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54. Dustin Martin and finding the magic - Dustin Martin

// Gavin McClurg, Dustin Martin · 2017-11-14 · 02:04:47 · original episode · pdf

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[show notes]

Dustin faisant ce qu'il fait de mieux

En 2012, Dustin Martin a battu le pilote légendaire de Red Bull Jonny Durand de quelques kilomètres au Texas pour aller plus loin que quiconque en deltaplane — 761 km. Et le record tient toujours. Était-ce son vol le plus mémorable ? Difficilement. Dustin a commencé sa carrière de pilote au début de son adolescence en pilotant des avions RC et son amour et son intérêt pour le ciel n'ont pas diminué depuis. De l'RC, il est passé aux planeurs mais son premier vol en deltaplane à l'âge de 15 ans l'a conduit à être renvoyé au Sailport local parce que ce premier vol est devenu une obsession qui ne laissait pas beaucoup de place pour autre chose. Dans cet épisode varié et hilarant, Dustin nous fait part de quelques incidents proches avec des tornades (au pluriel !) ; comment évaluer un front de rafales ; une brève histoire des deltaplanes ; l'importance des mentors ; comment trouver de bonnes lignes ; éviter la descente ; travailler la portance légère ; réduire la traînée ; des conseils pour les nouveaux pilotes ; la poursuite de records mondiaux ; le sponsoring ; être étudiant et construire des bases ; les origines de la Cloudbase Foundation, les dangers de passer trop vite à une aile de haute performance ; ce qu'il faut pour gagner ; la vitesse de vol ; maintenir la passion et encore UNE TONNE de choses. C'était l'une des discussions les plus agréables et informatives que nous ayons eues sur le Mayhem, s'il vous plaît ne manquez pas celle-ci !


Notes de l'émission :

  • Dustin discute quelques vols effrayants mais super mémorables en volant dans des fronts de rafales et des tornades
  • Comment augmenter la performance/ réduire la traînée
  • Les origines de la Cloudbase Foundation
  • le vol RC et le passage au vol en deltaplane, parapente et planeur
  • Une brève histoire du hang gliding et certains aspects techniques de la pratique
  • Trouver la magie
  • Comp flying, sponsorship, passion
  • Le record du monde au Texas ( consultez cet article GÉNIAL dans le NY Times ) et la poursuite des records du monde et l'incroyable fin de journée à le chercher avec Jonny
  • Prendre du recul pour la sécurité et la perspective et revenir de certaines compétitions décourageantes
  • Passage des planeurs Moyes aux Wills Wing Team
  • Qu'est-ce qui est arrivé au vol libre en delta plané au cours de la dernière décennie et à la perte de la communauté
  • Ce que les pilotes de PG peuvent apprendre des cerfs-volants delta
  • Trouver de bonnes lignes, éviter les sinks, travailler les light lifts, utiliser les cloud streets, les techniques de flatland, etc.
  • Vitesse de vol, macready, bar… à quelle vitesse devrions-nous voler ? L'importance de rester avec le groupe de tête et les dangers de vouloir surpasser les gars trop tôt dans une course
  • Vérifier l'ego
  • Surmonter les périodes de creux dans la passion pour le vol et l'importance de voler les bons jours — et de sauter les mauvais
  • Qu'est-ce que vous changeriez si vous le pouviez ?

Mentionné dans cet épisode : Onnit , Play Hard Give Back , Joe Rogan , Tim Ferriss , Jeff Shapiro , Larry Tudor, Daniel Velez, Kevin Carter, Moyes Gliders, Wills Wing , Tom Wisenburger, Kraig Coomber, Rafael Saladini, Donizete Lemos, Marcelo Prieto, Frank Brown, Jeff O’Brien, Cloudbase Foundation , Ricker Goldsborough, Davis Straub, Raul Guerra, Joao Manuel Brum, Steven Pearson, Xandi Meschuh, Matt Beechinor, Jonny Durand, Hans Heydrich, Bob Thompson, Jeff Reynolds, Brad Lindsey, William Holmes, Kurt Warren, Joel Ribecki, Zac Majors, Tyler Bradford, Manfred Bohner, Brett Hazlett, Kevin Brooker, Perlan Project, Will Gadd


Liens :


Source : https://www.cloudbasemayhem.com/episode-54-dustin-martin-and-finding-the-magic/

[transcript]

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0:20Gavin McClurg

Salut tout le monde. Bienvenue pour un nouvel épisode de Cloudbase Mayhem. Désolé d'avoir sauté la semaine dernière. J'étais au Brésil pour tenter de battre le record du monde. On n'a pas eu la météo idéale, donc on ne l'a pas eu, mais on a fait de superbes vols, et c'est un plaisir d'être de retour pour vous proposer ces émissions. Je viens de raccrocher avec Dustin Martin, que beaucoup d'entre vous connaissent. Pilote de aile légendaire qui pratique aussi d'autres disciplines, mais il a établi le record du monde, qui tient toujours, en 2012. Il a battu Johnny Durand de quelques milliers. Il a atteint 761, je crois, au Texas. Il a pratiquement traversé l'État du Texas, ce qui n'est pas une mince affaire et qui est vraiment, vraiment cool. Et dans cet épisode, on va aborder plein de sujets super intéressants. Trouver de bonnes lignes, travailler avec des ascendances légères.

1:06Gavin McClurg

Poursuivre des records, piloter des avions RC et ce que cela apporte aux compétences en parapente et en deltaplane, mais essayez de synthétiser ce qui fait de lui un si grand pilote de deltaplane et comment il utilise ces compétences dans le monde du parapente. C'est super pertinent pour tous ceux qui pilotent quoi que ce soit, mais ouais, je pense que ça va vraiment vous plaire. Avant d'entrer dans le vif du sujet, je voulais juste mentionner quelques petites choses logistiques. D'abord, je voulais dire quelques mots pour deux de mes sponsors personnels. Ce ne sont pas... Ce ne sont pas des sponsors du podcast, et c'est toujours, comme toujours, une émission soutenue par les auditeurs. Ils ne sont pas du tout impliqués dans cette émission, mais je voulais juste faire un petit clin d'œil à ces gars-là parce qu'ils font des trucs cool. Le premier est une entreprise ici, une petite boîte appelée PlayHard Give Back and Catch Them, dirigée par un père et son fils.

1:54Gavin McClurg

Les Brendles, Jeff et Spencer, ils font un mélange de fruits secs incroyable, c'est vraiment du superbon, et ils font aussi des barres énergétiques géniales, c'est vraiment top. Je ne vais nulle part sans ces produits, donc ça, c'est déjà cool en soi, mais ils se sont aussi associés à une entreprise qui, pour chaque sachet de mélange de fruits vendu, fait don d'un repas complet à une personne dans le besoin. Pour l'instant, c'est seulement aux États-Unis, mais c'est un programme vraiment sympa et une super façon de rendre service. C'est tout le concept de l'entreprise, PlayHard Give Back. Ils font plein d'autres actions sociales et soutiennent diverses causes, et c'est vraiment génial de voir ça. Comme la plupart d'entre vous le savent, je suis très impliqué avec Patagonia. J'adore m'investir avec des entreprises. Patagonia est l'une des plus grandes entreprises qui redonnent et qui font les choses bien avec l'argent qu'elles génèrent, et c'est l'une d'entre elles.

2:40Gavin McClurg

Alors, allez voir, surtout si vous êtes aux États-Unis. Vous pouvez commander en ligne sur playhardgiveback.com. Ils font des trucs vraiment cools. C'est l'un de ces achats dont on peut être fier. L'autre, c'est Onnit. Beaucoup d'entre vous qui suivez X-House ont probablement vu le gros logo sur mon aile, Onnit. C'est la boîte de Joe Rogan. Vous connaissez sûrement via la comédie, l'UFC et plein d'autres trucs, mais Onnit fabrique, entre autres, des kettlebells. Et des cordes et tout le reste pour se torturer à la salle. Mais ils font aussi de très bons compléments alimentaires. Et mon entraîneur, Ben Abruzzo, m'a mis sur ce truc il y a environ 18 mois qui s'appelle Total Primate Care. Ils ont plein d'autres trucs, ils ont de super produits, de super compléments. Mais ce Total Primate Care est quelque chose qu'il a commencé à prendre il y a un moment et il a remarqué qu'il ne tombait jamais malade après l'avoir pris.

3:28Gavin McClurg

Et il m'a mis dessus parce qu'après toutes ces années sur le bateau, mon système immunitaire est un peu à bout. Et j'ai tendance à attraper des rhumes et tout ça, surtout en hiver à cette période de l'année, et il m'a mis dessus parce qu'on ne pouvait pas vraiment se permettre que je tombe malade pendant l'entraînement pour les xops. Je ne pouvais pas me permettre aucun arrêt, et c'est juste incroyable. Alors, allez voir aussi, ça vaut le coup de jeter un œil. C'est sur onnit.com. J'en ai entendu parler pour la première fois sur le show de Tim Ferris. Ils font des trucs vraiment cool, très progressifs, une super boîte qui fait des trucs géniaux, et ça vaut le coup d'aller voir. Alors, allez voir les deux shows, la playlist Spotify. Ils en ont parlé lors du dernier show, mais on garde une trace de toute notre musique. On a reçu beaucoup de demandes ces derniers mois du genre : « Hé, c'était quoi la musique sur ce show ? » Eh bien, elles sont toutes sur notre playlist, que vous pouvez trouver sur Spotify sous Cloudbase Mayhem.

4:19Gavin McClurg

Vous trouverez aussi ces liens sur notre page Facebook, Cloudbase Mayhem, ou sur le site cloudbasemayhem.com. Et on continue avec ce concours ; je vais le prolonger d'un mois supplémentaire. J'ai la batterie Power Traveler, un tout nouveau Xops 2015, jamais utilisé, dans le lot, mais c'est une batterie vraiment cool. Je crois qu'elle fait genre 8 000 milliampères, je me trompe peut-être, mais c'est proche de ça. Pour faire du bivouac en vol ou juste voler toute la journée, vous voulez que votre téléphone reste allumé. C'est un super petit truc. J'ai aussi un Fly Master, un ancien modèle, mais qui fonctionne toujours super bien, le B1. Et j'ai le chargeur solaire Noco de 5 watts. D'après mon expérience, ça ne suffit pas tout à fait pour tenir pendant un voyage en bivouac, mais c'est clairement assez pour garder votre téléphone allumé. Ou, vous savez, pour des sorties en bivouac plus courtes, aucun problème. C'est assez léger, une petite unité sympa, un peu comme les unités Goal Zero.

5:07Gavin McClurg

Alors, ce qu'on va faire pour ces cadeaux, c'est juste pour ceux d'entre vous qui partagent ça. Le but de cette émission, c'est de diffuser des connaissances et d'essayer de rendre notre communauté plus sûre, donc si vous le postez sur Facebook ou Instagram... ou peu importe comment vous partagez vos trucs, assurez-vous juste que je sois au courant. Et si vous dites un truc astucieux ou cool, ou genre : « Hé mec, faut que tu écoutes ça », mais d'une façon drôle et sympa, je le repérerai et vous aurez une chance de gagner l'un de ces super trucs, donc j'apprécie ça. Et enfin, l'aide sur les réseaux sociaux — je l'ai mentionné dans l'une des émissions précédentes, on pourrait avoir besoin d'un coup de main sur les réseaux pour diffuser ça plus largement. Faire connaître l'émission à plus d'endroits. J'ai maintenant quelques personnes sur cette manche au Royaume-Uni et en Europe. On cherche encore quelqu'un en Amérique du Nord. Je pense qu'on est bien couverts en Australie, Nouvelle-Zélande et en Asie, mais j'aurais besoin d'aide juste pour, vous savez, les forums Facebook, ou les groupes et clubs, ce genre de choses.

6:03Gavin McClurg

Il y en aura beaucoup aux États-Unis et au Canada, et pas autant en Europe, mais il y en a beaucoup là-bas aussi, et ça serait super utile. Donc, si vous ne pouvez pas soutenir l'émission financièrement, comme toujours, tout ce qu'on demande, c'est un dollar par émission. C'est un excellent moyen de le faire, et je l'apprécierais vraiment. Contactez-moi simplement par e-mail ; vous trouverez l'adresse sur cloudbasemayhem.com. Alors oui, passons à ça. Une discussion vraiment cool avec l'actuel détenteur du record du monde, 761 km/h, Dustin Martin, un très bon ami, et je vous verrai au prochain épisode. Salut. Je suis ami avec un gars avec qui je viens de voler au Brésil, Jeff Shapiro, et j'ai parlé à Jeff avant de savoir que j'allais discuter avec Dustin de plusieurs sujets que nous abordons dans cette discussion. Il y a beaucoup de choses à tirer ici, en tant que pilotes de PG, de ces ailes de deltaplane qui pratiquent depuis longtemps.

6:50Gavin McClurg

Dustin est pas mal plus jeune que moi ; ce n'est pas le genre de vieux pilote, mais il pratique depuis longtemps. Il s'y donne à fond et il est super passionné. On sent dans cette discussion qu'il a énormément de passion et d'amour pour ce sport, et il y a beaucoup à apprendre ici, beaucoup de plaisir à prendre. Alors profite bien, Dustin.

7:21Gavin McClurg

Mec, je suis trop content de t'avoir sur le plateau. J'apprécie vraiment. Je sais que tu écoutes ces podcasts, et on a eu énormément de demandes pour t'avoir ici parce que, euh, tu es un Jedi de la deltaplane, et on ne parle pas assez assez aux pilotes de deltaplane. Alors, ouais, je suis vraiment ravi. Déjà,

7:36Dustin Martin

D'abord, je suis super honoré d'être sur votre émission. Je suis un auditeur de longue date, depuis le début, et je suis toujours devant ma machine à coudre et chaque fois que je suis sur l'émission, je me dis : « Oh mon Dieu, je suis tellement content d'être sur votre émission. » Elles sortent, et je m'y mets presque tout de suite. Alors, merci pour ça. Donc...

7:49Gavin McClurg

Dustin, avant de commencer l'enregistrement, on parlait du fait qu'on allait aborder ton vol record parce qu'on est obligés de le faire. On parlait de certaines des trucs cools que tu as faits, et j'ai mentionné Larry Tudor en demandant s'il y avait eu des vols que tu as faits qui ressemblaient au sien, quand il a volé depuis Dobbs au Nouveau-Mexique et que son équipe au sol lui a dit : « Mec, fais demi-tour, tu es dans une tornade », et qu'il a répondu : « Oh mec, j'en ai déjà vu passer cinq ». Du coup, je vais partir du principe que, comme courir après les records est génial et super amusant, et qu'on va en parler, on va parler de ton vol au Texas, mais je vais prendre le risque de supposer que ce n'était probablement pas le meilleur vol que tu aies jamais fait. Est-ce que c'est exact ?

8:33Dustin Martin

C'est exact. Ce n'était pas mon vol préféré de toute ma vie, donc

8:37Gavin McClurg

Dites-moi, on va commencer fort avant de... on va parler de votre parcours et tout le monde va vouloir, vous savez, que vous racontiez votre vol préféré ou l'un d'eux, d'accord ?

8:48Dustin Martin

Bon, je vais vous en donner un. Enfin, mon vol préféré n'est probablement pas quelque chose d'aussi divertissant. C'était quelque chose qui avait juste plus de sens pour moi à l'époque. Mais, vous savez, je pensais après qu'on a parlé de Larry Tudor volant près de cette tornade, je me disais, eh bien, vous savez, j'ai volé près d'une tornade, je ne me rappelle plus quelle année c'était. Je crois que c'était en 98 ou entre 98 et 2000 à Salt Lake City, et je planais du côté sud du point, et il est devenu vraiment sombre au nord de moi. C'était vraiment comme un rideau noir entre moi et South Salt Lake, et je me suis dit, eh bien, c'est plutôt intéressant. Et le vent s'est levé, et vous savez, il est devenu un peu texturé. En fait, c'était vraiment bien, et je suis resté en l'air un moment, et puis c'est devenu plutôt inquiétant.

9:33Dustin Martin

Je veux dire, c'était un peu plus inquiétant que d'habitude, et à ce moment-là, je n'avais volé que depuis deux ou trois ans. Alors j'ai volé pendant un moment, puis j'ai atterri, et quelqu'un est venu me voir plus tard en disant : « Mec, tu volais quoi ? C'était dingue. » Une tornade venait de complètement, genre, raser la moitié de Salt Lake City, vraiment. Alors, ouais, ce soir-là aux infos, j'étais, euh, tu sais, j'écoutais — je regardais des enregistrements de gens dans des immeubles de bureaux, tu sais, au moment où les fenêtres volaient en éclats et qu'ils criaient, et je me suis dit : « Mec, c'était juste là. Putain de bordel. » Alors je...

10:10Gavin McClurg

J'adore quand tu dis : « Oh, c'est un peu inquiétant ». Ouais,

10:13Dustin Martin

Je veux dire, il y en avait une, oui, c'était à Salt Lake City, donc il n'y avait pas de gros mots, mais il y avait énormément de « oh mon Dieu » sur la chaîne d'info ce soir-là. Et alors, j'y repense, je veux dire, on en a parlé et, euh, je me disais, eh bien, est-ce que c'était la seule tornade ? Et puis j'ai réalisé que, en fait, ce n'était pas la seule tornade. Il y a eu un moment, euh, je ne me rappelle plus quand, quelques années plus tard, quand j'étais, j'étais en train de voler dans un aérodrome de planeurs à North Phoenix et c'est redevenu vraiment menaçant et j'ai continué à voler pendant un moment. Je me disais, eh bien, je vais continuer à voler, j'ai déjà fait ça. Alors, en volant, il est devenu assez venteux, en fait, c'est redevenu assez sympa. C'est un peu ce qui arrive. Et puis, euh, c'était évidemment le moment d'atterrir, alors j'ai atterri juste à temps pour une énorme, juste comme, vous savez,

10:58Dustin Martin

un front de rafales monumental est passé juste après mon atterrissage et, euh, il s'avère qu'un gars en planeur est mort ce jour-là. Un ancien pilote de planeur est mort ce jour-là, juste au moment où j'ai atterri, peut-être, ou alors ce n'était pas lié à ce front de rafales. Mais ensuite, même chose, genre quelques heures plus tard, ouais, une tornade venait de passer par North Phoenix, en Arizona, et c'était, vous savez, à 15 miles au sud ou je ne sais quoi. Alors je me demandais, vous savez, est-ce que c'était la seule tornade ? Et il s'avère que ce n'était pas la seule tornade parce que j'ai eu un vol bien plus intéressant, euh, ouais. Donc, il y a ces deux-là, euh, puis je pensais, j'étais en Géorgie à cette compétition qu'on avait là-haut et, euh, Americus, peut-être. Enfin, ouais, je pense que c'était Americus.

11:44Dustin Martin

On avait une super compétition là-haut, mais l'une des journées était assez limite et on savait que ça allait être limite. Le ciel était totalement bleu, puis les nuages ont commencé à apparaître et c'était juste magnifique, mais on savait en regardant le radar et les images en direct que ça allait devenir dingue bientôt, plus tôt ou plus tard, au nord de nous, entre Atlanta et nous, et la météo poussait vers le sud. Et ils étaient en mode : « Bon, on va essayer de se libérer la journée. » Vous connaissez sûrement le truc pour essayer de se libérer la journée pendant une compétition, alors ils étaient genre : « Ouais, on va essayer de caler ça. Ça va devenir dingue, vous voyez ? On sait qu'on n'aura pas toute la journée pour faire ça, et on sait que quand ça va tourner mal, ça va être vraiment grave. » Du coup, ils ont dit : « OK, on est partants. » Alors on a tous décollé.

12:31Dustin Martin

et, euh, vous savez, tout le monde a essayé de prendre le premier départ possible. C'était une comp d'aérosol, donc il y avait quelques départs, et on a tous commencé à se diriger vers le sud en étant poussés par le vent, et c'était léger, vraiment sec et, euh, vraiment lisse et agréable. C'était en Géorgie, donc on était au-dessus de, vous savez, on était au-dessus de ces champs, et ça a commencé à s'assombrir. Au moment où on avait pris le départ, c'était plutôt bien au début, vous savez, quatre ou cinq cents de haut, des nuages autour, et puis ça s'est juste assombri, et on a été couverts par, vous savez, un enclume venant, venant pratiquement d'Atlanta. Je veux dire, genre un de ces, vous savez, pas votre enclume à trente mille pieds, c'était genre une enclume à soixante mille pieds. Ça s'étendait juste sur l'État, donc ça nous a couverts. Mais il y avait encore de la portance et des nuages et des cumulus qui se formaient dessous. Il y avait, vous savez, de l'énergie dans l'air, même si c'était complètement à l'ombre, et j'ai appris que ça veut dire que ce n'est pas bon.

13:25Gavin McClurg

vraiment flippant

13:26Dustin Martin

J'ai appris que si c'est sombre et que vous devriez planer vers le sol sans aucun bip, alors vous devriez probablement être au sol. Si vous êtes, si vous êtes encore en portance, alors c'était vraiment bien, vous voyez ? Ça a été saccadé pendant un moment, et puis soudainement, on est à deux ou trois, et d'un coup à quatre ou cinq cents de haut, et c'est juste parfait. Mais c'est un peu, c'est un peu, vous voyez, brumeux, un peu humide. Il fait humide, donc on ne voit pas très loin, mais on voit que c'est genre noir, violet, vert et tout le reste derrière, vous voyez, ça arrive par le nord, mais je n'arrive pas vraiment à le dire. Et je suis, et ils ont de petits feux qui brûlent partout, vous voyez, quelques personnes ont des feux dans leurs champs et leurs jardins, et la fumée est un peu étalée, mais elle est étalée parce que, vous voyez, il n'y a pas vraiment d'énergie là-dessous. C'est ombragé, et, et on dirait que ça souffle à 10 miles à l'heure, et c'était le cas, donc on dérive, on dérive, on dérive, et puis ça devient un peu mieux.

14:17Dustin Martin

Je dirais qu'on était à genre quatre ou cinq cents pieds d'altitude, et on est passé de quelques petits groupes isolés à peut-être un groupe de cinq, six ou sept, et peut-être une demi-douzaine d'autres un peu plus bas. On est passés au-dessus de cette ville, on était probablement à 20 miles du départ, et enfin, une bonne thermique, et on est en train de — on va vraiment atteindre la base. Ça a l'air bon. Alors je suis là, je grimpe de quatre ou cinq cents pieds par minute, et je me rappelle la sensation d'un vol que j'ai fait, je ne sais pas, genre en 2000, ici. J'ai volé de Phoenix jusqu'à la frontière mexicaine, et je volais vers une ligne d'orages, parce qu'ils étaient juste sur la frontière. C'était la saison des moussons, et j'allais juste m'approcher autant que possible. Je ne savais pas grand-chose à l'époque sur la distance que pouvaient parcourir les fronts de rafales à partir des orages, et sur ce que ça donnerait, ou à quoi ça ressemblerait.

15:10Dustin Martin

Mais à ce moment-là, une partie de moi se disait : « Oh mon Dieu, je vais avoir beaucoup de chance ». Et lors de mon vol en Arizona, j'ai, vous voyez, plané dans un air incroyablement lisse à l'ombre d'une enclume, une histoire similaire. Et puis, j'ai été frappé par cet air vraiment froid, humide et avec une odeur vraiment douce. Et je me suis dit : « Oh, je connais cette odeur, c'est ce que je sens quand un front de rafales me frappe habituellement au sol », mais là, j'avais été frappé en altitude et j'ai compris que, enfin, il m'a fallu une seconde, mais j'ai réalisé que ça arrive un peu en forme de coin. Donc, en général, ils ont un peu comme le bec d'un train à l'avant, ils touchent le sol un peu plus tôt qu'en altitude. J'ai donc déjà réalisé à ce moment-là que c'était déjà sous moi et que je ne l'avais juste pas remarqué.

15:58Dustin Martin

Et le fait que ça m'ait frappé à ce moment-là signifiait que j'étais complètement foutu. Mais à l'époque, je ne le savais pas. Alors, sur ce vol en Arizona, j'ai fait une spirale vers le bas et j'ai atterri dedans, et c'était stupide. Je me suis retrouvé dans un lit de rivière qui n'était pas tout à fait aligné avec le vent. Un lit de rivière vraiment profond. Et j'ai, vous savez, lâché l'aile juste au moment où, vous savez, je n'allais pas faire de flare. Je volais à environ 30 ou 35 miles par heure. J'ai touché le sol, j'ai lâché l'aile et j'ai tourné autour d'une énorme aile. C'était un peu hors de contrôle, mais rien, rien ne s'est passé. Tout allait bien. Mais j'en ai tiré une leçon. Alors me voici en Géorgie et je reçois cette sensation vraiment humide, agréable et fraîche en pleine figure. Et je me suis dit : « Oh mince. » Parce que j'étais déjà, je savais déjà que je dansais sur le fil ici. Je me suis dit : « Eh bien, vous savez, je pourrais, je dois juste m'éloigner de ce truc. »

16:47Dustin Martin

Et on était repoussés assez vite. Et je me suis dit : il faut que je m'en éloigne. Et j'ai ressenti ça, je me suis dit : Oh mon Dieu. J'ai regardé en bas et j'ai réalisé qu'il m'avait encore surpris. C'est juste que, vous savez, il n'y a pas de terre. On est en Géorgie. On ne peut pas le voir avant qu'il ne soit presque là. Et j'aurais dû... c'est une compétition. Donc je me suis dit, c'est ce qui allait arriver. Soit ça arrivait, soit ça n'arrivait pas. Et ça est arrivé et j'ai été pris au dépourvu. Alors à ce moment-là, j'ai regardé en bas et bien sûr, le bord d'attaque était déjà à des kilomètres derrière moi et sous moi. Et je me suis dit : Oh mon Dieu. Mais cette fois, c'était du sérieux. Je dirais plus de 40 miles à l'heure au sol, vraiment, un flux laminaire bien lisse, mais vous savez, il y avait de grands arbres et des bâtiments de cette ville. Et je me suis dit : Oh mon Dieu. Vous savez, j'étais vraiment dans le pétrin.

17:33Gavin McClurg

Et il y en a un paquet d'entre vous dans les airs.

17:35Dustin Martin

Je dirais qu'il y en a probablement 15 que je pourrais voir autour de moi dans un rayon d'un ou deux kilomètres. J'étais, j'étais correctement identifié à ce stade. Alors, euh, je pourrais, vous savez, la première réaction, elle est presque incontrôlable, c'est de se redresser par rapport à la thermique et de se replier et de juste vouloir y aller. Mais, et je l'ai fait, il ne m'a fallu qu'une demi-seconde pour me dire : j'ai besoin de rester dans cette thermique parce que ça, ça ne va pas m'aider à, à descendre. Je veux dire, ça ne va juste pas aider, surtout au début, quand le front de rafales frappe, c'est toujours le pire quand on est au sol. Je veux dire, ça finit toujours par se dissiper à un moment donné. Alors je me suis dit,

18:13Gavin McClurg

ah, je

18:14Dustin Martin

il faut, il faut juste que je trouve la base, ce qui est vraiment difficile quand on regarde au sol. Et ce n'était pas comme une chose normale, vous voyez, je n'ai pas juste vu des arbres bouger et de la fumée s'étaler à plat. J'ai vu qu'il y avait une ferme circulaire qui n'était que de la terre juste sous le vent de cette ville, une taille énorme, genre Géorgie. Je parie que c'était probablement un cercle d'environ un quart de mille de diamètre, un énorme cercle de terre. Et c'était recouvert d'une fine couche, probablement de 10 pieds de profondeur, de poussière soulevée par le vent. On ne voyait plus le champ. On voyait juste ce qui ressemblait à un bouillonnement. Ça aurait pu faire mille pieds ou 10 pieds d'épaisseur, mais je pouvais voir par les arbres autour que c'était 10 pieds. Ça bouillonnait juste au-dessus de ce champ.

18:59Dustin Martin

Je me dis : Oh mon Dieu, ça ne va pas du tout. Alors je me suis dit : Jésus, et j'ai commencé à prendre une thermique et j'ai fini par, vous savez, obtenir la base. Et pendant ce temps, entre le moment où j'ai décidé de monter et celui où j'ai atteint la baie, j'ai vu quelques gars, peut-être cinq ou six, spiraler dans ça et atterrir dans ce champ. Et on pouvait, vous savez, juste en regardant une aile voir qu'elle allait vite, mais aussi la façon dont elle se déplaçait. Et ces gars-là étaient aspirés, ils mettaient les gaz et étaient complètement stationnaires au-dessus du champ. Et puis, juste au moment où ils arrivaient à environ 4 mètres du sol, ils disparaissaient tout simplement. Je me suis dit : Oh Jésus, c'est grave. Et vous savez, tous ces gars se sont retrouvés... je veux dire, ça aurait été un atterrissage arrière à très haute vitesse en parapente.

19:47Dustin Martin

C'était assez dingue, mais ils avaient du bon terrain. Du coup, j'avais peur parce qu'on savait d'après les rapports ce matin-là que ce n'était pas juste un orage. C'était une ligne de folie avec des tornades. Et on était dans la Tornado Alley, on savait ce qui arrivait. Alors je me suis dit qu'il fallait que je me tire de là. Et j'ai sauté. Et à ce stade, en gros, juste

20:08Gavin McClurg

Est-ce que quelqu'un d'autre a fait comme toi ? Tu étais seul ? Est-ce que d'autres sont montés ? Je vais l'abandonner.

20:15Dustin Martin

Je ne m'en souviens pas à cent pour cent, mais je suis presque sûr que quelques pilotes sont allés plus loin que moi ce jour-là, deux ou trois. Et je sais, enfin, peut-être seulement un ou deux. Je ne me rappelle plus exactement de quelqu'un d'autre qui a fait la même chose. Je ne peux pas, ils ont peut-être tous tenté d'atterrir, mais je veux dire, j'étais à 5 ou 6 000 pieds au-dessus du sol et je pouvais voir, vous savez, des arbres de 60 pieds de haut bouger, trembler violemment à un mille au-dessus d'eux. C'était, c'était clair. Je n'avais pas, je n'avais pas besoin de me concentrer dessus. Je pouvais juste les voir. Et je me suis dit : « Oh, Jésus-Christ ». Alors, vous savez, je suis passé devant ce champ, j'ai traversé quelques rivières et, vous savez, à ce stade, quand on regarde un vent de 40 miles à l'heure, ce qui était soudainement une plaine ne semble plus si plate.

21:01Dustin Martin

On remarque chaque ligne d'arbres et chaque petit bâtiment et on se dit : « Oh là là ». Alors j'ai continué et continué. Et en gros, même si la course était clairement annulée et terminée dans mon esprit, je me disais encore : « Je dois aller aussi efficacement et rapidement que possible, aussi vite que je peux pour aller aussi loin que je peux jusqu'à ce que je ne puisse plus avancer. » Et peut-être que je pourrais la dépasser. J'étais presque sûr de pouvoir dépasser le truc, parce que je me disais : « Je vais pouvoir atteindre une vitesse de 25, 30 miles par heure plus le vent arrière quand je serai dedans. » Donc je me disais : « Bien sûr, je peux la dépasser. » Et j'ai passé les prochaines, probablement près d'une heure et demie, deux heures à aller aussi vite que possible. Sans rester bloqué, en faisant des 500, 600, 700 mètres, en trouvant de super bonnes trajectoires, en restant à la base, en courant dans les rues tout le temps, sans réussir à dépasser ce truc.

21:56Dustin Martin

Et je suis tombé sur du soleil, ce qui m'a donné une sorte de sentiment de sécurité, mais ça ne voulait rien dire. Alors je suis rentré et, vous savez, je suis resté à pleine vitesse jusqu'à environ 60 mètres au-dessus du sol. C'était bien 65 km/h. Et j'étais foutu de peur. Parce que pour nous, il ne s'agit pas vraiment d'atterrir à l'envers. C'est une question de contrôle marginal, de contrôle latéral marginal, et de ne pas se faire faire pivoter. Et avec un vent pareil, on ne peut absolument pas se permettre d'être dévié. Donc en arrivant, on est probablement à 65. Et puis soudainement à, je ne sais pas, 60 mètres ou quelque chose comme ça, j'étais sur une sorte de pente ou un truc du genre. Et ça a chuté d'un coup pour atteindre peut-être 30 km/h au sol.

22:43Dustin Martin

Et j'ai eu, enfin, un atterrissage turbulent et venteux, qui ressemblait à un atterrissage venteux en plein milieu de journée. Et j'ai réussi. Et c'était tout. Donc, en gros, j'ai dépassé le plus gros du truc. J'ai pris des secousses, enfin, il y avait assez de vent pour que je doive faire attention au sol, pour manipuler l'engin afin de ne pas me retourner, mais ça n'a jamais empiré. Jamais, je me suis éloigné suffisamment pour que cette tempête ne soit jamais... je n'étais pas en danger d'être tué par la tempête. Mais plus tard, comme pour tous les autres vols, les rapports parlaient de tornades massives qui ont traversé au sud d'Atlanta et, enfin, peu importe, la région nord des Amériques et, enfin, qui ont rasé ceci et cela. Et je me dis, oh mon Dieu, à quel point je peux être idiot ? C'est comme si c'était la quatrième fois.

23:31Dustin Martin

Alors ça, je veux dire, si on regarde ça sous l'angle des turbulences ou si on ne voyait pas l'atmosphère autour de nous, ce serait avoir été un super vol. Il n'y avait rien d'anormal niveau turbulences, ou enfin à part le vent au sol. Ouais,

23:48Gavin McClurg

Ouais, ouais. Si tu n'avais pas su à quel point c'était intense, ça aurait été génial. Ouais, ça aurait été incroyable. C'était...

23:51Dustin Martin

génial. C'est pour ça que c'était mémorable. Vous voyez, c'était un super vol, mais genre, d'accord, quatre tornades. Ah, l'autre tornade. C'est vrai. C'était un vol vraiment cool, mais c'est la seule autre tornade dont je me souviens. Et quand on en a parlé pour la première fois, je me rappelle qu'il y en avait deux et je me suis dit : « Oh oui, deux, c'est débile. Je n'arrive pas à croire que j'ai été en l'air avec deux tornades. » Et puis j'ai vite réalisé : « Oh, il y en a une autre. » Il s'avère que c'était la quatrième. Ça veut dire qu'il y en a probablement d'autres, mais je ne m'en rappelle plus. Mais cette quatrième-là, c'était chez Quest quand je faisais des vols en tandem, et c'était juste un gars qui est venu... il est venu un jour assez ridicule. On s'est dit : « Bon, on n'a même pas besoin d'annuler, il ne viendra pas. » Il est venu et, euh, on a fait le vol.

24:36Dustin Martin

C'était un peu une croisière de squelettes. On s'est dit : « Ouais, on va le faire, on s'en fout, on trouvera bien quelque chose. » Alors on l'a emmené en l'air et ça se rapprochait de nous de façon très sérieuse. Et on s'est dit : « Oh, on va peut-être devoir faire une spirale pour atterrir tout de suite. » Et on l'a fait. Et on s'en est sortis. On a eu nos 15, 20 minutes de vol. Et sur celui-là, il y avait des éclairs juste à côté de nous. Cette lumière aveuglante typique dans les yeux et une peur totale. Ça semble vraiment risqué, et avec du vent, en tandem, c'est pas tout à fait aussi grave, mais on s'en est sortis. Ouais, je me souviens de ce gars.

25:14Gavin McClurg

Tu as fait le Bill Murray ? Je ne pense pas que le gros truc va tomber avant un bon moment.

25:19Dustin Martin

Je lui ai dit : « Mec, on fait ça tout le temps. Tu sais, on n'est qu'à quelques minutes du sol à n'importe quel moment. On pourrait... » Et il n'arrêtait pas de demander : « T'es sûr ? T'es sûr ? » Mais on savait qu'il était partant. Il n'avait pas peur. Et je lui ai dit : « Ouais, j'en suis sûr. » Et en fait, on l'était un peu, mais on ne peut pas prédire... enfin, je suppose qu'on pouvait prédire qu'il y aurait de la foudre, mais on ne voulait pas y penser. Et c'est à cause de ça qu'on a atterri, en fait, la foudre. Ça commençait juste à devenir incontrôlable. Alors, ouais, c'était ma faute et peut-être celle du pilote de remorquage, mais elle et moi, on en a ri après. Parce qu'il nous a laissé beaucoup d'argent. Je ne me rappelle plus combien. On a peut-être eu un pourboire de 200 dollars pour ce vol. On est sortis juste pour ce vol-là. Ça ne reflète pas du tout Quest Air, au fait, j'ai juste fait le cowboy ou je ne sais quoi.

26:05Dustin Martin

C'était, c'était exceptionnel, mais, ouais, il nous a laissé beaucoup d'argent en pourboire. Je me rappelle qu'on est passés par le côté du hangar et ce n'était pas, genre, quelques centaines. C'était peut-être des billets de 5 et 10. Et c'était juste une pile. On était genre, Oh mon Dieu, on se foutait de la gueule l'un l'autre. Et ça nous a échappé. Genre, le liquide nous a échappé. Et ça volait partout. Genre, vous savez, même histoire, comme pour les autres vols où ça soufflait à 40. Et on est à côté de, à côté du rotor du hangar. Et là, c'est juste comme un entonnoir de Moyes qui tourbillonne et on se tape des fous en essayant de compter ça. Ça nous échappe. On est genre, mais qu'est-ce que... donc ouais, je suis un peu un aimant à tornades. Oh, mais tout le truc, c'est que la tornade de ce jour-là était passée par Leesburg. Donc, vous savez, à 15 miles au nord de nous, au moment précis où on était en l'air.

26:52Gavin McClurg

Mes auditeurs, je vous promets que au fur et à mesure que l'émission avance, nous vous donnerons des conseils.

26:58Dustin Martin

Ne faites pas ça. Vous savez, si vous ne l'avez pas appris à la cinquième fois, vous l'apprendrez à la cinquième fois. Peut-être.

27:05Dustin Martin

C'est génial.

27:07Gavin McClurg

Oh mon Dieu. D'accord. Alors avant, avant qu'on, avant qu'on commence à vous enregistrer, vous avez aussi mentionné qu'on pourrait continuer à parler des tornades, mais j'espère que ce sera...

27:18Dustin Martin

vers la fin. C'est la seule chose dont je me souviens.

27:19Gavin McClurg

Ouais.

27:21Gavin McClurg

Tu parlais de certains vols que tu as faits ou d'un vol en Équateur où tu disais qu'il serait difficile de... de ne pas utiliser de gros mots dans le récit. Est-ce qu'on peut, est-ce qu'on peut faire ça avant d'aborder ton passé ?

27:36Dustin Martin

Enfin, le thème de cette compétition, d'ailleurs, vient de se terminer et Raul, qui a organisé cette compétition à l'époque, a gagné. Et c'était il y a genre deux ou trois jours. Donc, ouais, c'est plutôt cool qu'il ait enfin gagné parce que le plein

27:53Gavin McClurg

le cercle, les gros poissons n'étaient pas

27:55Dustin Martin

là-bas. J'espère qu'il écoute. Bon, ouais, c'était de bons moments. Je veux dire, vers 2000, euh, peut-être cinq, six, sept, huit, quelque chose comme ça. C'était vraiment de bons moments. On a eu, euh, les Jeff qui sont venus là-bas. Daniel Vela vient de Columbia. Euh, j'y suis allé, je ne sais pas, sept ou huit années de suite, peut-être six ans, sept années de suite. Euh, Kevin Carter est venu la première fois que j'y suis allé. Et puis, vous savez, plus récemment, euh, Moyes a envoyé Tom Weisenberger là-bas. Euh, Craig Coomber y est allé aussi. Euh, donc c'est devenu une course super disputée. Euh, et tout repose sur, vous savez, cette course est vraiment cool pour moi personnellement, parce que tout repose sur rien d'autre que la performance de l'aile et la propreté de la sellette.

28:45Dustin Martin

C'est une course en crête, on n'y échappe pas. On ne peut pas s'entraîner plus pour aller plus vite. Tu as ce que tu as quand tu te présentes, ta préparation, c'est tout ce que tu as. Donc, après cette première année où Kevin m'a battu, je me suis dit : « Purée, il était juste plus performant que moi. » Et je me sentais impuissant parce que ce n'était pas comme si je devais mieux grimper ou choisir une meilleure trajectoire. Il n'y a qu'une seule trajectoire, tu sais, à 3 mètres de la falaise. C'est la ligne. Alors oui, chaque année, j'ajoutais des choses, petit à petit, juste plus d'équilibre. Combien d'équilibre peut-on possiblement avoir au décollage et à l'atterrissage en toute sécurité ? Et puis, les profils aérodynamiques, des petits couvre-profils en caoutchouc extrudé pour les câbles latéraux et des petits morceaux de fibre de carbone pour couvrir tout le matériel qui dépasse sur l'aile, et le flux d'air, et juste des casques de dingue qui ressemblent à...

29:35Dustin Martin

du matos de vélo de chrono avec des visières et, vous savez, toutes sortes de combinaisons texturées comme celles qu'ils utilisent pour la natation et tout ça. C'est pas juste du truc de fou. C'est intéressant de voir la différence de performance dans un environnement aussi contrôlé. Mais oui, c'était assez drôle. Jeff, vous savez, ils sont venus, Jeff Shapiro et Jeff O'Brien et Craig Coomber sont tous venus peut-être trois ou quatre ans après, dans cette série d'événements vraiment sympas. Ça avait gagné en notoriété et je me suis dit : les gars, vous devez venir ici. Et ils étaient genre : d'accord, enfin, ils étaient genre : d'accord, on va venir là-bas. Et, oui, ça s'est passé comme ça, on s'inquiétait vraiment pour Craig parce que Craig a toujours été connu pour être incroyable sur la crête.

30:20Dustin Martin

Genre, il est imbattable. Donc, je veux dire, on était tous nerveux. Tout le monde était nerveux. Et ces gars-là se préparaient sérieusement. Je veux dire, vous savez, quand il faut passer aux choses sérieuses, ils le font. Alors, ils se sont vraiment préparés, ils sont venus et ils étaient très sérieux. Et une autre chose intéressante à ce sujet, c'est que quand ils sont venus, c'était l'origine de la Cloud-based Foundation, ce voyage. Ouais. Ils sont venus et on a fait un tour, pourquoi Akil ? C'est là qu'on est basés et on a atterri là-bas parce que Raul y habite. Et on est allés dans des endroits assez...

30:58Dustin Martin

des zones assez rudes, vous savez, certains endroits nettement moins privilégiés, dans une certaine mesure. Et ils ont tous les deux vu ça. Il y avait aussi un autre gars, Ricker, qui était là-bas et, je ne sais pas si vous avez entendu parler de Ricker Goldsboro et de la façon dont il a aidé à lancer ça, mais oui, c'était en quelque sorte l'initiation de la Cloud-based Foundation, c'est pourquoi ça

31:18Gavin McClurg

c'est, ouais.

31:20Dustin Martin

C'est pour ça qu'il y avait un gros lien avec Kanoa et cette école là-bas. Donc ouais, on allait faire voler Akil pendant quelques jours et ensuite on allait à Kanoa pour commencer à pratiquer sur la plage et ouais, c'est assez drôle. C'est un spot assez unique pour voler. C'est vraiment fluide là-bas, mais le décollage a l'air super bien aussi. C'est juste parfait pour la photo. Sauf juste en dessous, il y a un petit creux, un petit trou, un petit... ouais, un petit endroit où tu ne peux pas croire qu'avec 10 milles par heure de vent, ça va faire quelque chose, mais c'est juste incroyable. La turbulence juste après, tu sais, sur ta dernière étape. Je me souviens avoir dit à Jeff O'Brien, qui était à Salt Lake City à l'époque, à voler le point tous les jours avec beaucoup de vent, je lui ai dit : « Fais gaffe à ce petit spot ».

32:08Dustin Martin

Et il disait grosso modo : « Je gère, mec. Ouais, peu importe. Je gère, mec. »

32:14Dustin Martin

Et, ouais, il y a une photo de lui en train de traîner presque l'aile tout en serrant un tube vers le bas sur le côté. On en a parlé plus tard et il était genre, mec, c'était, c'était pratiquement comme tu l'as dit, c'était dingue.

32:28Dustin Martin

Et, euh, ouais, j'ai entendu

32:30Gavin McClurg

ça. J'ai entendu dire que cet endroit était délicat. Tout le monde en parlait avant la Coupe du monde cette fois, en disant que c'est un décollage risqué.

32:37Dustin Martin

Ouais. C'est un peu risqué même pour, même pour, ouais, pour un parapente, c'est dur de décoller là aussi, parce que tu, tu tiresBasically en haut et je veux dire, il y a n'importe quel endroit où il y a une pente raide, tu tires en haut et il n'y a pas beaucoup d'énergie. Donc il faut mettre pas mal d'énergie pour mettre l'aile au-dessus de ta tête et pile dans la bande de puissance. Je veux dire, pile dans la bande de puissance, c'est, c'est juste, c'est presque dur de faire monter le truc avec assez d'énergie et ensuite d'empêcher le truc de... Ouais. Ou de survoler si fort que ça te aspire presque avant de te happer. C'est un peu, c'est un peu un endroit bizarre. Alors ouais, on a eu des, on a eu des bons moments et on était clairement,

33:15Dustin Martin

on avait tous les yeux sur Craig et on voulait tous le battre. C'était l'objectif. On était l'équipe Wills Wing, mais ça ne nous empêchait pas de nous serrer l'un contre l'autre contre la falaise avec genre un mètre entre nous et la paroi, tout en souriant. Je crois que c'était O'Brien contre Shapiro ou quelqu'un comme ça, qui volait pratiquement en dessous, tous les deux à un mètre de la falaise, mais en volant en dessous sans laisser aucune option à l'autre, tout en regardant par-dessus l'épaule avec un sourire. Genre, mec, c'est vraiment sérieux. C'est vraiment sérieux ici. Alors voilà,

33:54Gavin McClurg

mon majeur. Amuse-toi bien. Ouais. Enfin, tu ne l'as pas fait,

33:56Dustin Martin

il n'y a pas, c'est vraiment de l'air fluide, mais tu es si proche de la falaise pour prendre la meilleure ligne que, tu sais, tu joues avec un petit peu de gradient de vent contre la falaise parce que tu es tellement proche que tu es un peu dans la zone de vent à basse vitesse sur ton, sur ton, sur ton can, tu sais, sur ton aile de falaise. Alors quand quelqu'un, tu sais, passe sous toi et qu'ensuite peut-être ralentit, pousse devant toi pour regagner sa position et te réveiller, ce n'est pas, ce n'est pas aussi drôle que ça en a l'air, tu sais, c'est plutôt une situation vraiment tendue. Alors on a fait trois jours de ça. Et, euh, c'est vraiment super. On a tous eu comme c'est habituel là-bas pour toutes les sorties vertes.

34:43Dustin Martin

On a tous eu, en gros, une diarrhéeprojectile. Toute la semaine, et il y a eu des punaises de lit et toutes sortes de trucs dont on ne peut pas parler. Mais, euh,

34:56Dustin Martin

Tu devrais demander aux Jeffs pour ça. Tu devrais avoir Jeff O'Brien dessus. C'est, c'est assez dingue, ces histoires sont légendaires, mais, ouais, c'est l'un de mes endroits préférés pour voler. Je ne voudrais pas y voler tous les jours de ma vie de pilote, mais pour, tu sais, y aller une fois par an.

35:16Gavin McClurg

Ouais, je sais. Je

35:18Dustin Martin

je n'ai pas, euh, le courage pour ça, mais c'est, c'est un petit truc incroyable,

35:25Gavin McClurg

littéralement et au sens figuré. Ouais.

35:27Dustin Martin

C'est une course incroyable. Alors oui, la course se termine, tu fais tes... c'est une course d'environ 35 minutes ou quelque chose comme ça. On fait en moyenne, je pense qu'on fait environ 70 km/h sur un parcours de 35, 45, 40 km, quelque chose comme ça. Oui. C'est vraiment rapide. C'est vraiment bas. Et c'est souvent terrifiant, mais c'est très satisfaisant quand on finit. Et, tu sais, à ton point le plus bas, à ton point le plus haut pendant la course, tu es peut-être à cent mètres au-dessus de la crête. Et à ton point le plus bas, tu es à environ 15 mètres au-dessus de la plage, mais ce n'est pas une plage. C'est une autoroute avec une ligne électrique entre toi et la plage. Oui. C'est assez dingue.

36:14Dustin Martin

Des gens ont atterri sur l'autoroute ou dans les buissons au pied de la colline. Et ça s'est toujours bien passé, mais c'est très, c'est très tendu. Et ça a été filmé par Davis Straub. Il était, il a peut-être été là-bas, je pense qu'il y était cette année-là. Enfin, vous savez, il, il...

36:31Gavin McClurg

Je dois aussi lui en parler. Ouais.

36:33Dustin Martin

Je veux dire, il pourrait vous dire à quel point c'était tendu. Alors oui, tu fais la course, elle ne dure que 40 minutes et elle commence à 16h pour les conditions, mais aussi parce qu'on était juste, on était juste en état d'ébriété chronique. On était comme en gueuleuse, et pas, vous savez, une année sur deux on avait un sponsor de bière grâce à Roll. Et c'était super parce qu'on buvait vraiment de la bière, ce qui est plus indulgent, mais toutes les autres années, c'était que de la tequila. Et je veux dire, j'ai perdu des jours de ma vie là-bas. Si je regarde en arrière, si je repense aux gueules de bois, je sais qu'il y en a une en particulier, elle était là et je peux dire que j'ai perdu une journée de ma vie. Genre,

37:18Dustin Martin

c'était, c'était, ouais, je me rappelle que je me suis réveillé

37:21Gavin McClurg

et je déteste ce genre de, ce genre de douleur n'est pas amusant. Ça

37:25Dustin Martin

ça n'en valait pas la peine. Enfin bref, c'est mémorable. Tu finis la course, ça commence à quatre heures pour ces raisons. Et puis tu finis la course, genre à quatre heures trente ou cinq heures, et on est sur l'équateur. Donc il te reste encore environ 45 minutes. Et ensuite, tu remontes au nord vers ce qu'on appelle, ce que les gringos appellent les North Cliffs. Et tu planes au-dessus de la ville, tu t'éloignes un peu, tu planes au-dessus de la ville et ça te projette au-dessus de... Je ne sais pas si tu y es déjà allé en vol, mais tu planes au-dessus de cette ville et tu te connectes à cette autre minuscule petite crête en forme de pilier qui dépasse près de l'eau. Et tu sais, elle fait littéralement cent yards de long et cent yards de haut, tu gagnes un peu d'altitude et à partir de là, en allant vers le nord, tu n'as plus que des falaises de grès qui tombent droit dans les vagues.

38:17Dustin Martin

Et les vagues, vous savez, sont assez, assez décentes. Je ne sais pas, des vagues de un mètre ou un mètre vingt. Et ils se lancent, tout simplement. Ouais. Ce sont des falaises avec des surplombs, vous voyez. C'est vraiment assez austère. Alors, vous commencez à vous éloigner et au début, vous êtes assez bas. Vous êtes clairement hors de portée de survie. Genre, vous n'êtes plus, c'est fini. Alors, vous testez la portance et elle est bonne. OK. Elle est bonne. Et vous continuez, vous continuez, vous continuez pendant quelques milles. Vous tournez autour de ce cap, peut-être trois ou quatre milles, vous allez vers ce point et puis il y a une plage. Donc vous tournez autour de ce cap, qui dépasse loin dans l'océan, vous tournez et puis il y a une plage. C'est là qu'on allait généralement après le vol, parce que vous pouvez être, c'est un peu droit face au vent et c'est juste au-dessus de l'eau. Donc, ça va jusqu'à l'eau. C'est de l'air vraiment lisse. Vous pouvez faire de l'acrobatie et c'est vraiment fluide.

39:04Dustin Martin

On y allait. J'y allais souvent avec Shapiro après la course. Et on volait juste autour en faisant des boucles, et tu sais, tu es à six ou sept, huit milles de là où tu as décollé. Et il n'y a rien, il n'y a pas de sentiers qui descendent vers cette plage. Il n'y a aucun accès et la marée haute frappe la falaise. Du coup, à l'époque, tu voyais toujours une plage qui faisait environ deux fois la largeur d'une envergure d'ailes. Donc c'était atterrissable, pas de problème, mais tu ne pouvais pas sortir. Je crois qu'un pilote s'y était posé. Et ils nous ont raconté une histoire sur la façon dont il s'y était posé et qu'ils avaient dû le récupérer avec un bateau, et ça, ça devient sombre vite. Ils ne vous sortiront pas avant la nuit. Genre

39:41Gavin McClurg

ouais, c'est l'équateur.

39:42Dustin Martin

Ouais. Ils vont te manquer. Ils vont juste te manquer. Et plus tard, ils vont te rattraper. Alors il y a un petit peu de neige extrême sur la côte. C'est un peu trop humide. Donc, tu sais, et évidemment, on ne va pas pouvoir faire quoi que ce soit pour nous rendre sur cette plage. Et c'est juste, j'essaie de comprendre comment ça va se passer. Enfin, mais donc, le...

40:04Dustin Martin

le trajet en eau, ça va pas être facile. C'est encore assez loin pour y retourner. Et c'est juste, c'est comme le meilleur pont que vous ayez jamais vu. C'est comme Torrey Pines, mais Torrey Pines est deux fois plus haut et totalement vertical avec du sable lisse, genre le top. On ne pourrait pas mieux le concevoir. Et, ouais, on y va et on s'amuse. Et je me souviens d'un jour — dites-moi si je m'étends trop —

40:32Gavin McClurg

Non, pas du tout. J'avais le plus grand sourire de ma vie ce jour-là. Ça a l'air génial. Je

40:36Dustin Martin

Je veux juste souligner Canoa, parce que cet endroit, vous savez, vous avez demandé « Quelles sont les meilleures vagues ? » et elles se produisent souvent là-bas. On...

40:45Gavin McClurg

On y est allés quand on faisait notre tour du monde en voilier. Je ne me rappelle plus quelle année, peut-être 2010 ou 2011. On s'est retrouvés à Sao Miguel aux Açores, donc vous savez, à mille milles de la côte portugaise. Et il y a une communauté de pilotes très active là-bas. Ils organisent un grand rassemblement chaque mois d'août, et on a fait connaissance avec l'un des gars, Joao. C'est toujours un ami génial, et on allait sur cette plage. On y est allés tous les jours pendant 30 jours, et il n'arrêtait pas de dire : « Quand les conditions seront bonnes ici, c'est l'endroit idéal. Vous allez adorer. » Et vous savez, pendant 29 jours, ça n'a jamais marché. On y allait et on se disait : « Oh, putain, ça n'a pas marché encore. » Mais il y a, il y avait une photo, et vous l'avez peut-être vue, mais ça ressemble exactement à ça parce que quand c'est bon, c'est vraiment parfait.

41:31Gavin McClurg

Et je veux dire, tu voles au-dessus de l'océan face à cette falaise où si le vent change de 30 degrés, ou s'il tombe soudainement à zéro, tu finis dans l'eau. Il n'y a pas de secours possible. C'est l'océan Atlantique. Je veux dire, ce n'est pas comme si tu atterrissais dans une eau où tu pourrais nager. Ce ne sont que des falaises à perte de vue, et c'est juste, oh mon Dieu ! Mais quand ça a enfin fonctionné, le 30ème jour, on y est allés et c'était l'un des vols les plus magiques. Je veux dire, pas de cross-country, rien de bien spécial, parce que les conditions étaient parfaites. Ce n'était pas forcément incroyable ou extrême ; c'était juste, oh mon Dieu, je n'arrive pas à croire que je vole au-dessus de l'océan.

42:10Dustin Martin

Ouais, il y a quelque chose là-dedans. Je veux dire, évidemment, il y a quelque chose à avoir la capacité de voler au-dessus de l'océan. C'est juste genre, oh mon Dieu, je ne peux pas me permettre d'erreur. Je veux dire, les conséquences, c'est clair. Les conséquences, ça rend ça définitivement plus excitant. Je veux dire, à ton niveau et au mien, c'est une décision réfléchie, bien sûr. Ouais, mais je veux dire, on fait des calculs, mais ça met clairement en lumière ce que tu fais et ça rend ça plus mémorable. C'est sûr. Je veux dire, ça reste gravé dans la mémoire plus longtemps que ces vols où il y a un immense champ agricole devant la colline, tu vois.

42:49Gavin McClurg

Ouais, carrément. Hé, Dustin, avant qu'on ne plonge dans ton parcours, tu as dit quelque chose que je voulais aborder, parce que quand j'étais au Brésil avec Jeff, il portait un de ces casques super évasés, vraiment aérodynamique, et quelques mois avant que je ne parte aux Ex-Ops cette année, j'ai reçu un SMS de Larry, Larry Tudor. On a parlé de lui, il et moi on est devenus amis, et j'ai adoré discuter avec lui dans le podcast il y a quelques mois, et il m'a dit : « Hé mec, pense à la traînée », et j'étais en mode « Attends, quoi ? ». Et il m'a dit : « Toi, tu dois réduire la traînée », et je pense que c'est quelque chose auquel vous pensez clairement énormément parce que vous êtes plus proches du domaine des planeurs, mais comme je sais que tu fais du parapente et que tu comprends ça aussi, est-ce qu'on passe à côté de quelque chose ?

43:38Gavin McClurg

Je veux dire, est-ce qu'on ne devrait pas y réfléchir beaucoup plus qu'on ne le fait, parce qu'on ne porte pas de casques aérodynamiques et qu'on ne se soucie pas trop de nos vêtements ? Je veux dire, on utilise des sellettes pod et, on voit bien avec la nouvelle Xeno, les fabricants réfléchissent beaucoup à la traînée des suspentes et à la réduction du nombre de suspentes. Ce n'est pas nouveau, mais est-ce qu'on passe à côté de quelque chose ?

44:00Dustin Martin

Non, je ne le pense pas. Honnêtement, je suis assez confiant pour dire non parce que, euh, vous devez évidemment avoir l'équipement nécessaire pour suivre si vous volez avec un pote. Je veux dire, vous ne voulez pas passer une grosse journée de 10 heures et ne pas pouvoir suivre quelqu'un ou galérer avec lui. Vous ne voulez pas passer une grosse journée de 10 heures et avoir tellement de mal que ce soit presque impossible. Donc, tant que vous êtes équilibrés, c'est vraiment le plus important. Et toutes ces années à Canoa m'ont appris, c'est sûr, que ces petits changements sont complètement, ils sont absolument invisibles dans un air qui a la moindre texture. Il n'y a, il n'y a absolument aucun moyen de voir ces changements. Et, et c'est un sujet assez contentieux parce que beaucoup de gens sont convaincus que c'est le cas.

44:47Dustin Martin

Et puis ils diront : « Eh bien, tu sais, je planais à côté de untel ce jour-là et il était à 100 yards sur ma droite et il m'a complètement écrasé, et ce n'est que la ligne » parce qu'après tous ces changements qu'on a faits — et on ne les fait pas au hasard. Je veux dire, Steve Pearson de chez Wills Wing est venu ici en Arizona, dans notre site de vol, et on a fait des décollages en remorquage en hiver, on a passé genre un week-end à ne rien faire d'autre que des comparaisons et à isoler chaque petit détail que je voulais ajouter ou changer sur l'aile : les mauvais profils, l'ajout de reflexe, le retrait de reflexe, toutes ces petites coques stupides. Le casque, tu sais, j'avais une coque en carbone sur mon élévateur principal qui relie la sellette à l'aile, juste avec un réglage de reflexe ou de washout ridiculement bas sur l'aile, genre un réglage de torsion super bas, un truc dans lequel tu ne volerais jamais en thermiques.

45:40Dustin Martin

Et après tous ces changements qu'on a faits, il y a en fait une vidéo que Dave Aldrich a tournée sur ces tests comparatifs. On fait des vols planés de trois minutes et la meilleure de toutes ces modifications donnait une différence de hauteur d'environ cinq pieds après trois minutes. Donc il n'y a rien, on ne peut pas juste, quand on pilote l'aile un peu approximativement et qu'on a un peu de lacet adverse, ça nous égaliserait pendant une seconde. Je me dis alors : « Oh mince, maintenant on doit planer trois minutes de plus pour voir s'il y a vraiment une différence. » Et je parle de conditions d'air lisse en hiver. Donc, on plane trois minutes, on obtient cinq pieds de différence, on fait demi-tour, on recommence à différentes vitesses, et on va recommencer à différentes vitesses. Et ce sont des trucs que tu penses sans importance, oui ? Des trucs que tu penses, en lisant des livres sur les planeurs, sur l'aérodynamique et la vitesse de vol, sur tout ça, tu te dis : « Oh, ça fait carrément une différence. » Et c'est vraiment bizarre, genre un truc que tu penses qui ferait une différence va faire une toute petite différence, et là tu te dis : « Eh bien, si plus de reflex est bon, alors un peu plus de reflex est encore mieux », et on ajoutait un peu plus de reflex, de reflex sur cette quatrième barre.

46:46Dustin Martin

Et je parle juste de le courber pour que l'extrémité, l'extrémité arrière du jonc soit d'un pouce plus haut sur celui-là, sur un seul jonc. Et soudain, le gain que nous avions obtenu grâce au fait que les trois joncs intérieurs étaient relevés d'un pouce a été complètement effacé par ce quatrième jonc. On voyait clairement que nous ajoutions du réflexe trop à l'extérieur, et alors, vous savez, nous avons fait plusieurs vols de comparaison pour en être sûrs. Et c'est comme, eh bien, ça n'a pas... ça ne fonctionne pas comme je m'y attendais. Alors, vous savez, quand vous volez avec d'autres personnes, en une seconde, un gars peut prendre 20 pieds sur vous et se retrouver à une envergure de distance juste grâce à l'air. Je veux dire, il n'y a aucun moyen que ça vous aide, et certainement pas si vous faites votre propre vol, vous savez, ou si vous volez surtout seul ou juste à deux. C'est bien de savoir que vous avez la meilleure aile ; c'est probablement la partie la plus utile, d'avoir cet avantage psychologique, de savoir avec certitude

47:38Gavin McClurg

Vous savez, si vous avez le moindre petit

47:39Dustin Martin

en bordure, vous ne risquez probablement pas de vous faire décrocher, mais aller jusqu'à ce point pour, vous savez, vous ne voudriez certainement pas compromettre la sécurité en portant un casque qui n'a pas, euh, vous savez, je ne porte plus de crème solaire ni de vêtements de bain sauf quand je suis à la plage. Sur ce point, lors de cette course, je ne compromettrais pas quelque chose comme de la mousse écrasable dans un casque, ou, vous savez, une sorte de protection sur, au moins une protection sur une sellette de parapente. Je veux dire, non, je ne pense pas que vous y gagniez quoi que ce soit, je ne pense pas que vous en tiriez quoi que ce soit de tangible.

48:10Gavin McClurg

Pourquoi ne parlerions-nous pas brièvement de — et ça n'a pas besoin d'être super bref, mais parlons de votre, euh, pour ceux d'entre vous, pour ceux des auditeurs qui ne savent pas, euh, ils savent que vous avez battu le record, ce dont nous parlerons plus tard, mais, euh, pourquoi ne nous donneriez-vous pas un bref historique du, euh, Dustin Flying show depuis le début ? Et, euh, et on enchaînera après, donc

48:32Dustin Martin

Ouais, mon parcours en vol, je suppose. La première chose que j'ai faite, c'était le modélisme. Je ne me rappelle plus exactement quand, ça devait être quand j'avais huit ans, ou dix ans, ou quelque chose comme ça. Mais ça aide vraiment à pouvoir se représenter comment une aile vole, ou comment n'importe quoi, vous savez, comment un avion vole. Quand j'apprenais, ça te démarque carrément. Ça te donne une longueur d'avance, c'est sûr. Et ça, je veux dire, même jusqu'à aujourd'hui, tu sais, être capable de regarder quelque chose, genre à la troisième personne depuis le sol, et de voir ce qu'il fait, puis d'avoir ce retour immédiat du genre : d'accord, ça monte parce que je suis en train de sortir de la thermique, je fais ça. Ça a été une vraie aide, et ça s'est traduit de façon assez directe.

49:21Dustin Martin

Je ne sais pas trop comment ça s'est passé pour le parapente, mais dans l'ensemble, ça a été une grande aide et ensuite

49:26Gavin McClurg

C'est intéressant, si je peux juste vous interrompre une seconde, vous savez, plus tôt aujourd'hui, je faisais un autre enregistrement avec un gars d'acro qui est dans le milieu depuis longtemps, un certain Andy. Il vit à Gerlitz, et c'est comme ça qu'il a commencé à voler, et ça m'a vraiment parlé. Je ne sais pas si vous connaissez le fermier Matt Beechinor, c'est un peu notre Jedi de l'air local, et c'est l'une des personnes les plus importantes que j'aie jamais rencontrées de ma vie. Ce genre de gars, enfin, il vole quatre fois moins que moi maintenant parce qu'il est juste occupé, il a son travail et d'autres choses, mais je ne pense pas que je serai jamais aussi bon que lui parce que c'est l'un de ces gens qui a un ressenti de dingue, et il a aussi passé beaucoup de temps avec le RC. Je pense que vous avez mis le doigt sur quelque chose là ; ça doit être un outil d'apprentissage vraiment efficace.

50:11Dustin Martin

Ouais, je veux dire, je ne sais pas pour les autres pilotes qui le font, mais comme j'ai commencé jeune, c'était tout ce que j'avais, tout ce que je pouvais faire. Je n'étais pas assez vieux pour voler seul, mais ouais, ça fait carrément quelque chose pour la coordination œil-main et pour la perception de... enfin, je fais constamment le lien dans ma tête entre ce qui m'arrive dans mon aile par rapport à ce que ça donnerait au sol, et je ne sais pas si ça m'aide constamment, mais ça, c'est sûr. Et pour centrer les thermiques, trouver des lignes avantageuses et tout ça, ça m'a vraiment aidé.

50:59Dustin Martin

Et je veux dire, j'étais assez obsédé par ça. Enfin, je ne sortais pas, vous savez, pour faire voler les trucs cinq ou six jours par semaine ou quoi que ce soit, mais je me souviens avec un pote à qui j'ai appris le deltaplane dans les années 90, euh, vous savez, on était tous les deux fans de RCU, on a été colocs pendant un moment, et je veux dire, c'était au point où, vous savez, on lançait ces trucs de la colline et un jour, j'avais le truc assez haut

51:22Dustin Martin

Et euh, je me suis dit : « Mec, ça monte assez haut. Je pense qu'on devrait juste essayer de le ramener à la maison. » Et il s'est mis au volant de ce foutu yacht terrestre, et je me suis assis sur le rebord de la fenêtre du siège passager, et on a conduit ce truc, euh, sur Ray Road pendant, je ne sais pas, sept ou huit miles, en perdant constamment l'aile de vue, et puis avec le truc qui descendait par intermittence si bas qu'on devait s'arrêter au milieu de la circulation pour faire une manœuvre de sauvetage à basse altitude. Et oh mon Dieu, ouais, on...

51:51Gavin McClurg

Finalement, vous étiez comme les premiers pilotes de drones, c'est ça, ouais.

51:55Dustin Martin

Ouais, on était tellement... on a fini par, vous savez, on l'a fait plusieurs fois, et ouais, ça vous apprend beaucoup sur l'air et les lignes, et je ne baisse pas les bras. Genre, une de ces fois, je, j'ai juste perdu de vue le truc. Je veux dire, quand quelque chose s'éloigne trop, ça finit par disparaître dans les pixels de vos, de vos yeux. Je veux dire, il était juste parti. Et, vous savez, après un moment, après quelques minutes à le chercher, on s'est dit : « Bon, je suppose qu'on a perdu celui-là », et on a commencé à rentrer et, euh, on a vu le truc, et j'étais en mode : « Oh mon Dieu, il va... » rien, genre il partait en spirale hors de contrôle vers le sol au-dessus de l'autoroute. On s'est dit : « Oh, je suppose qu'on l'a maintenant. » Soudain, vous savez, on est rentrés avec. Alors, ouais, ça a définitivement influencé positivement, hum, mon ressenti général. Je ne sais pas si c'était, vous savez, la, la seule chose qui, ou quoi, m'a donné un vrai avantage, mais ouais, si je pouvais recommencer, je commencerais carrément comme ça.

52:44Dustin Martin

Ça m'a vraiment aidé, et

52:47Gavin McClurg

Donnez-moi, donnez-moi un peu de temps et des repères. Quel âge avez-vous maintenant ? Et quand, quand était-ce ? Alors...

52:53Dustin Martin

37 ans maintenant, et vous savez que tout ça se passait vers — c'était en fait vers le moment où les histoires se déroulent, quand je me suis mis au deltaplane, ou peut-être deux ou trois ans après avoir commencé. J'étais carrément obsédé, en fait, et j'ai probablement commencé vers mes huit ou dix ans, quelque chose comme ça. Et puis quand j'avais 14 ans, j'avais fini par m'installer ici à plein temps en Arizona, et j'ai commencé à piloter des planeurs. Je savais déjà ce qu'était le deltaplane d'une certaine manière. Je ne me rappelle plus quand j'ai vu ou appris que ça existait pour la première fois ; c'était carrément avant ça. C'était probablement quand j'avais, vous savez, 10 ou 12 ans. Je me souviens avoir vu une sorte de publicité ou de flyer pour Lookout Mountain, ou quelque chose qui y était lié, j'ai vu ça.

53:41Dustin Martin

Je le savais quand j'étais jeune. Mais pour une raison quelconque, les planeurs semblaient être la voie à suivre à l'époque. C'était peut-être à cause du modèle, alors quand j'avais 14 ans, j'ai trouvé un boulot ici, dans un endroit appelé Estrella Sailport, et ouais, je m'occupais juste des ailes. Je tenais les ailes au décollage, et c'était bien payé, 50 cents par remorquage, et je crois qu'il y avait peut-être deux dollars de plus par heure, soit 250 dollars de l'heure. Enfin, quelque chose comme ça. Alors, je... enfin, j'essayais de faire un vol ou deux à la fin de chaque journée, vous savez, des cours avec les instructeurs là-bas, et ils m'imprimaient en fait un chèque toutes les deux semaines ou chaque mois avec une valeur négative. Je ne sais pas si c'était juste une question de comptabilité ou une blague, mais ils m'imprimaient toujours mon chèque négatif à la fin du mois.

54:33Gavin McClurg

Parce que tu n'en tirais pas assez, tu ne gagnais pas assez pour payer tes heures de vol, non ?

54:37Dustin Martin

Absolument pas, absolument pas. Et, donc, ça a duré, je suppose, je l'ai vendu à 15 ans et j'étais vraiment, j'étais vraiment dedans. Mais je ne me rappelle pas, je devais avoir environ 15 ans et un gars est descendu là-bas et j'avais déjà, vous savez, j'étais au lycée et j'avais déjà réussi à trouver des livres à la bibliothèque sur le deltaplane. Pas par hasard, je veux dire, je cherchais et je savais déjà que ça existait. Je ne me rappelle pas des détails, mais un gars est venu jusqu'au sailport avec un vieux deltaplane assez déglingué appelé un Lack. Et je veux dire, ce n'était pas un deltaplane très bien fait à la base, et c'était une version assez déglinguée, et il voulait me vendre un deltaplane tout aussi effrayant parce qu'il avait entendu que j'étais intéressé par le deltaplane.

55:25Dustin Martin

Alors, en tant que pilote qui n'avait aucune expérience, pas même une seconde sous une aile de deltaplane. Il voulait me vendre un Foil Combat, qui, euh, je pense d'après ce que j'ai entendu est en fait une aile assez sympa, mais ce n'était rien de ce que vous pourriez jamais, vous

55:41Gavin McClurg

ne proposerait pas ça à un débutant

55:44Dustin Martin

Alors, il a parlé de quelques vols qu'il a faits et, ouais, ça a relancé mon intérêt parce que, pour reprendre un peu, j'avais, je ne sais plus, 13 ou 14 ans, ou quelque part là-bas, ma mère m'a emmené dans un autre port de voiliers de l'autre côté de Phoenix et j'ai fait un vol en aile, c'était peut-être le premier, et on était en train de monter dans une thermique. Ça devait être l'été, juste au-dessus de la Carefree Highway là-haut, et ce gars en aile delta s'est approché tout près de nous, à la même altitude, et il nous a juste fait signe de la main et a traversé notre trajectoire d'un coup et il était parti. Et j'étais là, genre : « Mais qu'est-ce qui vient de se passer ? » Le gars était suspendu comme dans un sac de golf sous ce truc. C'était incroyable. Je suppose que c'était génial.

56:27Gavin McClurg

Je vais fabriquer ces sacs de golf un jour. Ouais.

56:29Dustin Martin

Je ne vais absolument pas gagner d'argent en fabriquant ça un jour. Ils vont avoir l'air vraiment cool. Alors oui, c'était, c'était dans un endroit appelé l'Oasis. C'était l'école de turf soaring et ils étaient tractés juste en face, dans un endroit appelé l'Oasis. Et, et c'est là que, vous savez, c'était quand ? Ça devait être 1990 ou quelque chose comme ça. Le deltaplane à Phoenix ou en Arizona, c'était un peu un truc important. Ils ne se contentaient pas d'y aller le week-end avec, avec un seul camion et un treuil. Ils avaient des files d'attente et ils faisaient tourner plusieurs files de camions de remorquage avec des treuils et des dune buggies avec des treuils pour mettre ces gars en l'air. Et

57:04Gavin McClurg

Putain. Ouais.

57:05Dustin Martin

Je veux dire, oui, c'était l'époque de Hans Heidrich et, euh, Bob Thompson et vous connaissez les autres, Jeff Reynolds et Brad Lindsay, le remorquage était la chose à faire à Phoenix à l'époque. Et il y avait une grande communauté et c'était, c'était un peu, vous savez, je suis arrivé en 96 et c'était encore passionnant. C'était du sérieux. C'était assez important pour que les réunions se transforment toujours en énormes disputes à voix haute. Genre avec tout le monde, vous savez, ça semblait important à l'époque. Il y avait beaucoup de monde et ils étaient passionnés par ça. Et il y avait toujours une dispute. Avec le recul, tout ça était très cool. Mais sur le moment, on se disait qu'on devait, vous savez, canaliser ça un peu. Ça n'attire pas de nouveaux membres. Ouais. On doit attirer de nouveaux membres. Et maintenant, c'est juste genre, on a besoin de n'importe quoi. On s'en fiche.

57:50Dustin Martin

Une bagarre générale tous les soirs serait préférable. Donc c'est mieux

57:54Gavin McClurg

mieux que ce que tu as. Ouais.

57:55Dustin Martin

Ouais. Donc oui, c'est grosso modo comme ça que j'ai commencé à m'intéresser au deltaplane. C'est arrivé par quelques petites rencontres fortuites. Alors voilà, j'étais au sailport d'Estrella. J'ai fait mes premiers vols en solo à 15 ans, j'ai eu mon permis à 16 ans. Et j'aurais probablement fini par devenir obsédé par ça si le deltaplane n'avait pas complètement, complètement, tu vois, tout fait dérailler. Du coup, dès que j'ai jeté un œil au deltaplane — ce qui à l'époque ne passait pas par Internet, il fallait, tu vois, regarder des magazines et fouiller dans les pages jaunes — j'ai trouvé un instructeur et c'était réglé. Genre, j'y suis allé un week-end et j'étais déjà en mode : « Bon, le sailport, c'est une perte de temps pour moi ». Et puis, tu sais, j'ai fait trois week-ends au total, soit six jours de vol avec cet instructeur, Bill Holmes, qui donne encore des cours aujourd'hui.

58:46Dustin Martin

Et je me suis dit : ouais, c'est ça. Enfin, j'étais obsédé à cent pour cent. Et j'ai réussi à me faire virer du sailport juste pour mes conneries habituelles. Ils

59:00Gavin McClurg

ils ne voulaient plus vous payer en argent négatif ou quoi ?

59:02Dustin Martin

Ouais. Je suis en fait toujours très bon ami avec tous ces gars. Pour moi, c'était un peu une blague et, et, tu sais, j'y vais encore de temps en temps pour faire voler une aile et tout va bien. Mais ouais, c'est le, je suppose qu'ils ont réalisé que, euh, mon temps était, tu sais, plus important pour moi que de le leur donner de manière très égoïste. Alors je me suis dit, bon, je vais faire du vol en aile delta. Donc ouais, j'ai appris avec, j'ai appris avec Bill Holmes et, et, euh, ouais, c'était ça. J'ai eu, j'ai eu mon premier aile delta juste après ça. Et, et j'ai été complètement obsédé pendant plusieurs années.

59:40Gavin McClurg

C'est en 96.

59:42Dustin Martin

Ouais. En 96, vous savez, en août 96, j'ai pris des cours et, début 97, avec une sorte de mentor ici à Phoenix, j'ai trouvé et acheté une Moyse XT 165, qui s'est avérée être une aile assez, assez moyenne pour quelqu'un avec mon expérience. J'ai probablement fait un pas de trop en achetant ce truc, mais ça a fini par bien marcher. En la regardant maintenant, je veux dire, c'est comme n'importe quelle autre aile pour débutant. J'aurais dû acheter une Falcon ou quelque chose comme ça, une aile à surface unique, mais vous savez, dans les années 90 à Phoenix, ce n'était tout simplement pas une option. Je voulais avoir l'aile qui surpasserait toutes les autres. Même si c'était mon premier aile, vous savez.

1:00:27Gavin McClurg

Est-ce que tu peux, juste parce que je suis tellement nul en deltaplane, est-ce que tu peux m'expliquer, ainsi qu'au public, juste une petite leçon rapide sur, tu sais, les ailes à surface unique ? Est-ce qu'elles ont des catégories comme les parapentes, tu sais, qui vont du niveau débutant au niveau compétition ? Donne-nous le cours de base de deux minutes pour quelqu'un qui veut apprendre le deltaplane : par où on commence ? Où est-ce qu'on finit ? Quelles sont les différences entre les surfaces uniques et les autres, d'accord ?

1:00:58Dustin Martin

Tout le monde connaît probablement la différence entre les surfaces simples et doubles. Vous avez la surface simple très basique, la "top sail", qui est essentiellement comme une voile de planche à voile où tous les tubes sont exposés. C'est la moins chère à construire en général et la plus stable à cause de la longueur accrue des cordes. Elle est donc plus résistante aux mouvements de roulis. Elle est vraiment bien amortie, elle n'est pas instable. Et comme elles n'ont pas... ça serait considéré comme une aile pour débutant, et ils utilisent aussi des ailes pour débutants comme ailes d'entraînement. C'est donc légèrement différent du parapente. Vous pouvez avoir une aile d'école, par exemple, ou ce que quelqu'un achèterait généralement comme première aile pour nous.

1:01:46Dustin Martin

C'est pratiquement la même chose. Et ça, ça n'a que très peu changé avec Wills Wing, l'une des ailes de Will, les dernières ailes, l'Alpha. Ça pourrait vraiment être considéré comme une aile d'école parce que c'est juste, c'est juste vraiment lent et un peu plus grand que, que, vous savez, les Falcons plus grandes. Ça permet à quelqu'un lors de son premier jour d'aller un peu plus lentement et d'être un peu moins dépassé, vous savez, alors qu'il descend la pente la tête la première. Donc oui, elles ne planent pas

1:02:14Gavin McClurg

rapport de performance sur ça par rapport à ce que vous pilotez en compétition.

1:02:20Dustin Martin

Eh bien, vous savez, les gars de Wills Wing, je vais probablement mal le dire. Non, dites-le-moi. Mais je pense qu'un Falcon est probablement, on va dire, purée, qui sait, genre six pour un ou quelque chose comme ça. Je veux dire, l'alpha est probablement assez similaire. Je veux dire, à ce niveau de performance, oui, c'est un, non, ça dépend du parapente. Oui. C'est le bas de gamme.

1:02:41Gavin McClurg

parapente. Ouais. Ouais. Ouais. Mais c'est une vitesse de croisière.

1:02:45Dustin Martin

Ouais, exactement. Ça va vraiment doucement. C'est super facile à piloter. C'est l'idéal. C'est ce que j'aurais dû prendre comme première aile. C'est ce que tout le monde devrait prendre comme première aile. Et c'est ce que j'essaie de convaincre, tu sais, tous mes élèves ou les élèves que je tracte, de prendre comme première, ou même deuxième ou troisième aile. Je veux dire, j'aimerais bien en avoir une ici dans mon appartement aussi, mais ouais. Alors, l'une de vos questions est : est-ce qu'elles sont livrées avec des classements ? Et non, elles ne sont pas livrées avec les classements auxquels vous êtes habitués. Donc, ces nouveaux pilotes peuvent les chercher et être confus, mais je suppose que nous, comme on vole déjà et qu'on est un peu sur le marché, on sait qu'une Alpha est une aile d'école, une Falcon est, est-ce que c'est une vraiment super première aile ou une aile tandem ?

1:03:32Dustin Martin

Les modèles tandem sont généralement une version plus grande de l'aile débutante, juste pour la maniabilité et les vitesses de décollage et d'atterrissage. Et comme vous n'essayez pas d'obtenir de la performance avec un passager en tandem, l'étape suivante serait une aile pour novice. Et c'est quelque chose comme une Sport 2. Ce n'est pas une première aile appropriée pour quelqu'un qui sort tout juste de ses cours. Je veux dire, il est facile de se mettre dans une situation difficile et c'est vraiment tentant d'acheter une aile que vous pensez vous accompagner dans n'importe quelle étape de votre carrière de pilote, celle que vous voulez atteindre avant de devoir acheter une nouvelle aile.

1:04:19Dustin Martin

Et, vous savez, je l'ai fait un peu trop aussi, et c'est un peu la mauvaise approche. Je veux dire, si je pouvais revenir en arrière, oui, la seule chose que je changerais vraiment si je pouvais revenir en arrière, c'était juste la première aile que j'ai eue. Ouais, après ça, vous commencez à passer aux ailes intermédiaires et il y a une énorme gamme d'ailes intermédiaires. Et à ce stade, elles demandent à toutes environ le même niveau de compétence, presque le même, pour être pilotées qu'une aile de course de haut de gamme. Donc, vous savez, vos choix sont beaucoup plus importants durant ces premières années que plus tard. Je veux dire, si vous pouvez piloter avec succès une aile intermédiaire, alors vous pouvez probablement piloter facilement une aile de compétition.

1:05:04Gavin McClurg

Et quels sont les risques, Dustin, quand tu passes à ces ailes beaucoup plus performantes ? Est-ce que c'est un peu comme ce qui s'est passé avec le parapente, où ils deviennent beaucoup plus difficiles à récupérer ? Tu sais, si tu as un décrochage ou si les cascades deviennent presque inévitables sur une aile de compétition, et comme elles sont plus nerveuses, elles sont plus rapides. Donc les choses arrivent plus vite. Est-ce que c'est un peu la même chose, les mêmes problèmes que tu rencontres avec ça ?

1:05:37Dustin Martin

Vous ne vous repliez pas,

1:05:39Gavin McClurg

ils ne font pas de fermeture.

1:05:41Dustin Martin

Ouais. Enfin, je pense que vous auriez un problème différent. Je suppose, et j'en suis assez sûr, que n'importe qui capable de piloter un parapente pourrait piloter une aile de compétition, s'il arrivait à la mettre en l'air avec succès et à la faire descendre, vous savez, dans un air totalement calme sans aucun souci. Mais si vous mettez quelqu'un sur une aile de haute performance à surface unique, vous savez, ces ailes vraiment larges, il va rencontrer immédiatement au décollage un problème de maniabilité et ce genre de réponse amortie, vous savez, retardée sur l'aile de haute performance. Et ça va les affecter très vite. Ça met presque tout le monde très rapidement en situation d'oscillation juste à côté de la pente.

1:06:30Dustin Martin

Donc c'est plus une question de pilotage que, ouais, c'est carrément plus une question de pilotage qu'une question de sécurité intrinsèque de l'aile. Enfin, mais bien sûr, quand vous commencez à avoir des conditions de milieu de journée, alors ouais, vous allez avoir des problèmes similaires à ceux des parapentes.

1:06:45Gavin McClurg

D'accord. Pas

1:06:46Dustin Martin

pour mentionner aussi, les vitesses de décollage et d'atterrissage vont être à la fois excitantes et terrifiantes lors de votre premier vol sur une aile à nu.

1:06:54Gavin McClurg

Ouais. C'est ça. Ok. Je vois. Bon, merci pour ça, j'apprécie. Alors, repartons de là : tu récupères ta première aile en 96, tu passes peut-être un peu trop vite à la suivante en 97. Comment tu as fait pour combler le fossé entre là et le fait de battre des records du monde ? Alors,

1:07:15Dustin Martin

Ouais, j'ai eu ma première aile en 97 après avoir eu la chance qu'il y ait une communauté ici. Du coup, j'ai pu emprunter une aile de débutant entre les cours et le moment où j'ai eu ma propre aile. J'étais sur cette aile de prêt et je me suis fait balancer sur tous les décollages en falaise un peu risqués sans vent autour de la Vallée par mon mentor et d'autres pilotes, et je suis passé à travers ça quasiment sans aucune égratignure. Et je suppose que je savais assez pour rester sur cette aile de niveau novice-intermédiaire que j'ai eue pendant un moment. Et je n'avais pas vraiment besoin de passer à la vitesse supérieure, mais je suis vraiment passé à l'aile suivante, qui était une Extra Light, juste à cause du côté hyper sexy de ce truc.

1:08:00Dustin Martin

J'ai vu ce gars là-haut à Mingus, il en avait une et il fallait que je l'ait. Je veux dire, il fallait que j'aie la sienne, pas juste n'importe laquelle. Il fallait que j'aie celle-là. Alors je l'ai poursuivi pendant, je ne sais pas, une saison. Je lui disais : « Je dois avoir ton aile, c'est le truc le plus sexy que j'aie jamais vu de mes yeux. » Et il me répondait : « Non, non, non, non. » Et finalement, il a su qu'il avait trouvé son pigeon après avoir fait toutes les heures dessus. Et je lui ai acheté, je l'ai achetée, et j'étais prêt pour ça, je suppose que j'étais prêt et je l'ai fait correctement. Je suis monté aux Craters, qui est pratiquement le site d'entraînement légendaire de l'Arizona. C'est vraiment lisse. Le terrain est lisse. Et à l'époque de l'année où je l'ai pilotée, il faisait vraiment froid. Il y avait peut-être même de la neige au sol et c'était un vol vraiment fluide. Donc même après toutes les heures et les XC, j'avais fait quelques XC limités sur mon aile et je l'avais pilotée dans toutes sortes d'airs de dingue, juste en passant à l'Extra Light, qui, avec le recul, n'est qu'une autre aile intermédiaire dans la gamme d'ailes actuelle.

1:08:59Dustin Martin

C'était incroyablement rapide et effrayant, et le bruit de l'air qui passait sur l'aile et sur moi était terrifiant. Dès que je me suis éloigné de la colline, j'ai réussi à faire quelques 180 degrés sans trop m'embarrasser. Ça n'oscillait pas trop. Et je l'ai posé sur mes pieds. Je n'en pouvais pas de moi. Et je l'ai acheté. Je l'ai adoré. Du coup, je me suis habitué à cette aile et j'ai commencé à avoir quelques succès en cross country dans cette petite communauté, relativement petite par rapport à la Californie ou certains endroits au Brésil. Enfin, j'avais atteint une certaine mesure de succès ici et ça suffisait, je suppose que c'était vers 98,

1:09:52Dustin Martin

J'ai reçu un appel d'un gars nommé Ken Brown, qui est un bon ami maintenant. C'était le distributeur américain de Moise. Il m'a dit : « Hé, j'ai une idée pour toi. On dirait que tu te débrouilles plutôt bien. Et j'aimerais t'aider. » En fait, il voulait me donner une aile et, tu vois, peut-être en faire une habitude. Du coup, j'ai fini par utiliser des ailes de compétition ; il y avait des pilotes de compétition entièrement sponsorisés qui recevaient du nouveau matériel. Et après une ou deux saisons, je récupérais leur matériel. Je me sentais comme le gars le plus chanceux de la Terre. Et je l'étais. C'était assez incroyable. Donc, j'avais accès à du matériel de haut niveau. C'est pile au moment où... les premières bonnes ailes à voile nu sortaient, les premières vraiment bonnes.

1:10:40Dustin Martin

Et qu'est-ce que

1:10:41Gavin McClurg

ça aurait coûté quoi, combien coûterait une aile ? C'est quoi le prix de vente d'une aile topless en 2000 ?

1:10:46Dustin Martin

Ouais, ça aurait probablement été fait. Ça aurait coûté environ sept ou huit mille dollars, ou quelque chose comme ça. Oh,

1:10:52Gavin McClurg

donc, tu étais ravi.

1:10:53Dustin Martin

Ouais, il n'y avait pas toutes les options en carbone, ou peut-être même aucune option en carbone à cette époque-là. Tu sais, ce n'étaient pas les premiers topless. C'était un peu la deuxième série de topless. Ils avaient résolu certains problèmes. Du coup, ouais, il m'a aidé. Et j'ai commencé à recevoir de ses ailes, genre semi-régulières, qui avaient été utilisées par des pilotes de compétition américains comme Kurt Warren et d'autres gars. Et ouais, j'étais trop content. Du coup, il m'a gardé dans le milieu des ailes et a un peu financé mon premier petit voyage. C'était pour partir d'ici en Arizona, traverser l'ouest des États-Unis, les Rocheuses, jusqu'à Golden. En fait, non. Désolé. Sun – c'est quoi ? Sun Peaks ? Je crois que ça s'appelle Sun Peaks.

1:11:39Dustin Martin

C'est près de Kamloops. D'accord, oui. Alors, j'ai roulé jusqu'en haut et je suis resté à Salt Lake City pendant un moment. J'ai fait la comp de Chelan. C'était peut-être — oui, c'était ma première comp, je crois. J'ai fait Chelan. J'ai peut-être fait Dinosaur à la même période. Je suis allé au Canada. En fait, je n'ai pas pu entrer au Canada. J'ai dû passer la nuit à la frontière dans un hôtel parce que je n'avais pas — je n'ai pas pu prouver que j'avais assez d'argent pour entrer au Canada.

1:12:09Dustin Martin

Et ça me rend toujours nerveux d'y aller aujourd'hui pour la même raison. Alors je suis arrivé et ils m'ont dit : « Eh bien, il vous faudra plus que ce que vous avez, 200 balles pour deux semaines. » Je leur ai répondu : « Eh bien, vous ne me connaissez pas. » C'est ça. Alors j'y suis allé et j'ai fini par aller à Golden par accident. C'était à l'époque où on utilisait juste un atlas pour s'orienter. Je partais et je me suis dit — le dernier souvenir que j'ai, c'est que Golden était un endroit où ils organisaient des compétitions. Et pour une raison quelconque, ce nom est resté gravé dans ma tête et j'ai roulé jusqu'à Golden. C'était un endroit assez incroyable. Je pense que j'ai fini par y rester une journée et, ouais, c'était plutôt génial. Et là, ils me disent : « Non, la compétition est à Kamloops. » Je me suis dit : « Oh, purée. D'accord. » Alors je fais demi-tour et je remonte avec ma Bonneville.

1:12:58Dustin Martin

C'est genre... c'est la vieille Bonneville 84 la plus déglinguée avec ce faux toit en similicuir. C'est juste ridicule. C'est comme la Jimmy Chase

1:13:08Gavin McClurg

mobile. C'est ridicule.

1:13:11Dustin Martin

Tu prends une bosse et ça continue de monter et descendre pendant genre une demi-heure. Alors j'arrive à Kamloops et, ouais, j'oublie le nom du gars mais il avait organisé cette comp. Et certaines des stars canadiennes étaient là et des gens venus d'ailleurs, de l'autre côté de l'océan, étaient venus et ça avait l'air d'être un truc assez important. Et c'était du super vol. Du coup, j'ai campé pendant cette semaine et j'ai eu une super comp et j'ai clairement beaucoup appris. Je me suis fait démolir par un pilote néo-zélandais qui était venu pour cette comp. Et, mec, je pense que j'ai peut-être fini deuxième là juste par chance. J'ai tendance à faire ça. J'ai eu mes meilleurs jours, pas mes meilleures comps, mais mes meilleurs jours au début d'une comp quand j'ai le moins d'attentes et clairement le moins de confiance en mes capacités.

1:14:05Dustin Martin

J'ai tendance à juste ralentir un peu et à rester en hauteur en laissant les autres prendre les décisions. C'est comme ça que j'ai fait toute cette compétition parce que je ne savais pas ce que je faisais. Et, ouais, j'ai eu de la chance et j'ai bien réussi. Et ce gars, Jeff, a fait bien mieux. C'était un pilote assez malin et il m'a appris, par l'exemple, quelques petites astuces sur comment entrer dans un nuage et rester là pendant que les autres prennent le premier départ, puis ressortir de l'autre côté du nuage pour attraper le suivant. Et juste des petits jeux de départ que je n'ai toujours pas appris.

1:14:36Dustin Martin

Maintenant, 20 ans plus tard, je n'ai toujours pas appris quel départ prendre ni comment le prendre. C'est un apprentissage continu. Mais oui, tout ça, c'était grâce au sponsoring de Kenny Brown. Et puis je suis revenu et, vous savez, un autre topless était en cours de développement en Australie. Il m'a dit : « Hé mec, ça te dirait d'aller en Australie ? » J'ai répondu : « Oh mon Dieu, mec, j'y vais ! » Alors il m'a acheté un billet et j'y suis allé, en fait, j'y travaillais au noir, évidemment, à l'usine. Et vous savez, je gagnais assez pour survivre et faire ça. Les compétitions d'hiver, vous savez, les compétitions d'hiver nord-américaines là-bas.

1:15:25Dustin Martin

Et ouais, c'était une vente. Le gars ici qui m'a aidé à Phoenix, qui m'a aidé à trouver ma première aile et m'a mentoré pendant quelques années, avait une grosse machine à coudre industrielle et m'a convaincu de lui acheter. Je me suis dit : « Bon, je n'en ai pas besoin, mais d'accord, le prix est correct. » Et j'ai juste commencé à coudre dessus et à fabriquer des trucs. Et puis, ouais, quand je suis allé en Australie, c'était juste deux ou trois ans plus tard. Je les ai convaincus de me laisser utiliser la machine de temps en temps après les heures de travail pour coudre une longe de remorquage ou quoi que ce soit. Et j'ai pu faire semblant de savoir suffisamment ce que je faisais pour qu'ils acceptent à contrecœur en disant : « OK, il ne cassera probablement pas la machine. » Et je l'ai fait, et j'ai cousu quelques petites choses. Et avec les années, ça s'est transformé en, tu sais, la fabrication de sellettes et tout ça.

1:16:11Dustin Martin

J'ai eu la même chose avec Wills Wing. Je me disais : ouais, je sais utiliser une machine, je ne vais pas la casser. Et à ce moment-là, c'était vrai quand j'ai rejoint Wills Wing et, grâce à eux et au temps qui a passé, je suis devenu de plus en plus doué en couture et j'ai acquis plus d'expérience sur la façon de bien faire les choses. Et au fil des années, on a fait des tests structurels et j'ai pu voir les résultats de la résistance de certains types de points de couture. Et, je suppose que c'est ce qu'il faut. Juste beaucoup d'expérience. Et évidemment, avec Shapiro et le projet covert, ça a ajouté beaucoup d'expérience.

1:16:47Gavin McClurg

Et quand est-ce que... Donc là, on est en 2000. Tu es en Australie, tu travailles avec Moyes. Tu sais, quand est-ce que ça a commencé ? Est-ce qu'il y a eu un genre de déclic, par rapport à ce que tu as mentionné sur l'année à Kamloops ? Tu as parlé un peu de psychologie de vol et, en gros, tu as identifié le moment où tu réussis bien. Mais comment as-tu pu accélérer, peut-être, vers la scène de compétition et les longues distances ? Est-ce que c'était juste une question de... J'allais dire que...

1:17:26Dustin Martin

Je dirais que ce n'est rien d'autre que de la pure obsession, juste de la passion. Je veux dire, quand quelqu'un vous demande comment atteindre ce niveau, on peut voir s'il y parviendra peu importe ce qu'il fait, ou s'il s'en rapprochera parce qu'il le veut vraiment mais qu'il n'est pas passionné. N'importe qui peut être plutôt bon. Mais pour devenir vraiment bon... Honnêtement, je n'ai jamais atteint ça. Je n'ai jamais franchi le cap de ce niveau-là, celui de Manfred ou Christian. J'ai pu voir Alex Ploner faire ce saut entre le moment où il était à Zapata — je ne me rappelle plus quelle année c'était — et quand il est devenu évidemment très bon et a gagné quelques mondiaux. Il y a un dernier palier.

1:18:15Dustin Martin

Je suis sûr que ce n'est pas le dernier, mais le dernier palier qu'on peut voir dans le monde du deltaplane, c'est d'atteindre leur niveau. Et je ne sais pas comment on y arrive. Enfin, je suppose qu'il faut rester obsédé. Et, honnêtement, j'ai perdu ce niveau d'obsession particulier, peut-être pour le mieux. Je ne sais pas. Mais à l'époque, c'était, vous savez, je pouvais voler ma colline locale ici trois fois par jour. Et ça incluait deux heures de route aller-retour, vous savez, pour récupérer l'aile au LZ et monter à pied pour récupérer la voiture. Ça me semblait tout à fait normal. Mais ces jours-là sont révolus. Je suis super content. Super, super reconnaissant envers lui. Et, ouais, en revenant en Australie, j'étais complètement obsédé. J'ai fait les compétitions d'été là-bas et j'avais des gars, mon Johnny avait mon âge et il était déjà bon.

1:19:06Dustin Martin

Et il a toujours été un peu meilleur que moi. Et il a maintenu cet écart entre nous au fil des années. Alors j'ai beaucoup appris avec lui. Et il y avait un jeune gars nommé Joel Rebecki qui est malheureusement décédé après être allé chez Airborne Gliders. Il aidait à développer une aile là-bas. Et il a, vous savez, lancé une journée vraiment risquée avec un vent très fort et de travers sur la côte en tentant de faire pratiquement un record du monde de décollage à pied depuis la plage. D'après ce que j'ai entendu, il tentait de décoller par une journée de front, je ne sais pas quel genre, mais clairement une journée de tempête sur la plage. Et j'oublie le nom de la falaise, mais c'est là-haut.

1:19:51Dustin Martin

On oublie le nom de la ville, mais c'est au nord. C'est à Sydney, je crois, là où Airborne est basée. Ouais, il allait voler vers l'intérieur pour passer au-dessus des montagnes. Et puis, tu sais, Joel était incroyable. C'était un pilote exceptionnel et il aurait très facilement atteint le sommet absolu. Je veux dire, à l'époque, il était déjà quasiment au niveau des meilleurs. Il avait clairement déjà le truc. Alors j'ai appris, tu sais, j'ai beaucoup appris avec lui et il était super cool, un jeune gars super drôle. Et on traînait beaucoup pendant les quelques mois où j'étais là-bas.

1:20:24Dustin Martin

Et, vous savez, évidemment, Gerolf, le concepteur d'Autriche, quand on arrivait à lui en tirer, avait des connaissances techniques vraiment incroyables. Et, vous savez, j'ai beaucoup appris. J'étais comme une éponge. En gros, j'essayais d'absorber tout ce que je pouvais. Et, vous savez, comme je pilotais son aile, je voulais tout savoir sur celle-ci. Et il a un peu toléré ça. Et, vous savez, j'ai volé avec lui, Joel, Johnny et tous ces gars. On a fait Mount Beauty. On a fait Corion et on est allés à Hay et à Niloquin et tous ces sites désertiques de l'intérieur. Et, ouais, ça a été une grande expérience. Et puis je suis rentré après ça. Et je ne sais pas pourquoi. Je ne sais pas si c'était à cause de certains accidents que j'avais vus ou dont j'avais entendu parler.

1:21:12Dustin Martin

Vous savez, j'étais jeune. À ce stade de ma vie, je n'avais jamais fait quoi que ce soit où je voyais des gens autour de moi mourir. C'était nouveau. Je suppose que pour cette raison, je pouvais sans doute m'identifier aux Juifs, ou au grand public dans la façon dont ils nous voient. À ce moment-là, je me disais : « Mec, c'est peut-être ça. » Je ne peux pas le dire avec certitude, mais j'étais peut-être juste en train de faire un burn-out à cause de l'aspect compétitif. Et je n'avais jamais vraiment fait de compétition avant non plus. Donc, en même temps, j'étais super enthousiaste. Mais j'avais ce sentiment déroutant que je devais peut-être prendre du recul. Et je l'ai fait. En 2001, ou je ne sais plus quand je suis rentré. Enfin, je suis rentré et j'ai immédiatement pris du recul. Je veux dire, j'étais toujours totalement obsédé par le vol.

1:21:58Dustin Martin

Ça n'a jamais changé du tout. Mais j'ai arrêté les compétitions et j'ai dû un peu faire une introspection. Ça a duré quelques années. Je recevais parfois des appels et des taquineries de la part de l'équipe. Johnny et les autres me demandaient : « C'est quoi le problème ? T'as peur de nous ? » Donc, ouais, c'était vers 2003. J'ai probablement rencontré Kevin Carter. C'est un gars, tu sais, il est bon dans tout ce qu'il fait. Et quand il a commencé le deltaplane, il est devenu vraiment bon, vraiment rapide. Il a décroché un petit sponsoring, une aide d'Arrows à l'époque, et a commencé à faire des compétitions. Et je veux dire, littéralement en moins de trois ans après avoir commencé le deltaplane, il était dans l'équipe et il est devenu un très bon ami. Et, ouais,

1:22:43Dustin Martin

Un jour, il m'a appelé alors que je faisais un petit boulot, peu importe ce que je faisais ici à Phoenix. Et il me dit : « Hé, mec, il faut que tu viennes ici à Wills Wing. Tu sais, j'ai parlé à ces gars et ils sont partants pour, peut-être, faire un deal avec toi, et tu sais, il faut juste que tu sois partant. » Et j'étais... on en a peut-être déjà parlé avant. Et je me suis dit : « Non, je gère. » Tu sais, j'étais gamin et j'avais une sorte de petit sponsoring. Je me suis dit : « Oh, je ne veux pas tout gâcher. » Mais il savait mieux. Je veux dire, il savait mieux. Alors il m'a dit : « Écoute, il faut que tu fasses ça, voilà ce que tu dois faire. » Et c'est pour ça qu'il me l'a exposé comme ça. Je me suis dit : « D'accord, ça se tient. » Alors, j'ai fini par parler à ces gars. Je crois que c'était Rob Kells avec qui j'ai parlé. Et il est... tu sais, Rob Kells est le mec le plus sympa du monde.

1:23:30Dustin Martin

Il était un peu le visage de Wills Wing à l'époque. C'était lui la voix entre Wills Wing et tous les concessionnaires. Et, tu sais, il s'occupait un peu de l'équipe à ce moment-là. Et c'était Kevin et moi. Et puis ça a grandi avec Shapiro, Jeff O'Brien et Zach. Alors, ouais, je suis arrivé pile au bon moment. Et, tu sais, grâce à Kevin. Donc, ouais, sur les trois, quatre ou cinq années suivantes, on a construit une équipe vraiment incroyable. Et, tu sais, on ne s'en rend pas compte avant de regarder en arrière. À l'époque, je me disais toujours : « Mec, ça devait être génial d'être, tu sais, membre de l'équipe Wills Wing dans les années 80 ou 90. » Tu sais, toutes les histoires avaient l'air tellement cool. Et, tu sais, ces gars-là étaient juste des fêtes épiques.

1:24:17Dustin Martin

Et je veux dire, des fêtes épiques. On dirait qu'il y a quelques histoires là-dedans. Mais avec le recul, je ne voudrais pas avoir été là à n'importe quel autre moment. Je pense qu'on a eu la meilleure équipe qui ait jamais existé. C'était juste une période super cool pour être impliqué. On a voyagé partout ensemble. Je veux dire, on a fait le tour du monde ensemble. C'est assez cool. Et tout le monde n'avait, par pur hasard à ce moment-là, vraiment aucune responsabilité pressante. Et c'était juste une suite de bons moments. C'était génial. Et on a beaucoup appris. Tout le monde avait des compétences vraiment complémentaires. On est devenus vraiment bons ensemble. Et on est tous encore de très bons amis. Et c'était avoir

1:25:00Gavin McClurg

une communauté et des mentors, c'est tout, n'est-ce pas ? C'est vraiment ça. Je veux juste... Ouais. Et

1:25:05Dustin Martin

voir la passion de quelqu'un d'autre, ça permet de raviver la sienne. Je veux dire, dans une communauté comme celle où je suis maintenant, il est très facile de juste ranger son aile et de se dire : « Bon, il n'y a personne avec qui voler » ou « Il n'y a que des pilotes de parapente ». Et à chaque fois que je pose mon aile sur leur toit, ils sont assez gentils pour me laisser faire. Mais j'ai peur de l'écraser là-dessus parce qu'il n'y a pas de support. C'est plus facile de se dire : « Tu sais, je vais peut-être la suspendre ». Mais à l'époque, c'était genre : « Oh mon Dieu, Shapiro est trop chaud et O'Brien est trop chaud. » Et Zach était là : « Qu'est-ce que tu fais de ta vie si tu ne fais pas de deltaplane ? » Et j'ai répondu : « Ben, c'est vrai. Alors on va mettre tout notre argent et notre temps là-dedans. » Et c'était drôle, je faisais mes... en fait, je faisais mes impôts et j'ai vu que pendant quelques années, je dépensais plus de dix mille par an en billets.

1:25:57Dustin Martin

Et je me disais : « Bon, c'est ça. C'est ce que je fais. » Je suppose que... enfin, je suppose que je suis un pilote de voile, un pilote de voile itinérant.

1:26:04Dustin Martin

C'était du sérieux.

1:26:06Gavin McClurg

C'était le choc, genre, oh mon Dieu.

1:26:09Dustin Martin

Ouais. Il y a de l'argent ici. Je pourrais faire des trucs intéressants avec cet argent. Mais je fais ça. Alors, ouais, non, c'était génial. Et il y avait, ouais, le voyage était probablement l'aspect le plus précieux de toute l'affaire, c'est sûr.

1:26:23Gavin McClurg

Ouais, c'est toujours le cas. Ouais. Ouais. Ouais.

1:26:27Gavin McClurg

Je veux dire, j'ai appris beaucoup de leçons sur les voyages.

1:26:30Dustin Martin

Finalement, vous savez, j'ai fini par me remettre aux compétitions parce que je pense que j'ai fait un Mondial en 2000. Ouais, je crois que j'en ai fait un en France en 2004. Donc je n'ai été écarté de la scène compétitive que quelques années. Mais c'était probablement, vous savez, le signe de ce qui allait suivre parce que depuis 2003 ou 2004, j'ai fait des compétitions assez régulièrement et j'ai participé à la plupart des Mondiaux qui m'intéressaient. Et puis, vous savez, les Mondiaux sont arrivés à Valle il y a quelques années. Et j'ai abandonné. J'ai été sélectionné pour l'équipe et je me suis dit : ouais, je ne voulais vraiment pas y aller. Et puis celui au Brésil, j'avais vraiment envie d'y aller, mais financièrement, je ne pouvais tout simplement pas m'en sortir. Je me suis mis dans un petit pétrin et ça n'aurait pas été sage de partir au Brésil pendant trois semaines ou un mois et de dépenser tout mon argent à ce moment-là.

1:27:20Dustin Martin

Alors, vous savez, je ne l'ai pas regretté du tout après avoir entendu parler des conditions là-bas et des foules. C'est juste que... j'ai eu une sorte de dégoût général pour les grosses compétitions, les catégories 1 et 2. Et puis, vous savez, j'étais à un championnat en Italie et l'organisation là-bas... je n'ai pas aimé la façon dont... je n'ai juste pas aimé l'ambiance générale de la compétition. Ça ne semblait pas paisible et ça ne m'apportait rien, vous voyez, à ce moment-là. Donc, ça m'a un peu amené au point où j'en suis aujourd'hui : je suis totalement heureux de voler. En fait, je vole beaucoup moins maintenant à cause d'autres choses, mais je suis super content de voler.

1:28:07Dustin Martin

Je vois une belle journée et j'ai envie d'y aller, mais je n'ai plus cette envie d'aller en compétition.

1:28:13Gavin McClurg

de monter les comps. Ce n'est pas une obsession.

1:28:14Dustin Martin

Oh, je n'ai pas cette obsession pour commencer. Et je ne suis absolument pas intéressé par les compétitions Cat 1 ou Cat 2 pour le moment. Ouais, ça pourrait changer, comme ça a déjà été le cas par le passé.

1:28:24Gavin McClurg

Alors, comment est-ce que ça colle avec 2012 ? Ouais. Je veux dire, tu sais, la poursuite de Jason, on en a parlé avant de commencer l'enregistrement. Je reviens juste du Brésil. Je suis allé à SEMA où, tu sais, Raphael et Donna, l'un d'eux a battu le record du monde l'année dernière. Et je veux dire, c'est brutal. J'ai tellement de respect pour ces gars parce que, enfin, tu attends dans un endroit terrible pendant des semaines avec la chance d'avoir un seul vol, et ce vol, tu sais, c'est un coup de poker si tu te plantes dans les 50 premiers kilomètres. Comme ça s'est passé l'année dernière, tu sais, l'un des meilleurs pilotes au monde était au sol, à 15 km, et les autres sont passés, ils l'ont eu. C'est juste brutal et, enfin, l'attente, tu sais, je pense que les gens imaginent que tu y vas et que c'est amusant, que tu traînes avec tes potes et que le train est vraiment cool.

1:29:15Gavin McClurg

Mais d'après ce que j'ai compris, le Brésil, c'est comme le Texas, c'est le vrai Denali, il y a des clôtures, des trucs qui peuvent vous tuer. Et surtout au Texas, il y a beaucoup de gens armés. Je veux dire, c'est... je ne dirais pas que c'est une expérience plaisante.

1:29:32Dustin Martin

Eh bien, oui, je veux dire, c'est... oui, c'est un contraste intéressant entre ça et les compétitions. Je n'ai aucun problème avec la souffrance personnelle. Je veux dire, je peux, je viens de Phoenix, je peux m'accrocher face à la chaleur, ça m'importe vraiment peu. Et en fait, quand je suis arrivé en 2012, il faisait genre 105 ou quelque chose, 107. Et c'était un soulagement bien frais quand je suis sorti de ma voiture par rapport à Phoenix. Exact. Ouais. Je me suis dit : « Eh bien, c'est génial. Je pourrais rester ici toute la journée. » Et, donc oui, la souffrance ne m'inquiète pas vraiment et les heures dans la sellette, ça m'importe vraiment peu. Je n'aime pas avoir peur du tout.

1:30:12Dustin Martin

Et ce jour-là, comme ça s'est passé, je n'ai même pas réalisé qu'il n'y avait que de brefs pics de peur, genre au décollage parce que c'était au-dessus des arbres, il y a eu 10 secondes de terreur. Et après, c'était bon. Et puis, vous savez, il y a eu quelques moments où, je ne dirais pas peur, mais j'étais trop bas et je me suis dit : « Oh mince, je vais peut-être gâcher cette journée ». Mais sinon, c'était une journée complètement sûre. Je veux dire, c'était très relaxant. C'était l'opposé de faire des cercles avec 50 de vos amis dans chaque thermique jusqu'à l'arrivée. Vous savez, ça, en aile, je veux dire, voler en groupe c'est une chose quand vous êtes en parapente, quand vous avez plein de gars autour et que vous devez juste faire attention à ne pas percuter quelqu'un, mais en aile, vous devez vous soucier de percuter quelqu'un. Pas seulement à cause du nombre qu'il y a.

1:30:57Dustin Martin

Pas parce que tu ne peux pas contrôler la foutue chose parce que tu es dans le sillage de tout le monde et que, ce n'est pas comme si tu pouvais juste tirer sur la manette de frein et surmonter le sillage de quelqu'un. Je veux dire, tu peux, tu seras dans, tu sais, s'il y a un gars lourd devant toi et qu'il est poussé loin et que tu prends son sillage, tu pourrais passer d'une inclinaison de 30 degrés dans la thermique à une inclinaison de 45 degrés en sortant de la thermique en un seul grand roulis fluide et tu n'auras rien à dire là-dessus. Je veux dire, c'est un peu ça, et ça peut être vraiment intéressant si ce roulis te projette dans la thermique, genre pile dans le chaudron de tous ces pilotes. Donc c'est, c'est un entraînement. Je veux dire, oui, tu peux, dans une certaine mesure, surmonter ça, mais ça demande un niveau de concentration et de force incroyable, tu sais, avec une aile de haute performance pour voler en groupe, surtout dans de l'air faible quand tout le monde est en inclinaison faible et que c'est extrêmement agaçant de voler avec eux.

1:31:46Dustin Martin

Je suis sûr que c'est probablement le cas aussi en parapente. Je me retrouve juste à hurler, à taper sur la base, à crier et à crier pour que quelqu'un incline son aile. Et c'est probablement juste un problème personnel parce que je finis par passer à l'intérieur d'eux et faire mon truc, et quand je reviens, ils sont à la même altitude que moi ou plus haut. Alors, je ne sais pas, c'est peut-être juste mon style de pilotage personnel.

1:32:10Gavin McClurg

Alors, toi et Johnny, vous étiez là-dessous et vous voliez ensemble. Ça a l'air d'avoir été une journée de dingue, vous savez, un peu risqué au décollage, mais sinon, je veux dire, vous avez fait 7,61. C'est une putain de bonne journée. Et à la fin, il est écrit dans l'article que vous étiez aile contre aile. Alors je dois vous demander, est-ce que vous en avez parlé à l'avance ? Genre, « Hé mec, si on a la chance de rentrer ensemble, on rentre ensemble » ou... je veux dire, est-ce qu'il est toujours en rogne contre toi pour ça, ou est-ce qu'il aurait fait la même chose avec toi ?

1:32:44Dustin Martin

Je pense qu'il aurait fait la même chose et ce n'était pas, les détails sont un peu différents, mais ouais, ce n'était pas vraiment serré. Je veux dire, on a fini par être aile contre aile au point 438, qui est exactement là où on a croisé le précédent vol le plus long de Mike Barber. OK. Donc j'étais là et je regardais mon GPS et c'était genre 438 et je me suis dit, tu sais, j'ai fait ma petite célébration pendant une seconde parce que j'étais haut, genre à 10 000 pieds et tu sais, les nuages étaient en train de mourir. Je me suis dit : je l'ai eu. Parce que je l'avais un peu laissé au début d'une rue de nuages. Je venais juste de décoller de la fin de, et juste par ma position chanceuse, quand j'ai volé sous un très bon nuage, j'ai eu la montée avant. Tu sais, il était à quelques centaines de yards sur le côté. J'ai eu une très bonne, genre quatre mètres et, et au moment où il a glissé après que j'aie fait un tour ou deux, c'était genre, je lui ai mis la barre au nez.

1:33:35Dustin Martin

Cette séparation s'est transformée en milliers de pieds et de kilomètres, et les nuages se dissipaient alors que je les atteignais un par un, puis ils ont tous disparu et je me suis dit : « Bon, je l'ai eu. » Il, lui, était à des kilomètres derrière et à des milliers de pieds plus bas. Je me suis dit : « C'est trop tard. » Et je ne sais plus quelle heure il était, sept heures quelque chose. Et juste à 438 miles, à travers l'humidité et la brume, il y a cette aile qui arrivait vers moi à la même altitude. Je me suis dit : « Ça ne peut pas être ce gars. » Et je l'ai vu arriver, et il prétend avoir eu la même pensée que moi, parce qu'on venait de passer Big Spring, vous savez, une heure plus tôt, et je me suis dit : « Peut-être que c'est juste un deltaplane venant de Big Spring », alors que je ne pense même pas qu'il y ait des locaux qui vivent à Big Spring.

1:34:22Dustin Martin

Mais je me disais, c'est peut-être impossible. Je n'arrive pas à faire le calcul. Je ne vois pas comment il a pu monter si vite et se récupérer depuis là où il était, alors que je n'avais pas été freiné pendant les 30 ou 45 dernières minutes. Et bien sûr, c'était lui. Je me suis dit : « Tu te fous de moi ? » Alors, on était là. Et c'était comme si, en gros, à 438, j'avais commencé à faire des cercles dans un 50 up. Parce que je me suis dit : « Bon, c'est le moment. » Et il s'est avéré que j'avais raison. Il n'y avait rien de plus fort que ça pour le reste du vol. Donc rien pour nous séparer pour le reste du vol non plus. Et, vous savez, c'est un pilote assez imposant avec qui être face à face quand les enjeux sont si élevés, et j'étais pratiquement résigné à le laisser gagner au cours des minutes suivantes.

1:35:07Dustin Martin

Enfin, il va probablement me rattraper parce que, vous savez, c'est un meilleur grimpeur. Il est vraiment doué pour voler sur les lignes. Il va finir par faire quelque chose. Mais heureusement, au bout du compte, l'air est plutôt bon partout. Il ne faut pas être un génie pour trouver une bonne ligne. Et j'étais plutôt frais à ce moment-là ; j'étais dans les airs depuis 10 heures, mais je me sentais bien et je ne pouvais pas me plaindre. Je veux dire, je n'avais aucune douleur dans le corps, j'étais hydraté et, enfin, j'avais uriné toute la journée et j'avais mangé. Alors je me sentais super. Tout ce que je voulais, c'était juste une bière. C'était tout ce qui me manquait à ce moment-là. Mais j'étais totalement heureux dans ma sellette et, lui, il montrait clairement des signes de fatigue, il se balançait constamment et s'étirait le cou, et vous savez,

1:35:55Dustin Martin

Tu sais, il secouait les bras et tout, c'est compréhensible. Mais je suppose que c'est... et pour le tournage, il te le rappellera si tu lui parles, il a perdu ce vol parce qu'il me filmait et j'en ris, mais je suis très reconnaissant qu'il m'ait filmé ce jour-là parce que je n'allais pas perdre mon énergie pour ça. Du coup, il a fait un film vraiment incroyable, genre 20 minutes à partir de cette journée, et c'est assez intéressant. C'est plutôt cool de se replonger dedans. Et je suis sûr que dans quelques années, ce sera encore plus intéressant. Alors.

1:36:27Gavin McClurg

Pour ceux qui nous écoutent, on mettra ça dans les notes de l'épisode aussi. Et quand ça sera en ligne, tout sera là. Est-ce que Dustin, est-ce que ça a changé quelque chose pour toi au niveau du record ? Je veux dire, ça n'a pas été battu, mais juste en termes de carrière, de passion, de sponsoring. Est-ce que ça a, tu sais, est-ce que... Toi et moi, on en parlait avant, tu sais, Johnny aujourd'hui est l'un des seuls qui gagne vraiment sa vie grâce au côté vol, tu sais, toi tu gagnes ta vie avec la couture et en étant impliqué avec les entreprises et ce genre de choses. Mais tu sais, il a vraiment réussi à s'en sortir, ce qui est difficile à faire, et le deltaplane maintenant, je crois comprendre que c'est juste, tu sais, ce n'est plus le truc à la mode comme avant.

1:37:16Gavin McClurg

C'est déjà difficile à faire en parapente, mais est-ce que ça t'a permis de faire des choses que tu n'avais jamais faites auparavant ?

1:37:24Dustin Martin

ça ne fait pas de mal, c'est sûr. Ouais. D'avoir ce record. Je veux dire, si j'avais eu l'intention de m'en servir à mon avantage pour, tu sais, obtenir plus de sponsoring ou si j'étais venu pour voler 500 miles, je me serais pas vraiment soucié du record. Je voulais juste atteindre les 500 miles et c'est pour ça que j'y suis allé. Et j'avais même un objectif déclaré juste à côté de là où on a atterri, à 500 miles, et j'étais un peu déçu de ça. Obtenir le record, c'était cool, mais je n'avais pas déjà, tu sais, ça fait du bien d'avoir quelque chose comme ça et d'obtenir une certaine reconnaissance jusqu'à un certain point. Mais ouais, je n'étais pas du tout intéressé par le fait de l'utiliser pour de la promotion ou quoi que ce soit comme ça. C'est juste, c'est sympa d'avoir ça, et c'est sympa de enfin le battre à quelque chose qu'il fait si bien.

1:38:09Dustin Martin

Et

1:38:10Gavin McClurg

Ouais. Et je sais qu'il continue de le chercher. J'ai suivi l'actualité. Il y retourne. Il essaie.

1:38:15Dustin Martin

Eh bien, je dois avouer que j'étais un peu nerveux quand il est resté là-bas pendant tous ces jours, mais ça n'a fait que confirmer ce qu'on sait déjà tous. Je veux dire, ce que vous savez aussi, c'est qu'il y a de bons endroits, mais là, c'est le jour J. Et pour ce jour-là, je pensais que ça arrivait probablement plusieurs fois par saison et qu'on devait être là tout l'été pour l'attraper. Mais je suis de plus en plus convaincu que le jour où on obtient le vrai, le plus long vol de tous les temps, n'arrive probablement même pas une fois par saison. Ça n'arrive parfois même pas pendant une saison d'été.

1:38:51Gavin McClurg

Ouais. Ouais. Je pense que tu as tout à fait raison. Bon, Dustin, je serais irresponsable de ne pas demander aux auditeurs, surtout à toi, je veux aborder des trucs techniques. Je me suis vraiment enthousiasmé à l'idée de te parler quand j'étais au Brésil et que j'ai traîné avec ton pote, Jeff Shapiro. Et un jour, c'était, tu sais, bien mais pas génial. Il s'est envolé avec un gars nommé Tyler Bradford, qui le poursuit vraiment acharnément. C'est un pilote de Tahoe sur le lac Tahoe. Et pour le reste d'entre nous, c'est tout du "dirt" et du "early", ce qui arrive souvent là-bas et il devrait... Et quand Tyler est revenu, il a dit, parce que je n'ai jamais eu la chance de voler avec Jeff et, tu sais, comme tu le sais, son passé en deltaplane, et maintenant il est juste dingue de parapente. Il le poursuit vraiment acharnément depuis environ un an et demi.

1:39:38Gavin McClurg

Et Tyler était bluffé par la façon dont il volait avec très peu de portance. Il a dit que sur chaque thermique, il dépassait tout le monde. Et il y avait de bons pilotes là-bas à Tahoe. Il a dit : « Oh, je peux faire une petite pause une seconde. »

1:40:00Gavin McClurg

Je pense que beaucoup d'entre nous ne savent pas comment... alors quoi ? Qu'est-ce qu'il faisait ? Quoi ? Qu'est-ce que... Qu'est-ce qu'on peut apprendre de vous ? Qu'est-ce qu'on peut utiliser ?

1:40:08Dustin Martin

Peut-être qu'on n'est pas... enfin, c'est — je veux dire, je ne lui parle pas assez souvent. C'est nouveau pour moi, mais c'est cool qu'il réussisse si bien. Et je, je ne sais pas ce qu'il pourrait avoir... je veux dire, évidemment, il tire tout ce facteur de plaisir de la carte thermique dans sa tête du deltaplane. Je ne sais pas d'où vient son avantage supplémentaire. C'est peut-être parce que voler à Missoula n'est pas, ce n'est pas très, ce n'est pas toujours facile de monter là-haut et l'air est un peu bizarre. Il y a toujours ces inversions et ces cisaillements et on se dit, on regarde le ciel et on pense, eh bien, je vais sauter de cette colline et atteindre 15 000 pieds, mais ça ne m'est jamais arrivé comme ça là-bas. Alors peut-être que voler, vous savez, sur cette montagne au-dessus de l'université là-bas, l'a beaucoup aidé. Et je veux dire, évidemment, il s'y investit pleinement et voyage constamment pour le faire. Et, vous savez, c'est, c'est la définition même de la passion.

1:40:55Dustin Martin

Alors, il a juste repris son expérience en deltaplane. Et je veux dire, il a fait partie de l'équipe à plusieurs reprises et il a, vous savez, bien réussi aux championnats du monde. Et je veux dire, il était au même niveau que les meilleurs pendant des années. Alors je suis sûr que ça se transfère directement une fois qu'il aura compris comment garder l'aile ouverte et, et, et, vous savez, comment décoller dans des conditions précaires.

1:41:17Gavin McClurg

Et pour les lignes ? Euh, il, il en avait de très bonnes, certains des gars, un matin on était en bas en train de discuter et, et certains des gars avaient vraiment du mal avec le sink. Euh, une partie de ça, je pense, c'était que, vous savez, on n'est pas, beaucoup d'entre nous ne sont pas des pilotes de flatland et, vous savez, quand il y a beaucoup de vent, vous savez, Jeff expliquait que, vous savez, que le sink et les nuages entre eux, ou, vous savez, si vous êtes, si vous êtes, vous êtes dans le blue hole ou quelque chose comme ça, que ce sink est, est énorme. Euh, ça nous affectait tous, mais, euh, j'avais, j'avais appris à ce stade-là. Et parce que je, je n'étais pas, vous savez, on a tous entendu genre, d'accord, tu rentres dans le sink, tu tournes à 45 degrés et tu utilises beaucoup de barre.

1:42:04Gavin McClurg

Et c'est un peu ce que j'ai pensé pendant 10 ans. Et j'ai appris au Brésil que ce n'est pas du tout suffisant. Genre, quand tu te retrouves dans ce cas-là,

1:42:13Dustin Martin

Je suis foutu. Parce que c'est probablement ce que je te dirais, je me suis...

1:42:17Gavin McClurg

j'ai été vraiment impressionné parce qu'il y a tellement de vent. Ça semble juste illogique d'aller complètement perpendiculairement au vent. Vous savez, votre portance part en vrille. Votre vitesse s'effondre. Vous ne volez plus sur la ligne de trajectoire. Mais j'ai trouvé que la seule chose qui fonctionnait pour moi pour sortir de cette situation, c'était d'être extrêmement agressif. Et Jeff a eu quelques réflexions là-dessus. Il expliquait que si vous continuez comme ça, juste un petit peu, vous ne parviendrez jamais à la thermique, vous allez perdre tellement d'altitude pour descendre. Ça m'a fait réfléchir.

1:42:51Dustin Martin

à ce sujet. Je pense

1:42:51Gavin McClurg

plus sur les lignes et je voulais juste savoir ce que tu en pensais parce que, je pense que pour moi, j'ai été fasciné d'entendre Chrigel dire dans l'émission qu'il ne se sent pas comme un très bon grimpeur. Je veux dire, pour moi, la montée, oui, il y a des grimpeurs brillants, mais la montée c'est un peu l'un de ces trucs que tout le monde peut faire assez bien. Pour moi, c'est le vol plané. Et je me disais que vu vos appareils, ce que vous pilotez, je pense que vous captez des choses sur le vol plané que les autres ne connaissent pas.

1:43:22Dustin Martin

Je me sens un peu dépassé parce que, enfin, je suis assez sévère avec moi-même. Et je sais que la prochaine fois que je te dirai comment faire, la prochaine fois que je prendrai les commandes, je vais juste virer à 45 degrés à droite et foncer au sol. Mais en général, ce que je fais, c'est prendre un... enfin, c'est à notre niveau de performance, des parapentes jusqu'aux ailes rigides. Je veux dire, nos performances sont nulles. Peu importe à quel point elles sont bonnes. Elles sont toutes relativement nulles comparées aux ailes à voile. Donc, tu sais, se taper la tête contre la subsidence à cette vitesse McCready parfaite que ton vario te dit de maintenir, ça ne va pas marcher aussi bien que de simplement sortir de cette subsidence. Donc oui, ça demande parfois des manœuvres assez agressives et décidées.

1:44:08Dustin Martin

Je veux dire, quand il y a des nuages, c'est généralement assez facile de faire le bon choix. Et, vous savez, on n'hésiterait pas une seconde à dévier de 60 ou 70 degrés vers un nuage. Enfin, si tout le ciel est visible et qu'il y a, vous savez, un trou bleu pendant 10 milles devant vous. Évidemment, vous allez vers ce nuage et ensuite, vous tournez peut-être à 45 degrés vers la droite. On peut voir ce qui se passe les jours de bleu quand on ne voit rien. Malheureusement, les jours de bleu, on est obligé de naviguer un peu à l'aveugle. Je ne suis certainement pas le meilleur pour voler sur les lignes, mais je ne vais pas juste rester en dérive sous la subsidence. Je vais tourner presque instantanément. Je ne vais même pas y passer cinq secondes. Je vais juste tourner et m'en sortir. Et ça a marché, et ça n'a pas marché non plus. Et il y a, vous savez, de super pilotes, comme Craig Coomer me vient à l'esprit.

1:44:56Dustin Martin

Il vient ici en Arizona et nous met tous à la villa chaque année lors de ma compétition depuis 10 ans. Et je me souviens qu'il m'a dit un truc du genre : « Mec, tu es complètement éparpillé. On vole en ligne droite d'une thermique à l'autre et toi, tu parcours deux fois la distance pour y arriver et tu es plus bas quand tu y es. » Et j'ai répondu : « Ouais, je n'y peux rien. » Ce n'était pas une question d'indécision, c'était le fait d'essayer constamment de changer de ligne. Donc, il y a une limite. On peut clairement s'écarter trop longtemps de la trajectoire et perdre du temps. Et aussi, on peut simplement passer une mauvaise journée et tourner constamment à l'opposé de ce qu'on pense être de la descente, pour finir par tourner vers encore plus de descente. Donc, il y a beaucoup de pilotes qui volent juste en ligne droite, ils volent juste en ligne droite.

1:45:41Dustin Martin

C'est tout ce qu'ils font. Et ils réussissent souvent très bien, surtout s'ils sont nombreux, s'il y a un gros groupe, ils volent plus souvent sur la ligne de trajectoire que non. Euh, je suis pénalisé par toutes mes recherches, mais je ne vais pas arrêter de le faire. Parce qu'une fois de temps en temps, je vais trouver une super ligne en cherchant comme ça. Et je pense que pour moi personnellement, je dois réduire un peu ça. Euh, et on dirait que, vous savez, peut-être qu'il faut rester un peu plus sur la ligne de trajectoire et que les conseils de Shapiro pourraient être utiles. Je veux dire, il y a,

1:46:15Dustin Martin

Je veux dire, si vous volez tout droit et que vous atteignez mille pieds alors qu'il y a du vent à 20 miles par heure, enfin oui, il n'y a pas vraiment le choix. Il faut en sortir ou vous pourriez passer cinq miles dedans, vous voyez ?

1:46:26Gavin McClurg

Ouais. C'est ce qu'il m'a fait prendre conscience. Et il utilisait genre des schémas et je me disais, ah, d'accord, je vois. Tu n'arriveras pas à ce niveau-là.

1:46:34Dustin Martin

Il y a, il y a un niveau de magie dont tu parles avec certains de ces pilotes que je, honnêtement, j'aimerais pouvoir expliquer le soir et je ne sais pas ce qu'ils font. Et j'ai, j'ai volé avec un vraiment bon pilote de parapente ici sur mon site local et on a fait un XC en aile ensemble et il m'a massacré sur le plan de la portance quand j'étais dans mon Angler. Euh, tu sais, plusieurs glissades consécutives juste en ressentant les lignes. Et tu sais, quand je volais, j'ai, j'ai emprunté un Delta Two down à Columbia l'année dernière ou il y a un an et demi et j'ai eu l'impression de pouvoir ressentir les lignes comme jamais auparavant. C'était juste incroyable. Le retour tactile à travers les lignes. Ouais. Et tu, tu ne vas pas être dépassé par la puissance. Si, si tu veux que ça tourne, ça va tourner jusqu'au moment où ça part en vrille, ça va tourner.

1:47:20Dustin Martin

C'était vraiment cool de pouvoir ressentir ces lignes de manière beaucoup plus précise. Et c'était assez satisfaisant. J'aimerais avoir, enfin, j'aimerais avoir la maîtrise pour exploiter ça comme ça dans une aile, mais clairement, il y a des pilotes, comme Oleg quand il était en compétition, ou Brett Haslett qui était vraiment doué pour piloter les lignes. Geroff et évidemment Christian, Manfred et Alex, ils sont tous, ils sont tous là. Ils sont, vous savez, ils sont évidemment les meilleurs pour chercher des thermiques et pour planer. Mais quand vous êtes dans une thermique 15 mètres plus haut, vous n'avez pas forcément besoin d'être le meilleur pour monter et vous êtes hors du sillage de tout le monde. Et, vous savez, on préfère largement être 15 mètres plus haut dans une thermique que 15 mètres plus bas, parce que quand ça arrive, quand l'échelle est remontée, les gars en haut vont,

1:48:05Dustin Martin

auront toujours un petit peu plus que les gars juste en dessous d'eux. Donc oui, arriver un peu plus haut est vraiment important.

1:48:14Gavin McClurg

C'est vrai, je suis content que tu abordes ce point parce que la chose suivante dont je voulais parler, c'est la vitesse. C'est super que tu aies autant de marge sur les deux appareils, mais vous savez, vous pouvez piloter le McCready, nous non. Et Jeff et moi avons eu une conversation assez intéressante sur la vitesse. Je suis encore très confus sur la vitesse à adopter, sur la barre à utiliser quand je suis en descente vent arrière.

1:48:39Gavin McClurg

Qu'est-ce que tu en penses ?

1:48:41Dustin Martin

Ouais, j'ai quelques réflexions là-dessus. C'est, et je, c'est presque comme parler de religion. Alors je vais juste, je vais juste dire ce que j'en pense. Je me souviens quand j'étais chez McCready, ce pilote, Attila Bertok, il travaille probablement encore là-bas sous une certaine forme, volait pour eux et aidait pour certaines, peut-être des parties mineures de la conception et surtout pour une aile plus grande parce que c'est un gros gars. Et il a en fait gagné les mondiaux à Big Spring, au Texas. Il a gagné les pré-mondiaux et les mondiaux là-bas consécutivement. C'est donc un très bon pilote. Et je me rappelle que j'étais juste un jeune punk et il était comme, je crois que je l'ai juste entendu parler à quelqu'un d'autre de la vitesse de vol avec le vent. Et, tu sais, il me l'a expliqué et j'étais comme, oh, ça fait sens.

1:49:28Dustin Martin

Ça, ça ne change pas du tout avec le vent. C'est exactement la même chose, qu'il n'y ait pas de vent, du vent de face ou du vent arrière, en ce qui concerne les vitesses entre les thermiques au cours d'un vol en cross country. Maintenant, si vous êtes en phase de descente finale et que vous essayez d'atteindre un point au sol, alors évidemment, avec un vent arrière, vous allez ralentir. Mais, vous savez, si vous essayez de maximiser votre vitesse moyenne en cross country à travers une parcelle d'air sur la journée, alors vous ne pouvez que... votre appareil n'est capable que d'une certaine vitesse en kilomètres par heure à travers cette parcelle d'air, compte tenu de la portance et de la pente. Et donc, puisque cette parcelle d'air n'a pas conscience que la terre se trouve en dessous d'elle et que votre aile n'en a pas conscience non plus, ça ne change pas du tout.

1:50:14Dustin Martin

Tu voles précisément à cette même vitesse toute la journée.

1:50:19Dustin Martin

Évidemment, ce n'est pas juste une parcelle d'air. On a des déclencheurs, vous savez, des points de déclenchement et des montagnes. On a des sommets de montagnes à franchir, et des plans d'eau, et, vous savez, peut-être qu'un nuage est un peu plus ancré au sol que la parcelle d'air qui se déplace autour. Et, vous savez, il y a des petits détails comme ça, mais ça m'est resté en tête. Et je ne modifie certainement pas ma vitesse quand il y a beaucoup de vent arrière ou de vent de face, sauf si je suis en phase finale de descente.

1:50:47Gavin McClurg

Donc ce que tu veux dire, c'est de voler à la meilleure vitesse de pente, ou est-ce que tu dis de voler aussi vite que possible ?

1:50:54Dustin Martin

Eh bien, volez au meilleur, volez à la vitesse optimale en fonction de la force de la prochaine thermique attendue.

1:51:00Gavin McClurg

D'accord. Très bien. Je vois. Je veux dire,

1:51:02Dustin Martin

et, et d'après ce que j'ai compris, et je n'ai rien entendu pour me convaincre du contraire, ça ne change pas avec un vent de face ou un vent arrière. Si, si ta destination est une thermique, si ta destination est un point au sol, ça change, mais ouais.

1:51:15Gavin McClurg

D'accord, je vois. OK. Intéressant. Donc oui, ça se tient tout à fait. Jeff parlait un peu de ça en termes de, si tu es — et c'est un peu différent pour les ailes delta parce que vous avez des départs différents, tu sais, en compétition — mais si tu voles en aval, tu sais, il parle du fait que si c'est le moment de la journée où les thermiques sont, tu sais, où les choses fonctionnent bien. Tu sais, si tu traînes, si tu, si tu, si tu sais, vous appelez ça tirer sur la corde, non ? Si tu, tu sais, si tu te mets en position de vitesse, en allant aussi vite que possible, tu arrives à la thermique suivante, comme tu l'as dit, quelques secondes plus vite que le gars derrière toi, tu sais, sur le parcours.

1:51:55Dustin Martin

de la journée, tu es,

1:51:55Gavin McClurg

de la journée. Ça peut durer des heures, vous voyez ? Ça peut être quelques heures comme ça parce que vous allez atteindre votre vitesse maximale, vous allez planer plus vite, et vous allez entrer dans la suivante plus vite, et ça ne fait que s'accumuler, vous voyez ? Alors si vous êtes en mode survie, évidemment, tout change, vous voyez ? Là, c'est quand ça fonctionne, et vous voyez les nuages et vous pouvez avoir, vous savez, une confiance assez élevée, vous pouvez y arriver, vous savez, voler vite, ouais.

1:52:17Dustin Martin

Je veux dire, quand je vole avec un groupe de très bons pilotes, j'ai essayé de rester en retrait à une vitesse que je trouvais plus raisonnable que celle à laquelle ils volaient, et surtout dans un endroit aussi constant que Big Spring, je me souviens avoir volé avec un groupe qui comprenait Craig, Kurt, peut-être Robin et une bande de très bons pilotes, et je me suis dit : « Mec, on vole à genre 52 miles par heure entre les thermiques, et ça ne va pas. » Du coup, après quelques-uns, je me suis dit : « C'est juste, c'est juste dingue. Je vais ralentir. Je vais passer à 45. Ça semble un peu plus raisonnable. » Et je l'ai essayé, et vous savez quoi ? Ça n'a pas marché. Le changement de polaire à cette vitesse n'était tout simplement pas assez significatif pour que, quand ils atteignaient cette montée, à chaque fois j'arrive et que je sois en dessous de là où j'avais commencé par rapport à eux.

1:53:05Dustin Martin

Je perdrais un peu. Je me suis dit : « Ça ne peut pas être, je ne... ça ne fait que 800 pieds par minute. Je veux dire, on n'est pas censés aller aussi vite. » Et ça m'a juste convaincu que, tu sais, quand on est en groupe, il faut rester avec le groupe, et c'est, c'est dur de surpasser un groupe qui compte, tu sais, une demi-douzaine de personnes et qui sont aussi douées. Donc il faut juste... tu ne vas pas gagner la compétition, tu ne vas pas gagner la journée sur les premières thermiques, et tu ne vas peut-être pas gagner la journée du tout, mais tu peux très bien te débrouiller si tu restes avec ce groupe. Et ça semble, tu sais, j'entends beaucoup de ces gars, surtout sur ton émission, genre, tu sais, il faut voler avec le groupe, il faut suivre le groupe. Et ça, tu sais, ça a beaucoup de sens pour moi d'après mon expérience, il faut pratiquement rester avec ces gars et tu ne vas pas, tu peux carrément perdre une compétition, le premier jour et sur la première thermique.

1:53:54Dustin Martin

Si vous êtes là dès le premier jour, vous ne gagnerez pas la journée ni le meilleur plané si vous essayez de surpasser les autres. Je veux dire, disons que vous arrivez à vous détacher sur la première, deuxième ou troisième thermique de la journée, disons que c'est une journée à 15 thermiques, est-ce que vous voulez vraiment vous éloigner de ces gars ? Ouais,

1:54:06Gavin McClurg

exactement

1:54:07Dustin Martin

la deuxième thermique et être tout seul, je veux dire, pas que c'est

1:54:10Gavin McClurg

le mauvais endroit pour prendre des risques, ouais, ouais.

1:54:12Dustin Martin

Je veux dire, je ne veux pas être seul là-haut, sauf si c'est la journée la plus épique de ma vie, et même dans ce cas, les nuages sont énormes et c'est difficile de trouver la bonne partie du nuage sur chaque thermique consécutivement jusqu'à la ligne d'arrivée. Ça vaut le coup d'avoir des gens répartis.

1:54:27Gavin McClurg

Dustin, je je je t'ai déjà pris beaucoup trop de temps, mais je dois te poser une une dernière question. Enfin, peut-être une ou deux, mais euh, Jeff a un peu — je sais que tu es discret là-dessus, mais Jeff m'a lâché le morceau : tu es aussi un pilote de parapente. Je ne sais pas à quel point tu en fais ces jours-ci, mais euh, j'adorerais savoir, tu sais, parce que tu pilotes des parapentes, est-ce qu'il y a des choses que tu as gardées du deltaplane qui ne seraient peut-être pas évidentes, tu sais, comme des astuces ou des conseils, ou, euh, tu sais, suite aux années que tu as passées en deltaplane, et maintenant que tu fais du parapente, tu te dis : « Oh là là, ces gars devraient savoir ça », euh

1:55:09Dustin Martin

Je veux dire, peut-être quand j'ai commencé le parapente il y a longtemps, à l'époque, les pilotes de deltaplane étaient bien plus nombreux que les pilotes de parapente ici. Donc, à ce moment-là, j'ai peut-être pensé qu'on avait quelque chose à leur apprendre, mais maintenant, l'expérience collective des pilotes de parapente a probablement déjà dépassé celle des pilotes de deltaplane. Je veux dire, c'est la même chose que tu partagerais avec les futurs pilotes de deltaplane : il faut évidemment prendre du recul de temps en temps, mettre son ego de côté et réaliser que, peu importe ce qu'on pilote, on vole tous sur des aéronefs ultra légers qui sont...

1:55:55Dustin Martin

c'est assez impitoyable. Je veux dire, je doute qu'il y ait un pilote là-bas qui ne sache que des gens, ou beaucoup de gens dans la communauté, ont été blessés, donc dans mon esprit, il s'agirait juste de tempérer un peu sa passion de temps en temps, et de bien réfléchir aux conditions ici et là et

1:56:16Dustin Martin

Évidemment, il faut montrer un haut niveau de respect pour quelque chose de assez impitoyable comparé aux autres activités que nous pourrions faire, vous

1:56:25Gavin McClurg

Tu as mentionné que tu étais plutôt à fond sur les compétitions et tout ça au début de ta carrière, et que ça s'est un peu estompé ensuite. Tu t'es mis en retrait par rapport à la Cat One et la Cat Two, et peut-être de tout ça en même temps. Évidemment, 2012 a été un moment fort, mais si tu as eu, je veux dire, si tu as eu des périodes creuses — c'est sans doute ce que c'est — mais j'ai l'impression que tu as toujours cette passion pour le

1:56:56Gavin McClurg

Et si vous arrivez à garder ça tout au long du chemin, et sinon, comment avez-vous fait pour y revenir ? Ouais,

1:57:04Dustin Martin

Je l'ai encore. C'est, j'ai, euh, ce qu'il y a dans ma tête, c'est plutôt une passion plus calme pour le moment. Je veux dire, je suis peut-être plus, peut-être plus reconnaissant pour le processus et l'instant présent que... Au début, j'étais très axé sur les objectifs, et maintenant, je suis clairement axé sur le processus, et j'apprécie toutes les choses qui l'entourent, et

1:57:27Dustin Martin

Pendant le vol, je regarde autour de moi et je me dis : « Eh bien, c'est plutôt dingue. » Je m'amuse vraiment. Et ça, avec le fait d'être un peu plus calme, ça se traduit par le fait de refuser certains jours où j'aurais carrément volé, tu vois, quand j'étais totalement obsédé. J'ai volé par des jours ridicules, et Shapiro peut en témoigner. On a volé par des jours absurdes pendant les compétitions, juste quand on était plus obsédés par le sport parce que, tu sais, comme tout s'était bien passé pour moi, je ne ferais rien différemment, évidemment. Parce que l'expérience est énorme. On ne peut pas acquérir ce niveau d'expérience sans être totalement obsédé, donc je lui suis reconnaissant, et ça profite énormément à ma pratique de loisir aujourd'hui.

1:58:14Dustin Martin

Je veux dire, je vole un peu moins souvent seul maintenant, mais je vole, et je fais des tandems, et je suis tout le temps dans l'avion de remorquage là-bas au parc de vol ici, et ça joue. Ça profite clairement à tout mon pilotage, cette expérience avec différentes conditions et différents états d'esprit. Je veux dire, j'ai volé, surtout pendant les compétitions, dans des états d'esprit assez discutables ou sous l'effet de la gueule de bois ou de l'alcool, et là, je suis définitivement plus calme, et je suis reconnaissant pour l'expérience, les expériences que j'ai eues, et aussi pour mon état d'esprit actuel. Je me sens, euh, ouais, juste super reconnaissant de pouvoir lancer l'aile lors de mes sorties et d'être capable de voler dans pratiquement toutes les conditions, et c'est juste super sympa.

1:59:03Dustin Martin

Non, tu peux sortir, tu vas décoller, tu sais, c'est ce genre d'expérience, et le niveau de compétence que tu acquiers en faisant des compétitions et en étant super obsédé, c'est, tu sais, assez difficile à obtenir autrement. Alors oui, je suis vraiment content que ça se soit passé comme ça.

1:59:19Gavin McClurg

Est-ce que tu vois ça comme un retour aux sources potentiel ? Est-ce que tu vas revenir aux planeurs ou peut-être... Et non,

1:59:27Dustin Martin

Non, non, jamais. Je veux dire, j'en pilote encore de temps en temps, et, enfin, vous savez, un jour de repos pendant une compétition ou quoi que ce soit si on s'ennuie, mais non, on est loin de là. Ce n'est même pas la même chose ; c'est beaucoup plus proche d'un avion de ligne que d'un deltaplane, non ?

1:59:45Gavin McClurg

parce que je n'en suis jamais monté dedans, et vous avez probablement entendu que j'ai fait ce podcast avec Kevin Brooker, et on parlait du projet Perlan, et là je suis juste fasciné. Je me dis : « Mon Dieu, il faut que j'essaie ça », mais c'est tellement différent. Ça ne procure juste pas la même sensation.

2:00:03Dustin Martin

Ouais, d'après mon expérience, dans ma tête, c'est vraiment cool d'y penser. C'est vraiment sympa d'imaginer s'y rendre, de planifier le départ, de monter dans cette chose, et c'est, tu sais, ce sont des machines incroyables. Et, tu sais, avec cette perspective un peu lointaine, comme si tu faisais voler une maquette en regardant l'objet, elles sont sexy. Je veux dire, elles sont incroyables, mais dès que je ferme ce voile et que je commence à être complètement enfermé là-dedans, je ne suis plus vraiment, je ne suis pas si enthousiaste. Je veux dire, j'aime bien, c'est nettement mieux que beaucoup d'autres trucs qu'on pourrait faire, mais je n'en suis pas passionné et, euh, ça ne remplacerait pas le vol qu'on fait, c'est certain. OK,

2:00:43Gavin McClurg

Dernière question, et je vous le promets, vous avez dit au début que la seule chose que vous changeriez dans votre carrière de pilote serait de ne pas monter si vite en ailes. Mais j'adore cette question simplement parce que

2:00:59Gavin McClurg

quelques trucs fascinants, mais est-ce vraiment vrai ? C'est genre, si tu pouvais retourner à l'époque où tu avais 50 heures de vol et, euh, pardon, je sais que tu as beaucoup écouté ce podcast, ça doit devenir lassant, mais je pense que c'est

2:01:10Dustin Martin

C'est une question intéressante à se poser, à vraiment y réfléchir, ouais.

2:01:13Gavin McClurg

Je veux dire, le ferais-tu ? Est-ce que ce serait la seule chose que tu changerais ? Ou je veux dire, est-ce que tu aimerais le faire ? Honnêtement, moi non.

2:01:19Dustin Martin

changer quelque chose par peur de tout changer. Je veux dire, je ne voudrais pas modifier un seul souffle, parce que c'est quoi... J'adore ça. Enfin, si tu veux dire si on vit avec le recul, on n'est pas... ça impliquerait que j'adore.

2:01:34Gavin McClurg

C'est, ouais, c'est génial. Ça me rappelle, tu sais, Will Gadd. J'avais l'habitude de poser cette question, genre, si tu arrivais aux portes du paradis, qu'est-ce que tu voudrais que Dieu te dise ? Et il a dit : « Que tu as eu tort, tu peux recommencer. » Je...

2:01:49Dustin Martin

Je ne te laisserais pas repartir, repartir. Ouais, enfin, honnêtement, je, je le ferais, ouais, par peur de tout changer, je changerais tout. Rien, mais, euh, je ne suis pas, pas à 100 %, parce que je sais que c'est... j'ai quelqu'un qui écoute ça en ce moment et qui est très proche de moi, que je suis, que je suis, euh, en train d'aider à découvrir le sport en ce moment, et oui, fais tout différemment de ce que j'ai fait. Définitivement, définitivement, euh, tu sais, prends l'aile pour débutant la plus simple qui existe, tiens bon pour toujours, et, euh, tu sais, écoute juste ce que je dis, pas ce que j'ai fait.

2:02:27Gavin McClurg

C'est ça, c'est ça, ouais. Je, je ne suis pas du tout déçu que ma compagne, Maddie, ne veuille pas voler. Je l'ai emmenée en vol en tandem et elle était genre : « Ouais, peu importe. » Et moi j'étais comme,

2:02:37Dustin Martin

Parfait, oui. Ouais, tu fais un petit sandwich ici, exactement. Ouais,

2:02:44Gavin McClurg

Dustin, c'est génial. Ouais, ça a été un pur régal. Je suis trop content qu'on ait pu faire ça et, euh, merci, mec. Merci pour ton temps, j'apprécie vraiment. Je pense qu'on peut s'arrêter là et, euh, mec, il faut que j'aille en Arizona pour voler avec toi. Je regarde tes vidéos depuis des années. Ce serait vraiment cool. Absolument.

2:03:03Dustin Martin

Ouais, n'importe quand, sauf en été. Ne viens pas ici en été.

2:03:06Gavin McClurg

Non, je ne le ferais pas. Mec, j'habite à Sun Valley. Je mourrais tout simplement. Je descendrais de l'avion, tu pourrais me voir fondre. Voilà, c'est tout. C'est la fin pour Gavin, ouais.

2:03:15Dustin Martin

Ouais, je suis assis dans ma cabine de prise de son, d'accord ?

2:03:17Gavin McClurg

Alors, il fait genre, probablement 15 degrés, oh.

2:03:20Dustin Martin

Ben, ouais, n'importe quand en hiver. Ne viens pas en été, on ne sera pas là. Mais, euh, ouais, tu es le bienvenu quand tu veux, mec. On a une aile qui t'attend.

2:03:29Gavin McClurg

Génial, je viendrai cet été. Merci Dustin, j'apprécierais si tu

2:03:38Gavin McClurg

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2:04:23Gavin McClurg

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