était le premier jour de la compétition. Donc, en gros, on était plutôt détendus. Et, comme tu parlais de philosophie, c'est exactement ce que je demandais régulièrement à Pierre, tu sais, genre, c'est quoi ta philosophie ?
Parce qu'en fait, à chaque décision que tu prends, tu peux soit dire : « OK, je suis un joueur, j'aime tenter des choses et peut-être finir premier », soit « Je veux sécuriser ma position ». Donc, en termes de stratégie, c'est vraiment : « Quel est ton état d'esprit ? Qu'est-ce que tu as en tête ? ». Et pendant la course, l'état d'esprit de Pierre a pu changer quelques fois sur ce point. Du coup, je lui demandais toujours avant de lui proposer des options, selon son état d'esprit : « Est-ce que tu veux tenter quelque chose ou est-ce que tu veux sécuriser ta position ? ». Du coup, comme c'était une première compétition de ce genre, je ne pense pas...
Pierre, il avait pour objectif d'arriver, je dirais, dans le top 5 ou 10. Donc, quand il a réalisé qu'il pouvait jouer dans ce groupe des 10 premiers, il était plutôt content. Et puis, quand on a fait quelques mouvements intéressants et qu'on a fini par être vraiment en tête, les questions sont venues sur ce qu'il voulait faire avec ça. Est-ce qu'on veut sécuriser ta position ou est-ce que tu veux tenter quelque chose ? Et c'est exactement ce qui s'est passé à la fin : à un moment, quand on est arrivés près de Kanigu, j'ai eu le sentiment fort qu'on devait le laisser
Chrigel a dû y aller seul et marcher six, sept kilomètres, huit cents mètres, vous voyez, pour décoller du côté sud de la montagne. Et c'était au Col de Mante, un peu avant, vous voyez, Kanigu. Et en fait, par hasard, il se trouve que Pierre a atterri sur ce col. Et j'étais, à ce moment-là, vraiment concentré sur le fait que je devais lui dire d'atterrir ici et de passer cette montagne à pied. Et de décoller de l'autre côté. Je n'étais pas sûr que ce soit très propice au décollage. Je n'étais pas sûr, vous voyez, qu'il y arriverait, vous voyez,
des conditions super bonnes. Cependant, mes sondages m'indiquaient qu'il y avait, vous savez, genre 500 mètres de plafond en plus et plus d'instabilité de l'autre côté de cette montagne que d'aller du côté nord du Kanigu. Et à ce moment-là, vous êtes deuxième, vous avez Chrigel juste un peu devant. Vous avez Maxim derrière et c'est tellement dur, vous savez, de prendre une décision qui serait totalement différente. Alors c'était encore la question, vous savez, qu'est-ce que vous voulez faire ? Et à ce moment-là, je pense qu'il faut être super fort pour prendre ce genre de décision, croire énormément en soi, vous savez, pour essayer ça. Et c'est ça, c'est toute la difficulté de ce genre de phase, vous savez, quand on est convaincu de quelque chose.
Ce n'est pas la même situation. Par exemple, quand Pierre est en tête à Val Louron, vous avez Chrigel et Maxim, les gars à l'arrière, ils sont assez loin et vous prenez une autre option. Vous savez que si ça marche, vous battez tout le monde, mais si vous échouez, vous ne perdez pas tant que ça. Et dans cette situation, vous êtes deuxième, vous savez, et là, peut-être que vous avez de la chance et que vous finissez premier, est-ce que vous prendriez une option spécifique ? Vous savez, quand vous avez Chrigel devant vous et que le terrain n'est pas celui de Chrigel. Ce n'est pas comme s'il volait dans son jardin, mais vous n'êtes pas non plus dans le vôtre. Ce qui veut dire que, enfin, on n'y va presque jamais voler. Je veux dire, j'y ai volé il y a longtemps, mais ce sont tous les souvenirs que j'ai. Pierre n'a pas une connaissance difficile, une connaissance approfondie de cette zone.
Et plus précisément, vous savez, en arrivant sur le Canigou comme ça, d'habitude quand on va voler en Sardaigne et qu'on vole son ancien domaine, on ne va pas, vous savez, trop dans cette direction. Donc en gros, c'était un terrain inconnu, les excellents pilotes cross country de l'ancien domaine vont régulièrement en Sardaigne et vers la mer. Euh, ce n'est pas si souvent non plus, mais on n'avait pas la connaissance. Et donc à ce moment-là, on a décidé, vous savez, de suivre, de suivre Chrigel. Et puis Maxime est arrivé, il a eu un peu meilleure thermique. Il est arrivé un peu plus haut, vous savez, sur cette partie du Canigou et il a réussi à monter, vous savez, sur cette partie qui se termine dans un cirque qui est totalement proche des sommets à 2 700 mètres.
Et là, c'était comme s'il pouvait passer. Et puis on l'a vu monter et passer. Et on s'est dit : « Quoi ? »
Et à ce moment-là, Chrigel a pris une décision incroyable pour atterrir dans un endroit tellement pourri. Il a grimpé comme un bouc, super vite, et Pierre a fait pareil, mais il a atterri un peu plus bas. C'était un peu plus compliqué de s'échapper de là où il était et, ouais, le coup de Chrigel, c'était genre, il est prêt à tout, tu vois, il a ses miroirs, il sait ce qui se passe derrière lui. Et dès que Maxime a pris de l'altitude, Chrigel savait ce qu'il devait faire, tu vois, et ce qu'il devait faire était assez large et Pierre a fait pareil, mais il l'a fait, et c'est tout.
Et à ce moment-là, je dirais probablement que Maxime a eu de la chance. Et puis un peu plus tard, il a eu de la chance et Chrigel a eu de la chance. Mais au final, ce qu'il faut, c'est être un peu devant au moment de franchir la ligne d'arrivée. Et c'est ce que Chrigel a réussi à faire. Je dirais que c'était comme d'habitude, mais cette fois, il y a peut-être eu un peu plus de spectacle que les autres fois parce que Maxime était vraiment en forme et Pierre aussi, vous voyez ? Alors,
Ouais, ce dernier jour, c'était juste, c'était des montagnes russes, non ? Tu sais, Pierre a commencé la journée devant et puis Maxime et Chrigel ont volé ensemble et ils l'ont rattrapé, comme tu l'as dit, et, et, euh, et puis on aurait dit que Maxime l'avait, tu sais, c'était, c'était, la course était finie. Maxime gagnait. Et puis, et, et soudainement Chrigel passe au-dessus de sa tête et arrive à moins de trois kilomètres du dernier point de virage et gagne la course. Et la première chose que j'ai dite à mon ami Ben, qui m'a soutenu dans toutes mes courses, c'était : ah, il est incroyable. Il l'a encore fait. C'est tellement chanceux. Et il a dit : ce n'est pas de la chance. C'est Chrigel. Il fait ça à chaque fois. Et, et, euh, tu sais, je,
d'après ce que j'ai compris, lui et Maxime volaient pratiquement ensemble et, comme tu l'as dit, il s'est engouffré dans un endroit vraiment difficile pour monter plus haut dans une meilleure atmosphère et puis il l'a dépassé en plein vol. Mais comment savoir qu'il fallait faire ça ? Comment a-t-il pu avoir ça en tête ? Je veux dire, est-ce que les signes étaient évidents ou est-ce que c'était juste Chrigel qui se comportait comme un aigle ?
Non, il n'avait pas vraiment de meilleur air. Ce qui s'est passé, c'est que quand ils sont arrivés sur cette partie du Kenny goo, on savait tous que ce serait cool de se mettre sur la petite face sud et de grimper là-bas et de passer, vous savez, comme Maxim a fait, Chrigel et Pierce étaient devant, mais ils n'y sont jamais arrivés. Ils ont bossé un moment sur cette partie pour essayer de se mettre sur la face sud et ils savaient qu'ils devaient, qu'ils voulaient faire ça, parce que l'autre option était de contourner la face nord du Kenny goo. Et on sait que c'est possible, mais c'est long et c'est bizarre parce que vous restez bas tout le temps. C'est un peu compliqué, délicat, mais c'était l'option, vous savez, si vous ne pouvez pas grimper là-bas.
Ils sont arrivés là-bas et ont essayé de grimper. Ça n'a pas marché. Alors ils se sont dit : « OK, on commence à aller sur la face Nord ». À ce moment-là, Maxim était arrivé juste un peu plus haut parce qu'il avait eu la chance d'avoir un partenaire qui a grimpé un peu plus haut avant d'arriver sur cette section. Et il grimpe directement, boum. Donc à ce moment-là, c'était assez évident que si tu vas au sommet de la montagne et que tu décolles sur cette face Sud, tu vas aussi grimper. OK. Donc pour Trigger, c'était limpide. C'est ce qu'il a fait. Il a appris, tu sais, dans cet endroit pourri, il a grimpé la montagne sur 400 mètres, il a décollé dans un autre endroit pourri et il est arrivé à 2 700 mètres, 650, comme il a fait exactement.
Maxim a pratiquement pris la même route. Maxim suit Maxim. Ensuite, ils ont dû traverser une grande vallée. C'est la vallée d'Emily Labor, sur le flanc de Sarah, et Maxim a atteint Sarah probablement, je dirais, 20 minutes avant Trigger ou peut-être une demi-heure. Je ne peux pas être exact là-dessus. Et quand Maxim est arrivé sur Sarah, il a grimpé. Il a grimpé sur la montagne, il est à 1 500, et il a l'objectif à 30 kilomètres avec un léger vent du sud, vous savez, de face s'il doit voler face au vent pour atteindre l'objectif. Donc il est à 1 500 et il sait que ce n'est pas suffisant. Absolument. Alors il attend, il parcourt le coin. Il atteint 1 500, 1 400, 1 500, 1 400, 1 300,
1 350. Et à ce moment-là, il se dit : « OK, si j'attends plus, je vais finir à 1 000 mètres sur la montagne. » Et il part, Chrigel arrive plus tard au même endroit. OK. Il gagne un peu d'altitude quand Maxim est parti, il ne trouve finalement rien. Enfin, il trouve une petite bulle, et ça passe juste au-dessus de l'autoroute et il est au sol, et Chrigel, stratégiquement, il sait qu'il est derrière. Donc stratégiquement, il n'y a pas d'urgence. Pierre est loin derrière. Il a Maxim devant lui. S'il part en plané, il rattrape Maxim, vous savez, un peu derrière lui, c'est sûr.
Et là, il doit courir comme un fou, peut-être le battre, vous voyez, à la course. Mais Maxim est aussi assez bon en course, vous voyez ? Donc en gros, ce n'est pas sûr qu'il l'attrape. Alors il attend, il attend, il attend. Et puis à un moment donné, il se dit qu'il a un peu plus d'altitude que Maxim. Peut-être genre 200 mètres de plus. Et selon mon avis, le vent du Nord, en passant par le petit col où se trouve l'autoroute qui entre, vous voyez, sur la face Sud. Et quand Maxim est descendu un peu plus bas, il s'est retrouvé quasiment pris dans ce flux d'air du Nord, et Chrigel, lui, a essentiellement volé au-dessus de ça aussi.
C'est ce que j'ai compris. Et j'en ai discuté avec quelques gars encore en l'air, des spécialistes de la zone. Et ils sont plutôt convaincus que c'est ce qui s'est passé : tu sais, Chrigel a eu de la chance, je ne sais pas trop comment analyser la situation, parce qu'au final, il a réussi à quitter la montagne plus haut que Maxim. Qu'est-ce que Maxim aurait pu faire ? Il aurait pu attendre là, il aurait pu attendre et se dire : « OK, j'attends, j'attends ». Mais le risque, c'est qu'au final, il ne trouve plus la thermique. Tu sais, elle n'était pas super active à ce moment-là. Et puis il s'est aussi posé là. Donc, sa décision et mon avis n'étaient pas mauvais.
C'est difficile de prendre une autre décision quand on a une demi-heure d'avance sur les poursuivants et qu'on n'arrive plus à atteindre son sommet, alors qu'on a déjà passé un moment à essayer, et qu'on se dit : « Bon, il ne va pas revenir. Je y vais avant qu'il ne soit trop tard. » Donc, la décision qu'il a prise était évidemment mauvaise parce que quand Chrigel est arrivé, il a réussi à grimper plus haut, et il a fini par passer au-dessus de l'autoroute, puis il en a trouvé un autre. Et là, le jeu était fini. Maxim était au sol. Chrigel trébuchait juste au-dessus de sa tête.
Le tracking de la vie était complètement foutu à ce moment-là. Donc, ce n'était pas très clair. Je regardais le tracking et j'ai dit à Pierre : « Hé, Maxim et Trigger ont atterri, tu sais, de l'autre côté de l'autoroute. » Et puis j'ai regardé un peu plus attentivement, et Trigger était à 600 mètres au-dessus de la tête de Maxim. Et j'ai dit, j'ai rapporté à Pierre : « OK, non, non, non, c'est pas comme ça, tu vois ? » Et malheureusement, Pierre a fait le même mouvement. Finalement, il a grimpé vers la montagne. Il a décollé sur la face sud. Il a réussi à monter à 2 650, tu sais, comme les deux autres gars, mais un peu plus tard, quand il est arrivé à Sarah, il n'a pas pu grimper du tout. Donc probablement, tu sais, Trigger est arrivé au moment parfait où les conditions étaient juste parfaites.
Il a pu monter un peu plus haut que Maxim. Et Pierre n'a jamais réussi à monter du tout, vous voyez ? C'était juste une fenêtre et, et c'est tout, vous voyez ? Je veux dire, il y est arrivé. Alors, il a réussi à monter plus haut. Et puis, quand il a passé le plat, il a eu une autre thermique et il a atterri, vous voyez, près de la ligne d'arrivée. Mais, ouais, pour Pierre, on avait de gros projets. J'avais vu, vous voyez, ce mouvement d'air, euh, qui tournait, vous voyez, comme les petites cellules qu'ils ont dans le plat. Alors je dis à Pierre : OK, on va le long de la montagne, le long de, je vais suivre, vous voyez, suivre la montagne avant d'aller à la ligne d'arrivée.
On avait encore un plan, vous voyez, pas forcément finir premier, mais peut-être deuxième, mais ce n'était pas possible pour Pierre de remonter, les conditions étaient mortes au moment où il est arrivé. Mais c'était juste, je dirais, peut-être 40 minutes après Chrigel, quelque chose comme ça. Et pour lui, c'était juste impossible de monter. Donc, euh,
Eh bien, comme je le dis toujours aux gars, ils volent, ils volent dans mon cours de cross country. Quand un gars a de la chance, non, tout le temps, peut-être que ce n'est pas de la chance, vous voyez, alors dans notre esprit, il a de la chance, mais pour lui, peut-être que ce n'est pas de la chance, je veux dire, c'est ce que vos supporters disent, c'est vrai, au final Chrigel a gagné, donc on peut analyser les choses et dire, d'accord, ils sont allés au même endroit. Mon équipe est montée un peu plus bas. Pierre n'a pas pu grimper et Chrigel est arrivé entre les deux. Et il a pu grimper plus haut et puis ça s'est super bien passé pour lui. Mais vous savez, c'est, euh,
C'est, je ne sais pas. Ouais. J'ai un doute, vous voyez, sur la chance et tout ça. Maxime aurait été encore un peu plus en retard en faisant le même mouvement. Pierre et Chrigel auraient été plus loin, vous voyez, sur la face Nord. Et là, il n'y aurait probablement eu aucun moyen de le rattraper. Vous voyez ? C'est parfois une question de timing, d'être au bon endroit au bon moment. Quand Maxime est arrivé sur le Canigou, il est arrivé exactement au bon moment, à la bonne altitude pour grimper. Et les deux autres gars, ils n'étaient pas exactement à la bonne altitude et certainement pas au bon moment. Alors, enfin, le moment, peut-être pas, mais l'altitude. Et pour moi, j'ai toujours cette question en tête.
Si on avait atterri au Mont, et si on avait marché, vous savez, une heure pour décoller de l'autre côté, qu'est-ce qui se serait passé, vous voyez ? Et donc c'est toujours, vous savez, une question à laquelle on ne veut jamais avoir la réponse, parce qu'il sera pratiquement impossible de reproduire la situation.
Ouais. Ces questions, elles restent avec vous pour toujours. Il y a toujours les « et si » de toutes les courses que j'ai faites en X-Ops, il y a toujours le 2015. Si je n'avais fait ça qu'en 2017, 17, je n'aurais fait que ça. Et ouais, c'est juste une partie du, une partie du plaisir et une partie de l'aventure. Bon, Menu, merci d'avoir partagé votre histoire. Vous avez assuré. C'était très impressionnant. Et vous avez même été en tête pendant un moment. Je pensais que vous l'aviez, mais beau travail et une grosse accolade à Pierre, j'ai hâte de courir avec eux ici bientôt. Et félicitations, mais merci d'avoir partagé cette, cette super aventure que vous avez vécue avec nous. Merci.
Merci à toi, Gavin, de m'avoir invité dans l'émission. C'était un plaisir. On est vraiment contents d'avoir apporté un peu de fun à la course. Et le fait que Simon soit arrivé plus tard le dernier jour et qu'il ait volé vers midi, alors que Pierre travaillait, nous a mis assez de pression pour qu'on soit super contents d'être sur le podium, parce que la même chose aurait pu arriver... enfin, je ne sais pas, parce que le vent du sud était plus fort, mais on ne sait jamais. Simon aurait pu passer juste au-dessus de la tête de Pierre pendant qu'il travaillait sur le plat. Donc on était tous super contents d'être sur le podium, parce que c'était assez chaud derrière.
Ouais, c'était ça, on ne peut jamais écarter Simon non plus. Il a aussi fait une super course, mais ouais, pour des débutants qui affrontent un événement aussi difficile, vous avez vraiment assuré. Très impressionnant. Merci infiniment. Merci mon pote. Si vous trouvez Cloud-based Mayhem utile, vous pouvez nous soutenir de bien des façons. Vous pouvez nous mettre une note sur iTunes ou Stitcher. Cependant, vous pouvez aussi faire circuler votre podcast, ça aide beaucoup à faire connaître l'émission. Vous pouvez en parler sur votre propre site web ou le partager sur les réseaux sociaux. Vous pouvez en discuter en allant lancer avec vos amis pilotes. Je sais que beaucoup de conversations intéressantes ont eu lieu de cette manière. Et bien sûr, vous pouvez nous soutenir financièrement. Cette émission prend beaucoup de temps, beaucoup de montage, beaucoup de stockage, de musique et toutes sortes de coûts en coulisses. Donc si vous pouvez nous soutenir financièrement, tout ce qu'on a jamais demandé, c'est un dollar par émission.
Et vous pouvez le faire via un don unique sur PayPal, ou mettre en place un service d'abonnement qui vous facturera pour chaque épisode. On sort un nouvel épisode toutes les deux semaines. Donc, par exemple, si vous donnez un dollar par épisode toutes les deux semaines, ça ferait environ 25 $ par an. C'est bien moins cher qu'un abonnement à un magazine et ça rend tout cela possible. Je ne veux pas financer cette émission avec de la publicité ou des sponsors. On nous pose souvent la question, mais pour une multitude de raisons, que j'ai déjà mentionnées à plusieurs reprises dans l'émission, je ne veux pas le faire. Je n'aime pas avoir ce genre de trucs au début de l'émission. Et je veux aussi que vous sachiez qu'il s'agit de conversations authentiques avec de vraies personnes. Ce ne sont que nos opinions, mais nos opinions ne sont pas biaisées par des sponsors ou des dollars publicitaires. Je pense que c'est un modèle économique assez toxique. J'espère donc que ça vous plaît.
Vous pouvez nous soutenir. Si vous allez sur cloudbasedmayhem.com, vous trouverez les différents moyens de le faire. Vous pouvez passer par patreon.com/cloudbasedmayhem. Si vous voulez un abonnement récurrent, vous pouvez aussi le faire directement sur le site web. On a essayé de rendre ça très simple. Et ça vous donnera accès à tout le contenu bonus, au petit podcast vidéo qu'on fait, et aux petits extra qu'on trouve dans les conversations et qui n'entrent pas dans l'émission principale, mais qu'on pense que vous devriez entendre. On ne met rien de tout ça derrière un paywall. Si vous ne pouvez pas nous soutenir, dites-le-moi simplement et je vous créerai un compte. Bien sûr, ce sera à vie et j'espère que vous serez en position de pouvoir nous soutenir un jour, mais vous trouverez tout ça sur le site. Tous ceux qui nous ont soutenus, ou même qui se sont inscrits à notre newsletter, ou qui ont acheté du merchandising Cloud Based Mayhem, des t-shirts, des casquettes ou n'importe quoi, vous devriez déjà être installés.
Vous devriez avoir un compte et pouvoir accéder à tout ce contenu bonus dès maintenant. Merci infiniment de nous avoir écoutés. J'apprécie vraiment votre soutien et on se retrouve au prochain épisode. Merci.