Salut tout le monde. Joyeuses fêtes de la part de Cloudbase Mayhem. J'espère que vous avez passé de bonnes vacances et c'est cool de vous proposer cet épisode juste après Noël, et on espère que vous pensez tous à piloter des ailes plutôt qu'à déballer des cadeaux. Juste un rappel, il nous reste encore quelques jours pour profiter de notre réduction Garmin sur un appareil inReach, un SE ou Explorer, elle est valable jusqu'au 30. On a donc encore trois jours si on publie celui-ci à temps, ce qu'on compte faire. Juste un rappel, il nous reste encore quelques jours pour profiter de notre réduction Garmin sur un appareil inReach, un SE ou Explorer, elle est valable jusqu'au 30.
On a donc encore trois jours si on publie celui-ci à temps, ce qu'on compte bien faire.
Il nous reste encore trois jours pour profiter de notre réduction Garmin sur un appareil inReach, un SE ou Explorer, car elle est valable jusqu'au 30. Donc, il nous reste encore trois jours si on publie celui-ci à temps, ce qu'on compte faire. Il nous reste encore trois jours pour profiter de notre réduction Garmin sur un appareil inReach, un SE ou Explorer, car elle est valable jusqu'au 30. Donc, il nous reste encore trois jours si on publie celui-ci à temps, ce qu'on compte faire.
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Je me suis dit que ce serait vraiment intéressant. Et puis, pas vraiment à contre-cœur, mais Phil a eu un accident assez grave il y a environ un an. Je ne le savais pas, mais Pal Tackett, qui était sur l'émission il y a longtemps, a parlé d'un accident très grave qu'il avait eu. Il vivait avec Phil à l'époque où ça s'est produit. Je ne savais pas ça. Et ce n'est pas pour être déprimant. On ne s'attarde pas sur les aspects négatifs d'un accident et de la convalescence ou tout ça. Mais ce que nous abordons, c'est plutôt une sorte d'avertissement contre la complaisance. Parce que c'est arrivé un jour où tout était absolument parfait. Ce n'était pas un début de journée. C'est juste l'une de ces choses qui arrivent parce qu'on est presque trop bons amis avec l'autre pilote qui était en l'air et qu'ils essayaient d'éviter une collision en plein vol. Il y a de très bonnes leçons là-dedans, et des leçons mentales vraiment intéressantes sur le fait de se remettre d'un truc pareil.
Phil se donne à fond pour s'en remettre. Il n'a pas eu beaucoup de mal à revenir de ça. Et il partage des réflexions vraiment pertinentes sur la façon dont tout ce processus se déroule. Je pense donc que vous allez apprécier. Je pense que vous allez aimer cet aspect aussi, mais Phil pratique le parapente depuis le tout début. Il est passé d'ingénieur à faire du parapente pour gagner sa vie, et son parcours est vraiment super. Je pense donc que vous allez apprécier. Alors, sans plus attendre, profitez de cette excellente conversation en direct du Mexique avec Phil Glatz.
Phil, c'est assez cool de faire ça en direct ici au Mexique, avant la Coupe du monde. On a eu des journées de vol super rapides sur un nouveau site vraiment sympa ici à Zapotec. Et, on ne se connaissait pas personnellement avant ce voyage, mais je suis tes vols à Zermatt depuis toujours parce que Bruce, tu sais, mon supporter X-Alps, n'arrête pas de dire : « Regarde ce que ce gars fait. Regarde ce qu'il fait. » Et donc, c'est un véritable honneur pour moi d'en apprendre un peu plus sur ton parcours et ton histoire. Je me suis dit que ce serait peut-être un bon point de départ pour ceux qui ne connaissent pas bien les Alpes ou qui ne connaissent pas Zermatt. Parce que tu sais, être un local qui vole à Zermatt, ce n'est pas comme à Annecy, il n'y a pas autant de gens comme vous là-haut.
Et donc, je me suis dit : est-ce que tu peux nous brosser un portrait audio et visuel de l'endroit où vous opérez, de ce que vous faites ? Je sais que ce n'est pas seulement vous qui envoyez de bons vols, c'est toute votre vie et toute votre entreprise là-bas. Alors, pour ceux qui ne sont jamais allés au Cervin, est-ce que tu peux décrire cette région ? Parce que c'est assez unique.
Je me suis retrouvé, un peu par accident, dans une petite vallée qui abrite le sommet le plus emblématique des Alpes, le Matterhorn. Et Zermatt est un endroit incroyable. C'est une ville touristique, mais c'est la partie la plus haute des Alpes. Il y a en fait 29 sommets dans la vallée de Zermatt qui dépassent les 4 000 mètres et une quarantaine de sommets dans les vallées environnantes qui dépassent aussi les 4 000 mètres. Le Mont Blanc est massif. Il y a quelques sommets qui l'entourent, mais la vallée du Matterhorn est la zone la plus haute pour le vol. C'est du vol extrême là-haut. C'est une vallée étroite. C'est le bout d'une vallée.
Il y a des systèmes de vents puissants. Bien sûr, on a de fortes brises de vallée au printemps. On est très sensibles au vent du sud, du sud-sud. On a une sorte d'effet de foehn local. Dès que le vent tourne au sud. En hiver, ou à n'importe quel moment, si le vent vient légèrement de l'est, on se retrouve avec un vent de face désagréable sur l'un de nos décollages alors que le reste de la vallée peut être calme, mais on a un vent hurlant sur notre décollage principal. Ouais, c'est du vol en haute montagne et avec un espace de piste pour l'atterrissage pas plus grand qu'un timbre-poste, coincé sur le côté d'une vallée à côté de la gare.
Ouais,
ton atterrissage est juste ridicule. Quand je m'entraînais là-bas pour la course de 2015, pour le X-Alps, j'ai fini par rejoindre Michael Vitchie. On s'est trouvés en train de voler là-bas le même jour. Parce que c'était une journée plutôt correcte. Et on a tous les deux atterri ensemble sur ce petit carré de terre dont tu parles. Et je me suis dit : wow, c'est là que vous faites vos caprices et tout ça. C'est minuscule. C'est,
Ça va. S'il y a du vent, si le vent est constant, et... On a de fortes brises de vallée, ce qui est, ce qui est correct. On peut atterrir sur un timbre. La seule chose à laquelle on doit faire face, c'est la turbulence parce qu' juste avant l'atterrissage, la vallée se rétrécit. Donc on a de la turbulence à cause de ça, et c'est un peu plus haut sur le côté de la colline, au-dessus d'un mur de quatre mètres. On a donc du rotor qui tourne sur les voies ferrées et qui monte vers la zone d'atterrissage. Du coup, on peut se faire envoyer au tapis, malgré tous vos efforts pour avoir un atterrissage sûr. Alors pourquoi
tu es là ? Ça a l'air terrifiant.
Ouais. Pourquoi j'y suis ? Euh, c'est une longue histoire, mais, hum. Enfin,
Cool. Bon, on va y aller. Je voulais juste préciser ici que si vous n'êtes jamais allé dans cette région, c'est un endroit par lequel j'ai beaucoup volé maintenant. Même lors de cette course, celle de 2017, parce qu'on n'a pas eu à y aller, on passe généralement au nord. Parce qu'on est sur la route du Mont Blanc, vous savez, et cette année, le cylindre est toujours à 5 000. Parce qu'on ne peut pas vraiment faire un atterrissage au décollage. Le Cervin ne se prête pas vraiment à ça. Et donc cette année, on est venus par le côté sud et c'est incroyable à quel point tout est dense là-bas. Vous savez, Domodossola est juste au-dessus de, je veux dire, la vallée de la SAS est juste là. Il y a la vallée de Map, mais juste de l'autre côté, c'est un tout autre monde. D'une part, vous êtes littéralement dans un autre pays.
Vous êtes en Italie. Et il y a quatre grandes vallées de ce côté-là, et tout se comprime là-dedans, n'est-ce pas ? Je veux dire, pour moi, c'est toujours un endroit qui impose un respect immense.
Ouais. Et j'apprends encore. J'apprends encore à connaître ces cols, ces hauts cols de montagne, et les vallées, et les différents systèmes de vents et la façon dont ils sont influencés par les montagnes. Ouais. On est constamment surpris. Comme vous le savez, on se fait mouiller. Les prévisions météo s'améliorent de plus en plus, mais les effets locaux sont tellement locaux. On vole dans des systèmes météo et de vent qui demandent de savoir ce qui va se passer ici jusqu'à 500 mètres plus loin. Et il n'y a aucune prévision qui va vous donner ça. Alors on est constamment surpris malgré nos meilleurs efforts pour comprendre ce que le vent et la météo vont faire chaque jour.
Est-ce que c'est une question de statistiques ? Est-ce le genre de chose où, après toutes ces années, vous avez fini par bien comprendre, mais où les choses restent toujours un peu surprenantes ? Je veux dire, j'imagine bien que, pour moi, on ne pourrait pas se mettre dans une situation plus délicate que dans les Alpes, vraiment. Je n'en connais pas d'autre, il y en a peut-être, mais vous vous êtes mis dans un endroit super exigeant. Est-ce que ça vous plaît ? Ou est-ce que c'est encore un peu...
Non, c'est, c'est, j'en ai fait mon chez-moi. C'est comme, quand j'ai commencé à voler en solo avant d'avoir ma licence tandem, on a commencé à voler dans cette vallée. J'ai fait un effort, d'une certaine manière. Mais je n'y pensais pas à l'époque, je volais juste, je montais à travers ces sommets et autour de cette vallée. Je me l'ai appropriée, vous voyez, c'est mon territoire, comme un aigle défendant son domaine. Et je dis à mes élèves ou aux gens que je, disons entre guillemets, je conseille, je leur dis : vous devez vous l'approprier, allez voler. Vous devez voler dans ces courants d'air. Vous devez voler au-dessus de ces sommets et vous ne vous sentirez pas à l'aise.
Ouais. À moins que tu n'y sois allé tellement de fois que tu te dis : « Voilà ce que je fais. C'est ici que je suis à ma place. » Et j'y ai passé énormément de temps, beaucoup de temps à faire ça, juste à profiter de l'altitude avant de me lancer dans les compétitions ou l'acro, ou les ailes haute performance ou quoi que ce soit du genre. Alors je me suis contenté de flâner autour de ces sommets incroyables.
On a discuté un peu avant. Avant de commencer ça, toi et moi, on a un passé commun à Wollongong, en Australie. Comment as-tu fait pour... tes accents te trahissent ici, mais comment as-tu fait pour, est-ce que tu étais pilote en Australie ? Donne-nous la version CV de ton parcours de pilote. Comment as-tu fini par atterrir à Zermatt ?
J'ai commencé à voler en fait. J'ai pris ma retraite de ma carrière d'ingénieur et je suis parti voyager et, mon ami et moi, on avait toujours ce rêve. Faire une saison, être des skieurs bohèmes à Chamonix. À l'époque, les vidéos de Greg Stump Moyes sortaient et il y avait Scott Schmidt et Glenn Plake qui descendaient des falaises et faisaient des trucs cools. Et on s'est dit qu'on était des skieurs plutôt bons, alors qu'on n'est absolument pas à ce niveau. Que tu aurais
tu as appris dans
Kosciuszko ?
On avait notre petit club, le Out of Bounds Club, et je n'ai pas passé beaucoup de temps à skier. C'est
un long
période en Australie. Je vous le dis. On s'est fait un point sur le fait d'aller skier sur de la croûte cassante à travers des eucalyptus et des snow gums super difficiles, d'accord ? On pouvait skier des trucs assez techniques, mais bon, de toute façon, on est arrivés à Chamonix. On a passé une année fantastique. Et, euh, mon ami a vu cette pub pour un cours d'apprentissage du parapente, un cours de base pour débutants dans un endroit appelé Plain, Plainjou. Juste à la sortie de la vallée de Chamonix. OK. Et c'était en promotion pour une raison quelconque. Et j'y avais pensé depuis que le parapente a commencé, heureusement ou malheureusement, je ne m'y suis pas mis quand j'étais en Australie.
J'étais trop occupé par l'ingénierie, le surf, le windsurf et la musique. Je m'entraînais ou je faisais des concerts genre cinq fois par semaine ou quelque chose comme ça. Ma vie était bien remplie et je le savais, je le soupçonnais. Je soupçonnais que si je me mettais au parapente un jour... Comment tu le savais ?
à propos du parapente à ce moment-là ? Ça venait d'Australie ou de ton séjour à Chamonix ?
Non, c'était d'Australie. Je n'avais pas... j'en avais vu à Stanmore Park, évidemment. Et j'avais vu les gars en deltaplane il y a des années décoller du mont Kira juste au-dessus de chez moi. Ouais. Malheureusement, ces décollages ne sont plus utilisés. Quelle tragédie. Un endroit incroyable pour voler en deltaplane. Mais il y avait un Suisse qui tenait un restaurant appelé l'Eagle's Nest à Thredbo. Et il... Thredbo. Ouais. Maintenant, Thredbo était le site de... c'était le premier championnat du monde de parapente ? Vraiment ? Ils avaient probablement des compétitions d'atterrissage précis ou quelque chose comme ça. Ouais. Il y a cent ans. Et il avait... Et
tu es, tu es, et c'est aussi un peu la source du plus grand fleuve d'Australie, non ? C'est quoi, le fleuve là-bas ?
Le Murray. Le Murray, ouais. Je ne sais pas. Je suis...
je ne sais pas.
Peut-être ce col, je pense que tu as raison juste au-dessus, peut-être c'est le Dead Horse Gap juste au-dessus de Thredbo, qui du côté là descend jusqu'à... Oh, tu es en train de tester ma géographie là. Peut-être que Thredbo a un bon dénivelé et pour bien skier en Australie, il faut passer une saison. Sinon, c'est au pif. Ouais. Mais enfin, Heinz Gluhr, ce Suisse, avait ce parapente, euh, accroché au plafond de son restaurant à, euh, à l'Eagle's Nest à Thredbo. Et, et, euh, on a toujours fini par discuter parce qu'on a laissé échapper que mon frère et moi, et ma sœur aussi, on est, euh, de nationalité suisse parce que par, par papa.
D'accord. Et, on allait voir Heinz et on a fini par discuter avec lui à quelques reprises, et il nous appelait « la mafia suisse est là ». Donc, il nous connaissait, vaguement. Et quand mon frère et moi avons voulu apprendre à voler, j'ai échangé nos numéros avec Heinz et on devait faire une formation avec lui à un moment donné, mais logistiquement, ça n'a jamais marché. Et avec le recul, d'une certaine manière, je suis plutôt content d'avoir commencé à apprendre quand je l'ai fait, parce que les choses ont tellement évolué depuis ce moment-là que je suis content de ne pas avoir été l'un de ces hommes magnifiques dans leurs machines volantes, vous savez, expérimentant des trucs complètement dingues et mortels.
Les histoires que vous entendez, les récits de guerre où Miguel parle de construire des deltas avec des morceaux de tubes en PVC et du plastique. Je veux dire, franchement, c'est absurde. C'est dingue ce que
ceux qui se sont sacrifiés pour nous donner ce qu'on a aujourd'hui. N'est-ce pas ? C'est...
c'était incroyable. Alors, le parapente s'est développé et j'ai continué ma carrière d'ingénieur pendant pas mal d'années. Et j'ai fait cette formation à Chamonix en juin, et c'était cool. J'avais sept vols à mon actif. Je me pensais génial.
Je ne l'oublierai jamais. On a eu deux jours de pratique, puis je pense un ou deux jours de mauvais temps et, et, euh, Philippe, le moniteur, ne parlait pas beaucoup anglais. Et on s'est dit, on revient après une pause et on dit : « On va faire une séance d'entraînement. » Il a répondu : « Non, non, non. Décollage. » J'ai dit : « Take off. » Genre, quoi ? Et nous trois qui faisions ce cours, on en a eu la mâchoire qui tombe. OK. Essayez de vous rappeler tout ce que vous avez appris il y a quelques jours, parce que comme vous le savez, quand on apprend une compétence, mec, il faut répéter ça. Et j'essaie de réfléchir. Donnez-moi un...
On est en 99. 99.
Ouais. D'accord. Le printemps 99. Ouais. Et, euh, je ne t'oublierai jamais. C'est l'un de ces images qui s'imprime dans, dans ton cerveau. Je suis quelqu'un d'oublieux. J'ai une mémoire de poisson rouge, mais il y a certaines choses. Des choses que tu n'oublies jamais, jamais. Et c'est être debout, debout sur la rampe de décollage, tu es attaché, tu as tout vérifié 15 fois. L'assistant de départ est sur, sur le départ. Euh, tu as le petit drapeau qui indique le vent. Tout est parfait. Et tu sais, c'est parfait. Et le gars devant toi dit : OK, Phil, tu peux, tu peux y aller maintenant. Et, euh, tu le sais aussi, parce que tu as vérifié le vent 15 fois, mais tu sais que quand tu fais ce premier pas. C'est ça.
Ça a un certain élan. Tout se produit d'un coup. Et tout se passe en cet instant précis. Et puis tu es en l'air et tu lâches un cri, genre, wow, je suis vraiment en train de voler. C'est, c'est réel maintenant. Et, et le choc, tu sais, s'est estompé peu de temps après. Et, et je me suis dit, tout à fait détendu, que c'est là que je suis à ma place. C'est, oh, c'est exactement ce que je veux faire. Et, ouais. C'était en 1999.
99. On va devoir bifurquer un peu. Pourquoi les ingénieurs aiment-ils autant ce sport ? Parce qu'ils sont partout. Il y a tellement d'ingénieurs qui volent.
Ouais, c'est marrant. Je ne sais pas si, je pense que l'ingénierie et le côté geek vont avec la compréhension du vol, de l'aérodynamique et tout ça, mais probablement plus avec l'aile fixe. Ouais. Ouais. Le vol motorisé, toute cette histoire de vérifications et de méthodologie, ouais, ouais, ça colle probablement avec le cerveau d'un ingénieur. Pour moi, j'étais déjà intéressé par le vol depuis que j'étais gamin, je construisais des ailes en polystyrène et à l'époque, on ne pouvait pas acheter de petites ailes télécommandées au prix qu'on peut les avoir maintenant, c'est incroyable. Je construisais juste des modèles d'ailes que tu lançais de la colline en espérant qu'elles volent en ligne droite, et en polystyrène, elles s'écrasaient, tu cassais une aile, tu rentrais à la maison et tu la réparais et
Ouais, je construisais des ailes et j'ai même fabriqué mon propre cerf-volant à deux montants et tout ça, donc j'avais déjà cette passion pour le vol avant même d'être ingénieur. Est-ce que les ingénieurs font de bons pilotes ? J'espère bien, je pense.
donc je trouve que, vous savez, surtout lors de ces compétitions et tout ça, on apprend à mieux connaître les gens et je trouve que les parapentes montent et descendent, je pense que ça correspond aussi vraiment à la personnalité des gens. Je veux dire, je pense que nous sommes tous, d'une certaine manière, peut-être un peu — je ne dirais pas maniaques — mais c'est comme si ça correspondait à qui nous sommes, d'une façon ou d'une autre. Et il semble qu'il y ait beaucoup d'ingénieurs, donc je me suis souvent demandé si c'était parce que je ne suis pas ingénieur, les maths ne sont pas ma force, et je me suis souvent demandé si c'était comme... si c'était l'un de ces trucs où, comme je ne suis pas ingénieur, je ne suis pas ingénieur, je ne suis pas ingénieur, vous savez, si vous êtes ingénieur, vous êtes vraiment analytique et vous êtes vraiment dans votre tête, et peut-être que c'est un moyen de s'en sortir ou peut-être que c'est une pause, ou peut-être que c'est plus... c'est juste plus, je ne pense pas que cette intensité que les gens aiment tant...
Je pense que vous apportez cela dans le sport, je ne pense pas que vous veniez vers nous pour y échapper. Les ingénieurs sont généralement, d'après mon expérience, très intelligents — je ne me place pas forcément dans cette catégorie, mais ils sont très autonomes, très sûrs d'eux. Et j'ai dû, vous savez, gérer ça à travers ma vie précédente d'ingénieur. Le parapente est l'un de ces sports, comme la plongée sous-marine, où il faut avoir un niveau de confiance en soi qui correspond à votre situation. Trop confiant, et évidemment, ça peut vous tuer, mais si ça devient sérieux et que vous êtes en l'air, vous devez être capable de vous calmer seul. Personne d'autre ne peut vous aider, à part le clown à l'autre bout de la radio.
Je me mets moi-même dans cette position maintenant en tant que moniteur. Il n'est que le gars au bout du fil, il a une capacité limitée à vous aider, même quand vous êtes élève. Donc, dès le début de votre carrière en parapente, disons, vous devez vous mettre en sécurité vous-même et vous devez être à l'aise avec le fait d'être seul. Et je pense que les ingénieurs en ont probablement plus que les autres. Ils s'en sortent dans leur carrière, ils n'ont certainement pas besoin d'être les personnes les plus sociables au monde. Ils ont une manche à accomplir, ils ont des problèmes à résoudre, et ils sont doués pour la résolution de problèmes. C'est précisément ce que font les bons ingénieurs, et
C'est ça le parapente, non ? Je veux dire, tu te retrouves dans une situation, tu dois résoudre le problème, tu ne peux pas appuyer sur le bouton stop, c'est tout. Je me demande si c'est bien ça et
la plongée sous-marine, par exemple, c'est pareil. Ouais, les choses deviennent désespérées, il faut rester cool et calme et et régler les choses par soi-même. Un binôme peut un peu vous aider en plongée, mais on n'a pas de système de binôme qui peut nous donner une aile, donc on est peut-être un cran plus loin sur la ligne de l'autosuffisance que ces gars-là. Mais ouais, je pense que les ingénieurs, ils ne volent pas pour s'évader. Bien sûr, vous savez, il faut aimer, il faut aimer voler, il faut aimer défier la gravité. Peut-être parce qu'on a passé beaucoup de temps à étudier la physique et tout ça. Vous faites ce que vous ne devriez pas faire, exactement. Ouais, ouais, on ne devrait pas être contents si ça marche. C'est
incroyable. Ouais, c'est une prouesse d'ingénierie, non ? C'est une merveille. Je me demande où ça va nous mener. On avance vite là parce qu'il y a quelques points que tu as déjà abordés et sur lesquels je veux revenir, et on n'a pas encore fini d'aborder ton parcours, mais qu'est-ce que tu penses, tu sais, maintenant que tu es instructeur ? Parle-moi de l'élève parfait, et peut-être de l'opposé, genre comment est-ce que tu sais quand quelqu'un va être... ils viennent te voir pour la première fois, ils n'ont jamais volé, comment est-ce que tu sais s'ils vont y arriver ? Est-ce que tu peux déjà voir, genre, cette personne a telle probabilité de réussir, que ce soit bien ou mal ? Est-ce qu'il y a des signes ? Tu sais, toi et Chris, vous parliez du fait que tu es bronzé, tu détestes le stéréotype, mais tes meilleurs passagers en tandem viennent de Corée, ils sont juste super contents, enthousiastes et motivés. Est-ce que tu vois ça aussi chez les élèves ?
Ouais, je n'enseigne pas à beaucoup d'élèves. Tu pourrais probablement demander à mes collègues d'Interlark, ils pourraient t'en dire plus. Je fais voler des milliers de passagers en tandem, donc je me suis permis d'être un peu juge, là. Mais bon, je suppose qu'un bon élève a une sorte d'allure... comme je disais pour les ingénieurs, ils ont au moins une certaine assurance, mais en général, ils ont aussi des capacités sportives. On voit comment ils se comportent, ils ont normalement des aptitudes motrices, tu vois ça dès le début, comme le fait de sortir une aile d'un sac. Qui va être un élève problématique ? C'est intéressant, non ? Ouais, intéressant. Tu sais, mon meilleur élève, c'est...
ma partenaire, Nook. Salut Nook ! Mais elle est classique, elle est calme, incroyablement sportive, et elle fait partie de ces personnes qui, peu importe ce qu'elles entreprennent, que ce soit du sport, elle est juste équilibrée et elle s'y donne à fond. Ouais, on peut le voir venir quand on a certains élèves qu'il faut juste orienter vers un autre sport, peut-être. Donc peut-être que ce n'est pas pour
tu prends
pour nager, ouais
D'accord, je vais vous mettre un peu sur le siège ici. Revenons aux Alpes, et plus précisément là où vous vivez. Quand j'apprenais, et qu'on a commencé à aller dans les Alpes pour la première fois, c'était surtout avec Bruce, un bon ami australien et quelqu'un qui suit votre travail depuis longtemps. On a toujours été attirés par les faces des Alpes, vous savez, les grands sites de montagne où les choses se passent plus vite, où c'est plus grand et plus audacieux. C'est peut-être vous, mais c'est aussi beaucoup plus risqué. Il y a beaucoup de gens qui vont dans les Alpes.
avec les Laranjas et vous savez, des endroits où on voit plus loin, où on voit les choses arriver, et où on a peut-être plus de temps et où les choses ne sont pas si extrêmes. En d'autres termes, vous savez, plus on est dans les Alpes maritimes ou plus bas, vous êtes, comme vous l'avez dit, dans le plus grand des grands, et les choses s'y passent violemment et rapidement. Qu'est-ce qu'il y a dans votre personnalité et dans votre... et comme je l'ai dit, je vous mets sur le spot, je ne suis pas... mais il y a vraiment une énorme différence. Pourquoi pensez-vous que ça correspond à votre personnalité d'être là où vous êtes ?
Zermatt... je n'ai pas choisi Zermatt, c'est Zermatt qui m'a choisi, je suppose. Ça me convient maintenant que j'ai atteint mon niveau actuel, mais je n'ai jamais... enfin, je ne suis pas une personne super confiante en soi à proprement parler, mais avec les années, je peux maintenant dire que je suis un pilote de parapente super confiant. C'est intéressant, oui. Je suis arrivé à Zermatt parce qu'un ami, qui a commencé le parapente en même temps que moi dans un autre pays, y vivait déjà depuis quelques années et il en disait le plus grand bien. Et je n'avais jamais passé un été dans...
les Alpes ou, enfin, je ne faisais pas assez de vols à ce moment-là, alors j'ai emménagé à Zermatt.
est-ce que c'est de nous ?
non, j'étais en train de retourner à... mais je faisais des saisons à l'époque, je skiais à Saint-Moritz et j'enseignais à Saint-Moritz et à Perisher en Australie, donc je n'avais presque pas de temps de vol et ça me dérangeait, alors je suis allé, j'ai déménagé à Zermatt parce qu'un ami m'a dit qu'il fallait que je vienne ici, donc j'ai passé ce premier été avec un petit boulot dans un bar et à voler tous les jours et
quand tu dis voler tous les jours
des tandems ou juste non, non, c'est bien avant. J'avais fait genre, je ne sais pas, peut-être moins de 100 vols quand je suis arrivé à Zermatt et ouais, j'étais un vrai débutant. Je me souviens d'être monté à Rottweil, notre principal site de décollage, la première fois tout seul, sans les tandems, et mon pote Ronnie était juste là, pour la première fois sur ce sommet à 3 000 mètres, en se disant « oh, tu sais, mais j'y suis déjà allé assez souvent pour savoir que les conditions étaient bonnes ». Et je suppose que j'avais probablement vérifié avec les tandems avant ça, et j'ai juste grignoté un peu. Je ne savais pas, je ne savais pas faire mieux, je suppose. Je veux dire...
Ouais, ce n'est pas comme si j'avais regardé les applis et que je me suis dit : « Je vais choisir Zermatt pour progresser en vol ou pour lancer une entreprise » ou quoi que ce soit du genre. C'est une série de coïncidences qui m'a mené à Zermatt, et c'est un terrain de haute montagne escarpé. Ce n'est pas un terrain pour débutants et je n'enseigne pas à beaucoup d'élèves pour cette raison. Personne ne vient à Zermatt ou je ne prendrai pas un élève pour une semaine de cours à Zermatt pour apprendre à voler ; je les enverrai à Interlaken, c'est sûr, parce que les conditions et le potentiel de vol y sont bien plus élevés. On enseigne, on vole le matin avec des élèves quand les conditions sont assez calmes pour nous permettre de faire peut-être un ou deux vols, et c'est tout pour eux. Qu'est-ce qu'il y a dans le vol à Zermatt qui me convient ? Je suppose que c'est à travers un long et lent...
process, je suis devenu tellement familier avec le terrain que j'ai l'impression d'appartenir à ces montagnes. Je me sens chez moi là-haut, dans ces hauts sommets, et je n'oublie pas, ou j'essaie de me rappeler quand j'y suis, que je suis en train de voler. C'est un tel privilège d'être là. Je vole des trucs un après-midi où je pourrais avoir un vol en biplace dont les gens rêvent pour les réaliser dans leur carrière de parapente, et je vais passer un après-midi à faire un tour autour de sommets de mille mètres. C'est dingue, enfin.
Comment as-tu commencé à assembler tout ça en termes de XC alors ? Parce que je veux dire, mec, c'est un endroit audacieux pour se lancer, là où tu étais, ou est-ce que tu as vraiment, tu sais, fait tes preuves sur le terrain ? Oui, donc tu avais fait genre 100 vols, tu as déménagé à Zermatt et ensuite tout ça... en fait, j'ai...
Je pense que le premier vrai vol en cross country, ou du moins relativement long, que j'ai fait était en Turquie. Tu sais, Sammy Champion, il m'a un peu pris sous son aile, pardon pour le jeu de mots, mais il organisait un petit parcours pour certains de ses futurs pilotes de cross country, des pilotes de compétition, dans un endroit appelé Zulu, qui est un peu à l'écart, une montagne au nord de l'endroit principal où tout le monde va, qui est Lunaire. J'y étais en vacances à Lunaire et il m'a emmené dans cet endroit et j'ai fini par... c'était la première fois que j'avais une manche sérieuse à voler et je n'avais jamais vraiment fait de cross country avant, mais j'avais déjà fait pas mal de thermique à ce stade, juste autour de la vallée de Zermatt. Et j'ai fini par voler 50 km, c'était l'un de mes premiers vols en cross country et j'ai survolé cette haute chaîne et j'ai atterri au milieu de nulle part. Je me suis dit : « Oh mon Dieu, je vais être... » et j'ai fait un retour de récupération complètement dingue, d'affilée, jusqu'à Lunaire. Et c'était ça, j'étais absolument accro au vol en cross country. Mais à Zermatt, ouais, j'ai juste avancé petit à petit, j'ai commencé à voler autour de la fin de la vallée sans aller au-delà.
l'atterrissage était vraiment... et puis je ne sais pas, petit à petit, j'essayais juste d'atteindre le bout de la vallée et de la sortir. Je suppose que ça a pris plus de temps que la progression de la plupart des gens parce que j'étais seul, il n'y avait personne d'autre, personne ne faisait de cross country à Zermatt. Soit je faisais des tandems, soit je ne volais pas beaucoup. Et puis, après avoir essayé de sortir de la vallée, je pensais que je volais une aile DHV One Two à l'époque, et j'arrivais au bout de la vallée quelques fois et j'essayais de traverser, mais je me disais toujours que c'était impossible. Je me plantais systématiquement à cet endroit, c'était genre trois, quatre, cinq fois. J'arrivais juste jusqu'ici, ce qui est assez facile au bon moment de la journée. Si on laisse passer un peu, enfin, je n'essayais pas de décoller pour les premières thermiques, j'essayais juste de sortir de cette vallée, de la traverser et de descendre sur ce versant orienté à l'est. Il a fallu longtemps avant que je parvienne enfin à trouver la portance de l'autre côté, et c'était ça, c'était comme si la barrière massive était brisée. Ouais, exactement. Et bien sûr, mon pilotage s'est amélioré, je suis passé sur des ailes de haute performance, les ailes ont progressé.
et c'est devenu plus facile, c'est...
Carrément, tu as fait des triangles monstrueux à partir de là. Qu'est-ce qu'il reste à faire ? Qu'est-ce que tu as en tête, toi et Chris ? Genre, imagine que tu aies passé la journée parfaite demain, qu'on soit le 10 juillet, tu as une longue journée, tu pars tôt le matin vers 8h30 du... comment ça s'appelle, le Rut.
en partant de l'ascension du Matterhorn, ouais
oh d'accord, ouais, alors tu descends le versant est, tu traverses et tu vas où ? Ou est-ce que tu te jetterais juste de l'autre côté pour descendre en Italie ?
je pourrais te le dire, mais je dois te tuer
Excellent, on peut le faire ensemble ? Absolument.
C'est le plan. On a plein de plans, et Chris et moi on a échangé des e-mails avec le dernier triangle qu'on a élaboré, le XC planner. Merci Tom. Ouais, ouais.
Merci Tom.
Exactement, ouais, donc on a pas mal de chance, on peut décoller à 3880 mètres, mais c'est couvert de neige et de glaciers et pour une grosse journée pour les triangles, on ne veut pas de vent, donc c'est délicat, ouais. Mais Chris parle de passer la nuit soit en grimpant le Matterhorn et en faisant la randonnée du Breithorn le matin, donc on aurait quelques centaines de mètres de plus et on se dirigerait vers l'est, ou alors on essaierait d'arranger un hélicoptère jusqu'à la Margarita Hut en disant qu'on fait des prises de vue ou un truc du genre, on y passerait la nuit et on serait encore plus haut et plus proches de la vallée de Mac and Jaguar ou plus proches de la Margarita Hut, et ensuite on irait à Domodossola. Ouais, on a quelques plans, enfin, c'est quoi l'autre ?
un, c'est quoi... d'accord, donc
le grand vol que j'ai fait, on en parlera plus tard, c'est l'ascension du Matterhorn au Mont Blanc, puis au Niesen et retour.
et tu es passé juste par-dessus la crête, genre vers le Young Frow, ou tu es revenu vers... c'est quoi le nom de ton côté, en face de ça mais plus bas dans la vallée, comme ce Sion ? C'est quoi, Lucre Loiker Bad ? Tu es revenu dans Luiker Bad quand tu as fait ça depuis Niesen ?
non, je suis passé par Candistick, je crois que je suis passé par le Lochberg quelque part, c'était plus impressionnant. Oh, c'était l'un des plus beaux endroits sur Terre, ouais, c'était le triangle 230 231, d'accord. Alors, le plan serait de refaire ça parce que c'était tellement cool, mais il faut regarder les points de virage et essayer d'élargir ça, peut-être. Je ne sais pas si ça va marcher, mais de voler vers le sud, je ne sais pas si ce sera trop stable le matin, dans le genre... je suppose que les quatre Alpes là-bas, de l'autre côté de la vallée d'Aoste, peut-être que ça marchera au printemps, mais ensuite...
voler au sud du Grand Paradiso, puis bifurquer vers l'ouest en direction de la France et remonter la vallée de Chamonix... tu pourras peut-être m'aider sur la question des parcs nationaux et des problèmes que ça pose, j'ai un peu étudié ça et ça a l'air compliqué, voire impossible. Le truc, c'est que...
tu ne peux tout simplement pas atterrir, ouais
C'est exactement ça, enfin...
On peut jouer avec les triangles. Je me suis rendu compte qu'avec le pourcentage de clôture, si tu veux battre un record, il faut être à une certaine distance de ton point de départ. Mais si tu veux juste voler un FAI, là on ouvre un peu ce petit coin qui se déplace quand tu bouges ton point de virage pour voir jusqu'où je dois aller ou à quelle distance je peux voler et quels angles je peux obtenir. Mon atterrissage réaliste, le réaliste, c'est toujours un FAI, et tout ce qui vient après, c'est du bonus. Donc si tu pars vers le sud depuis Klein, puis vers l'ouest, et que tu passes par Chamonix, tu as fait un triangle monstrueux au moment où tu atteins Martigny, ouais, et c'est un triangle. Et puis si tu le voles, ce n'est pas juste du bonus. Ouais, si tu remontes vers le nord d'ici et que tu rentres, je ne sais pas de quoi tu parles, ouais, jusqu'à 300, genre 300 000 triangles.
ouais, un vrai gros triangle, le plus grand des Alpes, ça serait assez incroyable et
L'autre option, c'est, enfin d'après ce que dit Chris, on utilise cette altitude supplémentaire pour voler vers l'est à travers Mac et Jaguar Domodossola, la vallée de Cento. Si vous y êtes, alors, ça va être, ça va être incroyable. Choisissez, euh, vous volez jusqu'à Locarno et puis, et puis en diagonale vers le haut pour revenir dans... oh, je ne sais pas jusqu'où il faut aller, je dois regarder mon ancien go.
frôler l'Eiger et rentrer, ouais, c'est quelque chose.
genre ça, ouais
Ouais, ça serait génial.
C'est vraiment bien, ouais. Il y a un potentiel, genre, est-ce que les ailes s'améliorent ? On s'améliore, on devient plus audacieux. Ouais, ouais, ouais, gardez l'œil ouvert, ne...
Tu penses que... j'ai déjà dit ça trop souvent, mais je ne sais pas si tu captes bien le truc avec ce sport : même quand tu es dans la Mecque du parapente au monde, il y a encore tellement de possibilités. Je veux dire, on a l'impression de n'en exploiter qu'une infime partie. C'est juste... enfin, là où je viens, chez moi, c'est une blague à quel point il y a de choses à faire. C'est même accablant, tu sais, mais...
Pour nous, la Suisse est un terrain de jeu pour le parapente en termes de décollages, et c'est juste tellement facile de monter en montagne et de rentrer à nouveau. Pour vous, là où vous volez, c'est juste un peu plus le pays des tigres de Finn, ouais, un peu plus de folie.
un peu plus d'oxygène
et tout ça, ouais, les Alpes sont incroyables et le potentiel ne cesse de croître là où
Pour les gens qui pensent venir survoler les Alpes pour la première fois cet été, quel serait l'itinéraire parfait ? Si on part du principe que la météo est incroyable partout, que vous avez un beau système de haute pression, sans pluie et pas trop de vent... donnez-moi vos 10 sites préférés.
il y a tellement de sites, c'est ça le truc quand on gère une entreprise de tandem. C'est l'une des raisons pour lesquelles je fais de gros vols depuis Zermatt, parce que bon, c'est là que j'habite, je peux sortir de chez moi tôt le matin et monter en montagne sans avoir à voyager la veille ou quelque chose comme ça. Ça a limité mon expérience par rapport à tous les sites de vol fantastiques et incroyables qu'il y a dans les Alpes. Mais pour quelqu'un qui n'a jamais volé dans les Alpes auparavant, il faut penser à des endroits comme Annecy et Interlaken, qui offrent cette vue incroyable sur les Alpes plus douces. Vous avez de bonnes conditions de décollage, la seule chose avec laquelle vous devez composer, c'est le trafic dans ces deux endroits, mais le potentiel pour faire quelques petits...
des circuits avec des sommets incroyables à plus de 4 000 mètres et des cimes enneigées en arrière-plan, c'est incroyable. Donc, tu voudras probablement t'y mettre avec l'un de ces sites, tu as sûrement de meilleures idées sur les premiers sites à visiter. Fierce, tu dois y aller juste parce que c'est la Mecque, tu sais. J'ai dû aller à Chamonix parce qu'il y a 9 000 pieds de dénivelé, mec, c'est raide. Ouais, ouais, ouais, il fallait que ça fasse partie de l'expérience. Ouais, le ski aussi. Alors, Fierce, c'est... et tu peux faire Fierce-Goms. Donc, en partant vers l'est depuis Fierce, pour les pilotes moins expérimentés, c'est probablement un super vol. Tu peux probablement faire quoi, 50 km ? Jusqu'au premier sommet et retour. Tu as une grande vallée large, ils ont même fait la...
l'espace aérien de l'aéroport est étroit, donc vous n'avez pas besoin de... vous pouvez atterrir presque sur le côté de la vallée, n'importe où, il y a des champs en pente, et c'est une série de crêtes que vous pouvez enchaîner ou rester dans la chaîne arrière et voler juste le long de la crête. Ce vol est le classique facile, et c'est un classique, et c'est fun. Une fois que vous descendez dans le ballet principal, les choses deviennent sérieuses selon ce que fait le vent, c'est un... oh oui.
il y a des endroits sur la route où on peut
devenir assez
C'est dingue, ouais, exactement. Enfin, bien sûr, on a eu beaucoup de pilotes de tandem dans l'émission, mais je n'ai jamais posé de questions sur le tandem. Mais revenons un peu sur ton parcours, comment tout ça a commencé ? C'était la fin de ta carrière d'ingénieur, c'est ça ?
ma carrière d'ingénieur, elle était à l'arrêt et j'ai fait plein de choses, et je veux dire, c'était un peu, vous savez, le boom minier qui commençait en Australie, ça fait 20 ans maintenant, et une partie de moi se demandait : est-ce que je veux vraiment aller en Australie occidentale quand des agents d'entretien gagnent 100 000 dollars ou quelque chose comme ça ? C'était ridicule. Et une petite partie de moi se disait : est-ce que je devrais juste y aller pour gagner un peu d'argent ? Mais je n'arrivais tout simplement pas à le faire. Pendant ce temps, mon ami Ronnie Schneider, l'autre Suisse-Australien, était un peu devant moi avec sa formation en tandem, et j'ai un peu... C'était l'ami qui t'a amené à Zermatt. Exactement. Alors je suis arrivé à Zermatt juste au moment où il obtenait sa licence tandem.
Et alors que je progressais vraiment, vraiment lentement, que j'étais encore un débutant, j'avais cette confiance intérieure en mes capacités de vol, et je me disais : « Ouais, je peux le faire. » Et donc, pendant cette première année, c'était en 2002, j'ai juste volé, volé et volé. Je devais obtenir mon... j'avais une licence australienne restreinte, je crois. Donc je devais obtenir ma licence suisse.
C'est un peu exigeant, je comprends, n'est-ce pas ?
La licence solaire est probablement l'une des plus exigeantes. Le bon côté, c'est que c'est un examen, dans des conditions d'examen, donc ils sont vraiment sympas, mais vous devez le passer devant des inconnus, éventuellement sur un site de vol inconnu selon l'endroit où vous vous inscrivez, et vous devez le faire dans des conditions d'examen, ce qui est une bonne chose. Et c'est la même chose pour tous les autres examens. Alors j'ai passé la licence solo, et dans un délai de — on est autorisé à faire le tandem, ce qu'on appelait le tandem B à l'époque. Il faut attendre 12 mois et avoir un minimum de 150 vols ou quelque chose comme ça. J'avais ça. Quelques jours après avoir atteint les 12 mois, je me suis inscrit pour le tandem B,
et environ un mois ou deux après avoir atteint le minimum requis pour la licence solo tandem A, je l'ai faite. C'est un processus long, difficile et coûteux. Donc, ça a été deux ans de vol intensif avec quelques petits boulots entre-temps.
Alors, l'une des raisons pour lesquelles j'ai toujours évité d'être pilote de tandem commercial — je fais des tandems pour le plaisir — c'est que j'entends toujours les pilotes de tandem dire que la façon numéro un de gâcher son vol en solo, genre ta... ta passion ? Ouais, c'est de faire des tandems. Est-ce que c'est vrai ? Parce que ça n'a pas l'air d'être le cas avec toi.
Eh bien, peut-être que Chris et moi, je ne sais pas, on est peut-être les exceptions. À la règle, je n'ai pas... je suis encore en train d'apprendre. Je n'ai pas perdu la passion d'en apprendre plus sur ce sport et de m'améliorer, de progresser.
Peut-être que tous ces autres gars sont juste meilleurs que moi, qu'ils ont tout fait, et demandez-moi dans cinq ans, et peut-être que je vous donnerai une réponse différente. C'est là où
vous faites des tandems, c'est un peu enchaîné, genre un après l'autre, ou pas ? Je veux dire, vous en faites toute la journée ?
On en fait toute la journée, mais on en fait beaucoup moins et on est bien plus souvent freinés par la météo. Ces gars-là volent genre 300 jours par an, et nous — je ne sais pas combien, je n'ai pas regardé, mais c'est peut-être la moitié. Je ne sais pas. Ouais, d'accord. Il y a beaucoup de jours, ou beaucoup d'après-midis où on s'arrête à cause des vents forts et des turbulences, pour ne pas risquer un atterrissage difficile. Donc, ouais, on —
On fait beaucoup moins de yo-yo que ces gars-là, mais là, c'est à fond. Les affaires ont repris et ça devient plus chargé chaque année, ce qui est une bonne chose. Ouais. Donc, on en est arrivés au stade où, je regarde la météo, je l'étudie, et je décide consciemment de prendre un jour de repos pour le tandem. Je sais que ça va me coûter une blinde, mais je prends un jour de repos pour le tandem et je vais voler en solo, pour aller piloter l'une de ces grues. Des triangles de dingue, si la météo est bonne, parce que je ne veux pas passer à côté.
Ouais, ouais. Donc tu as toujours... tu as encore toute l'énergie pour ça, même si tu fais ces tandems. C'est pas genre, "Oh mon Dieu, je dois aller voler".
Mais je le vois.
Je vois ça. Pas chez tout le monde, pas chez tous les pilotes que je connais, mais ouais, c'est comme – c'est ce dicton, non ? Ne transforme pas ta passion en – C'est ton entreprise.
Si vous... vous savez, avec le recul, si vous deviez tout recommencer, est-ce que vous feriez la même chose ?
Qu'est-ce que tu veux dire, ma vie ? Le côté aviation. Le côté aviation, j'aimerais – si j'avais été entouré de gens qui ont la même mentalité et qui poussaient un peu plus leurs capacités, peut-être, j'aimerais avoir progressé un peu plus.
Just parce que vous
je n'avais pas les mentors et les gens qui volaient. Ouais, je n'avais pas...
Ouais, peut-être que j'ai besoin que quelqu'un me dise de temps en temps : « Wow, tu te débrouilles super bien ». Parce que, ouais, le parapente est un sport individuel. On est souvent seul. On vit cette expérience incroyable, et on rentre chez soi et, tu vois. Ouais. Certains autres parapentistes pourraient être intéressés par ça. Mais au fond, tu l'as fait pour toi. Et c'est génial de partager ça — partager ces expériences, le bon et le mauvais, avec un groupe de personnes qui ont la même mentalité. Et, ouais, je n'ai pas vraiment eu beaucoup de ça pendant toute ma carrière en parapente, disons.
Ouais. Je suppose que si tu es dans un endroit comme Fiesch ou Interlaken, il y a beaucoup plus de pilotes. Tu es plus exposé à ça. Et l'autre chose, c'est que je n'ai pas vraiment... je n'ai pas appris via une école. J'ai appris... j'ai fait ma formation de base dans une école après ça. Je faisais des trucs par-ci par-là avec un instructeur d'entreprise et un parapente ici et là, partout. Donc... et après ça, j'étais en quelque sorte autodidacte.
J'ai passé mon examen de solo. Je m'entraînais pour obtenir ma licence de parapente solo. Et j'étais en train de faire cette approche d'atterrissage parce que c'est une approche qu'il faut faire. Personne ne m'a vraiment appris quoi que ce soit sur ce qu'impliquait la licence solo. Ronnie m'a dit les manœuvres que je devais faire dans le temps imparti. Alors je suis allé m'entraîner à les faire.
Je faisais une approche d'atterrissage. Quelqu'un a dit qu'il fallait avoir les mains levées, tu sais, avoir une vitesse maximale pour pouvoir le piloter. Eh bien, ils n'ont pas expliqué pourquoi. Je l'ai juste retenu comme ça. Il faut voler à vitesse maximale quand on atterrit. Donc je faisais toute l'approche d'atterrissage sans utiliser les freins. Je faisais de grands virages en S et tout ça, en jugeant, ce qui s'est avéré être une pratique fantastique parce que quand j'ai réalisé, wow. Tu peux utiliser
les freins et tu peux – je pouvais ralentir
je me suis un peu calmé. Je peux diviser par deux ma finesse sur une aile d'école. Quelle révélation.
Mais moi – et puis l'autre chose, c'est que – vous savez, après avoir fait ce cours de base, je faisais du backpacking en Turquie et, bien sûr, j'ai atterri à Ludinaz. Et tout ce que je voyais, c'était – j'étais en mode : oh mon Dieu, c'était un ciel rempli de parapentes. J'ai dit au revoir à mes amis, j'ai dit que je restais ici et...
Heureusement, vous savez, je me trouvais brillant. J'avais fait sept vols en haute altitude, je savais piloter et j'ai fait équipe avec Sky Sports, une entreprise fantastique. J'ai juste eu de la chance de tomber sur probablement la société de tandem la plus professionnelle là-bas pour s'occuper de moi. Et après deux semaines, enfin Murat, le patron, il m'a dit : « Va faire du maniement au sol ». Je lui ai répondu : « Allez, je veux voler, laissez-moi voler, laissez-moi voler ! ». Il m'a dit : « Un jour, d'accord, tu veux voler ? Va voler, voilà une radio ». Et voilà, je suis monté dans un camion tandem. Mais on avait cette... moi et ce gars sud-africain qui bossait au camping, on avait cette vieille Edel, on l'appelait l'Edel. On se relayait pour monter le matin et il me disait : « Je vais la mettre(_la défoncer_) ».
Je vais lui faire vivre un enfer aujourd'hui, je vais tenter une spirale, vous n'allez pas le croire. Oh, j'ai fait cette spirale, vous voyez, on se poussait l'un l'autre et je pense que ça devait être une ligne assez courte, mais vous savez, après 10 vols, je faisais des spirales et tout le reste sur ce truc, en autodidacte, tout seul. Donc j'étais assez à l'aise avec les forces G et tout ça, et je suis arrivé à l'examen suisse et je devais faire un double cercle à droite en finissant sur l'axe en 20 secondes ou quelque chose comme ça. J'avais tout en tête, j'ai enchaîné une spirale complète, j'étais en spirale dès le premier cercle et à environ 90 degrés avant la sortie, je relâchais et je sortais sur un virage très fluide et lent sur l'axe, zéro pendule, et c'était parfait. Et je pose le premier...
premier atterrissage dans le cercle, je m'éloigne et le gars est genre : « nan, comment ça ? » il dit : « non, tu es censé faire deux cercles sans interruption en Allemagne, c'est comme si tu avais fait un... tu as arrêté le cercle. » Je lui réponds : « bah, c'est comme ça que je sors. » Il dit : « nan. » Il dit ça parce qu'il savait que j'avais fait 200 vols, il me dit : « allez, allez, montre-moi ce que tu sais faire. » Du coup, j'ai dû dire que c'était un... j'ai perdu un soi-disant... OK, et tu as trois vols, tu as le droit de faire un vol de répétition pour ta licence solaire, donc j'ai dû réapprendre mon double cercle sans interruption en ralentissant, genre, vas-y doucement. Et ouais, l'un des inconvénients d'être autodidacte, c'est d'apprendre en faisant, peut-être.
Tu as peut-être déjà répondu à ça, mais c'est une question que je pose à presque tout le monde parce que je trouve ça instructif : si tu pouvais revenir en arrière, d'habitude je dis 50 heures de vol en autonomie, mais pour toi je vais dire 100 parce que tu as dit avoir fait environ 100 vols, mais ça ne ferait pas 100 heures. Alors, qu'est-ce que tu changerais si tu pouvais revenir à ce moment-là ? Est-ce qu'il y a des conseils que tu aurais aimé suivre ou quelque chose que tu aurais aimé faire différemment à partir de ce point ?
Je sais que j'étais plutôt trop confiant intérieurement, je ne l'ai probablement pas montré mais j'étais super serein dans ma tête. Je me souviens avoir pensé que j'avais fait 50 décollages et 50 atterrissages qui étaient comme dans les livres, je n'ai jamais eu de problème. Je faisais ces vols, je ne faisais pas de longs vols thermiques ou quoi que ce soit, mais tout s'est bien passé dès le tout premier vol, c'était absolument nickel. Je ne...
Je ne m'en souviens plus, je me rappelle juste que tout était parfait, tout était nickel, et puis les choses ont commencé à tourner mal. Alors, je me disais, en me parlant à moi-même, je me donnais une petite claque et je me disais : « Mec, tu ne sais rien, 50 vols, c'est rien. Ça commence ici. » Et puis, tu reçois des conseils, genre, ouais, entoure-toi de gens à qui tu peux parler, des gens qui te regardent, des gens que tu as autour de toi, des gens que tu fais voler pour qu'ils te donnent ces bons conseils qui pourraient te sauver la vie.
Et qu'en est-il de la réceptivité aux conseils à ce stade ? Vous savez, quand on est trop sûr de soi, ça peut être difficile. Est-ce que vous vous en souvenez ? Pensez-vous que vous auriez été réceptif ? Oui.
bonne question, j'espère bien. Je pense que j'entends ça souvent de la part de...
les instructeurs en soulignent souvent qu'il y a beaucoup de gens qui ont des sourdines, vous voyez, ils hochent la tête mais ils vous racontent à quel point ils réussissent bien alors qu'ils ne retiennent rien vraiment.
Ouais, personne ne m'a jamais mis au tapis en me disant : « Phil, il faut que tu... » Et je ne dis pas que c'est forcément le cas, mais je me demande s'il n'y a pas eu des épisodes dans mon passé où des gens auraient dû dire quelque chose et ne l'ont pas fait. Genre : « Ce clown, qu'est-ce qu'il fabrique ? » Ouais, je pense spécifiquement à moi. Ouais, c'est clairement un problème que je vois avec des élèves, avec de bons élèves, qui pensent avoir tout maîtrisé alors que non, et ils se mettent en danger. Et ça revient à... enfin, en tant qu'instructeur, j'essaie de mettre en évidence...
autant que je peux, je fais le maximum pour analyser la situation, m'asseoir et expliquer ce qui peut mal tourner quand quelqu'un se retrouve dans une situation périlleuse sans avoir réalisé, vous savez, à quel point il était proche de quelque chose de vraiment grave. Alors, ouais, j'aimerais bien qu'il y ait eu un peu plus de ça dans mon passé. Ouais.
Phil, il y a 13 mois, c'est une bonne transition. Il y a 13 mois, tu as eu un incident dont je pense que les gens peuvent vraiment tirer des leçons et, tu sais, on a beaucoup parlé des accidents dans l'émission, donc on n'a pas besoin d'aller dans le sombre, mais je pense que c'est instructif parce que c'était l'un de ces trucs où, ce n'était pas comme si vous voliez dans des conditions difficiles. Ce n'était pas comme si vous poussiez les limites. Ce n'était pas comme si vous, tu sais, c'était comme un serpent dans l'herbe qui sort et vous mord les fesses sans que ce soit vraiment votre faute, mais il y avait, tu sais, des choses à tirer de là.
Ouais. Vous voyez le genre, hein ? Je ne vais pas dire que ce ne l'était pas. C'était une expérience qui a changé ma vie, mentalement, mais surtout physiquement. Un jour, vous allez au boulot, deux semaines plus tard, vous sortez de l'hôpital, et deux mois plus tard, vous rentrez enfin chez vous. C'est comme si un jour vous alliez au travail et que deux mois plus tard, vous rentriez. La vie bascule d'un coup. C'est comme si la vie tournait brusquement à gauche. Waouh.
Ouais, et ça peut arriver aussi vite.
Et, vous savez, je suppose que j'ai cette réputation maintenant, au moins à Zermatt, à cause de ce que j'ai fait. Je pilote les gros triangles, je fais un peu d'acro, je fais des compétitions et je fais probablement plus de vols en solo que n'importe qui, à part Chris. Alors tout le monde à Zermatt se disait : non, c'est impossible, pas Phil. Comment est-ce que ça a pu arriver ? Vous voyez, comment ça a pu arriver à Phil ? Et ça, c'était dur. C'était difficile à digérer aussi. Et, vous savez, votre réputation est un peu en lambeaux. Ce n'est pas le cas, mais c'est comme ça. On a l'impression que ça l'est.
Mon Dieu, j'ai déçu tout le monde. Je me suis positionné comme un défenseur de ce sport, en disant qu'il était incroyablement sûr. Tant que vous accumulez votre expérience lentement et que vous en avez une grande diversité, et puis soudain, ça arrive et c'est... alors, comment est-ce arrivé ? Ouais. Je vole en tandem dans des conditions d'automne très légères. On est sur une pente exposée au sud pour capter les seules thermiques qu'il y a dans le coin. Heureusement pour nous, on plane bien, enfin, je planais en thermiques le jour de Noël en 2000, à 1600, ce qui est dingue.
Alors oui, Zermatt, Zermatt. Zermatt offre une bonne portance, probablement plus longue que la plupart des endroits, mais les conditions restent douces, légères, mais cela implique de voler et de planer près d'une pente rocheuse abrupte. Et je suis mon ami et partenaire d'affaires dans son tandem. On vole tous les deux avec l'extrémité de l'aile droite vers la pente. Il se tourne pour revenir en arrière. Je le suis. On a donc tous les deux les extrémités d'aile gauche vers la pente, et puis il se tourne, il revient vers la pente. Je vole un peu plus loin et ce n'est pas une grande zone, mais le timing est tel que nous nous tournons tous les deux vers l'extérieur, loin de la pente, en même temps.
On tourne tous les deux vers la pente pour prendre de la portance. Et c'est à ce moment-là qu'il y a cette petite hésitation. Je lui ai demandé et il a dit la même chose. Il y a un petit truc du genre : qu'est-ce qu'il va faire ? Est-ce que je tourne à gauche ou à droite ? À gauche ou à droite. C'est comme si on se rentrait dedans dans la rue, une rue déserte, ça peut arriver. On se dit : oh, c'est embarrassant. Boum. On se prend un choc de poitrine par accident quelque part. Et on continue son chemin. Dans une rue bondée, ça n'arrivera jamais parce que tout le monde finit par s'écarter. Et oui, il y a évidemment des règles de priorité en vol, comme dans beaucoup de choses.
Et, la combinaison de nos positions relatives par rapport à la pente et l'un par rapport à l'autre nous a mis dans une situation qui n'était pas claire à cent pour cent, et en parapente, surtout en vol de pente, il s'agit beaucoup de garder le contact visuel. Et on avait le contact visuel, on se voyait clairement, mais on a eu cette petite hésitation, et une seconde et demie d'hésitation quand on se retrouve avec deux ailes qui se rapprochent à une vitesse de 70 kilomètres par heure, soudainement, toute votre marge de manœuvre disparaît et vous pouvez juste m'entendre. Je l'ai filmé.
J'ai filmé l'accident et on m'entend jurer et juste enfoncer le frein, et, euh, enfoncer le frein gauche pour, pour sortir de la trajectoire.
Je me suis dit : je vais aller te voir. OK. Ouais. Alors,
Ouais, l'aile a genre tiré le frein et on était de l'autre côté de la colline, alors que je le regardais, j'ai soudainement vu un gars ; je regardais l'aile et je me suis dit : « Attends une minute, c'est qui ce gars ? » Et je me suis dit : « Oh, ouais, je vais le percuter là-haut. Je peux le voir tirer le frein. » Et il est passé de l'autre côté de la colline. Genre deux ou trois secondes plus tard, j'ai regardé en bas, le sol est monté et je me suis dit : « Non, c'est fini, je suis écrasé, je suis enterré. » J'ai tiré les deux freins pour essayer de faire un flare, je suppose, du mieux que j'ai pu, et incroyablement, on a atterri sur une pente super raide avec des rochers plats et des touffes d'herbe. L'aile a tenu, je ne sais pas ce qui a tenu l'aile, mais on n'a pas glissé ; on était dans une sorte de couloir à fond plat ou escarpé entre des falaises et des affleurements rocheux, et c'est juste le destin qui m'a heureusement mis là plutôt qu'ailleurs.
et heureusement, comme on volait à Zermatt, avec Air Zermatt juste à côté de notre zone d'atterrissage et des amis qui les ont appelés depuis les airs, il s'est passé moins de 20 minutes avant que je sois dans un hélico en route pour l'Inselspital à Dernand. C'est probablement ce qui m'a sauvé la vie, je suppose. Ouais, nos vies changent d'une seconde à l'autre. La question qui reste, c'est comment... c'est facile de dire "eh bien, reste plus loin, sois plus prudent", c'est vrai, mais
pour savoir comment éviter cette situation précise, en étant exactement assez éloignés et positionnés pour ne pas susciter ce doute sur le fait de tourner à gauche ou à droite. Et je pense que, oui, le décollage en solo depuis une crête, en vol de pente, c'est presque plus critique que de décoller avec 100 personnes en groupe. Vous savez à quoi vous attendre dans un groupe, sauf si quelqu'un fait une connerie. Dans un groupe, tout le monde tourne à droite de la même façon, les gens sont proches les uns des autres, vous pouvez monter plus vite que les autres, vous les voyez. Oui, quelqu'un, un bon pilote, va tourner à l'intérieur parce qu'il est au cœur de la thermique, c'est pas grave, laissez faire, trouvez votre place, mais...
Ouais, voler avec des potes, quand tu fais des allers-retours sur une crête, il y a toujours ce contact visuel nécessaire quand tu décolles pour ne pas... pas tout de suite, laisse de la place, assure-toi d'avoir le contact visuel et sois vraiment prudent. Et évidemment, mon pote et moi, les circonstances ont conspiré pour, pour produire cette situation, donc...
On est ici 13 mois plus tard, et tu te débrouilles vraiment bien en compétition. C'est de la rééducation, j'en suis sûr, j'en suis certain. Mais qu'est-ce que tu peux nous apprendre sur le fait de revenir d'un truc pareil ? On en parlait un peu avant de commencer l'enregistrement, parce que ce n'était pas comme si vous aviez été stupides, ce n'était pas comme si vous aviez fait une erreur... enfin, vous avez fait une erreur, d'accord, mais c'était une question de complaisance. C'était juste un truc bizarre, je ne peux pas beaucoup vous apprendre.
sur la façon d'éviter cet accident ? Non, je veux dire, il faut être hyper conscient de la complaisance. Comment est-ce que tu... Ouais, ouais, c'est un genre d'oxymore, non ? Ouais, d'accord. Être conscient de la complaisance, ouais.
Exactement. Je veux dire, je ne pense pas qu'on ait besoin d'en dire plus là-dessus. C'est juste génial que les gens... c'est un autre rappel que, tu sais, c'est justement lors de ces journées calmes qu'on doit vraiment rester vigilants. Mais je pense plutôt au côté mental, tu vois. Est-ce que c'était la première fois que tu volais à nouveau ? Est-ce que c'était effrayant ? Est-ce que tu étais nerveux ? Est-ce que tu t'es rendu compte que tu étais dans un état d'esprit différent de n'importe quel moment de ta vie de pilote, ou est-ce que c'était genre « putain, Dieu merci, je suis de retour, je peux recommencer à faire ça » ?
j'étais, j'étais carrément nerveux au début. j'ai acheté une, j'ai acheté une aile d'école légère, il fallait que j'en achète une. enfin bref, j'en ai acheté deux et je me suis dit : c'est ma, tu vois, il me faut quelque chose de super facile pour débuter, pas trop rapide, mais je veux voler et je n'avais rien dans mon quiver actuel d'ailes qui convenait à ça et je me suis dit non, et je ne sais pas.
vos parcs actuels, bizarrement
C'est ça, ouais, et
malheureusement, à la suite de l'accident, j'ai des lésions nerveuses qui, euh, peuvent ou non être complètement
je récupère, mais ça a entraîné une mobilité limitée dans mon pied gauche, donc ça veut dire que je ne peux pas courir très vite. J'étais nerveux sur ma capacité à décoller, et c'était six mois et une semaine après l'accident que j'étais sur Rottweiler. J'avais un décollage parfaitement préparé sous la neige, ce qui m'a donné beaucoup de confiance et une aile facile. J'avais environ 5 km de vent de face, les conditions étaient parfaites. Donc, ouais.
J'étais nerveux au début, pas à l'idée d'avoir un accident, mais plutôt sur la façon dont je vais me sentir. Je ne savais pas comment je me sentirais, vous savez, juste en parlant avec des psychologues et des psychiatres en rééducation. Ils sont très conscients du stress post-traumatique et ils disaient : « Ne soyez pas surpris dans six mois ou douze mois si ça vous tombe dessus soudainement ». Et on touche du bois, jusqu'à présent, mentalement, tout s'est très bien passé, tout va bien. Donc j'étais nerveux pour le décollage, mais...
j'étais nerveux pour le décollage, mais dès que j'ai relevé l'aile, la tension sur les mousquetons s'est relâchée, le décollage m'a permis de courir presque aussi vite avec un minimum de boiterie hors de la montagne, bien plus facilement que ce à quoi je m'attendais. J'étais quand même super content d'être de nouveau en l'air et je devais descendre et...
Est-ce que c'était ce vol ? Je devais descendre et atterrir parce que ma petite amie était étudiante à l'époque, et peut-être une ou deux autres personnes étaient là-haut, et je devais descendre puis prendre la radio pour parler maintenant. Et c'était thermique, donc je pouvais rester en l'air. Je faisais de la thermique sur ma petite aile d'école légère Jomo, donc j'ai appelé le départ et j'ai dit : « Envoyez des élèves, envoyez un Nook ». Elle a décollé et on a volé aile contre aile, ce qui était très romantique et très guérisseur après tout ce qu'on avait traversé ensemble.
C'était un truc énorme, une étape cruciale dans toute la rééducation, physiquement et mentalement, d'être en l'air et de voler avec cette personne qui m'a accompagné tout au long de ce parcours. Ouais, merci Nook, je t'aime.
C'est un super endroit pour, je pense que c'est un bel endroit pour finir parce que sinon je vais commencer à pleurer. Alors, merci Phil, mec, j'apprécie vraiment. Il y a de super leçons là-dedans et je suppose qu'il nous reste encore une journée de ce moment génial ensemble, alors j'ai hâte de voler avec toi et de prendre le large avec toi à Zermatt. J'ai hâte de t'avoir avec moi là-bas un peu partout, ouais, mais merci.
Merci beaucoup Gavin, c'était un plaisir et un honneur. J'ai hâte de voler avec toi à l'avenir. Santé. Cool, si...
Si vous avez tiré quelque chose de cette écoute de Cloud Based Mayhem, tout ce que nous demandons, c'est un dollar par épisode. C'est un podcast soutenu par ses auditeurs et il sera gratuit, il sera toujours gratuit. J'adore le faire, mais j'espère que vous avez apprécié et je vous dis à la prochaine. Comme vous pouvez l'imaginer, c'est beaucoup de travail, c'est très chronophage, et c'est très chronophage pour notre monteur. Un grand merci à Miles Connelly, un vrai maître avec tout ce matériel, on ne pourrait pas le faire sans lui. Mais si vous en avez tiré quelque chose, voyez ça comme un abonnement à un magazine ou quelque chose comme ça. Et tout ce que nous demandons, comme je disais, c'est un dollar par épisode. Vous pouvez le faire via cloudbasemayhem.com, vous y trouverez les liens pour le soutenir ponctuellement via PayPal, ou vous pouvez vous inscrire comme contributeur régulier où vous pouvez configurer le tout et être récompensé pour cela via patreon.com/cloudbasedmayhem. On apprécie vraiment, vraiment, vraiment, ça rend tout cela possible.
Merci encore à tous, joyeuses fêtes et on se retrouve au prochain épisode. Salut !