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157. Jonny Durand: riding Tsunamis, chasing records, comps and learning - Jonny Durand

// Gavin McClurg, Jonny Durand · 2021-11-16 · 01:45:04 · original episode · pdf

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[show notes]
Jonny Durand est un pilote de deltaplane parrainé par Red Bull depuis longtemps qui a été classé numéro 1 au monde à plusieurs reprises. Nous avons tous vu les images incroyables de Jonny volant le phénomène de "tsunami" morning glory qui se forme dans le nord de l'Australie, mais Jonny poursuit le sky crack de bien différentes manières depuis ses débuts il y a plus de 20 ans. Il a poursuivi le record mondial de distance au Texas et au Brésil et s'est approché de peu du record de Zapata lors de ce jour fatidique en 2012 en volant avec son ami Dustin Martin, qui détient toujours le record à 761 km ; il participe régulièrement à des compétitions de type race to goal à travers le monde, et s'est récemment mis au parapente. Le post Episode 157- Jonny Durand: riding Tsunamis, chasing records, comps and learning est apparu pour la première fois sur CLOUDBASE MAYHEM.

[transcript]

0:09Gavin McClurg

Salut tout le monde. Bienvenue dans Cloudbase Mayhem. J'ai un super épisode pour vous aujourd'hui avec quelqu'un que vous reconnaîtrez tous : le grand Johnny Duran, pilote d'aile Red Bull, ancien numéro un mondial à plusieurs reprises, et quelqu'un que j'essaie de faire venir dans l'émission depuis un temps fou. Le contact a enfin été établi par Nick Neynens, mon ami de l'X-Alps, qui nous a mis en relation. Johnny a été assez coincé en Australie pendant un an et demi maintenant, il n'a pas pu voyager, donc il était ravi de se mettre au téléphone pour discuter et on s'est bien amusés. On a parlé de ses nombreuses années de compétition, de sa récente incursion dans le parapente et des différences entre les deux, ainsi que de sa quête de la Morning Glory.

0:54Gavin McClurg

Je suis sûr que la plupart d'entre vous, sinon tous, avez vu ces images. C'est absolument incroyable. C'est une dinguerie. Si vous ne l'avez pas fait, allez voir dans les notes de l'épisode. C'est un gros projet cinématographique qu'il a fait avec Red Bull il y a quelques années et c'est juste hallucinant. Et ses tentatives de distance, quand il a essayé de battre le record du monde au Texas et ailleurs, mais lui et Dustin, bien sûr, étaient ensemble le jour fatidique en 2012, et Dustin l'a juste devancé à la fin pour atteindre 761 000 mètres. Avec les récents records de Sebastian, le Texas est clairement de retour sur la carte. Les gens s'y intéressent, alors on a beaucoup parlé du Texas et beaucoup du vol, du pilotage, des techniques de thermique. Je pense que vous allez aimer. Je me suis vraiment amusé avec ça. Alors, profitez bien de cette discussion avec le grand Johnny Duran.

1:47Gavin McClurg

Johnny, ça fait plaisir de te voir dans mon viseur, mec. J'ai lu des trucs sur toi ces deux derniers jours et la plupart des infos que j'ai trouvées, je les connaissais déjà un peu. Je suis tes débuts depuis longtemps. Et l'une des choses que ça a fait, c'est m'avoir replongé dans ces trucs de "morning glory" que tu faisais il y a quelque temps. On doit absolument en parler. Mais d'abord, dis-moi où tu es et ce que tu as fait ces derniers temps. Depuis tes tentatives de record du monde, c'est un peu plus calme que d'habitude. Je veux juste qu'on se mette à jour.

2:20Jonny Durand

Ouais, ben merci de m'accueillir. En ce moment, je suis coincé chez moi en Australie, sur la Gold Coast. Je crois que c'est la première fois que je reste plus de 12 mois d'affilée en Australie. Donc c'est un peu un défi, ou plutôt un changement, je devrais dire. Mais non, ça se passe bien.

2:42Jonny Durand

Ouais, je n'ai pas fait beaucoup de vols en compétition ces derniers temps. Ça m'a donc laissé le temps de faire d'autres choses.

2:50Gavin McClurg

Ouais, j'ai compris par Nick, qui est le lien ici, Nick Nainans, mon pote X-Alps, que tu te mets au parapente. On peut en parler ? Ou c'est top secret ?

3:00Jonny Durand

Ouais, je vois bien.

3:05Jonny Durand

Eh bien, je me suis dit que comme il n'y avait pas beaucoup de deltaplane, j'allais essayer le "dark side", comme ils disent. Bien sûr. Maintenant, on a un club très solide ici à Canungra. On a 200 membres, le plus grand club d'Australie. Et quand j'ai commencé à voler il y a 20 ans, c'était environ 90 % de deltaplane et 10 % de parapente. Et 20 ans plus tard, c'est environ 90 % de parapente et 10 % de deltaplane. Donc, les temps ont un peu changé en ce qui concerne ce que les gens pratiquent. Et oui, j'ai fait tellement de vols. Et je connais, je suppose, toute la zone, comme je l'appelle, mon jardin ici.

3:54Jonny Durand

Et pour moi, aller voler en deltaplane tout seul, ça ne me tente pas vraiment pour le moment. J'ai toujours aimé voyager à travers le monde, faire des compétitions avec mes amis, puis rentrer à la maison pour voler avec mes autres amis ici. Juste faire un bon vol avec eux. Mais aller là-bas et piloter mon deltaplane tout seul, et voir les parapentes passer devant moi, ça ne me fait pas vraiment envie. Alors je me suis dit, je suppose que je vais essayer le parapente. Et on verra ce qui se passe. J'ai rencontré Felipe, qui fabrique des parapentes, et il est basé ici sur la Gold Coast.

4:39Jonny Durand

Il m'a dit qu'il était pilote de deltaplane à l'époque au Brésil. Et je me suis dit : oh. J'ai dit : eh bien, je devrai peut-être te mettre sur le deltaplane. Il a répondu : eh bien, alors tu dois piloter un parapente. On a donc eu cette discussion il y a environ un an. Et j'ai dit : eh bien, j'en essaierai un si tu essaies le deltaplane. Je ne l'ai pas encore mis sur le deltaplane, attention. Du coup, oui, j'ai fait quelques vols l'année dernière en parapente, juste en volant sur l'aile A. Et pendant l'hiver, je me suis dit : eh bien, ce serait un bon moment, tu sais. Et je me suis dit : eh bien, je le ferai quand les thermiques ne seront pas si forts et, tu sais, que l'aile restera au-dessus de ma tête la plupart du temps, ce qui était le cas. J'en étais reconnaissant. Et puis, un jour, je volais avec Felipe et on a atterri ensemble dans un champ.

5:27Jonny Durand

presque simultanément. Et on essayait tous les deux de faire une manœuvre de sauvetage à basse altitude. On ne devrait pas dire qu'on a atterri, mais on est tous les deux arrivés. Et on était tous les deux allongés par terre à se plaindre de blessures aux genoux. Et, ouais, j'avais une rupture complète du ligament croisé antérieur. Du coup, j'ai dû me faire opérer et je n'ai pas volé pendant six à neuf mois l'année dernière.

5:55Jonny Durand

Un peu.

5:56Gavin McClurg

Donc juste un atterrissage difficile ?

5:58Jonny Durand

Tu sais, ce n'était même pas si grave. Je ne peux pas vraiment rejeter la faute sur le parapente. Je me suis initialement blessé aux genoux en motocross il y a bien des années. J'ai fait réparer le droit après plusieurs blessures, ou plutôt plusieurs atterrissages difficiles. Et depuis, c'est le gauche qui est devenu le point faible. Et, ouais, c'était juste un champ avec de l'herbe haute qu'on était en train de faucher. Je pensais être au sol, mais je me suis juste enfoncé de quelques centimètres de plus. Et j'ai juste fait une hyperextension de la jambe. Je pense que c'était, tu sais, juste la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, vraiment. Et c'était plutôt bien tombé quand c'est arrivé parce que c'était pendant le COVID. Et je n'avais pas grand-chose d'autre à faire.

6:44Jonny Durand

Heureusement, j'ai pu me faire soigner rapidement. Mais oui, j'ai passé quelques mois avec des béquilles. Et c'était un long chemin vers la guérison. Je n'ai fait que deux compétitions de deltaplane depuis que je me suis fait opérer le genou. Et j'ai piloté une aile de niveau intermédiaire lors de ces deux compétitions, juste parce que j'avais peur des atterrissages et des trucs du genre avec mon genou encore fragile. Donc, oui, je reprends doucement. Et maintenant, ça va mieux. Je pensais recommencer le parapente juste pour m'amuser un peu plus. Et, oui, je monte progressivement en gamme sur les ailes que je pilote. Mais je ne sais pas, elles me font encore peur.

7:27Gavin McClurg

Je voulais demander, est-ce que tu peux nous détailler un peu les sensations principales ? Qu'est-ce qui est différent ? Qu'est-ce qui fait plus peur ? Qu'est-ce qui est plus tranquille, si c'est le cas ? Tu sais, on parle toujours des deux groupes, les pilotes d'aile delta. Oh, oui, mais ton truc fait des fermetures. Et on répond toujours, oui, mais vos trucs vont vraiment vite, tu sais. Et c'est plus délicat de se poser quand on va si vite. Quelles étaient les principales... Quelles ont été les plus grandes surprises peut-être, et certaines choses qui étaient juste, oh, oui, ça se comprend. Quels ont été les grands changements ?

7:59Jonny Durand

Eh bien, je pense que pour moi, la plus grande différence, c'est leur lenteur. Et aussi, le fait de s'habituer à la portance. Quand vous prenez un coup de vide, on a l'impression de tomber droit vers le bas, vous voyez. Même quand vous mettez l'accélérateur à fond, on a juste l'impression de descendre plus vite. Donc, c'est...

8:17Gavin McClurg

C'est vrai, ce n'est pas exactement comme quand on rentre. C'est pas comme

8:19Jonny Durand

tirer sur la barre et juste passer à travers le trou pour atteindre la prochaine montée. Donc, vous savez, ça a été un peu difficile. Juste essayer de comprendre le fait que l'angle de glisse est tellement pire. Et, vous savez, les thermiques que je pense atteindre, je ne les atteins pas en réalité parce qu'ils sont trop loin. Donc,

8:43Gavin McClurg

c'est un vrai réajustement de ta façon de piloter, je suppose.

8:46Jonny Durand

Ouais, je pense que ça m'a vraiment aidé sur le plan de la patience. Tous les pilotes de deltaplane ne sont pas aussi patients. Donc, piloter un parapente... Ouais, c'est un bon point. Piloter un parapente pendant quatre ou cinq heures et parcourir 50 ou 60 kilomètres, tu sais, c'est... J'aurais atterri depuis longtemps en deltaplane si c'était le cas.

9:10Jonny Durand

Mais juste parce que c'est quelque chose de différent, vous voyez, ça me motive. Et, vous savez, je fais de la compétition en deltaplane depuis longtemps maintenant. C'est un peu ce qui me fait avancer quand il s'agit de piloter : avoir un objectif et essayer de l'atteindre à chaque fois que je prends les airs.

9:29Jonny Durand

Alors, pour moi, c'est de piloter ces ailes de classe inférieure face à beaucoup de gars ici sur leurs machines de course et d'essayer de les suivre. Je pense que ça me lance un bon défi. Et j'ai vraiment apprécié cet aspect ces derniers temps. Et apparemment, je me débrouille plutôt bien. Ils ne veulent plus vraiment que je passe au niveau supérieur avec ces ailes parce qu'ils ont peur de ce qui pourrait arriver.

9:57Gavin McClurg

Ouais, tu vas bientôt les mettre en PLS. Est-ce qu'il y a... des choses que tu as apprises en deltaplane qui ne sont pas bonnes et que tu as rapportées dans le parapente ? Tu as dit que c'est toi qui te penches trop en avant maintenant parce que tu veux être en position allongée, comme Prentice. Mais est-ce qu'il y a des choses... Tu sais, par exemple, j'ai toujours trouvé que les pilotes de deltaplane étaient vraiment doués pour le vol plané, surtout quand ils passent au parapente. Ils ont appris quelque chose sur l'air là-dedans... une sensibilité à l'air que je pense, tu sais, les vraiment, vraiment bons pilotes de parapente l'ont, mais qui semble plus instinctive. Ou je ne sais pas, peut-être que c'est juste dû aux années. Mais j'ai remarqué que, on dirait que les pilotes de deltaplane ont ce sens de la ligne que nous n'avons souvent pas.

10:51Gavin McClurg

Est-ce qu'il y a l'inverse ? Je veux dire, je pense que c'est... je ne sais pas si vous êtes d'accord avec

10:54Jonny Durand

c'est vrai, mais... C'est un excellent point que tu abordes là.

10:58Jonny Durand

Je pense que quand on fait du deltaplane, on est un peu plus connecté à l'aile. Comme on tient la barre, c'est un peu comme une extension naturelle de vos bras. Alors qu'en parapente, vous êtes un peu comme un petit pendule qui vole sous cette chose. Et vous n'avez pas ce ressenti instantané... Enfin, je ne devrais pas dire que vous ne l'avez pas, parce que vous le ressentez parfois en parapente.

11:24Gavin McClurg

D'une certaine manière,

11:24Jonny Durand

on en a trop

11:25Gavin McClurg

l'air, non ?

11:27Jonny Durand

Mais... Mais... je pense que tu ressens beaucoup plus l'air, surtout si tu es un pilote de deltaplane détendu. Parce que tu ressens beaucoup le retour de l'aile. Ce qui pourrait être le cas avec le parapente. Peut-être que je n'en suis pas encore là. Je serre trop fort. Mais...

11:46Jonny Durand

Ouais, je pense que la première chose que font les pilotes de deltaplane avec leur parapente, c'est de tenir les élévateurs. Je sais que je suis souvent coupable de ça. J'essaie d'être plus détendu. Mais... Contentez-vous de tenir les freins. Et ne saisissez pas les élévateurs quand ça devient effrayant. Mais c'est un peu le premier réflexe, on veut juste agripper quelque chose. Et je sais que c'est à l'opposé de ce qu'il faut faire. Mais c'est quand même quelque chose qui m'arrive encore maintenant. Alors, ouais. C'est un...

12:18Gavin McClurg

C'est un point intéressant que tu soulèves là. Quand j'ai reçu Jeff Shapiro, il a toujours dit que le wingsuiting est vraiment la seule forme... d'aviation où tu voles vraiment. Tu ne pilotes pas quelque chose. Tu es l'oiseau. Et je suppose que si on superpose les choses, c'est bien ça la progression, non ? Il y a le wingsuit. Et ensuite, il y aurait le deltaplane. Parce que tu es vraiment connecté par cette barre. Et tu es presque en train de voler. Tu pilotes toujours quelque chose, mais tu es très proche d'un oiseau. Tu es en position allongée. Tu as ce contrôle incroyable de l'aile. Et ensuite... Ensuite, tu passes au parapente, ce qui est un grand écart par rapport à ça. Alors, oui, je vois bien. Cette connexion doit être...

13:04Gavin McClurg

Ça doit être génial de ressentir l'air.

13:07Jonny Durand

Ouais. Enfin, on dit que Superman ne vole pas en étant assis.

13:12Jonny Durand

C'est vrai. S'allonger et voler de cette façon est probablement ce qui se rapproche le plus de... comme dit Jeff, du wingsuiting, évidemment, c'est... j'en ai discuté avec lui. Et il adore ça, évidemment. Il dit que c'est ce qui se rapproche le plus du vol. Et, je veux dire, je ne pourrais pas le contredire. Je ne l'ai jamais fait. Mais certainement, vous savez, c'est juste vous avec quelques petits morceaux de tissu sous les bras. Donc, vous êtes définitivement en train de voler ou de tomber, quoi qu'il en soit. Ouais, c'est un commentaire. Mais, ouais. Je pense que, vous savez, évidemment, le deltaplane et le parapente sont assez différents. Et le fait de, vous savez, s'allonger et être assis. Et je trouve ça intéressant que... quand je suis bas, je trouve que je veux beaucoup plus me pencher en avant dans la sellette.

14:02Jonny Durand

C'est probablement parce que j'ai tellement l'habitude de regarder les sources au sol pour les thermiques. Et d'essayer de déterminer où je veux aller pour les derniers mille pieds de ma portance. Et quand je suis en parapente, penché en arrière dans le pod, j'ai un peu de mal. Vous savez, bien souvent, l'endroit où on veut aller est juste là où se trouvent les pieds. Du coup, je me surprends à m'asseoir un peu vers l'avant. Et je regarde... ce qu'il y a devant moi pour, vous voyez, déterminer quelle partie du sol je veux couvrir pour obtenir ma dernière montée ou pour rester en l'air. Alors qu'en aile delta, on regarde toujours le sol, sauf quand on regarde vers le haut. C'est donc un peu différent. Mais pour revenir sur la partie vol plané. Une chose que j'ai remarquée, surtout en volant.

14:48Jonny Durand

Vous savez, j'ai fait beaucoup de vols sur l'aile A &A du Flow Future. Et évidemment... Vous savez, quand j'ai commencé à voler à Flippa, c'était genre, ces trucs ne sont même pas faits pour faire du cross country. Ce sont juste des ailes d'entraînement, vous voyez. Et je faisais des vols de 50 kilomètres depuis, vous savez, notre site local quand personne d'autre ne décollait. Ils se contentaient de plonger. Et c'était genre, mec, c'est juste pas fait pour ça, vous voyez. Alors j'étais en mode, ouais, mais c'est, vous savez, c'est quand même une aile. Ça vole. C'est juste vraiment lent, vous voyez. Il faut juste prendre son temps et se surpasser.

15:22Jonny Durand

Et maintenant, je suis passé sur la... La Freedom 2. C'est cette aile de classe B haut de gamme.

15:30Jonny Durand

Et, vous savez, je trouve qu'elle se comporte vraiment bien. Et je vole beaucoup avec des ailes de classe C et D. Et même certains gars sur des ailes de compétition à deux lignes. Avec un vent arrière ou un léger vent arrière. Je trouve que si je choisis la bonne ligne, je suis en fait capable de rester avec eux toute la journée. Juste en... choisissant cette ligne légèrement meilleure.

15:58Jonny Durand

Évidemment, le facteur de perte de hauteur pèse beaucoup plus sur l'aile que sur le parapente. Juste parce qu'on y reste plus longtemps. Donc, si on arrive à choisir la meilleure ligne, je trouve que je peux suivre assez bien sur l'aile moins performante. Juste, vous savez, en ne perdant pas toute cette hauteur en plané. C'est assez frustrant pour beaucoup de gars ici avec ça. Mais, vous savez... il y a quelque chose là-dedans. Comme vous l'avez dit, beaucoup de pilotes de deltaplane ont de bonnes lignes. Et ça peut être simplement dû à la quantité de terrain que nous parcourons. La quantité d'expérience qu'on a à choisir des lignes. Vous savez, savoir quand il est temps de racer. Quand il est temps de ralentir.

16:43Jonny Durand

Et des choses comme ça. Et je trouve que si je quitte... vous savez, je peux quitter des ascendances plus tôt en parapente. Parce que je vois qu'il y a de meilleures choses devant moi. Ou que je vais monter sur les deux prochains kilomètres, sous un nuage. Ou des choses du genre. Ça, vous savez, semble vraiment aider pour la course sur les ailes moins performantes. Alors, oui. Il y a clairement... je pense que n'importe qui avec des milliers d'heures en l'air va être assez bon pour choisir ses lignes. Et savoir où se trouve l'animal suivant. Peu importe, vous savez, sur quoi vous avez fait vos heures, vraiment.

17:17Gavin McClurg

Le vol à voile est l'un de ces trucs, Johnny, où, tu sais, quand on parle à de très bons pilotes comme toi, ça a tendance à être... Une de ces questions qui donne ce... Ouais, c'est juste une question d'heures. C'est juste une question de ressenti. Tu sais, c'est un peu un truc de Jedi, non ? Tu sais, tu utilises un peu la Force. Mais est-ce que tu peux donner des éléments concrets sur lesquels nos auditeurs peuvent s'appuyer en termes de, tu sais, comment ressentir une bonne ligne ? Comment aborder le vol à voile ? Tu as mentionné quelques trucs là. Tu sais, « Hé, si je suis dans une montée et que je sais que c'est mieux plus loin, je pars. Je y vais. » Mais... Et ce sont beaucoup de choses que tu apprends, évidemment, en compétition. Mais j'aimerais beaucoup avoir ton avis sur le vol à voile. Tu peux parler de la thermique, de la technique, de la sortie de masse et du côté au vent.

18:06Gavin McClurg

Et, vous savez, il y a des choses concrètes dont on peut parler. Mais le pilotage à vue, c'est l'un de ces domaines où c'est délicat. C'était un chapitre très difficile à écrire dans le

18:14Jonny Durand

Je peux l'imaginer. Je veux dire, tout le monde pose des questions du genre : « Qu'est-ce que j'aurais dû faire différemment aujourd'hui ? » « J'étais là, j'ai fait ça et ça. » Et je me dis : eh bien, la beauté du vol, c'est que chaque jour est différent et chaque situation est unique. Alors, essayer de dire à quelqu'un ce qu'il a bien ou mal fait un jour donné est extrêmement difficile, à moins de voler juste à côté de lui. Donc, comme tu l'as dit, essayer d'expliquer à quelqu'un comment mieux planer ou comment choisir les bonnes lignes, c'est extrêmement difficile parce qu'on ne peut jamais peindre le même tableau deux fois. Ça revient vraiment à une question de connaissances. Et je pense qu'il y a probablement quelques points sur lesquels j'aime penser que je suis doué.

19:05Jonny Durand

Et l'une d'elles, c'est la conscience situationnelle. C'est probablement mon plus grand atout en vol, ainsi que ma vue. Donc, être capable de voir les choses et de comprendre, ou de voir des situations où, vous savez, vous pourriez être en train de monter dans une thermique avec trois personnes et que soudain, vous voyez un aigle ou un faucon ou quelque chose. À quelques kilomètres de là, en basse altitude, qui monte bien mieux, et vous décollez, vous savez, à 30 degrés de la ligne de trajectoire et les gens se disent : « Où va Johnny ? Je ne sais pas ce qu'il fait. » Et, vous savez, deux minutes plus tard, j'ai atteint la forte montée et ils se disent : « Oh, c'est par là. » Et puis vous avez disparu, vous savez.

19:44Jonny Durand

Ou le fait de voir le ciel changer devant vous et de comprendre que si vous quittez la thermique maintenant, vous allez bien vous en sortir. Vous allez avoir une bonne trajectoire et atteindre une meilleure montée. Vous pourriez être bas, mais si vous êtes sûr d'atteindre cette meilleure montée, vous y allez, et c'est un peu comme ça qu'on s'éloigne du groupe. Évidemment, en parapente, c'est un peu différent juste parce qu'on ne disparaît pas aussi vite. Et si vous partez et que vous choisissez la mauvaise trajectoire, alors vous pouvez carrément vous retrouver à frôler les cimes des arbres pendant que les autres passent au-dessus de vous, ce qui peut aussi arriver en deltaplane, mais ça semble certainement un peu plus probable en parapente.

20:34Jonny Durand

Pour moi, être conscient de son environnement, ce n'est pas quelque chose que vous devez seulement pratiquer pendant que vous volez.

20:43Jonny Durand

C'est, vous savez, c'est bien de s'entraîner quand vous êtes dans votre voiture en allant au travail toute la journée, en essayant juste de regarder autour de vous et de vous dire : combien de personnes y a-t-il dans mon secteur ? Est-ce que c'est cinq ? Est-ce que c'est dix ? Peu importe le nombre. C'est super pour quand vous êtes dans de grosses compétitions avec beaucoup d'ailes et que vous vous dites : d'accord, il y a dix personnes dans ce groupe. Et si je n'arrive pas à voir les dix sur chaque cercle, c'est que j'en ai raté un, vous voyez ? Alors on se demande : eh bien, est-ce que cette personne est partie quelque part ? Si oui, où est-elle allée ? Pourquoi est-elle partie ? Est-ce qu'elle a vu quelque chose de mieux ? Vous savez, les ailes delta disparaissent beaucoup plus facilement que les parapentes. Les parapentes sont très voyants et colorés, et ils ont été créés genre dans les années soixante-dix, vous voyez ?

21:25Jonny Durand

Les ailes delta sont discrètes et sombres, et on aime disparaître de la vue de nos adversaires. Il faut donc être beaucoup plus attentif, surtout dans la compétition en aile delta, pour savoir où sont vos concurrents et où ils pourraient être passés, et tout ça. Moi, j'aime garder un œil sur tout le monde et sur tout, tout le temps. L'autre jour, j'étais avec quelqu'un et je lui dis : « Oh, tu as fait ça et tu as fait ça. » Et il me répond : « Mais je ne t'ai vu nulle part. Comment tu as su ce que j'ai fait ? » Je lui réponds : « Eh bien, parce que je ne te vois nulle part. Je ne peux pas garder un œil sur tout le monde. » Genre, tu étais à 5 kilomètres derrière moi, mais j'ai quand même vu où tu étais et ce qui t'est arrivé. « Ah, vraiment ? » Enfin, c'est probablement juste quelque chose que je considère comme une partie très importante du pilotage.

22:10Jonny Durand

Parce qu'il y a trop de monde que je vois, surtout les pilotes en herbe qui, euh, vous savez, se contentent assez de rester en l'air ; ils sont dans une montée d'un ou deux mètres et ils ne veulent pas en sortir, ou ils ne se soucient pas, vous savez, de chercher quelqu'un d'autre qui pourrait être dans cette autre montée légèrement meilleure qu'ils pourraient atteindre.

22:31Gavin McClurg

Joni, quand tu participes à des compétitions, est-ce que tu repères qui est qui ou juste ce que tout le monde fait ? Est-ce que tu fais attention aux noms des pilotes ? Enfin, est-ce que, en d'autres termes, tu accordes plus d'importance à certaines personnes ?

22:47Jonny Durand

Oh, certainement. Je veux dire, il faut savoir. Je connais absolument tout le monde dans la compétition. Quelle aile ils pilotent, à quoi ils ressemblent. Et c'est quelque chose que je fais au sol. Je me contente de marcher un peu partout. C'est un peu plus difficile en parapente parce que tout est emballé au sol, alors que le deltaplane est beaucoup plus facile. Ils sont là-bas, sur la pente de décollage. On peut voir de quelles couleurs sont leurs équipements. Les sellettes sont accrochées à leurs ailes. On peut voir leurs casques. Mais en général, je peux les identifier même quand je ne vois pas leurs couleurs. Juste par leur style de pilotage. À quel point ils inclinent, comment ils montent dans les thermiques et tout ça. Je peux juste me dire : « Oh, c'est Dustin là-bas » ou « c'est tel ou tel ». J'aime garder un œil très attentif sur mes adversaires.

23:33Jonny Durand

Je sais exactement qui est qui. Évidemment, je ne peux pas révéler trop de secrets ici, mais ce n'est pas tous les jours que les conditions sont adaptées à vos propres compétences de pilotage, ou alors ça peut être une journée de "blue" et vous vous dites : "Bon, je ne suis pas très doué pour voler dans le bleu". Mais qui, ici dans la compétition, pensez-vous que sera la personne qui va exceller aujourd'hui ? Et je pourrais me dire : "Ok, bon, ça se joue probablement entre ces trois personnes qui ont de bonnes chances de gagner la journée". Alors je vais garder un œil très attentif sur ces quelques personnes et me dire : "Bon, ce n'est peut-être pas ma journée, mais je vais essayer de rester avec les personnes qui, selon moi, vont bien réussir aujourd'hui".

24:21Jonny Durand

Et, vous voyez, ça pourrait être mon plan de jeu. Et pour les journées où je me dis : « Bon, c'est ma journée ». Je sais bien qu'il y a d'autres personnes qui m'observent et j'essaie de faire tout mon possible pour m'éloigner d'elles. Parce que, vous savez, vous allez juste les entraîner vers l'objectif toute la journée et vous n'avez pas vraiment envie de faire ça. Alors, si c'est vous qui trouvez toutes les thermiques, autant essayer de disparaître et de les trouver pour vous-même et pas pour les autres, vous voyez ? Alors oui, c'est, vous savez, évidemment beaucoup de tactique quand on parle de vol en compétition, mais.

24:50Gavin McClurg

On pourra peut-être y revenir plus tard. Parce que j'aimerais beaucoup en discuter davantage avec vous. Je sais que c'est quelque chose que vous faites depuis longtemps, mais j'aimerais avoir une sorte de résumé, point par point, de la manière dont vous vous êtes lancé et comment vous en êtes arrivé là aujourd'hui. Vous devriez avoir 20 ans de pratique, mais comment avez-vous commencé ? Qu'est-ce qui a déclenché toute cette folie ? Et ensuite, j'aimerais que vous évoquiez quelques moments forts ou les étapes clés qui vous ont propulsé là où vous en êtes maintenant.

25:21Jonny Durand

Eh bien, je me suis, en quelque sorte, mis au sport grâce à mon père. Il vient en fait des États-Unis. Mes parents sont tous les deux originaires des États-Unis, j'ai grandi en Californie et il a vu le deltaplane là-bas dans les années 70. Et, vous savez, ça m'intéressait beaucoup, mais je ne m'y suis pas vraiment mis. Ils ont décidé de s'installer en Australie. Mon père était très enthousiaste, un surfeur très actif, et il avait entendu dire que les vagues étaient bonnes ici. Ils se sont donc installés en Australie. Puis, je suis né ici et environ cinq ans, cinq ans plus tard, un peu plus tard, ils se sont, en fait, installés, quand ils sont arrivés ici, ils se sont installés dans les montagnes derrière la Gold Coast, ils ont acheté une propriété.

26:13Jonny Durand

Et, euh, ma mère est partie en voiture un jour et elle est revenue en disant à mon père : « Tu ne devineras jamais ce qu'ils font juste au bout de la route. » Il a demandé : « Quoi ? » Elle a répondu : « Ils font du deltaplane. » Il a dit : « C'est pas possible. » Alors ça lui a pris un certain temps, mais, euh, je pense que quand j'avais, euh, environ neuf ans, il a appris à voler. Il a pris des cours et, euh, eh bien, la première fois qu'il a pris des cours, il s'est cassé le bras. Du coup, il a arrêté pendant quelques années et puis, euh, il y est retourné et l'a refait. Et, euh, ouais, donc il a commencé à voler, euh, quand j'étais assez jeune, j'ai fait un vol en tandem et Connor a été assez accro dès mon premier vol en tandem, je suppose. Euh, j'ai grandi en faisant du surf et du skate et c'est arrivé au point où ça commençait à être très, très fréquenté pour le surf, et il fallait conduire une heure le long de la plage pour aller surfer et prendre quelques vagues.

27:05Jonny Durand

Et je ne sais pas, une fois que j'ai commencé à voler, j'ai réalisé qu'une fois qu'on sautait de cette montagne, on était libre, tu vois, on pouvait faire ce qu'on voulait et tout dépendait de la technique. Et plus tu avais de technique, meilleur était le vol, tu vois ? Du coup, on ne se battait pas pour des vagues ou des trucs comme ça. Ouais. Et, tu sais, ça m'a un peu accroché. Euh, donc j'avais l'habitude de voyager avec lui. En fait, six mois après avoir appris le deltaplane, il a emmené toute la famille aux States et on a voyagé aux States pendant six mois. Et, euh, il est allé directement à Owens Valley parce qu'il disait : « Bon, j'ai entendu dire que c'est le meilleur endroit pour voler. »

27:42Gavin McClurg

Alors il

27:43Jonny Durand

il a passé un mois dans l'Owens Valley, genre, à peine arrivé. Et quand il s'est, ouais, il s'est mis dedans. C'est

27:50Gavin McClurg

une formation rapide. Il

27:51Jonny Durand

s'est formé très rapidement. Il était

27:53Gavin McClurg

un très bon pilote.

27:54Jonny Durand

C'était un très bon pilote. Et tout ce genre de trucs sympas. Donc, ouais, je ne volais pas, évidemment, j'avais seulement neuf ou dix ans. Alors il m'a dit de voyager avec lui pour les compétitions. Et chaque année, j'essayais de prendre une aile, mais je n'arrivais pas à décoller le cadre en A. Alors il me disait : « Oh, peut-être l'année prochaine. » Et finalement, j'ai fini par être assez grand pour décoller le cadre en A. Il m'a dit : « Bon, d'accord, tu peux commencer à apprendre maintenant. » Et j'avais évidemment déjà fait des descentes sur des pentes d'entraînement et des trucs du genre avec des gens qui me tenaient. Et mes parents sont partis pour le week-end, ils m'ont déposé chez un ami qui était instructeur et m'ont demandé : « Oh, tu vas commencer tes cours ce week-end ? »

28:41Jonny Durand

Ils sont rentrés dimanche soir et j'avais déjà sauté de la montagne. C'était une leçon assez rapide. Et ils n'en croyaient pas les yeux, je n'avais que 14 ans. L'instructeur me lançait déjà de la pente. Mais le super truc, c'est que j'ai eu mon lundi off à l'école juste pour montrer à mon père que je pouvais vraiment voler. Donc, ouais, j'ai eu pas mal de chance parce qu'on avait un club de pilotes de deltaplane super solide ici à Canungra. Et on avait beaucoup des meilleurs pilotes d'Australie de l'époque qui vivaient ici et qui volaient sur nos sites locaux. Du coup, j'avais de super pilotes pour apprendre, les regarder et les écouter.

29:31Jonny Durand

Et j'étais comme une éponge. J'absorbait toutes les informations que je pouvais auprès de tout le monde. Et évidemment, comme j'ai fréquenté le milieu pendant environ cinq ans avant d'apprendre à voler, j'avais déjà beaucoup appris et j'ai eu une courbe d'apprentissage assez rapide. Et je pense que j'ai commencé à faire des compétitions un an après avoir commencé à voler. Donc.

29:53Gavin McClurg

Waouh. On est à la fin des années 90, début des années 2000. Euh,

29:57Jonny Durand

Just 95.

29:58Gavin McClurg

95. D'accord. Ouais.

29:59Jonny Durand

C'est tout. Ouais. Ça fait 26 ans. Il y a quelques semaines.

30:05Gavin McClurg

Ouais. Je veux dire, le parapente, c'était déjà un truc à l'époque, tu vois, au milieu des années 90 ça devenait de plus en plus gros, tu vois, certes à ce moment-là, le deltaplane était encore de loin plus important, mais ça commençait un peu à faire cette transition, tu vois. Est-ce que c'était inévitable ? Est-ce que c'est juste parce que cette année-ci, avec le COVID ? Est-ce que ça a toujours suscité de l'intérêt ? Ou est-ce que ça a été uniquement le deltaplane pendant tout ce temps ?

30:30Jonny Durand

J'ai, euh, en fait j'ai appris le parapente. Je me suis un peu appris tout seul au début, euh, au début, euh, probablement à la fin des années 90, je pense. J'avais un skateboard tout-terrain que j'avais fabriqué à l'école et, euh, j'ai acheté une Adele Space. Euh, des années 90. Euh, je pense en 93, 94, quelque chose comme ça. Une aile assez vieille, mais je l'utilisais surtout, euh, juste comme un cerf-volant. Donc c'était un peu comme du kiteboard, je suppose, avec mon skateboard tout-terrain. J'ai donc appris l'aspect manipulation au sol du parapente. Et, euh, on n'avait, euh, qu'un seul instructeur en parapente à l'époque, euh, Phil Highstick ici à Canunga. Et il était un peu le seul parapentiste, euh, et il enseignait et faisait découvrir le sport aux gens.

31:20Jonny Durand

Alors, j'avais l'habitude d'y aller et de faire un peu de maniement au sol avec lui, et de m'amuser un peu avec mon skateboard et tout ça quand il enseignait aux élèves. Puis quelques années plus tard, j'ai décidé de passer mon brevet, et il m'a carrément envoyé en l'air parce qu'il avait vu que j'avais fait un peu de maniement au sol et que je savais ce qu'il se passait. Et comme je faisais du deltaplane, il a estimé que j'avais une idée du truc et j'ai fait quelques vols tôt le matin, et j'ai obtenu ma radio. Je veux dire, je me suis inscrit comme entrée joker et il m'a dit : « Je vais te donner une aile, une sellette et tout ce dont tu as besoin pour faire la compétition ». Et j'étais comme : « OK, il y a 130 pilotes et j'ai probablement fait seulement cinq heures en parapente ».

32:34Jonny Durand

sur environ deux ans et je n'en avais pas piloté une depuis un an, donc j'étais pratiquement une débutante absolue. Il m'a donné une Sigma 5 pour voler et je lui ai demandé : « Tu es sûr que je vais survivre ? » Il m'a répondu : « Oui, ça va aller. » Alors, j'ai sauté de la pente le premier jour et il y avait littéralement 100 pilotes plus du vol à la voile sur le versant ouest du mont Bora. J'ai volé tout droit, j'ai atterri au bout et c'était juste... je ne sais pas, c'était mon premier vol, une nouvelle aile, tout était neuf et il y avait des gens partout. Je n'ai même pas voulu faire demi-tour. Je suis remontée et j'ai décollé une deuxième fois et il y avait environ six ou sept autres pilotes qui ont atterri avec moi ; ils savaient qui j'étais grâce au vol en aile delta et ils se sont dit : « On va juste suivre Jonny », je pense. Cinq d'entre eux plus moi, on a atteint le but. On était les derniers à l'atteindre ce jour-là, mais on y est arrivés. Quoi ?

33:35Jonny Durand

Ah, c'est génial. Ouais, j'avais un peu d'entourage qui me suivait dans le ciel là-bas.

33:41Jonny Durand

Mais bon, je me suis bien débrouillé, je pense que j'ai fini dans le top 40. Waouh, c'est impressionnant. De mémoire, ça remonte à loin maintenant, mais c'était une grosse courbe d'apprentissage. Tu sais, beaucoup de jours, je me suis retrouvé au sol juste parce que je n'avais pas encore compris la différence de performance de portance et que je quittais une thermique à mi-chemin du retour parce que je voyais un nuage se former devant en me disant : « Oh, c'est une meilleure montée », pour découvrir cinq minutes plus tard que j'étais au sol à 2 km de là où la thermique continuait encore. Hein ? Eh bien, ça n'a pas marché. Et oui, j'avais beaucoup de fermetures et des trucs du genre, et à l'époque, il semblait que les ailes des gars au sommet étaient assez dangereuses, au point qu'elles fermaient beaucoup et qu'il y avait beaucoup de blessures et tout ça. Et étant, tu sais, je pense que j'étais devenu le numéro un mondial en deltaplane à cette époque, et voir le fait que si je voulais être bon en parapente, je devais voler quelque chose de plutôt dangereux, ça ne m'intéressait pas vraiment. Alors j'ai pratiquement arrêté le parapente. J'ai fait cette compétition, j'en ai fait un peu plus quand je suis rentré chez moi à Conungra, juste parce que j'étais tellement obsédé par l'idée de battre le record de distance en deltaplane depuis nos sites. J'étais autour des 300 kilomètres à l'époque, je crois, ou un peu plus, et le record en parapente était d'environ 110 ou 120 kilomètres. Je me suis dit : « Ouais, ce n'est pas si dur de voler aussi loin ». J'ai fait 100 miles en compétition et je me suis dit : « Ouais, je vais faire cette compétition à Manille sur cette aile ». Je me suis dit que c'était facile, faisable pour moi de battre le record ici. J'ai fait quelques tentatives, mais on a cette grande chaîne de montagnes à traverser et c'est assez difficile. Il n'y a que quelques endroits où on peut la traverser, il y a beaucoup d'arbres et de hautes montagnes, et je suis arrivé là-bas quelques fois en parapente mais je n'ai jamais réussi à m'aventurer par-dessus. Du coup, je me suis dit : « Ouais, il y a peut-être une raison pour laquelle le record en parapente est à ce niveau ». Je pense que c'est un bon moyen de traverser en aile et je pense que c'est un bon moyen de traverser en parapente, et j'ai un peu abandonné, en gros. J'ai littéralement fait quelques vols ici et là, des vols côtiers depuis 2005 jusqu'à récemment, ouais. Mais bon, j'étais surtout concentré sur le deltaplane et sur le fait d'essayer d'être le meilleur au monde en deltaplane, ouais.

36:09Gavin McClurg

Je vous ai emmené bien hors trajectoire là, je suis désolé, mais vous avez dit que vous n'étiez en forme qu'un an et que vous vous êtes ensuite lancé dans les compétitions. Reprenons votre parcours, je veux vraiment en arriver à Dustin Chasing avec Dustin Texas et parler du Texas parce qu'on a eu des nouvelles du Texas récemment, on y reviendra, mais oui, remenez-moi dans les années 2000 alors. Vous avez commencé à faire des compétitions assez vite et oui.

36:34Jonny Durand

Alors, je pense que 96 était ma première compétition en Australie. Donc, en gros, j'ai commencé à faire de la compétition ici en Australie. Quand j'étais jeune, j'ai eu un accident de skate juste avant l'une des...

36:48Jonny Durand

Je me suis cassé et déboîté l'épaule, donc ça m'a arrêté de voler pour la saison. C'était quand on a eu les championnats du monde ici, à Forbes, et j'étais un peu le gardien de but à l'époque, c'était à peu près tout ce que je pouvais faire, donc j'étais là à regarder et à vérifier tout le monde passer la ligne d'arrivée et puis, ouais, j'ai commencé à faire de la compétition, comme je l'ai dit, surtout en Australie. Quand j'ai fini l'école, j'ai fait un peu de voyage, quand ma première compétition internationale est finie en Espagne, je suis allé pour les pré-mondiaux là-bas à Argonales en 2000. J'ai fait les nationaux espagnols, qui était ma première compétition juste avant les pré-mondiaux, je crois qu'il y avait 125 pilotes et j'ai réussi à finir troisième derrière

37:39Jonny Durand

le numéro un mondial et le numéro quatre ou quelque chose comme ça, donc tout le monde m'a considéré comme le vrai vainqueur parce que tout le monde savait que ces deux-là allaient finir premiers et deuxièmes, et j'étais la première personne que j'ai réussi à classer dans un certain ordre. Je pense que j'avais 19 ans à l'époque et c'était un peu ma première grande compétition internationale, ou ma première compétition internationale, donc j'étais super content. Et oui, je suis ensuite allé voler aux pré-mondiaux et je pense que c'était en 2001 ou 2002, je travaillais dans l'industrie du cinéma ici sur la Gold Coast et j'ai reçu un appel un jour de Vicky chez Moyes Gliders, et elle m'a dit : « On veut te sponsoriser pour que tu voyages autour du monde en aile ».

38:24Jonny Durand

Et je leur ai dit : « C'est ça. » Je leur ai répondu : « Eh bien, je travaille actuellement dans l'industrie du cinéma. » Et elle me sort : « Oui, il n'y a qu'une seule condition. Vous devez partir demain. » Et je me suis dit : « Oh, ça va vite. »

38:41Jonny Durand

Alors, je suis allé dans le bureau de mon patron. C'était juste après l'appel, je suppose, et on s'est assis pour en discuter un peu. Et j'ai dit : écoutez, vous savez, c'est la situation, et je leur ai expliqué. Et ils m'ont regardé et m'ont dit : qu'est-ce que tu fais encore debout là ?

38:56Gavin McClurg

Oh, wow, c'est cool. Ils

38:58Jonny Durand

ils m'ont dit, tu sais, qu'on peut te remplacer demain, mais tu ne remplaceras jamais cette opportunité. Donc si ça ne marche pas, rappelle-nous quand tu seras de retour et on te donnera un autre job. Du coup, je n'avais rien à perdre. Ils m'ont dit de partir maintenant, juste partir. Alors j'ai fait mes affaires, je suis monté dans ma voiture, je suis rentré chez moi, j'ai fait mes valises et, ouais, j'ai arrêté le lendemain. C'est un peu comme ça que mes aventures en tant que compétiteur à plein temps ont commencé. Et, ouais, j'ai eu pas mal de chance qu'ils m'envoient faire le tour du monde pour piloter les comps et me donner l'expérience dont j'avais besoin pour m'améliorer. Et puis je suppose qu'en 2000, je vais vous raconter une histoire drôle.

39:43Jonny Durand

En fait.

39:45Gavin McClurg

Oui, s'il vous plaît. Racontez-moi d'autres histoires.

39:48Jonny Durand

Beaucoup de gens me demandent comment j'ai commencé avec Red Bull et mon sponsoring avec eux. Et quand Red Bull est arrivé en Australie au début des années 2000, je me suis dit : oh, wow, ce serait le sponsor parfait, parce que mon rêve était simplement d'être sponsorisé et de piloter des ailes de deltaplane pour le reste de ma vie. J'ai vu leurs publicités et je me suis dit : Red Bull vous donne des ailes, et je me suis dit : ah, parfait. Qu'est-ce que je peux demander de plus ? Et enfin, un jour, j'ai reçu un e-mail de Red Bull. Et ils ont commencé en quelque sorte par : eh bien, nous vous suivons et nous voyons les grandes choses que vous faites, et nous aimerions vous sponsoriser ou discuter d'un sponsoring avec vous.

40:34Jonny Durand

Et j'étais en mode : oh mon Dieu. Je l'ai dit à toute la famille, et tout le monde était en mode : wow, vraiment ? C'est incroyable. Ça m'a pris, je crois, deux jours à rester assis devant mon ordi en me demandant : oh, comment je réponds à ça ? C'est Red Bull, quand même. Finalement, j'ai réussi à rédiger un mail. Et j'ai reçu une réponse. Ça a duré peut-être quelques jours, avec quelques échanges de mails.

41:03Jonny Durand

Et un soir au dîner, toute ma famille m'a demandé : « Alors, tu as eu des nouvelles de Red Bull aujourd'hui ? » Et j'ai répondu : « Oh, ils ont l'air très intéressés par cette conversation. » Et il s'avère que ma sœur de neuf ans avait créé un compte Hotmail Red Bull. Et évidemment, je n'étais pas au courant.

41:24Jonny Durand

Ouais.

41:26Gavin McClurg

Vous avez genre un poisson d'avril ou un truc du genre là-bas ? Non, non. Je viens juste...

41:30Jonny Durand

je trouvais ça drôle d'être la petite sœur de neuf ans. Oh,

41:36Gavin McClurg

Mon Dieu. C'est l'une des meilleures blagues que j'aie jamais entendues. Ouais.

41:39Jonny Durand

Donc ce n'était pas le cas.

41:44Jonny Durand

Ce n'était pas ce que j'espérais avec ces e-mails. Mais deux ans plus tard, ou peut-être un an ou deux, j'étais au Brésil. Je crois que j'y étais à ce moment-là. Ma mère m'envoie un e-mail et elle me dit : « Oh, tu ne devineras jamais qui a appelé aujourd'hui. » Je réponds : « Qui ? » Elle me dit : « Red Bull. » Je lui réponds : « Ouais, on a déjà vu ça. » Elle me dit : « Non, vraiment, vraiment. » Et elle rigole. Elle me dit : « Ils veulent que tu participes à un événement. » Je réponds : « Oh, d'accord. » Et je lui demande : « C'est sérieux ? » Elle me dit : « Ouais. » Et elle continue de rire. Elle me dit : « Ouais, mais je crois que tu dois faire genre deux kilomètres de natation en mer. Et ensuite, tu dois faire 50 kilomètres de VTT. Et après, tu dois descendre sur la plage et faire 24 kilomètres de course à pied. »

42:30Jonny Durand

Et je me dis, hmm. Ouais, je ne suis pas sûr d'être ce genre d'athlète. Mais elle me dit : « Bon, voici leur contact. Contacte-les. » Et il s'avère que c'était en fait un vrai e-mail. Je les ai contactés et ils m'ont dit : « Non, non, non. On veut juste que vous fassiez la partie deltaplane. On réunit les meilleurs athlètes de chaque sport de chaque pays pour concourir. » Ça s'appelait les Giants of Rio, je crois que c'était en 2004.

43:04Jonny Durand

Et, ouais, donc ils avaient le meilleur nageur en eau libre, le meilleur vététamontagne, le meilleur pilote d'aile et le meilleur coureur. Et ils venaient tous de différents pays, ou de 70 pays pour être précis. Toutes les dépenses étaient prises en charge pour aller à cet événement à Rio. Alors, bien sûr, j'ai saisi cette opportunité. Et c'était marrant. Il y avait évidemment d'autres pilotes d'aile du monde entier qui y allaient. Et Kurt Warren a été choisi pour les États-Unis. Je crois qu'ils avaient... c'était juste Kurt. Je ne sais pas si Dustin était là. Je ne m'en souviens plus. Je pense qu'il a pu l'être. Je pense qu'il y avait peut-être deux équipes des États-Unis. Mais Kurt était dans l'équipe A, pour ainsi dire.

43:48Jonny Durand

Et deux semaines avant l'événement, on a eu notre dernière compétition en Australie.

43:55Jonny Durand

Et Kurt et moi, on se battait pour la première place.

44:01Jonny Durand

Et on a fini à égalité après cinq ou six jours de vol. On a fait match nul à la compétition. Et on s'est dit : « Bon, je suppose qu'on va régler ça au Brésil, quand on fera cette course pour Red Bull. » On était à l'étape 3 de la course. Il y avait la natation de 2 km, puis 50 km de VTT à travers les montagnes jusqu'à la zone de décollage. Ensuite, on a volé vers le bas pour atterrir sur la cible. Et enfin, les coureurs ont dû faire le parcours sur la plage.

44:36Jonny Durand

Et il y avait 70 équipes au départ. Et on était assis au sommet de la colline, au sommet de la montagne, et ils essayaient de rester groupés juste parce qu'ils avaient tous des traceurs et que c'est un décollage assez petit là-bas à Rio, donc il fallait que seulement x ailes puissent s'installer à la fois. Alors ils essayaient de voir quels pays étaient en tête pour savoir qui devait s'installer, et l'Australie et les États-Unis étaient les deux premières équipes. Puis l'Australie a disparu pendant un moment parce que le traceur a arrêté de fonctionner ou quelque chose comme ça, et c'était genre ceci et cela, mais il s'est avéré que l'Australie gagnait quand ils sont arrivés au décollage et les États-Unis étaient deuxièmes. Donc, parmi tous ces pilotes, Kurt et moi étions premiers et deuxièmes sur la rampe et on se disait : « C'est trop cool, on vient de faire match nul à la dernière compétition et on est là, debout sur la rampe ». Et euh, comme il s'est avéré, l'Australie a fini par gagner l'événement. Et oui, je pense que la nuit avant la course, j'étais sorti boire un verre à quatre heures du matin, encore avec le patron de Red Bull de l'époque, et tu sais, il me dit : « On a le temps pour un autre verre », je lui dis : « Ouais ». Bref, on avait en fait le point d'atterrissage sur la plage et si on ne touchait pas la cible, on devait faire un sprint de 400 mètres sur la plage, et je pense que seulement quelques-uns d'entre nous ont réussi à atteindre le point parmi tout le monde. Donc tous mes coéquipiers ont réussi le point, et tous mes coéquipiers ontBasically dit qu'on avait gagné grâce à Johnny, tu sais, et le gars disait juste : « Mec, si tu peux rester là-haut et le faire après avoir bu jusqu'à cette heure-là et performer comme tu l'as fait le lendemain ».

46:14Gavin McClurg

ce qui a fonctionné pour vous, nous

46:16Jonny Durand

On veut vous avoir dans l'équipe pour Red Bull, vous savez, vous êtes le genre de personne qu'on aime. Alors, pas au point que je puisse boire jusqu'au petit matin, mais juste pour... enfin bref, c'était le début de ma carrière chez Red Bull, après avoir gagné cet événement, et j'ai ensuite volé avec eux pendant les 14 dernières années. Ils m'ont aussi aidé à voyager autour du monde et m'ont permis de faire ce que je fais.

46:45Gavin McClurg

Je voulais dire, j'ai pu traîner avec Will Gadd et on a fait l'expédition des Rockies il y a quelques années, c'était un projet de film financé par Red Bull pour leur série Explorer. Et tu sais, c'était un des pionniers, il est avec eux depuis toujours. Je ne sais pas si c'est plus Red Bull Canada, ou si tu es plutôt Red Bull Australie ou Autriche, mais avec les années qui passent, est-ce que les obligations changent ? Est-ce qu'il y a des obligations ? Je sais que beaucoup de gens seraient très curieux parce que c'est, tu sais, le rêve ultime pour beaucoup d'athlètes dans plein de sports différents d'être impliqué avec Red Bull. Je n'ai jamais été impliqué avec eux en tant qu'athlète, j'ai toujours été avec eux via les Red Bull X-Ops ou ces films que j'ai réalisés, mais

47:33Gavin McClurg

Qu'est-ce qu'il faut faire pour maintenir ça ? Parce que je me souviens que Will a presque dit que c'était genre pour la vie, tu vois, que tu ne pourras pas le faire pendant longtemps, tu ne pourras pas le faire pendant longtemps, tu ne pourras pas le faire pendant longtemps, tu es dedans, tu es dedans.

47:40Jonny Durand

oui et non, je ne sais pas

47:42Gavin McClurg

si c'est plus dépendant ou

47:44Jonny Durand

Ouais, quand j'ai commencé ici en Australie, ils avaient des règles assez strictes sur qui ils parrainaient et pourquoi. Évidemment, comme vous pouvez le voir, ils parrainent beaucoup de pilotes de haut niveau, beaucoup de sportifs de haut niveau et dans énormément de sports différents. Red Bull est extrêmement douée pour recruter des athlètes juste avant qu'ils n'atteignent leur apogée. Ils sont très bons pour repérer les gens, les observer et essayer de décrocher le contrat avant qu'ils ne deviennent célèbres, pour essayer d'entrer au bon prix, je suppose. Mais Red Bull est évidemment une marque mondiale basée en Autriche, mais chaque pays a son propre budget et ses propres obligations envers le siège mondial, et ils reçoivent tous...

48:40Jonny Durand

le budget du siège dépend, je crois, du nombre de canettes vendues, de leur importance et les athlètes dépendent vraiment de leur pays. Je veux dire, je pense qu'évidemment beaucoup de gens ne restent pas longtemps avec Red Bull. Je suis l'un des athlètes Red Bull les plus anciens en Australie. Il y a des gens comme McFanning et d'autres qui sont toujours chez Red Bull et qui y sont depuis le premier jour, il y a 17 ou 18 ans maintenant, ils continuent probablement, mais beaucoup d'athlètes ne font peut-être qu'un an, deux ans, trois ans avec Red Bull et ensuite ils passent à autre chose, soit parce qu'ils n'ont pas obtenu les résultats qu'ils voulaient, soit parce qu'ils ont d'autres sponsors ou des choses comme ça. Mais je suppose que les obligations changent, le contrat de chaque personne est différent et chaque pays est différent avec Red Bull. Donc pour ce que Will Gadd pourrait avoir, je n'en ai aucune idée, chaque pilote ou chaque athlète a un contrat différent, mais en gros, généralement, c'était un salaire chaque année avec des primes en cours de route. Pour moi, ils me donnaient trois bonus par an si j'atteignais mes objectifs ou peu importe ce que c'était, gagner l'une des grandes compétitions, être numéro un mondial ou battre un record du monde, des choses pour lesquelles je dirais : « Bon, voilà ce qui est important pour moi cette année et ce que je veux essayer d'accomplir », et si j'atteignais ces objectifs, alors oui, je pouvais le faire. Je pense que c'est une très bonne chose de me donner une prime, des choses comme ça. Mais oui, il y a des choses que vous devez évidemment faire pour eux, vous devez faire des médias, vous devez être sur les réseaux sociaux, vous devez...

50:20Jonny Durand

publier un certain nombre de fois par semaine ou par mois, comme vous le savez, ce n'est pas juste parce que vous êtes sponsorisé que vous n'avez plus rien à faire. Il faut toujours rendre les services aux gens qui vous donnent de l'argent, vous voyez, donc ça...

50:36Gavin McClurg

On dirait que, je veux dire, juste dans cette conversation, ton focus a été surtout sur les compétitions, mais tu as abordé d'autres trucs intéressants. On doit parler de "flying the tsunami wave", la "morning glory". Tu sais, je l'avais vu quand tu l'as fait, et hier, en préparant ça, je me suis encore laissé happer par ça. Ne...

51:00Jonny Durand

se laisser aspirer par ça, c'est le pire qui puisse arriver. Non, non, non, ouais.

51:03Gavin McClurg

j'ai vu ça dans la vidéo, mais purée, c'est juste... OK, deux choses dont je vais parler. Est-ce que tu pourrais le faire sur un parapente haut de gamme et ensuite nous raconter comment tu l'as découvert ? Comment tu as... je veux dire, peux-tu décrire ce que cette expérience a été et est-ce que tu la poursuis encore ? Est-ce que c'est toujours quelque chose sur quoi tu travailles ?

51:25Jonny Durand

Ouais, alors l'un de mes engagements avec Red Bull, dans le contrat, c'était que je devais leur proposer deux idées de projets que je voulais réaliser chaque année. Je devais donc me présenter et dire : « Voici deux choses que je veux essayer de faire avec Red Bull », et ils les examinaient. S'ils les aimaient, ils les soumettaient. Et ensuite, si ça passait les approbations en Australie et qu'ils donnaient le feu vert complet, ils le soumettaient à Red Bull Worldwide pour obtenir la permission, le financement et tout ce qu'il fallait pour que ça se fasse. Et Morning Glory était la première chose sur ma liste. Évidemment, il y avait eu une poignée de pilotes avant moi. Je pense que j'étais la 12e personne à voler sur Morning Glory.

52:10Jonny Durand

Mais je connaissais les premiers, ceux qui l'ont volé en premier, et quelques pilotes entre-temps. Rien qu'à travers les compétitions, quand ils me racontaient leur expérience du Morning Glory, je voyais dans leurs yeux à quel point c'était hallucinant quand ils en parlaient. Je pense que ça m'a donné ce vrai rêve, cette passion de vouloir monter là-haut et le piloter, parce que je voyais qu'ils étaient... Vous savez, c'était... C'était le vol de leur vie pour eux. Ce n'était pas de la compétition. Ce n'était pas du cross country. Ce n'était rien de tout ça. Mais comme le free-flying le montre, c'est probablement l'une des choses les plus incroyables que vous verrez jamais en aile ou en parapente de votre vie.

52:56Jonny Durand

Je pense que quand on a l'habitude d'observer les nuages, de les voir se former et se dissiper, et qu'on voit soudainement cette chose déferler dans le ciel comme un tsunami, en étant juste à côté pendant qu'elle le fait... c'est quelque chose qu'on n'oublie jamais. Alors, oui, c'était... comme je l'ai dit, c'était la première chose que j'ai voulue faire quand ils m'ont dit : « Oh, écoute, il faut que tu proposes des projets. » Et je me suis dit : « Eh bien, c'est ça. »

53:20Gavin McClurg

Et vous avez dit qu'il y avait 11 ou 12 pilotes avant... Vous parlez de pilotes de cerf-volant ou étaient-ce tous des pilotes d'aile qui l'avaient déjà piloté ?

53:28Jonny Durand

Non, des pilotes de deltaplane. Donc, ils sont montés là-haut et les premiers gars, ils faisaient juste du remorquage en voiture sur les salines.

53:37Jonny Durand

Probablement... je ne sais pas quand le premier a volé. Je dirais au début des années 2000, peut-être fin des années 90. D'accord. Probablement fin des années 90, en fait. Mais, ouais, je veux dire, ils ont juste... Vous savez, chacun d'entre eux qui l'a piloté, ils avaient tous... On pouvait voir qu'ils avaient tous la même expression sur le visage. Comme s'ils venaient de voir un fantôme. Et, ouais, c'était juste genre, d'accord, c'est ce que je veux faire. Et j'ai convaincu Red Bull que, vous savez, c'était un projet que je voulais faire. Et ils ont donné le feu vert. Et j'ai dit, écoutez, je ne suis pas le premier. Ils sont toujours à la poursuite de quelque chose. Être le premier. La première personne à faire ceci, la première personne à faire cela. Ou j'ai dit, écoutez, je ne vais pas être le premier. Mais personne n'a réellement documenté le nuage. Ils ont emporté leurs appareils photo 35mm là-haut et ont développé la pellicule.

54:25Jonny Durand

Certaines étaient en noir et blanc. D'autres en couleur. Et, vous savez, ce sont juste des gens qui volent avec une petite caméra pour se prendre en photo mutuellement. Et personne n'a vraiment fait de documentaire sur le nuage et le phénomène qu'il représente, avec des images incroyables. J'ai dit : si on a un hélicoptère, une bonne caméra et une bonne équipe, je vous dis que ça va être une expérience hallucinante, pas seulement pour moi, mais pour tous les spectateurs qui pourront le voir. Alors ils ont accepté. On y est allés, on y a passé deux semaines en 2008, on a vu quelques Morning Glories au-dessus de l'océan, mais on n'en a jamais volé une. En fait, la première est passée le premier matin où on est arrivés après avoir fait 2 500 kilomètres de route.

55:10Jonny Durand

et on n'avait pas le Dragonfly installé pour me tracter, et on l'a vu arriver. Mon ami Leroy était pilote de tracteur, mais il avait fait beaucoup de remorquage de voitures. Moi, je n'en avais pas fait beaucoup. Il m'a dit : « J'ai tout le matériel ici. Allez, on te branche. » Ça a pris un peu de temps pour tout régler, et en regardant ce truc arriver, je me suis dit : « Ça va plutôt vite. » Et au moment où on était prêts, le vent a juste... j'ai dû gérer la rafale de front, et c'était un peu de travers, et je n'étais pas très emballé parce que je n'avais jamais vraiment fait de remorquage de voiture de ma vie, et je me disais : « Oh, tout ça pourrait mal tourner. » Et je me suis dit : « Bon, attends juste une seconde, voyons ce qui se passe. » Et en moins de 20 secondes, mon père était devant mon aile.

55:57Jonny Durand

et j'étais devant mon aile. On est passé de zéro à 50 kilomètres par heure, c'est dingue. Et je reste là, je le regarde en me disant : ne me lâche pas, parce que je vais me retrouver à l'envers et être traîné sur les salines par mon aile. Et puis, tu sais, il tenait le nez si bas avec ce vent que dès que le front est passé, le vent a tourné. J'ai failli me retourner dans l'autre sens. Purée. Il y a beaucoup de vent associé à ce nuage.

56:29Gavin McClurg

C'était sans doute une bonne chose que tu aies appris cette leçon au sol dès le début, juste pour te donner un peu d'humilité sur ce qui s'y passait et pour répondre à la question. Pour avoir une certaine compréhension, j'imagine. Tu as pu voir ce que tu n'es pas d'habitude en mesure de voir.

56:41Jonny Durand

Ouais, à 100 %. Je veux dire, juste être installé dans ma sellette, tout est connecté à l'aile, mais être quand même au sol et en voir une passer au-dessus de moi pour voir ce que la météo fait en dessous, ça a vraiment été une bonne petite prise de conscience. Je ne veux être nulle part à côté d'un truc au sol quand il s'agit d'atterrissage ou de décollage. Donc, ouais, c'était une super leçon. Mais, ouais, on a passé, je crois que c'était deux semaines après ça, là-haut dans ce qu'ils appellent l'une des villes les plus isolées d'Australie. Et je n'ai jamais pu voler plus d'une fois. C'est ce qu'ils appellent ça. C'était un voyage de reconnaissance. Vous savez, on a dépensé probablement 50 000 $ pour ce voyage. Et l'année suivante, ils me disent : « Bon, c'est quoi le projet ? » Et je réponds : « Eh bien, je veux toujours faire celui-là. »

57:28Jonny Durand

Et ils me demandent : « Tu es sûr que ce truc existe vraiment ? » Et je leur réponds : « Écoutez, il y a des vidéos. Il y a des photos. Ça arrive. Est-ce que... »

57:35Gavin McClurg

Est-ce que c'est une fenêtre vraiment étroite ? Chaque année ? Est-ce qu'il y a un type de condition particulier qui le provoque ? C'est quoi, la ville ?

57:41Jonny Durand

Ça s'appelle Burke Town. C'est dans le grand nord du Queensland, au bas de Cape Ork. C'est un phénomène météo qui s'y produit. Ça arrive généralement à une certaine période de l'année, en septembre ou octobre. Ça peut aussi arriver n'importe quand au cours de l'année, de façon aléatoire. En gros, ça se forme sur la péninsule dans la partie nord de l'Australie par les deux brises de mer qui arrivent des deux côtés de la côte. Et on obtient cette convergence qui se forme presque tous les jours. L'air chaud monte. L'air froid commence à redescendre. Et la brise de mer principale de la côte est pousse ce phénomène le long du Cape et vers cette petite ville de Burke Town.

58:28Jonny Durand

Et parfois, quand tout se passe bien, il y a le nuage avec. C'est juste un mouvement. C'est un front nuageux, en gros une convergence qui a été poussée, vous voyez, qui commence vers minuit. Ils l'appellent la "morning glory" parce qu'elle frappe pratiquement Burke Town pile au lever du soleil. Parfois, elle passe dans le noir. Vous savez, il y a des matins là-bas où on s'est réveillés avec le bruit de vents à 30 nœuds et on savait tout de suite que c'était une morning glory qui passait. Je me suis dit : "Merde, on l'a ratée. Elle est passée trop tôt ce matin." Parfois, c'est un peu plus tard. Mais ouais, je pense que c'est de là que vient son nom. C'est ce phénomène qui se produit juste le matin là-haut. Et, vous savez, c'est juste magnifique à regarder.

59:15Jonny Durand

C'étaient surtout les pêcheurs. C'est la plus grande ville d'Australie pour la pêche au barramundi. Donc, les gens connaissent Burke Town pour ça. Et puis ils voient ce nuage qui passe mystérieusement au-dessus d'eux. Ça devient sombre et lugubre. Et ils pensent qu'ils vont mourir sur leur bateau de pêche. Et puis, tout à coup, il fait à nouveau beau cinq minutes plus tard.

59:37Gavin McClurg

Mais c'est... mais contrairement à... on dirait une convergence roulante. Donc elle descend le long de la côte. C'est un peu une bête, un animal. En d'autres termes, ce n'est pas une convergence stationnaire, vous voyez. D'habitude, c'est plutôt stationnaire, vous savez, dans une montagne ou quelque chose comme ça. Mais celle-ci est en fait en mouvement. Elle est poussée. C'est un peu comme

59:55Jonny Durand

un raz-de-marée. C'est un peu comme jeter un caillou dans un étang. Et ensuite, tu as ces ondulations qui se propagent dans l'étang, ce qui est essentiellement l'effet que ça produit dans le ciel. Ouais. Ça accélère. Ça ralentit le morning glory juste à cause de la friction sur le sol. Et puis, finit par se dissiper simplement parce que ça ne glisse pas sur le sol comme, tu sais, comme si c'était sur de la glace quand il fait frais. Tu vois, ça commence assez vite. Le nuage roule probablement beaucoup plus vite la nuit que lorsqu'on arrive à le piloter. Le premier nuage que j'ai piloté voyageait probablement entre 40 et 50 kilomètres par heure sur le sol.

1:00:40Jonny Durand

Et évidemment, tu voles latéralement le long du nuage. Donc, tu sais, je faisais des vitesses de 70 à 90 km/h, essentiellement pour suivre le nuage pendant que je volais le long de celui-ci. Ouais. Donc, pour répondre à ta question sur le fait de piloter un parapente dessus, il va falloir avoir des couilles.

1:01:00Gavin McClurg

On est vraiment aux limites ici. Ouais. Parce que si tu, si tu descends à travers, t'es cuit. Il faut rester sur le... c'est comme voler une vague en quelque sorte ? Est-ce que tu voles côté sous le vent ou est-ce que tu dois rester côté au vent ?

1:01:16Jonny Durand

Eh bien, ce n'est pas vraiment un côté au vent parce que ça tourne en rond. En gros, tu restes juste du côté de la crête, là où tous les courants montent, alors que tout redescend à l'arrière. C'est

1:01:28Gavin McClurg

tout descend. Donc si tu te retournes, si tu te retrouves sur le dos, tu es cuit. C'est assez

1:01:32Jonny Durand

C'est un peu comme surfer une vague de l'arrière vers l'avant. Alors, imaginez si vous essayez de surfer le dos de la vague et que vous montez trop haut, d'un coup, vous vous faites aspirer vers l'arrière des chutes et vous disparaissez. Vous avez les turbulences, le courant ou le gouffre, tout ça. Ouais. Donc, c'est assez unique dans ce sens. Vous savez, le premier nuage que j'ai survolé allait presque d'horizon à horizon. Vous vous rendez compte à quel point vous êtes petit face à un tel nuage. On peut juste le voir rouler. Et c'est assez incroyable à voir du ciel. On

1:02:09Gavin McClurg

Vous avez tous les liens pour ça. Pour ceux qui écoutent, c'est dans les notes de l'épisode. Les images sont, je veux dire, je suis sûr que la plupart d'entre vous l'ont déjà vu, mais c'est juste hallucinant. Les images sont hallucinantes. C'est

1:02:20Jonny Durand

C'est ça. Et moi, je sais que Red Bull a mis le paquet sur ce documentaire. Ils ont engagé absolument les meilleurs pour la production. Ils ont fait venir le réalisateur du Canada. Ils ont fait venir le chef opérateur de New York. Ils ont fait venir ces gars qui ont réalisé tous les grands films d'aventure à travers le monde, tous les sports différents, et chaque membre de l'équipe a admis que c'était parmi les meilleurs projets qu'ils aient jamais faits de leur vie. Juste pour voir ce phénomène. La plupart l'ont vu du ciel, que ce soit depuis l'hélicoptère ou le drone, ou depuis un autre appareil ; beaucoup l'ont vu de haut. Si vous ne l'avez vu que du sol, même ceux qui étaient au sol ont dit que regarder ce truc...

1:03:06Jonny Durand

Et puis, il y a eu cette forte rafale de vent et l'arche publicitaire de Rebel qui a failli basculer sur le côté avec les trépieds qui tombaient. Ils ont dit que c'était juste incroyable de voir ce truc. Alors oui, je n'étais pas le seul à être bluffé à la fin de ce documentaire, mais évidemment, est-ce que vous...

1:03:26Gavin McClurg

l'avoir la deuxième année ? C'était la, combien de fois est-ce que ça...

1:03:28Jonny Durand

Prendre ? Donc c'était la deuxième année qu'on y allait avec toute l'équipe. Il y avait un énorme, vous voyez, j'ai dit, il y a un gros budget. Je pense que c'était le sixième jour. On avait attendu et je ne veux pas balancer des chiffres, mais je pense qu'en été, on est sur 30 000 à 40 000 dollars par jour en attente.

1:03:51Jonny Durand

Alors, chaque jour, on appelait le siège pour essayer de les convaincre que oui, cette prise de vue allait arriver après avoir passé deux semaines par an sans rien obtenir. Ça commençait à devenir un projet assez coûteux. Mais, ouais. Alors, une fois qu'on a eu ce premier jour, tout le monde était sous le choc, ils n'en croyaient pas leurs yeux, les photographes, le réalisateur et tout le monde, ils regardaient déjà les images dès cette nuit-là, comme vous pouvez l'imaginer. Et ils étaient en mode : « Oh mon Dieu, on a des images parmi les plus dingues qu'on ait jamais vues de notre vie ». Et puis on en a eu une autre le lendemain, qui était très différente et beaucoup plus effrayante. Ils disent que les meilleures arrivent quand tout est fini.

1:04:36Jonny Durand

Jared 146 00 Ruh Jared 146 00 Ruh

1:04:47Jonny Durand

Jared 146 00 Ruh

1:04:56Jonny Durand

Jared 146 00 Ruh Jared 146 00 Ruh Jared 146 00 Ruh Jared 146 00 Ruh Jared 146 00 Ruh Jared 146 00 Ruh le bas de la morning glory. Juridiquement parlant, je ne pense pas que ce soit très légal parce que j'ai carrément perdu de vue la libellule. Le câble de remorquage ne fait que 70 mètres de long.

1:05:14Gavin McClurg

Purée. Et je

1:05:14Jonny Durand

j'ai immédiatement dit : fais demi-tour. Je pense qu'on est au bas de la gloire. Et je savais un peu ce qui allait se passer, vous voyez. Alors on a passé environ 20 ou 30 secondes où je fixais juste le câble de remorquage en espérant que le maillon faible ne lâche pas. Parce que je ne vois absolument rien.

1:05:37Jonny Durand

Et on est sortis en dépassant pratiquement la "glory". On avait fait un demi-tour à 180 degrés par rapport au décollage. J'ai regardé par-dessus mon épaule droite et j'ai levé les yeux : c'était comme une vague de 600 mètres. On venait littéralement de sortir du bas de ce nuage "morning glory" et il n'y avait que du brouillard à perte de vue devant moi, avec juste une vague de 600 mètres juste derrière. Et on a juste traîné à côté de ce nuage pendant, je suppose, 10 minutes. J'hésitais à me détacher de l'avion parce que je ne voyais toujours pas le sol. Je n'avais aucune idée d'où j'étais. Il y avait beaucoup de forêt et il y a beaucoup de crocodiles là-haut. Et je savais que je devais juste voler dans une direction à cause de la forêt située sous le vent par rapport à moi.

1:06:26Jonny Durand

Évidemment, il y a aussi l'océan. Donc, il y avait beaucoup de choses qui me trottaient dans la tête. Et au moment où je me suis détaché de l'avion, j'ai réalisé que le nuage avançait si vite et qu'il n'y avait pas beaucoup de portance. À la vitesse à laquelle je volais, je maintenais littéralement ma position. Je ne montais pas, je ne descendais pas. Je suivais juste le bord avant de ce nuage. Et je pense avoir passé genre 30 à 40 minutes sans aucune visibilité.

1:06:54Gavin McClurg

de l'

1:06:56Jonny Durand

le sol. Je veux dire, j'avais une visibilité dans le ciel. Mais c'était juste... Ouais. Alors je volais dans ce... je volais dans ce nuage. C'était comme le plus grand tremplin de ski que vous ayez jamais vu de votre vie.

1:07:08Jonny Durand

Juste sur le bord avant. Et finalement, le brouillard, vous savez, une fois que le sol a commencé à chauffer, il s'est dissipé et je suis sorti du nuage. Je pense que j'ai fait une cinquantaine de milles dans le nuage ce jour-là. Et ouais, je suis sorti devant et j'ai atterri avant... C'est un facteur de stress. Ouais, ouais, ça l'est. C'est le jour où mes yeux se sont vraiment éclairés. Mais bon, c'était... Vous savez, enchaîner deux Morning Glories à la suite et qu'elles soient si différentes. Je veux dire, ce jour-là, on en a eu, je crois, 10 ou 11 alignées les unes après les autres. Elles sont arrivées en gros bloc. Donc derrière celle que j'avais, je ne voyais que des nuages à perte de vue. Juste des lignes. Genre, de grosses vagues qui passaient. Alors que la première n'était qu'un seul nuage avec un ciel bleu et tout était juste parfait.

1:07:57Jonny Durand

Mais le deuxième jour, c'était...

1:07:59Gavin McClurg

C'étaient celles qui étaient toutes alignées le deuxième jour ? Ouais. Ouais. Est-ce qu'elles ressemblaient plus à un phénomène de vagues ? Est-ce qu'elles étaient empilées les unes sur les autres ? Est-ce qu'elles étaient juste... Non,

1:08:07Jonny Durand

genre, elles étaient les unes derrière les autres. Juste comme une série de vagues qui arrivent. OK, wow. Donc, genre, à deux ou trois kilomètres derrière celle sur laquelle j'étais, il y en avait une autre énorme. Et puis une autre, et encore une autre. Et l'hélicoptère est monté à 10 ou 11 000 pieds pour les filmer toutes pour le docu parce qu'ils ne pouvaient pas croire ce qu'ils voyaient. Et ils étaient genre... Le pilote de l'hélicoptère a dit qu'il avait tellement peur de voler parce qu'il n'avait jamais été aussi haut en hélicoptère. Et ils font surtout du rassemblement et des trucs comme ça. Vous savez, ils volent à basse altitude. Il dit : « Je n'ai jamais été à 10 000 pieds de ma vie. C'était la première fois que j'allais aussi haut en hélicoptère. » Il n'aimait pas être aussi haut, vous voyez. Donc, il y a eu beaucoup de premières pour tout le monde ce jour-là. Les images qu'ils ont obtenues ce jour-là étaient juste incroyables parce que j'avais littéralement l'air d'un grain de poussière le long de ce nuage.

1:08:52Jonny Durand

Il y a un plan où ils ont zoomé directement sur moi. Ils avaient la caméra Center Flex, donc ils avaient un matos incroyable. Ils ont zoomé sur moi, puis ils ont dézoomé et ils ont continué à dézoomer. Du coup, on peut voir le nuage en entier et je disparais littéralement. C'est à quel point je suis petit par rapport à ça. Donc ouais, il y a des images incroyables là-dedans. Et, vous savez, c'est la chose la plus célèbre que j'ai faite pour Red Bull en 14 ans avec eux. Je continue encore à donner des interviews pour ça, vous savez. Les gens m'appellent encore pour des interviews. Ouais, je veux dire,

1:09:23Gavin McClurg

les images sont tout simplement incroyables. Je me souviens l'avoir vue quand elle est sortie pour la première fois et j'en ai eu le souffle coupé, et puis je l'ai regardée à nouveau hier. C'était à peu près la même expérience. C'est juste, purée. Je pense que c'est, je suis sûr que c'est un peu différent pour les gens qui volent et qui te voient voler comme ça, parce qu'on peut l'imaginer d'une certaine manière. Tu sais, on ne vivra jamais l'expérience comme tu l'as vécue. Mais bon, je peux imaginer être dans ce cockpit et se dire : quoi ? C'est complètement dingue. Ouais, ouais,

1:09:55Jonny Durand

Exactement. C'était tellement cool. Pour moi, c'était, tu sais, un rêve devenu réalité. Et le faire deux fois. Tu sais, voir deux de tes rêves se réaliser en deux jours, c'était assez incroyable.

1:10:08Gavin McClurg

Est-ce que c'est quelque chose que tu referais maintenant ? Ou est-ce que ce deuxième jour a été assez... je ne sais pas, est-ce que c'était vraiment à la limite du risque sécuritaire ? Ou est-ce que c'était juste une très mauvaise journée ?

1:10:21Jonny Durand

Ouais, je veux dire, évidemment pour moi, j'avais un soutien en hélicoptère. J'avais une équipe médicale. J'avais tout avec tous les projets que j'ai faits avec Red Bull. Évidemment, c'est un facteur qu'ils doivent avoir pour que je le fasse. Alors que, tu sais, les gars qui l'ont fait avant moi, il n'y a eu qu'un seul gars qui l'a fait après moi, et il s'est fait engloutir par la chose. Mais aucun d'eux n'avait rien. Tu sais, ils sont juste montés là-haut, se sont attachés à l'arrière d'une voiture et se sont fait remorquer, tu vois. Donc, tu sais, c'est quelque chose que je referais. En fait, j'ai essayé de me faire convaincre de le faire cette année. Un ami avait un trike, il allait là-haut, et il m'a dit : « J'ai le trike, tu peux juste venir avec moi. » C'était très tentant. Et je ne l'ai pas fait. Mais j'aimerais bien le faire en planeur.

1:11:10Jonny Durand

just parce qu'un seul sur quatre arrive jusqu'à la côte. Souvent, les plus belles fleurs de glycine sont au-dessus de l'océan. Et je pense que juste pour l'expérience sur une aile, avec cette vitesse supplémentaire et le fait de la piloter à plus de 200 km/h le long de ce front nuageux au-dessus de l'océan et tout ça, ce serait... ce serait juste quelque chose d'un peu différent. Pas pour dire que je ne le referais pas en aile delta. C'est juste que... je sais ce que ça implique. J'ai passé un mois là-haut et je l'ai fait deux fois, et il n'y a vraiment rien dans la ville. Il n'y a rien à faire sans ça. Et, vous savez, il faut se lever à 4 heures du matin, s'installer dans le noir. Et il y a beaucoup d'efforts pour voler, et j'ai eu de la chance de l'avoir fait deux fois.

1:11:56Jonny Durand

Et, comme je l'ai dit, j'adorerais recommencer. Mais c'est une chose coûteuse, et cette année était probablement une excellente occasion de le faire parce que...

1:12:08Gavin McClurg

Tu y étais.

1:12:09Jonny Durand

Eh bien, il y était. Le coût principal, c'est de trouver quelqu'un pour vous tracter. Mais, ouais, ça n'a pas marché, et je ne vais pas dire que je ne le referai pas, mais ce n'est tout simplement pas une priorité pour moi en ce moment parce que j'ai l'impression de l'avoir déjà accompli, et enfin, je l'ai fait, mais...

1:12:25Gavin McClurg

Coché la case. Ouais. Eh bien, c'est une transition parfaite, Johnny. Tu as mentionné... Tu as utilisé un tas de mots qui m'ont beaucoup rappelé le Texas. Tu sais, l'endurance, ne rien avoir à faire, la météo pourrie, beaucoup de patience. Je ne sais pas s'il fait chaud là-haut dans le Cape York. Je me souviens qu'il faisait plutôt chaud quand j'ai fait le Daintree et tout ça, mais le Texas, parlons du Texas. Cody, Donizete et moi sommes descendus pour tenter le record du monde il y a deux étés, et c'était juste après que Sebastian ait fait 5-0-quelque chose et... brisé le record de parapente, et puis cette année il a fait 6-0-8 ou quelque chose comme ça. Du coup, le Texas est sur la carte de tout le monde ces derniers temps. Tu y as passé beaucoup de temps, tout comme ton pote Dustin, qui était dans l'émission.

1:13:14Gavin McClurg

Il a parlé de ce jour où il a décroché le record et où tu l'as poursuivi de près à la fin pour finalement échouer de peu, et tu y as passé pas mal de temps depuis, mais parlons un peu de Texas. J'aimerais juste, euh, avoir ton... Tu sais, parce que tu y es retourné récemment pour faire un film sur la poursuite du record, et je l'ai regardé hier. C'était bien, mais on n'avait pas la même météo que nous. Sebastian semble avoir réussi son coup. Il est à Dallas, il a un peu compris le truc, et il se contente de se présenter le jour J. Mais pour ceux d'entre nous, genre, j'habite très loin de là en voiture. Tu sais, c'est un grand pays, comme le tien aussi, mais il faut vraiment investir pour traverser l'océan. C'est assez brutal, mec, mais c'est fun, non ? C'est aussi, c'est un peu addictif d'une manière bizarre.

1:13:59Gavin McClurg

Je ne sais pas pourquoi, mais ça l'est. J'ai hâte d'y retourner, mais j'aimerais avoir ton avis sur le Texas, et est-ce que tu as tourné la page, Chase, ou est-ce que ça te trotte encore dans la tête ?

1:14:11Jonny Durand

Je pense que posséder le vol le plus long du monde dans n'importe quel domaine est assez spécial. Posséder le deuxième vol le plus long du monde, eh bien, c'est aussi assez spécial.

1:14:25Gavin McClurg

Ouais, ouais.

1:14:27Jonny Durand

Ouais, c'est, tu sais, ça a toujours été un rêve pour moi de voler, et c'est pour ça que j'ai, comme toi, passé du temps au Texas en essayant d'atteindre cet objectif.

1:14:42Jonny Durand

C'est, comme tu l'as mentionné, tout ça à la fois. Il fait chaud. C'est désolé. Il n'y a pas grand-chose à faire, et on n'y est que pour une raison : passer la journée entière dans les airs, à essayer de sortir du Texas. Mais comme on le sait, ce panhandle est assez long, et personne ne l'a encore fait.

1:14:59Gavin McClurg

Non. Non.

1:15:02Jonny Durand

Ouais, tu sais, c'est du boulot. Évidemment, il y a beaucoup de planification. Pour nous, il faut avoir un avion de remorquage sur place, ce qui demande beaucoup d'argent et de temps pour l'amener. Et puis, tu sais, j'ai toujours dit que le plus dur quand on détient un record du monde, c'est d'être présent le jour J. Donc, pour en arriver au point d'être là et d'être capable de voler lors d'une journée potentiellement record, c'est déjà la moitié du travail. La moitié de la tâche. Le vol en lui-même, eh bien, c'est évidemment aussi un peu difficile. Et puis, une fois que c'est fait, le plus dur, c'est d'obtenir la validation et de faire ratifier le record.

1:15:47Jonny Durand

Ouais. Je pense qu'on passe plus de temps à essayer de faire ça qu'à faire tout le reste.

1:15:54Jonny Durand

Alors, ouais. Mais, vous savez, pour moi, je ne peux pas imaginer mieux que de passer 11 heures en l'air et, enfin, d'être juste là. Couvrir beaucoup de terrain. C'est quelque chose que j'ai toujours aimé faire et, vous savez, c'est quelque chose que j'ai poursuivi ici, localement. J'ai toujours eu une rivalité avec mon père pour détenir le record du site ici, et, vous savez, ça s'est un peu estompé une fois que, vous savez, j'ai fait quelques vols dépassant la barre des 500 kilomètres depuis ce qu'on appelle notre site côtier ici, qui a été le record australien pendant très longtemps. Et, vous savez, voir ces gars voler sur de si longues distances au Texas, vous savez, ça a toujours été un attrait pour moi de vouloir y aller et tenter le coup moi-même. Alors je me suis dit, bon, ça doit être bien mieux que ce que je fais ici dans mon jardin.

1:16:39Jonny Durand

Alors, je veux tenter de faire de la longue distance, vous voyez. Et, ouais, je crois que j'y suis allé une année, en 2006 peut-être, au début. Je pense que Manfred détenait le record de 700 kilomètres et ensuite Mikey Barber a volé un peu plus loin, mais pas assez pour revendiquer un record du monde.

1:17:00Jonny Durand

Tu sais, il... Il ne l'a pas battu de plus d'un pour cent, je crois que c'était la règle à l'époque. Il a fait... Oh, wow. Il a fait 705 kilomètres et il en fallait 707 pour vraiment...

1:17:15Gavin McClurg

Wow, je ne connaissais pas cette règle.

1:17:16Jonny Durand

Ouais, alors, il... enfin, Mikey est malheureusement décédé cette année. Mais, tu sais, pendant de nombreuses années, il a détenu le vol le plus long au monde. C'était juste pas un record ratifié parce qu'il n'a pas dépassé le record précédent de 1 %.

1:17:35Jonny Durand

Ils ont fini par changer ça avec le temps, mais ils ont aussi modifié beaucoup d'autres règles. À l'époque, ils remorquaient jusqu'à 10 000 pieds.

1:17:45Jonny Durand

et le lâcher depuis l'avion et... ça a été un gros changement... et avoir 40 ou 50 milles gratuits aux premières heures de la journée quand c'était le plus dur de rester en l'air, vous voyez. Ouais. Vous avez volé sur Zapata ou Texas et, vous savez, la partie la plus dure du vol, c'est la première... heure. Vous volez à travers des portes de verrouillage, peu d'atterrissages, la base des nuages est... parfois... à 10

1:18:09Gavin McClurg

pieds. 1

1:18:10Jonny Durand

à 500 pieds du sol. Parfois, si on a de la chance, je pense que le jour où Dustin et moi l'avons fait, on était à environ 2 000 pieds. Donc c'est bas et il faut souvent aller face au vent, avec du vent de travers sur chaque plané, pour contourner l'espace aérien. C'est en direction du vent par rapport à vous. C'est donc une première heure ou deux vraiment difficile. Et pour ces gars qui... ont fait les 700 km, ils ont été remorqués à 10 000 pieds et avaient une énorme avance, ce que nous n'avons pas pu faire. Vous savez, ils ont instauré des règles de vol à 1 000 mètres ou de remorquage à 1 000 mètres seulement. Alors, oui, il y avait un petit désavantage. Mais, vous savez, ce n'était pas... Évidemment, ça ne signifiait pas que vous ne pouviez pas battre le record du monde. C'était juste... Il fallait juste le faire de la manière la plus dure. Et je suppose que ce jour-là ou lors de cet événement particulier où nous étions là-bas à Zapata, au Texas,

1:19:01Jonny Durand

Dustin... Vous savez, je suis arrivé dans le pays en venant de... je ne me rappelle plus d'où je venais, du Brésil ou quelque part.

1:19:10Jonny Durand

Et Dustin... Tu sais, je lui ai parlé dès que je suis descendu de l'avion. Je devais conduire depuis San Antonio. Je crois que j'étais arrivé jusqu'à Zapata. Et il m'a dit : « Ah, mec, vous savez, c'est une mauvaise semaine météo. Vous n'allez nulle part. » Et moi : « Viens quand même, tu sais. Ça va être bien. On va s'amuser. On va essayer d'aller loin. » Et lui : « Ça va être nul. La météo ne va pas être bonne. Ça ne va pas marcher. » Et, tu sais, avant ce campement au Texas, Dustin et moi avions battu le record de la côte Est depuis la Floride. On a volé toute la journée ensemble et on a atterri ensemble. On a fait, je ne sais pas, 480 kilomètres ou quelque chose comme ça, peu importe. Alors je lui ai dit : « Allez, j'ai besoin de quelqu'un avec qui voler, tu sais. Viens. » Et lui : « Non, non, non. »

1:19:55Jonny Durand

Et puis, tu sais, quatre ou cinq, six jours ont passé et tout à coup, la météo a commencé à s'améliorer. Et là, je reçois un appel de... Dustin, je descends. Oh, bah, maintenant que la météo est bonne, tu descends. Parce qu'il a pu prendre la route. Tu sais, il était à Phoenix. Il était encore à une journée de route. Mais, tu sais, il a pu descendre là-bas. Et il me dit : mais je n'ai pas de récupération, je n'ai rien, tu sais. Et je lui réponds : oh, bah, bonne chance.

1:20:22Jonny Durand

Bref, on avait... On n'avait qu'un seul avion de remorquage. Donc il fallait décider qui passait en premier et tout ça. Et ce jour-là, j'avais techniquement la priorité, mais j'ai laissé Dustin passer en premier. Je me disais que le ciel était un peu bleu et je ne voulais pas m'écraser trop tôt. Alors j'ai dit : « Oh, passe en premier, Dustin. » Et, tu sais, juste au moment où il décollait... Pendant qu'il s'attachait, il a dit : « Oh, j'aurais dû être sur le câble de remorquage. » Les nuages commençaient juste à se former. Je pense qu'il est parti au bon moment. Il aurait pu partir plus tôt dans le bleu, mais c'était un bon moment. Et au moment où l'avion de remorquage est revenu pour me hisser, j'étais en retard de 15 minutes. Du coup, il a eu une petite longueur d'avance sur moi.

1:21:09Jonny Durand

Ouais, tu sais, je l'ai poursuivi toute la journée. Et je pense qu'après trois ou quatre heures, je l'ai finalement rattrapé vers le cap 180. Et puis, ouais, on a volé ensemble pendant un long moment. C'était... c'était pas une journée terrible. On avait du vent. On avait des nuages. Les montées étaient plutôt moyennes. De temps en temps, on avait une bonne montée.

1:21:33Jonny Durand

On a traversé les collines côte à côte. Il est descendu un peu bas et je l'ai un peu laissé derrière pendant une ou deux planées. Et puis je suis descendu et il est passé au-dessus de moi. On s'est un peu relayés pendant un moment. Et puis j'ai fini bas sur une planée. Et là... à partir de ce moment-là, je ne faisais que le poursuivre. Il était comme un nuage devant moi toute la journée. Et je n'ai fait que courir, courir. Je me suis retrouvé dans une situation, probablement autour du cap des 500 kilomètres, je suppose, où j'ai fini assez bas, à chercher des thermiques pendant un moment. Et puis il a disparu. Je ne l'ai plus jamais revu. Et je me suis dit : je dois juste faire ma propre chose. Tu sais, juste repartir à zéro, monter haut, arrêter de faire la course en bas en essayant de le poursuivre et juste, tu sais, se repositionner et faire sa propre chose.

1:22:23Jonny Durand

Ouais. Du coup, j'ai juste volé tout seul. J'ai pris pas mal de hauteur sur un plané. Et je me suis dit : c'est ça. Je peux presque atteindre les 700 kilomètres avec ce plané, tu vois. Je l'ai. Je dois juste rester en l'air. Je n'avais aucune idée de l'endroit où se trouvait Dustin.

1:22:41Jonny Durand

Silence radio.

1:22:44Jonny Durand

Et je me suis juste déglissé. C'était d'une fluidité incroyable. Je pense qu'il restait peut-être quelques traînées nuageuses à ce moment-là.

1:22:52Jonny Durand

Je plane tout simplement. Et je pense qu'il restait peut-être trois ou quatre milliers avant le... là où le record du monde se situait. Dustin est juste apparu devant moi à l'horizon. Il était à environ un demi-millier devant moi. Et il avait grimpé depuis le bas. Et je suis arrivé et on était aile contre aile. Alors qu'on tournait à environ 50 de vitesse ascendante. Et on a pratiquement franchi la ligne du record du monde ensemble, pointe contre pointe. Vous savez, on était un peu... je ne sais pas, je pense que sa radio avait arrêté de fonctionner. On se contentait de se crier dessus. Vous savez, on était assez proches pour se parler. Et on était assez excités. Tous les deux à ce moment-là. Et ouais, j'étais un peu... j'avais la GoPro allumée. J'essayais de filmer tout le truc, vous voyez.

1:23:37Jonny Durand

Et puis on a atteint le sommet de cette montée, ou de la suivante. Et le soleil a commencé à se coucher. Et je voulais capturer le... En fait, avant ça, Dustin n'arrêtait pas de s'arrêter. Il n'arrêtait pas de faire des cercles à zéro ou 20 de hauteur. Et moi, je regardais, je me disais : « Je vole depuis 10 heures et demie. On a battu le record du monde. Allez, on se pose, c'est bon. » Vous voyez, j'en avais marre. Je me disais : « J'en ai assez. On a accompli ce pour quoi on est venus ici, à savoir battre le record du monde. Et on l'a fait maintenant. Est-ce qu'on a vraiment besoin de rester en train de tourner à zéro en regardant le soleil se coucher ? » Apparemment, oui. Évidemment, je n'avais pas la patience.

1:24:20Jonny Durand

Et, tu sais, on était en plané et il s'est arrêté. Et moi, j'étais là... et je n'ai fait que continuer à planer. J'essayais de lancer la caméra parce que le soleil se couchait. Je voulais capturer ce moment du coucher de soleil, après avoir passé la journée là-haut et avoir battu le record du monde. Et, tu sais, j'ai dû parcourir environ 300, 400 mètres. Je me suis retourné et on aurait dit qu'il montait. Alors je me suis retourné. J'ai volé face au vent, ce qui était évidemment une erreur de ma part. Mais je suis arrivé en dessous de lui, à 100 mètres de lui, et il n'y avait rien. Et là, il s'est retourné et est passé en plané. Et, ouais, on a pratiquement tous les deux plané jusqu'au sol.

1:25:05Jonny Durand

Mais il avait ces 100 mètres de plus que moi à ce moment-là. Et il a parcouru ces deux kilomètres supplémentaires. Et, enfin, il détient toujours le record du monde.

1:25:15Jonny Durand

Ouais.

1:25:18Jonny Durand

J'aurais dû continuer à planer et ne pas faire demi-tour. Mais, vous savez, je...

1:25:28Jonny Durand

J'ai réussi, vous savez, j'ai battu le record du monde de distance, ce que je voulais faire. Et, vous savez, ça fait 12 ans que je suis là, je crois. Donc, j'y suis allé. J'ai accompli ce que je voulais faire. Dustin a pris le dessus sur moi lors des derniers instants de concentration alors que j'étais un peu distrait, je pense. Et, ouais, beaucoup de gens disent : « Eh bien, il aurait dû atterrir avec vous et, vous savez, partager le record ensemble. » Et c'est ce que font les parapentes. Et, vous savez, vous n'auriez pas fait ce vol sans l'autre. Et, vous savez, il n'y a... Il n'y a aucune partie de moi qui pense que l'un de nous n'aurait pas pu faire ce vol sans l'autre. Vous savez, je ne pense pas que... Évidemment, ça nous a probablement aidés de voler ensemble, ça a un peu accéléré les choses.

1:26:17Jonny Durand

J'aimerais penser que s'il n'avait pas été là, j'aurais quand même obtenu le même résultat. Et je suis sûr qu'il pense la même chose. Mais bon, oui, c'était drôle parce que Dustin, on se connaît... Ouais. Dustin et moi, ça remonte aux débuts, quand il est arrivé en Australie pour la première fois. Je ne sais pas si vous abordez ce sujet, mais il y a eu beaucoup de rivalité entre Dustin et moi pendant de nombreuses années. Alors, disons qu'il s'est vengé sur ce vol, et c'était une bonne façon de me remettre sur la voie. Je ne vais pas mentir.

1:26:50Gavin McClurg

Ouais, ouais, ouais.

1:26:54Jonny Durand

Mais, ouais, comme je l'ai dit, beaucoup de gens pensent qu'il aurait dû... qu'il n'a pas été très sportif et tout ça. Mais au bout du compte, tout le monde aurait fait la même chose. Donc...

1:27:06Gavin McClurg

Ouais, et je veux dire, c'était... Tu sais, je me souviens de lui... On en a aussi parlé, et j'ai abordé ce sujet précis. Et il a dit que ce n'était pas vraiment le plan. Vous n'aviez pas cet accord de gentlemen au départ. C'était, tu sais, la poursuite du record du monde. Et, tu sais, c'est tellement facile de regarder en arrière avec le recul. Mais, dans mon propre parcours, qui n'est pas aussi long que les vôtres, c'était vraiment les Brésiliens. Et pas avant, ils cherchaient clairement le record du monde au milieu des années 2000 aussi. Mais ils ont vraiment commencé à faire ce truc d'équipe en 2007, et ils se sont vraiment lancés quand ils ont battu les 500 en 2015.

1:27:54Gavin McClurg

Je crois que c'est le cas. Et il y en a eu une série depuis. Mais... vous savez, ils ont un peu appris au reste du monde le côté sexy de l'atterrissage en commun. Vous savez, travailler ensemble toute la journée et avoir cette... et vraiment coordonner la machine pour savoir qui fait quoi dans certaines situations. Si tu es bas, tu fais ça. Si tu es haut, tu fais ça. Et, vous savez, vraiment travailler ensemble. Et ensuite, vous atterrissez ensemble. Et je ne pense pas que ce soit quelque chose qui ait été sur le radar de qui que ce soit. Jusqu'à ce qu'ils commencent à le faire. Et maintenant, c'est très... parce que j'ai pu voler avec Donajete, qui faisait partie de cette équipe brésilienne qui visait le record dès le début.

1:28:39Gavin McClurg

Et il nous en a vraiment appris beaucoup à ce sujet. Alors, quand on est allés au Texas, c'était vraiment une dynamique d'équipe. Mais pour tout le reste que j'ai fait avec n'importe qui, on est livré à soi-même. C'est ça, l'essence même de ce sport. C'est du vol en solo. Et, vous savez, on a tous des ego. Mais ouais, ça a dû être...

1:28:58Gavin McClurg

Ça devait être... Je pense que le

1:29:01Jonny Durand

la différence avec ce que font les parapentes et notre situation, c'est que notre record est mesuré à partir du moment où on se libère de l'avion. Donc ce n'est pas à partir de l'endroit où on a décollé. C'est à partir de notre point de libération. Et les chances que Dustin et moi nous libérions au même endroit après avoir été tractés pendant 10, 11 minutes dans le ciel par la dragonfly sont... je n'y avais même pas pensé. C'était probablement, vous savez, une chance très faible qu'on se libère à la même, vous savez, même distance. Oh, c'est vrai.

1:29:38Gavin McClurg

Donc, vous n'auriez quand même pas pu le faire. Parce que comme ça...

1:29:40Jonny Durand

en fait, on était probablement presque au même point de distance. Peut-être pas exactement au même endroit, mais à la même distance. On aurait probablement parcouru la même distance. Mais au bout du compte, il y avait de fortes chances que même si on avait atterri ensemble, l'un de nous aurait eu une chance. On aurait eu un vol plus long que l'autre.

1:30:00Jonny Durand

Oh, je n'y avais même pas pensé. Alors, comme je l'ai dit, tout le monde aurait fait la même chose. J'aurais parcouru ces deux kilomètres supplémentaires si j'avais été au-dessus de Dustin. Ne vous inquiétez pas pour ça.

1:30:12Jonny Durand

Ou alors j'aurais peut-être trouvé... Enfin, il faudra que vous fassiez des retrouvailles, vous savez. C'est les retrouvailles des 10 ans qui approchent.

1:30:18Jonny Durand

Voilà. Mais ouais, j'ai fait beaucoup de vols avec Dustin au fil des années. Et on est de bons amis. Et une fois qu'on est dans le ciel, on aime bien se mesurer l'un à l'autre. Donc, ouais, il a gagné cette fois. Il était assez bas avant ça. Donc, c'était une belle victoire pour lui. Mais comme je l'ai dit, au bout du compte, avoir tous les deux battu le record du monde et accompli ce pour quoi on était partis, c'était l'objectif principal. J'ai eu l'impression de franchir la ligne d'arrivée, mais je n'ai juste pas eu les points bonus à la fin, vous voyez. Bien sûr. Mais ouais, je pense que quand les gens me disent : « Oh, tu fais du deltaplane ? » Ouais, ouais. « Donc tu sautes de la falaise et tu voles jusqu'en bas. » Je réponds : « Eh bien, pas vraiment. »

1:31:04Jonny Durand

On peut en réalité aller très loin. C'est genre, jusqu'où ? Vous avez probablement vu dans le documentaire sur Wind Rider que j'ai fait, les gens essaient de deviner jusqu'où vous allez voler. Certains disent, oh, 10 miles, 20 miles, peut-être 40 miles. Et de se dire qu'on peut voler aussi loin, ça les dépasse complètement. Ils sont genre, mais vous n'avez pas de moteur. Comment vous faites ? Ouais. Et pour moi, je connais l'ancien record du monde, les 700 kilomètres, je faisais souvent beaucoup de vols de Brisbane jusqu'ici à Sydney. Ou quand je voyage à l'étranger, je prenais toujours l'avion et c'était exactement 700 kilomètres. Donc, chaque fois que je montais dans l'avion, je prenais une place côté fenêtre et je fixais l'extérieur en regardant tout le territoire qu'on devait survoler.

1:31:50Jonny Durand

Et je me dis, mec, c'est une longue journée en aile delta. Tu sais, il y a beaucoup de terrain à couvrir. Et, tu sais, je fais ça à chaque vol. Je me dis, c'est ce que je dois faire. Je dois voler aussi loin pour battre le record du monde. Et pour que je puisse dire aux gens ici que, tu sais, le vol le plus long que j'ai fait en aile delta est plus long que de Brisbane à Sydney. Ils me demandent, quoi ? En une journée ? Ou est-ce que tu peux t'arrêter pour dîner et tout, et continuer le lendemain ? Je réponds, non, c'est juste 11 heures d'affilée. Tu sais, ils te regardent comme si, wow, c'est une grande réussite. Ils ne comprennent pas vraiment, la plupart...

1:32:21Gavin McClurg

la plupart du temps, ils ne comprennent même pas vraiment. Je me souviens avoir atterri au Texas, et un gars s'est garé à côté de moi. Il avait un énorme camion, un vrai camion texan, vous voyez. Et, wow, d'où venez-vous ? Je viens de Hebronville, vous savez, juste à côté de Zapata. Et on était, je ne me rappelle plus où, au nord de la région des collines. Ce n'était pas un truc énorme, mais c'était plus de 300 000. Et il n'arrivait juste pas à... d'où avez-vous décollé ? Eh bien, de Hebronville.

1:32:47Gavin McClurg

À quelle altitude était l'avion ?

1:32:49Jonny Durand

Ouais, exactement. Je pensais que tu étais parachutiste. Non, non, je suis tombé

1:32:53Gavin McClurg

par terre. Ouais. T'as été projeté complètement ? Ouais,

1:32:56Jonny Durand

C'était assez drôle. Ouais. Enfin, évidemment, c'est ça le plaisir du Texas : battre un record du monde. Le côté moins plaisant du Texas, tu l'as peut-être vu dans mon dernier documentaire aussi, c'est d'être escorté par des adjoints du shérif, la police et la patrouille frontalière. Et, tu sais, j'ai fait un atterrissage un peu particulier quand j'ai tenté de battre des records il y a quelques années avec Red Bull. Je me suis posé sur une immense propriété juste à la frontière du Mexique. Je ne ressemblais pas à un Mexicain, mais ils m'ont quand même traité comme si je venais de passer la frontière en sautant. Alors, quand je suis sorti de cette propriété, on aurait dit une procession funèbre. Il y avait, je crois, 10 ou 12 voitures de police et des patrouilles frontalières avec toutes ces lumières qui clignotaient.

1:33:44Jonny Durand

Et ils étaient là, à ramener ce pilote en parapente jusqu'à la voiture de récupération où se trouvaient mon passeport et toute l'équipe de tournage qui attendait pour filmer ça. Et c'était assez drôle, mais ils ont dû suivre les protocoles et faire tout ce qu'ils font là-bas. Et oui, tu sais, tu peux atterrir au Texas et devoir marcher sur de longues distances. Enfin, le parapente, c'est différent. J'ai appris depuis qu'il suffit de plier le truc, de le mettre sur le dos et de marcher avec l'aile. Ce n'est pas tout à fait aussi facile. Tu atterris derrière une barrière et, tu sais, des gens ont dû être récupérés en hélicoptère parce que, tu sais, c'est à 5 ou 10 milles de la route ou derrière des barrières verrouillées, et ils ne veulent pas porter l'aile si loin.

1:34:31Jonny Durand

D'autres personnes, ouais, ont marché toute la journée pour seulement 10 ou 12 minutes de vol et ont passé six heures à s'en sortir, alors qu'ils disent que tu peux voler 300 km là-bas et revenir plus vite que quelqu'un qui vole 10 kilomètres. Et c'est une histoire vraie. C'est vrai. Ouais, non, on a vu

1:34:51Gavin McClurg

c'est notre cas. Ouais.

1:34:52Jonny Durand

Ils atterrissent au milieu de nulle part, sans routes ou avec des barrières fermées, et ils doivent marcher, faire de la randonnée pendant, vous savez, toute la journée sous cette chaleur cuisante de 40 degrés. Ouais.

1:35:06Gavin McClurg

Ouais. Quand j'y étais, je m'entraînais pour l'X-Alps. Donc, j'étais plutôt en forme et, comme tu l'as dit, la première heure, c'est la partie qui est juste horrible. C'est juste de la mesquite, des parcs éoliens et aucune route. Et les routes qui existent sont toutes derrière des barrières et elles ne sont pas alignées avec le vent. Et ouais, j'atterris, j'ai volé 10 ou 30 bornes, rien, j'atterris et marcher pour sortir, c'était genre, mec, là c'est vraiment vital. C'est le cas. Il faisait tellement chaud. Et donc, je veux dire, plusieurs fois j'ai pensé que j'allais devoir abandonner mon équipement. Je ne pense pas pouvoir, parce qu'on ne vole pas avec du matos d'X-Alps. Et quand on fait ça, on a du gros matos lourd, rien à voir avec du matos de deltaplane, mais quand même du matos lourd.

1:35:52Gavin McClurg

Et franchement, mec, c'était de la torture. C'est brutal.

1:35:59Jonny Durand

Non, j'ai eu de la chance. Je n'ai eu qu'une seule fois à atterrir là-bas hors des sentiers battus, pour ainsi dire. Donc, ouais, j'ai été assez chanceux avec mes campements au Texas, mais, ouais, je fais vraiment attention et je travaille très dur sur chaque point de sauvegarde parce que, vous savez, parfois, chaque cercle peut vous faire gagner une heure de marche. Donc, vous savez, juste pour vous amener à la route suivante, potentiellement, comme vous l'avez dit, les routes ne sont pas alignées avec le vent. Vous traversez toujours des routes. Et si vous pouvez atteindre une route principale, ça peut être à 10 ou 15 kilomètres en aval de vous. Si vous pouvez juste rester en l'air cinq minutes de plus, vous allez planer jusqu'à cette route. Et, vous savez, votre vie vient de devenir tellement plus facile déjà. Même si vous atterrissez, vous avez juste l'impression d'avoir accompli quelque chose.

1:36:45Jonny Durand

Alors, ouais, c'est vrai. C'est un endroit difficile. C'est, tu sais, un super endroit pour battre des records. Mais ça peut aussi être très exigeant si tu es, euh, si tu es au sol. Donc,

1:36:58Gavin McClurg

Ouais, c'est clair que ce n'est pas gagné d'avance. Johnny, je veux respecter ton temps et on va bientôt terminer. C'était un vrai plaisir et je pourrais faire ça pendant des heures, mais juste avant, j'ai deux petites questions, assez différentes. La première, si tu pouvais retourner à l'époque de tes 50 heures, quand tu avais environ une quinzaine d'années, qu'est-ce que tu ferais différemment ? Et ensuite, je pense que tout le monde aimerait savoir quand on pourra recommencer à voyager, c'est quoi la suite pour toi ? C'est quoi ton prochain objectif ? Qu'est-ce qui se prépare ? Est-ce que c'est encore le Texas ? Est-ce que c'est de parcourir le monde en camping sauvage ou autre chose ?

1:37:36Jonny Durand

D'accord. Si je reviens à la version de moi à 50 heures... Eh bien, j'étais encore au lycée et je volais le week-end. Je n'avais pas encore de licence à ce moment-là. Je comptais donc sur mon père ou mes amis pour venir me chercher et m'emmener voler. Je suppose que pour moi, j'étais juste tellement passionné par le vol et par l'idée de voler loin. À cette époque, tout était une question de distance, de rester en l'air le plus longtemps possible. Et, je ne sais pas trop ce que je changerais par rapport à ça, à part peut-être prendre plus de jours de congé à l'école pour voler davantage.

1:38:10Gavin McClurg

Alors, ton conseil serait d'en faire plus. J'aime bien.

1:38:14Jonny Durand

Ouais. Je ne regarde pas en arrière en me disant que j'aurais dû changer quoi que ce soit. Tu sais, j'ai eu une super, une super vie. Et, ouais, je prendrais probablement juste plus de vols si j'avais pu à l'époque. Parce que ouais, j'étais à l'école à plein temps et, de temps en temps, je prenais des jours de congé pour le sport quand il faisait trop beau pour aller en cours. Il y a eu plusieurs fois où je suis arrivé à l'école, j'ai fait demi-tour et j'ai fait de l'autostop pour rentrer chez moi juste à temps pour voir mon père partir avec son aile delta. Je me disais : « Ah, et si on retournait chercher mon aile aussi ? » Parce que, ouais, je prendrais probablement plus de jours de congé à l'école. Et après ? Eh bien, c'est une excellente question. Je voyage littéralement depuis mes 21 ans, ça fait presque 20 ans,

1:39:04Jonny Durand

voyager à travers le monde et, euh, faire des compétitions sans vraiment avoir de plan, juste faire toutes les compétitions. Et maintenant que je suis resté ici bloqué à la maison pendant deux ans, c'est un peu, je ne sais pas. On dirait que ce rêve de voler tout le temps est en train de prendre fin. Je ne sais pas pourquoi, mais, euh, probablement juste parce que je n'ai pas pu voyager depuis si longtemps, mais, euh, c'était, vous savez, c'était plutôt sympa de rester au même endroit et de ne pas vivre avec une valise pendant, pendant plus de deux semaines d'affilée. Alors, euh, oui, je ne sais pas. C'est, c'est un monde bizarre en ce moment. Et je n'ai vraiment aucune idée de quand je pourrai voyager à l'étranger la prochaine fois. Je veux bien croire que ce sera l'année prochaine, mais,

1:39:51Jonny Durand

On a toujours des restrictions strictes ici en Australie et, ouais, les temps sont durs. Alors pour l'instant, je me contente de profiter et de vivre au jour le jour, en voyant ce que l'avenir nous réserve quand ils ouvriront les cellules de prison, je suppose. Et si c'est le cas, ouais, je suis évidemment impatient d'aller faire plus de vols autour du monde et de participer à des compétitions et,

1:40:17Jonny Durand

probablement pas autant qu'avant, mais, ouais. On a parlé de ma participation à des compétitions de parapente. Je ne sais pas. Je suis assez content de l'aile que je pilote en ce moment et je ne me vois pas passer à des ailes pliables plus complexes que celle que j'ai actuellement. Mais, je pense que si j'en faisais une, ce serait certainement sur l'aile que je pilote et, tu sais, juste voir comment je me débrouille face aux gars de course. Je suis une aile moins performante et, quelque chose comme ça. Mais, ce serait probablement plus une chose locale en Australie, je pense, si ça arrive dans les six prochains mois environ. Mais, ouais, heureusement, souvent le deltaplane et le parapente ne se télescopent pas.

1:41:03Jonny Durand

Le deltaplane reste ma priorité, même si les gens pensent que je suis juste un pilote de parapente ces jours-ci, parce que c'est tout ce que j'ai fait.

1:41:11Jonny Durand

J'aime toujours le deltaplane et je ne l'échangerais certainement pas contre le parapente, mais bon, ce sont juste des ailes différentes dans les airs qui font la même chose. Et je ne sais pas pourquoi les pilotes de parapente ne pilotent pas de deltaplane. Je pense qu'on peut apprendre des choses dans les deux sports pour celui que l'on préfère vraiment pratiquer. Et une chose que le parapente m'a apprise, c'est la patience. Je pensais avoir de la patience en deltaplane, mais le parapente m'a appris qu'on peut en avoir bien plus que ce que je pensais pouvoir avoir. Donc, oui, ça a été sympa.

1:41:51Gavin McClurg

Johnny, c'est génial, mec. J'apprécie vraiment que tu prennes du temps pour moi et c'est sympa de voir ton sourire. Et, j'espère que quand on aura un moment de libre, on aura l'occasion de voler ensemble quelque part. J'attends ça depuis des années. Alors peut-être via ou quelque chose comme ça, mais, bon courage pour tout. Ouais. Waouh. On se verra peut-être au Texas quand il dit que ce serait, que ce serait cool.

1:42:11Jonny Durand

Très sympa. Je serai peut-être en parapente au Texas.

1:42:14Gavin McClurg

Ouais, voilà. Ouais. Je sais que Dustin l'a en vue, tu sais, il en pilote maintenant aussi. Du coup, il menace d'aller là-bas aussi, mais bonne chance pour tout. J'espère que vous pourrez voyager à nouveau bientôt. Et, euh, merci mec. J'apprécie. Merci pour ton temps.

1:42:28Jonny Durand

De rien. Merci.

1:42:33Gavin McClurg

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1:43:19Gavin McClurg

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1:44:13Gavin McClurg

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1:45:14Gavin McClurg

Salut.

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